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Location d’été – Lorsque les fausses promesses et autres manquements sont au rendez-vous !

C’est toujours du pareil au même. Un laisser-aller, une désinvolture voire un souci, conscient ou non, d’offrir le moins de service ou de confort possible caractérisent souvent les locations d’été. Instantanées.

 

« Pour le prix qu’il nous fait payer, il aurait pu quand même changer les draps », s’exclame Haroune G., en remarquant que les draps portent une tache sur laquelle il semble que du mercurochrome a été versé. En ajoutant, dans un large sourire, qu’il faudra « contracter un prêt pour pouvoir se payer une semaine de vacances dans une villa meublée sur la côte tunisienne.

« Villa meublée, une façon, pour ainsi dire, de parler », ajoute-t-il. En somme, la qualité de ce que les propriétaires qui louent, pour un temps, leur maison, offrent aux estivants d’une semaine laisse à désirer. Le récit de Haroune en dit long sur des « fausses promesses » et autres « manquements » auxquels sont souvent exposés les locataires.

Des cuillères rouillées

« Là où vous posez les pieds, il y a comme un laisser-aller, une désinvolture voire un souci, conscient ou non, d’offrir le moins de service ou de confort possibles, soutient-il. A commencer par la cuisine où, opine-t-il, il y a beaucoup d’ustensiles, des assiettes et des verres qui manquent à l’appel. « Pourtant, le propriétaire savait que six personnes allaient séjourner dans la maison ! », s’énerve-t-il. « Et je ne vous parle pas des toilettes et de la salle de bain qui sont loin de contenir ce qui ne peut que paraître essentiel, comme le papier toilettes ou le savon qui sont toujours à la charge du locataire », dit-il, en faisant la moue. Et en rappelant que « bien plus », il a trouvé même des cuillères « rouillées ».

Le propriétaire est, en plus, quelquefois rarement là pour que l’on puisse lui demander des comptes ou l’interroger sur quelque chose. « A part le premier jour de la location où on l’a vu, il a été constamment absent des lieux », affirme-t-il. Il a délégué un « samsar » (intermédiaire informel qui met en relation des propriétaires et des locataires), qui est censé se porter au secours des locataires. Celui-ci est cependant débordé ayant beaucoup de maisons à « gérer ». Il fait, de plus, souvent la « sourde oreille » et vous trouve un argument quelconque pour expliquer que « cela n’est pas possible » ou que « l’artisan appelé à réparer une fuite, par exemple, est pour le moment du moins indisponible ».

La mécanique est bien huilée

Inutile de préciser, à ce juste propos, que rarement la villa à louer est inspectée scrupuleusement avant qu’un nouveau locataire rentre dans une maison. « Cela serait on ne peut plus nécessaire », assure Haroune. Qui précise que, de ce fait, on ne peut savoir ce qui a été mis hors service ou dégradé par le locataire qui a quitté les lieux. Autant dire qu’il faut déjà que le propriétaire dresse une liste de ce qui est nécessaire pour les estivants dans tous les compartiments du bien loué. « En faisant preuve d’empathie », souligne-t-il. « La seule tâche réellement accomplie consiste, à l’arrivée du locataire, en une visite rapide d’une femme de ménage qui dépoussière les meubles et nettoie le sol ; sans aller plus loin », note-t-il.

Une femme de ménage que l’on ne reverra plus qu’à la fin du séjour. Et qui vient accomplir sa besogne toujours en toute hâte. En fait « la mécanique est bien huilée », conclut Haroune.

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Tourisme alternatif : en finir avec la niche pour conquérir le grand public

Parce que le tourisme alternatif doit profiter au plus grand nombre de touristes au-delà du cercle des initiés, la Fi2T veut compter sur les agences de voyage pour la démocratisation du tourisme d’expérience.

Comment vulgariser le tourisme alternatif en Tunisie ? Partant du constat évident qu’il s’agit d’un gisement touristique à fort potentiel, la Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien (Fi2T) veut amorcer un rapprochement porteur de sens entre les hébergements de charme et les agences de voyages classiques spécialisées dans l’organisation de circuits et excursions.

L’objectif étant de structurer l’offre alternative pour l’intégrer durablement dans les circuits de distribution traditionnels d’une part et lever d’autre part les verrous réglementaires qui freinent encore l’essor du secteur.

Un déficit d’information malgré une offre d’excellence

La destination peut s’enorgueillir de disposer désormais d’un parc particulièrement riche et diversifié d’hébergements alternatifs.

Des maisons d’hôtes en bord de mer ou au cœur des médinas et des villes aux gîtes ruraux nichés dans les montagnes, ces structures ne se contentent plus d’offrir un toit pour les visiteurs de passage ; elles vendent une immersion.

Ateliers de poterie, démonstrations culinaires ou récolte de miel : l’expérience est au cœur du produit.

Lire aussi: Hébergements touristiques alternatifs : les dernières retouches avant l’adoption du nouveau cadre juridique 

Pourtant, un décalage persiste. Si les agences de voyages sont en quête perpétuelle de renouvellement pour leurs portefeuilles clients, elles se heurtent à un déficit d’information du segment.

D’où la nouvelle orientation qui a été lancée hier à Tunis dans le cadre d’une action intitulée Tunisia Slow Travel. « Il s’agit d’une initiative destinée à renforcer les relations commerciales entre acteurs pour connaître les structures agréées et leurs capacités », explique Ahmed Oubaia, président du groupement des agences de voyages au sein de la Fi2T.

L’urgence des nouveaux cahiers des charges

Le principal frein à cette synergie reste d’ordre administratif. Pour intégrer une étape « alternative » dans un circuit, les agences doivent obtenir des visas préalables, souvent impossibles à obtenir pour des sites non encore homologués. Cette zone grise juridique place de nombreuses unités dans une situation d’illégalité involontaire.

Nebil Sinaoui, président du Groupement professionnel des hébergements alternatifs à la Fi2T, ne cache pas les enjeux : « Les hébergements alternatifs peuvent apporter des résultats exceptionnels aux opérateurs traditionnels. Au-delà des difficultés, il faut résister pour relever les défis ». Le salut viendra sans aucun doute de la publication, attendue avec impatience par toute la profession, des nouveaux cahiers des charges qui seraient actuellement au niveau de la Présidence du Gouvernement.

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Nebil Sinaoui (au micro) et Houssen Ben Azouz lors de l’ouverture de la rencontre nationale BtoB avec les agences de voyage.

Une plateforme vitrine

Pour pallier le manque de visibilité, la fédération passe à l’offensive numérique. Dans une quinzaine de jours, une plateforme internet regroupant l’ensemble de l’offre (maisons, gîtes et tables d’hôtes) sera mise en ligne. Soutenu par le projet Bioted et le ministère de l’Agriculture, cet outil est présenté par Marwen Noureddine comme le futur hub de référence du secteur.

Houssem Ben Azouz, président de la Fi2T, précise la feuille de route : « Dans une première étape, il s’agira d’un site vitrine, avec pour ambition future d’y intégrer les transactions (réservation et paiement) ».

Sortir du « mass market »  

Le constat des experts de terrain est sans appel. Amel Jaiet, propriétaire de Dar Jebel et consultante auprès de la Fi2T, pointe l’obsolescence de certains modèles : « Nos circuits sont les mêmes, pourtant la Tunisie et les touristes ont changé. Le nouveau voyageur ne veut plus seulement voir, il veut vivre et se connecter ».

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Amel Jaiet lors du workshop de Networking a proposé de « designer des expériences, ouvrir une académie de la maison d’hôtes ou encore créer une banque d’expériences partagées.»

Dans la foulée, elle alerte également sur une sous-valorisation flagrante du produit tunisien. À titre de comparaison, elle évoque l’exemple d’une excursion vendue 20 DT à Tozeur qui se négocie l’équivalent de 170 DT à Dubaï. « Des marqueurs de notre ADN nous échappent », prévient-elle, citant des pays comme le Maroc ou le Portugal qui ont su faire évoluer leur récit touristique au cours de la dernière décennie notamment.

En voulant se rapprocher des agences de voyages, les acteurs de l’alternatif, à travers leur syndicat patronal, espèrent créer un contrepoids suffisant pour inciter les autorités à libérer le secteur de ses contraintes institutionnelles. L’enjeu est clair : transformer le potentiel en produit, et le produit en croissance pérenne.

©Destination Tunisie

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