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Libye : la démission surprise du gouverneur de la Banque centrale ravive les inquiétudes

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye, Naji Issa, a annoncé sa démission lundi 10 août, sans en préciser les raisons. Nommé en 2024 dans le cadre d’un compromis politique qui avait permis de sortir d’une grave crise pétrolière et financière, son départ intervient alors que le pays reste profondément divisé entre les autorités de l’Ouest et celles de l’Est.

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye (BCL), Naji Issa, a présenté lundi 10 août sa démission, sans en préciser les raisons. Nommé en septembre 2024 dans le cadre d’un compromis politique, il avait contribué à mettre fin à une grave crise liée à l’arrêt de la production pétrolière, rapportent des médias.

La nomination de Naji Issa et de son vice-gouverneur, Marii al-Barassi, avait été approuvée à l’unanimité par 108 députés du Parlement basé dans l’est du pays, avec le soutien de l’ONU. Ce compromis avait permis de sortir de l’impasse provoquée par l’éviction de Seddik el-Kebir, gouverneur de la BCL depuis 2012.

En réaction à cette éviction, les autorités de l’est de la Libye, contrôlées par le camp du maréchal Khalifa Haftar, avaient suspendu en août 2024 la production et les exportations de pétrole. La production nationale était alors passée d’environ 1,2 million à 600 000 barils par jour, provoquant d’importantes pertes pour un pays dont les recettes dépendent largement des hydrocarbures.

L’arrivée de Naji Issa avait permis de rétablir progressivement la situation et de relancer la production pétrolière. Mais la Libye reste profondément divisée entre deux pouvoirs rivaux : le gouvernement basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, et les autorités de l’est soutenues par le clan Haftar.

L’annonce de la démission n’a pas encore suscité de réaction officielle du Parlement. Le président du Haut Conseil d’État, Mohammed Takala, a toutefois appelé Naji Issa à rester en fonction afin de préserver la stabilité financière et économique du pays et d’éviter d’éventuels abus dans l’utilisation des devises.

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Bank ABC Tunisie et BMICE la main dans la main pour financer le commerce extérieur au Maghreb arabe

Bank ABC Tunisie et la Banque Maghrébine d’Investissement et de Commerce Extérieur « BMICE » annoncent la signature d’un accord de financement stratégique de 8,5 millions de dollars américains visant à renforcer le soutien aux opérations de commerce extérieur de et vers les pays du Maghreb arabe.

Cette opération marque une première dans les relations entre les deux institutions financières. Elle ouvre la voie à une coopération durable destinée à faciliter les échanges commerciaux, à soutenir les entreprises importatrices ainsi qu’exportatrices et à promouvoir une meilleure intégration économique régionale.

Ce partenariat illustre l’engagement commun des deux institutions à soutenir le développement des échanges commerciaux intra-maghrébins et à favoriser une plus grande intégration économique régionale.

Pour Bank ABC Tunisie, cette opération s’inscrit pleinement dans sa stratégie de soutien et de facilitation des flux commerciaux régionaux et de création de nouvelles opportunités de croissance pour les entreprises tunisiennes.

À cette occasion, Saber Ayadi, directeur général de Bank ABC Tunisie, a déclaré : « Nous sommes particulièrement fiers de conclure cet accord qui témoigne de notre engagement constant en faveur du financement du commerce extérieur et du développement économique. À travers ce partenariat, Bank ABC Tunisie réaffirme son rôle d’acteur financier de référence dans l’accompagnement des institutions et des entreprises contribuant au dynamisme des échanges intra-maghrébins. Nous demeurons convaincus que le renforcement des liens économiques entre les pays de la région constitue un levier essentiel pour une croissance durable et créatrice de valeur pour l’ensemble des parties prenantes. »

Pour sa part, Fauzi ABOKHZAM, directeur général de la BMICE, a déclaré : « À travers ce partenariat, BMICE réaffirme sa volonté de soutenir le développement du commerce international et de favoriser une plus grande intégration économique dans la région du Maghreb Arabe. En mettant à disposition de Bank ABC Tunisie des capacités de financement dédiées au commerce extérieur, nous contribuons à l’accompagnement des entreprises de la région. Ce partenariat reflète également la confiance que nous accordons à Bank ABC Tunisie, un acteur bancaire de référence et un partenaire de choix pour concrétiser cette ambition commune ».

La signature de cet accord illustre la convergence des ambitions des deux institutions en faveur d’un développement économique régional durable et vient consolider un partenariat de long terme dédié au renforcement des échanges intra-maghrébins et à l’approfondissement de l’intégration économique régionale.

Cette collaboration témoigne de la confiance accordée à Bank ABC Tunisie ainsi que de la reconnaissance de son rôle actif dans le financement du commerce international et l’accompagnement des entreprises tunisiennes et maghrébines dans leurs projets de développement.

Avec communiqué

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Les importations de gaz du Maroc ont augmenté en juillet

Les importations de gaz naturel du Maroc ont rebondi de 15,4 % en juillet 2026, après les perturbations liées à la guerre en Iran. Le royaume chérifien a importé près de 991 GWh, retrouvant des niveaux proches de ceux de 2025.

Le Maroc a importé 991 gigawattheures (GWh) de gaz naturel en juillet 2026, soit une hausse de 15,4 % par rapport au mois de juin, selon les données publiées par le site spécialisé ‘Energy’. Cette progression marque un net rebond après les perturbations subies au printemps en raison du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui avaient affecté les livraisons.

Sur un an, les importations restent quasiment stables (992 GWh en juillet 2025). Le royaume, qui ne divulgue pas officiellement ses fournisseurs, s’approvisionne en gaz naturel liquéfié (GNL) auprès de sources multiples, notamment la Russie et les États-Unis, ainsi que via un contrat avec Shell signé en 2023. Le gaz est regazéifié en Espagne avant d’être acheminé au Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe, qui servait auparavant à transporter le gaz algérien vers l’Europe.

Sur les sept premiers mois de l’année, les importations totales atteignent 4,98 térawattheures (TWh), en baisse de 13,2 % par rapport à la même période en 2025. Le mois d’avril avait été particulièrement bas (377 GWh), tandis que juillet marque le pic de l’année.

Dans un autre mouvement, le Maroc a exporté une cargaison rare de 30 000 tonnes d’essence AI-92 vers la Russie, une opération ponctuelle qui s’expliquerait par un excédent de stocks ou une réexportation, et non par un changement de statut du royaume en tant qu’exportateur net de carburants. Le Maroc reste en effet entièrement dépendant des importations de produits pétroliers, avec un volume moyen de 287 000 barils par jour importés au premier trimestre 2026.

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Mauritanie : une croissance résiliente, un secteur financier en progrès

La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) publie son Rapport annuel 2025, qui souligne la résilience de l’économie du pays malgré un environnement international incertain.

Le PIB réel a cru de 4,0% en 2025 (9,4% en valeur nominale, 472,56 milliards MRU). L’inflation moyenne est restée basse (1,6%). Les exportations ont progressé de 12,3%, portées notamment par le démarrage des exportations de gaz (237 M$). Les équilibres extérieurs se sont nettement améliorés : déficit commercial réduit à 23 M$, déficit du compte courant ramené à 3,4% du PIB, et réserves de change en hausse de 12,6% (2,21 Md$). La dette extérieure a légèrement augmenté à 4,27 Md$ mais recule en part du PIB (37%).

Les finances publiques se sont renforcées, le déficit budgétaire chutant de 75,5%. Le marché de change est devenu plus profond et autonome, avec une hausse des transactions interbancaires et une baisse des interventions de la BCM. Le secteur bancaire s’est développé (actifs à 218,5 Md MRU, crédits 122,8 Md MRU, fonds propres 29,1 Md MRU).

L’inclusion financière progresse fortement (55% en 2025). La BCM affiche des résultats financiers solides (résultat global 4,05 Md MRU, résultat net 3,18 Md MRU, capitaux propres 15,29 Md MRU) et réaffirme ses efforts de modernisation des marchés et d’élargissement de l’accès aux services financiers.

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Maroc : hausse des envois de fonds des MRE

Le Bureau des changes du Maroc a déclaré le 2 août que les envois de fonds des Marocains vivant à l’étranger s’élevaient à 6,6 milliards de dollars (61,48 milliards de dirhams) à la fin du mois de juin 2026; contre 6 milliards de dollars au cours de la même période de 2025.

Le Bureau des changes a expliqué, dans son dernier bulletin sur les indicateurs mensuels des changes, que ces transferts ont enregistré une augmentation de 9,9 % sur une base annuelle.

Le bulletin a également noté un solde positif pour la balance « voyages » de 5,2 milliards de dollars (48,8 milliards de dirhams). Soit une augmentation de 20,6 %, selon le site web marocain « Le360 ».

Cet équilibre résulte d’une croissance des revenus de 15,9 % pour atteindre 6,9 ​​milliards de dollars (64,9 milliards de dirhams). Ce qui est supérieur aux dépenses, qui ont augmenté de 6,3 % pour atteindre 1,7 milliard de dollars (16,09 milliards de dirhams).

En ce qui concerne les investissements directs étrangers, les entrées nettes ont augmenté de 31,5 % pour atteindre 2,8 milliards de dollars (26,2 milliards de dirhams). Les revenus de ces investissements ayant augmenté de 14,4 %. Tandis que les dépenses ont diminué de 20,5 %.

Le flux net des investissements directs marocains à l’étranger est resté stable, avec un excédent de 614 millions de dollars (5,71 milliards de dirhams).

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Air France : Lionel Rault, DG ANSCO, Sadri Essid directeur Tunisie

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Air France annonce la nomination de Lionel Rault au poste de Directeur Général Air France-KLM pour la région Afrique du Nord, Sahel et Côte Ouest (ANSCO), à compter du 1er août 2026.

Fort de 27 années d’expérience au sein d’Air France, Lionel Rault occupait jusqu’à présent les fonctions de Directeur Général pour la région Caraïbes. Au cours de son parcours, Lionel Rault a exercé plusieurs responsabilités opérationnelles et managériales, notamment dans les escales de Paris-Charles de Gaulle et de Paris-Orly ainsi qu’à la Direction des escales France.

Après avoir occupé le poste de Chef d’escale à Toulouse, Lionel Rault a poursuivi son parcours en tant que Directeur d’Air France en Martinique, puis Directeur régional pour la Polynésie française avant de rejoindre la Direction Générale Caraïbes.

Dans ses nouvelles fonctions, Lionel Rault aura pour mission de poursuivre le développement des activités d’Air France dans l’ensemble des pays couverts par la région ANSCO, tout en accompagnant la montée en gamme de l’expérience client.

Il succédera à Nadia Azalé, appelée à exercer de nouvelles fonctions au sein du Groupe.

Lionel Rault :
« Je suis honoré et ravi de rejoindre la Direction Générale Afrique du Nord, Sahel et Côte Ouest. J’aurais à cœur de poursuivre le travail de Nadia afin de renforcer notre compétitivité et de défendre les intérêts des pays de la zone au service de nos clients. J’ai hâte de rejoindre nos équipes au professionnalisme reconnu, de tisser des relations fortes avec les autorités des différents pays et de renforcer nos liens avec l’ensemble de nos clients et partenaires. »

Nadia Azalé :
« Alors que je clôture mon expatriation dans la région Afrique Nord Sahel et Ouest, je souhaite remercier sincèrement les marchés, les équipes et nos partenaires pour leur engagement dans les réussites accomplies ensemble. Je quitte cette région avec émotion et fierté pour prendre mes nouvelles fonctions de Vice-Président France et DOM-TOM, avec une grande confiance dans l’avenir et dans la capacité des équipes à poursuivre cette belle dynamique. »

Par cette nomination, Air France réaffirme sa volonté de poursuivre son développement sur les marchés de la région ANSCO et de renforcer durablement sa proximité avec ses clients et partenaires.

Air France annonce également la nomination de Sadri Essid en tant que Directeur d’Air France Tunisie, où il succède à Olivier Dubus qui occupera le poste de Directeur Commercial de la Délégation régionale ANSCO. Sadri Essid occupait précédemment le poste de Directeur des ventes directes Maroc.

Lire aussi: Air France célèbre les 75 ans de la ligne Paris-Tunis

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Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde

La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

Khémaïs Gharbi *

Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.

Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.

L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.

Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage

Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.

C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.

Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.

L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.

La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.

Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.

Nasser avait cité à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : «Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.» 

Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.

Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations

C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.

Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.

Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.

Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.

* Ecrivain et traducteur.

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Algérie : le solaire freiné par la réglementation

L’avenir du programme solaire algérien dépendra moins de l’abondance des ressources naturelles que de la capacité du pays à transformer ses ambitions en projets rentables et finançables.

C’est la principale conclusion d’un rapport publié récemment par PV Magazine, spécialisé dans les questions énergétiques, qui appelle à des réformes structurelles afin de créer un environnement plus attractif pour les investisseurs.

S’appuyant sur les conclusions d’une table ronde organisée par la Middle East Solar Industry Association, le rapport souligne que l’Algérie dispose d’atouts naturels exceptionnels, notamment un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, de vastes espaces disponibles et une position géographique stratégique. Toutefois, ces avantages ne suffisent plus à eux seuls à attirer les capitaux internationaux en l’absence d’un cadre réglementaire et financier stable.

Le document rappelle que le système électrique algérien repose encore presque exclusivement sur le gaz naturel, qui constitue à la fois le principal combustible utilisé pour la production d’électricité et une source essentielle de recettes d’exportation. Dans ce contexte, le développement de l’énergie solaire apparaît comme un levier économique permettant de réduire la consommation intérieure de gaz et de réserver davantage de volumes aux exportations ou aux industries à forte valeur ajoutée.

15 GW de solaire et un réseau à renforcer

L’Algérie est appelée à lancer un programme visant à installer 15 gigawatts de capacité solaire. À ce stade, les projets en cours de réalisation représentent environ 3,2 gigawatts, alors que la demande nationale d’électricité continue de progresser. Ce qui impose d’accélérer la mise en œuvre des projets et de sécuriser des mécanismes de financement pérennes.

Les auteurs estiment que le modèle actuel, piloté par Sonelgaz à travers le financement des projets et les appels d’offres publics, a permis d’engager la première phase du programme. En revanche, le développement du marché nécessitera une participation accrue des investisseurs privés, notamment via des modèles de producteurs indépendants d’électricité (IPP), des contrats d’achat d’électricité à long terme (PPA) et des mécanismes contractuels plus transparents.

Le rapport insiste également sur la nécessité de renforcer les infrastructures électriques. Le développement des réseaux de transport, des postes de transformation et des capacités de stockage est jugé indispensable, la majorité des futurs parcs solaires étant implantée dans le sud du pays et sur les Hauts-Plateaux, loin des principaux centres de consommation.

Quid des systèmes de stockage et des projets d’hydrogène vert?

Les systèmes de stockage, notamment les batteries, sont appelés à jouer un rôle central dans le futur système énergétique algérien. Ils permettront de stocker l’électricité produite durant les périodes de fort ensoleillement, de renforcer la stabilité du réseau et d’alimenter les sites industriels ainsi que les zones isolées.

Le choix des technologies constitue un autre enjeu majeur. Le rapport recommande de privilégier des équipements capables de résister aux températures élevées et aux conditions poussiéreuses caractéristiques du climat algérien, afin d’assurer la fiabilité des installations et de réduire le coût de production de l’électricité sur le long terme.

Concernant le développement industriel, les auteurs considèrent que l’exigence d’un contenu local de 35 % constitue une étape importante pour structurer une filière nationale. Cet objectif devra toutefois être accompagné d’investissements dans les capacités industrielles et d’ingénierie, la formation de la main-d’œuvre et le renforcement des chaînes d’approvisionnement locales.

Le rapport souligne enfin que les projets d’hydrogène vert représentent une perspective stratégique pour l’Algérie. Leur succès dépendra néanmoins de la disponibilité d’une électricité renouvelable à faible coût, d’un cadre d’investissement attractif et d’infrastructures adaptées aux besoins de production et d’exportation.

En conclusion, PV Magazine estime que la réussite de la transition énergétique algérienne sera désormais évaluée à l’aune de la capacité du pays à bâtir un marché de l’investissement crédible, reposant sur des projets bancables, un réseau électrique modernisé, des solutions de stockage performantes et une base industrielle nationale capable de soutenir les ambitions du pays dans le domaine des énergies renouvelables.

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TRIBUNE – Tunisie/Algérie : du réactif au stratégique, bâtir la doctrine géoéconomique du Maghreb

Spéculations politiques, rhétorique de crise et bruits médiatiques transfrontaliers : réduire la relation entre la Tunisie et l’Algérie à la seule gestion des urgences régionales est une erreur stratégique. Dans un monde en pleine recomposition géopolitique, il est urgent de substituer à l’ambiguïté conjoncturelle une doctrine de co-développement claire, fondée sur la souveraineté énergétique, la complémentarité industrielle et la puissance d’exécution du corridor maghrébin.

 

À chaque soubresaut géopolitique dans le bassin méditerranéen ou au Sahel, le débat public régional retombe dans le même travers : celui de commenter la relation entre la Tunisie et l’Algérie à travers la grille exclusive de la gestion de crise, des flux migratoires ou de prétendus accords informels.

Ce prisme, par nature flou et sujet aux spéculations, entretient une ambiguïté néfaste. Il réduit la Tunisie au rôle passif de « zone tampon » ou de « gardien de frontière », tout en offrant une prise facile aux récits de déstabilisation et aux pressions des blocs extrarégionaux.

L’honnêteté intellectuelle et la rigueur stratégique imposent de rompre avec cette lecture réductrice. La sécurité d’une nation ne se sous-traite pas dans l’opacité ; elle se bâtit sur la transparence d’une puissance économique interne, l’efficience institutionnelle et la clarté des choix stratégiques.

 

Déconstruire l’ambiguïté pour affirmer la souveraineté

L’Armée nationale tunisienne demeure le garant exclusif, autonome et constitutionnel de l’intégrité de notre territoire. La coopération avec l’Algérie ne saurait être perçue comme un abandon de prérogatives ou une délégation de souveraineté, mais comme une coordination stricte entre deux États souverains partageant des défis transfrontaliers communs.

Vouloir enfermer cette relation bilatérale dans des théories de « clauses militaires » non étayées ou dans la simple sous-traitance de la gestion migratoire pour le compte de la rive nord de la Méditerranée constitue un piège stratégique. Ce piège masque les vrais leviers de la souveraineté nationale : la maîtrise des flux énergétiques, la solidité du tissu bancaire, la cybersécurité et l’attractivité industrielle.

Pour résister aux secousses du monde multipolaire et refuser toute logique de vassalisation, le Maghreb doit sortir des faux-semblants et poser les bases d’un contrat d’intégration géoéconomique mesurable et structuré.

 

La complémentarité « Hardware » et « Software » du Maghreb

La puissance d’un sous-ensemble régional ne se mesure plus seulement à sa capacité de défense passive, mais à la valeur ajoutée de son modèle économique. C’est ici qu’intervient la complémentarité fondamentale entre la Tunisie et l’Algérie :

  1. L’Algérie comme « Hardware » de la souveraineté régionale : une profondeur territoriale stratégique, une puissance d’infrastructures lourdes, une autonomie énergétique majeure et une capacité de projection industrielle globale.
  2. La Tunisie comme « Software » du corridor maghrébin : un capital humain hautement qualifié, un secteur financier et bancaire agile, une capacité d’ingénierie et d’innovation technologique, ainsi qu’un rôle naturel de tiers de confiance pour les flux immatériels et les services à forte valeur ajoutée.

C’est en combinant ce « Hardware » énergétique et ce « Software » technologico-financier que l’axe Tunis-Alger pourra faire face aux défis imminents : du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF / CBAM) imposé par l’Union Européenne aux exigences de la transition numérique et écologique.

 

Du corridor de transit au pivot de croissance euro-africain

Le véritable défi de la période 2026-2030 ne consiste pas à multiplier les postures d’attente, mais à transformer nos zones d’échange en espaces de prospérité partagée.

L’intégration bancaire, la numérisation des procédures douanières, la sécurisation des approvisionnements en eau et en énergie, ainsi que le développement d’infrastructures logistiques connectées vers l’Afrique subsaharienne constituent la seule véritable feuille de route souverainiste.

Face aux récits de division et à la surenchère médiatique, la réponse de la Tunisie ne doit être ni le repli nostalgique, ni la réaction à chaud, mais l’exigence de la performance opérationnelle.

Le temps est venu de bâtir une alliance fondée non pas sur la peur des menaces, mais sur la maîtrise commune de notre avenir économique.

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Greenpeace | «Les incendies au Maghreb menacent des vies et des communautés»

Les incendies qui touchent actuellement la Tunisie, l’Algérie et le Maroc causent non seulement des dégâts aux forêts et aux habitations, mais constituent également une menace croissante pour les vies humaines, la sécurité des communautés et le droit à un environnement sain.

C’est l’avertissement lancé par Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), soulignant que la situation est particulièrement critique en Algérie : six personnes y ont perdu la vie, environ 150 habitations ont été endommagées et près de 1 550 départs de feu ont été recensés en l’espace de 12 jours.

En Tunisie, selon les données de la Protection civile, les flammes ont ravagé plus de 240 hectares en juillet 2026. On a parlé de plus de 440 hectares jusqu’à la fin de la semaine dernière. Plus de 35 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays entre le 1er juin et le 25 juillet, dans un contexte de fortes chaleurs, de sécheresse et de pression intense sur les équipes de lutte contre les incendies.

La situation s’aggrave également au Maroc, où les autorités et les services forestiers s’efforcent de contenir les brasiers et de protéger les zones habitées ainsi que les zones rurales vulnérables. «Les pertes dépassent les simples dégâts matériels ; elles affectent le droit à la vie, à un logement sûr et à un environnement sain», a déclaré Kenzie Azmi, responsable régionale des campagnes pour Greenpeace Mena.

Au-delà des hectares brûlés et des maisons détruites, a-t-elle souligné, se trouvent des communautés déstabilisées, des familles contraintes d’abandonner leur foyer et une capacité de résilience qui s’amenuise à chaque nouvelle urgence. Selon Greenpeace, la crise climatique ne peut être évaluée uniquement à l’aune de la hausse des températures ; elle doit aussi être mesurée par les conséquences humaines, économiques et sociales engendrées par les phénomènes météorologiques extrêmes.

L’organisation environnementale insiste sur le fait que les incendies au Maghreb ne doivent pas être considérés comme des incidents isolés, mais comme faisant partie d’un phénomène mondial devenant de plus en plus fréquent et intense, alimenté par des vagues de chaleur record et des sécheresses prolongées. Le changement climatique, note-t-elle, n’est pas nécessairement la cause directe des incendies — souvent liés à l’activité humaine ou à d’autres facteurs — mais il les rend plus probables, en accélère la propagation et en accroît le pouvoir destructeur. Pour Greenpeace, il ne suffit plus de réagir simplement une fois les catastrophes survenues.

L’organisation appelle à des investissements concrets dans la prévention, la gestion forestière, les systèmes d’alerte précoce et l’adaptation pour les communautés les plus exposées. Elle exhorte également les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre à rendre des comptes et à mobiliser des financements climatiques pour les populations d’Afrique du Nord, qui supportent une part croissante du coût d’une crise à laquelle leur contribution reste limitée.

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Les propos de Abdelmajid Tebboune sur la Tunisie font réagir la toile

Les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune ont suscité de vives réactions, y compris parmi d’anciens responsables et plusieurs citoyens.

L’ancien diplomate Ezzeddine Zayani a estimé que certains continuent de considérer la Tunisie comme un pays vulnérable, rappelant plusieurs épisodes marquants de son histoire, notamment l’attaque de Gafsa en 1980 et celle de Ben Guerdane en 2016.

Dans un post FB, il a souligné que la Tunisie avait démontré à plusieurs reprises sa capacité à faire face aux menaces, grâce à la mobilisation de ses forces et à la solidarité de sa population.

Il a également rappelé que la doctrine diplomatique tunisienne, héritée de Habib Bourguiba, repose sur le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, tout en rejetant toute forme de tutelle extérieure.

Une partie de son message visait aussi à appeler à davantage de lucidité face aux enjeux du moment, dans un contexte où les débats politiques et sécuritaires continuent d’alimenter les réactions sur les réseaux sociaux.

 

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Abdelmajid Tebboune avertit contre « l’instrumentalisation du terrorisme à l’encontre de la Tunisie »

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a assuré du soutien d’Alger envers la Tunisie en cas de menaces terroristes. Lors d’un entretien avec des représentants des médias, dont un extrait a été diffusé par la présidence, il a déclaré que « toute tentative d’utiliser le terrorisme pour faire pression sur la Tunisie serait sévèrement réprimée ». Tout en soulignant  que « celui qui veut amener le terrorisme aux côtés de la Tunisie ou menacer la Tunisie avec le terrorisme, nous lui détruirons la tente de ses parents ».

Abdelmajid Tebboune a situé cette prise de position dans le cadre des enjeux sécuritaires régionaux et des relations extérieures de l’Algérie, soulignant la proximité stratégique entre Alger et Tunis et l’importance de la stabilité tunisienne pour l’Algérie. Il n’a pas nommé d’organisation ou d’acteur précis. Dans le même entretien, il a également évoqué les relations avec la France, en affirmant que l’Algérie privilégie des relations basées sur le respect.

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