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Portrait. Mohamed El Khatib : du terrain de foot à la scène

Talentueux dramaturge, Mohamed El Khatib a fait du réel sa matière première. Micro tendu vers ceux qu’on n’entend pas, il met en scène un théâtre documentaire qui brouille les frontières entre fiction et réalité.   Auteur, metteur en scène, réalisateur,…

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Coup de cœur. Wael Shawky – Drama 1882, une histoire des histoires

Vous aimez l’Histoire avec un grand H ? Pas forcément celle des versions officielles, consignée par les vainqueurs dans les manuels ? Alors foncez découvrir Drama 1882 de Wael Shawky, l’un des plasticiens égyptiens les plus en vue, dont le…

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Amine le Conquérant : l’histoire de France vue du ciel

Amine le Conquérant, de son vrai nom Amine Kassid, filme les châteaux de France comme d’autres racontent des vies. Grâce à ses vidéos tournées au drone, le vidéaste franco-marocain revisite le patrimoine français et redonne vie au roman national. Une…

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World Cup 2026 : le Maroc et les États-Unis liés depuis 250 ans

L’histoire Maroc-États-Unis remonte à près de 250 ans. Alors que l’équipe nationale marocaine de football s’installe dans le New Jersey pour la World Cup 2026, retour sur une relation diplomatique unique née en 1777, lorsque le royaume du Maroc devient…

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Hassanine Ben Ammou | Littérature et sauvegarde de la mémoire nationale

L’œuvre romanesque de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie.

Abdelhamid Larguèche *

Dans les débats contemporains sur la préservation du patrimoine, l’attention se porte souvent sur les monuments, les sites archéologiques ou les objets matériels. Pourtant, les nations vivent tout autant de leurs récits, de leurs mémoires collectives, de leurs langues, de leurs traditions et de leurs imaginaires. Ce patrimoine invisible, que l’Unesco qualifie de patrimoine culturel immatériel, constitue l’âme profonde des peuples. Il est fragile. Il peut disparaître lorsque les générations cessent de le transmettre.

C’est précisément contre cet effacement que s’inscrit depuis plus de quarante ans l’œuvre de Hassanine Ben Ammou.

L’espace vivant de la culture

À première vue, ses romans apparaissent comme des récits historiques. En réalité, ils accomplissent une mission beaucoup plus vaste. Ils constituent une véritable entreprise de sauvegarde de la mémoire tunisienne. Des derniers Hafsides aux débuts de la présence ottomane, de l’arrivée des Morisques à la révolte de 1864, des intrigues du Bardo à la vie quotidienne de la médina de Tunis, l’écrivain restitue des pans entiers de l’histoire nationale souvent absents de la mémoire populaire.

Cette démarche possède une valeur historique incontestable. Loin de se limiter à la reconstitution des événements, elle redonne chair aux hommes et aux femmes qui ont traversé ces périodes. Les personnages historiques cessent d’être de simples noms dans les archives pour retrouver leurs passions, leurs ambitions, leurs peurs et leurs contradictions.

Grâce au roman, l’histoire sort des bibliothèques pour rejoindre l’espace vivant de la culture. Mais l’apport de Hassanine Ben Ammou ne se limite pas à la transmission des faits historiques. Son œuvre préserve également un immense patrimoine immatériel. Dans ses romans revivent les manières de parler, les expressions populaires, les traditions urbaines, les coutumes familiales, les pratiques religieuses, les métiers anciens, les fêtes, les croyances, les formes de sociabilité et les modes de vie qui ont façonné la société tunisienne au fil des siècles.

L’histoire des représentations collectives

La médina de Tunis, les souks, les quartiers populaires, les campagnes de l’intérieur, les routes caravanières, les palais du pouvoir et les espaces du quotidien deviennent sous sa plume de véritables conservatoires de mémoire. Le lecteur y retrouve non seulement l’histoire des événements, mais aussi celle des sensibilités, des imaginaires et des représentations collectives.

Cette dimension patrimoniale apparaît avec une force particulière dans les romans consacrés aux Morisques, aux populations andalouses réfugiées en Tunisie ou encore aux communautés qui ont contribué à façonner l’identité plurielle du pays.

À travers ces récits, c’est toute une mémoire méditerranéenne qui ressurgit, rappelant que la Tunisie s’est construite par des échanges, des migrations et des métissages culturels successifs.

Le roman consacré à Ibn Khaldoun – «الغروب الخالد» (L’Eternel crépuscule), éditions Meskiliani, Tunis 2026,
336 pages – représente à cet égard l’aboutissement d’un long parcours. En faisant revivre le plus célèbre penseur de l’histoire du Maghreb, Hassanine Ben Ammou ne rend pas seulement hommage à une figure exceptionnelle. Il réintègre dans la conscience contemporaine un patrimoine intellectuel universel né sur cette terre. Il rappelle que l’histoire tunisienne ne se résume pas à ses monuments ou à ses dynasties, mais qu’elle comprend aussi des traditions savantes, des écoles de pensée et des œuvres qui ont marqué l’histoire de l’humanité.

Le roman donne une âme au passé

Dans une époque où les mémoires sont souvent fragmentées et où les repères culturels tendent à s’effacer sous l’effet de la mondialisation, une telle œuvre acquiert une importance particulière. Elle contribue à transmettre aux nouvelles générations une connaissance sensible de leur passé. Elle rétablit la continuité entre les héritages anciens et les interrogations du présent.

C’est pourquoi l’œuvre de Hassanine Ben Ammou mérite d’être considérée non seulement comme une contribution littéraire majeure, mais également comme une action exemplaire en faveur de la sauvegarde du patrimoine historique et immatériel de la Tunisie. À travers ses romans, c’est une mémoire collective qui est préservée, un héritage culturel qui est transmis et une identité nationale qui continue de dialoguer avec son histoire.

Les archives conservent les documents. Les musées protègent les objets. Les historiens établissent les faits. Mais les romanciers donnent une âme au passé. C’est sans doute là que réside la contribution essentielle de Hassanine Ben Ammou : avoir fait de la littérature un lieu de mémoire, de transmission et de sauvegarde d’un patrimoine dont la richesse dépasse largement les frontières de la Tunisie pour rejoindre l’héritage universel de l’humanité.

* Historien.

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Everyday Tunisians : Boulbaba et la mémoire de Paname

C’est non loin du marché de Magenta à Paris, que Boulbaba a vécu ses années soixante. Il en garde de vibrants souvenirs et se remémore souvent ce temps où il fut tailleur à Paname.

À son retour au pays, Boulbaba garda son métier et reprit un modeste atelier de coupe et couture sur l’avenue de Londres, à Tunis.

Avec une gouaille toute parisienne et toujours pince sans rire, il a su fidéliser une clientèle aisée qu’il habillait à la mode de Paris, avec les fameux tissus Dormeuil.

Aujourd’hui, âgé de plus de quatre-vingt ans, il continue à cultiver le souvenir de ses voisins juifs du quartier Lafayette, rêver du Paname de sa jeunesse et traverser les avenues du Passage où il coule des jours toujours lumineux.

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