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Médina de Tunis : Un appel à candidatures lancé pour recenser le patrimoine du quartier consulaire

L’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis (ASM) a lancé un appel à candidatures destiné aux étudiants spécialisés dans l’architecture, l’urbanisme et le patrimoine afin de participer à un vaste inventaire des biens bâtis du quartier consulaire de la médina de Tunis. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet tuniso-français SAWN, consacré à la préservation du patrimoine architectural.

Une mission de terrain au cœur de la médina

Ouvert aux étudiants à partir de la cinquième année de l’École nationale d’architecture et d’urbanisme de Tunis (ENAU), ainsi qu’aux étudiants en master de l’Institut supérieur des technologies de l’environnement, de l’urbanisme et du bâtiment (ISTEUB) et de l’Institut supérieur des métiers du patrimoine (ISMP), cet appel vise à mobiliser de jeunes spécialistes autour d’un projet de documentation et de valorisation du patrimoine bâti.

Les candidats sélectionnés seront chargés de participer à l’inventaire des édifices du quartier consulaire, considéré comme l’un des secteurs les plus emblématiques de la médina de Tunis. L’opération leur permettra d’acquérir une expérience pratique dans les domaines de l’étude architecturale, de la cartographie, de la collecte de données et de la numérisation du patrimoine.

La date limite de dépôt des candidatures a été fixée au 17 juin 2026.

Formation, inventaire et numérisation

Le programme prévoit une phase de formation aux techniques d’inventaire à partir du 22 juin 2026. Les travaux de terrain se dérouleront du 29 juin au 31 août, tandis que les opérations de numérisation des fiches et de production cartographique s’étendront du 1er août au 31 octobre.

Une étape complémentaire, consacrée à l’inventaire détaillé des édifices sélectionnés, est programmée du 1er septembre au 31 octobre 2026. Elle comprendra notamment des relevés architecturaux, l’actualisation de documents existants et l’élaboration de fiches descriptives détaillées pour les bâtiments retenus.

Préserver et transmettre le patrimoine tunisien

Mis en œuvre entre 2025 et 2027 avec le soutien du Fonds Équipe France (FEF), le projet SAWN ambitionne de renforcer les efforts de préservation du patrimoine en Tunisie à travers une approche collaborative réunissant institutions publiques, société civile, experts et professionnels du secteur.

Au-delà de l’inventaire du quartier consulaire, l’initiative vise également à favoriser la transmission des savoir-faire académiques et traditionnels aux nouvelles générations et à développer des outils de documentation destinés aux chercheurs, aux spécialistes du patrimoine et aux institutions concernées.

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Tourisme | Valorisation du patrimoine urbain en Tunisie

Une délégation internationale est en visite en Tunisie depuis hier, lundi 8 juin 2026, dans le cadre du projet In-Situ, une initiative de coopération transfrontalière entre l’Italie et la Tunisie visant à valoriser le patrimoine urbain et périurbain à des fins touristiques par le biais de l’art, de la participation citoyenne et du développement local.

Ce projet, dont l’acronyme signifie «Innovation sociale inclusive pour le tourisme du patrimoine urbain et périurbain», s’inscrit dans le cadre du programme Interreg Next Italie-Tunisie 2021-2027 et est cofinancé par l’Union européenne (UE).

L’objectif est de transformer les zones urbaines et périphériques moins intégrées aux circuits touristiques traditionnels en de nouveaux pôles de tourisme créatif, culturel et expérientiel, en impliquant les communautés locales, les jeunes, les femmes et les groupes à risque d’exclusion.

Médina de Tunis et Zaghouan

Cette mission en Tunisie constitue une nouvelle étape opérationnelle du programme, faisant suite à une phase déjà en cours en Sicile, à Agrigente, dans les quartiers de Montaperto et de Villaseta.

La partie tunisienne du projet se concentrera sur le quartier du Subur dans la médina de Tunis et la ville historique de Zaghouan, deux zones reconnues pour leur fort potentiel culturel et touristique.

In-Situ est piloté par l’Université de Palerme, via le campus universitaire d’Agrigente, en collaboration avec des partenaires italiens et tunisiens, dont la Fondation MeNO, Essence of Sicily, Animed, le ministère tunisien du Tourisme et l’Université de Manouba.

Le budget total du projet dépasse 1,08 million d’euros, dont environ 979 000 euros de contribution européenne.

La visite de la délégation comprend des inspections de sites, des rencontres avec les acteurs locaux et des échanges multidisciplinaires réunissant architectes, sociologues, artistes, designers, opérateurs touristiques et représentants d’institutions. L’objectif principal est de créer de nouvelles voies culturelles et créatives, en s’appuyant sur l’identité des lieux et l’implication directe des habitants.

Diversifier l’offre touristique

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier l’offre touristique tunisienne, qui s’est jusqu’à présent fortement concentrée sur le tourisme balnéaire, mais qui s’oriente de plus en plus vers le tourisme durable, le patrimoine matériel et immatériel, l’artisanat, la mémoire urbaine et les itinéraires culturels méditerranéens.

Pour la Tunisie, ce projet représente également une opportunité de coopération avec la Sicile sur un terrain commun : la valorisation de sites patrimoniaux souvent périphériques aux grands flux, mais centraux dans l’histoire sociale et culturelle des deux rives de la Méditerranée.

L’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, a salué l’approche participative du projet In-Situ en ces termes : «Citoyens, artisans, jeunes et femmes conçoivent ensemble des programmes de tourisme créatif, des ateliers et des formations pour valoriser des zones périphériques souvent négligées». Et le diplomate italien d’ajouter : «Nous réunissons institutions, particuliers et société civile pour garantir une véritable inclusion, des jeunes sans emploi ni formation aux travailleurs culturels ; chacun a la possibilité de s’exprimer», précisant que ce projet s’inscrit dans le cadre de «20 ans de collaboration transfrontalière, avec un investissement de 300 millions d’euros de l’UE pour une Méditerranée plus verte, plus innovante et plus solidaire».

I. B.

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Lifestyle : Entre Bab Djedid et Bab Menara, Rania réveille Dar Dou

Depuis un mois, Dar Dou accueille ses premiers visiteurs dans un écrin ensoleillé de la rue Ben Rejeb, dans l’ancien quartier andalou de la médina de Tunis.

À quelques pas de Bab Djedid, à l’embouchure de la rue du Riche, la rue Ben Rejeb s’étire en longueur jusqu’à la rue Mohsen et Hammam Daoulatli.

C’est là, dans un quartier qui oscille entre mémoire khorassanide et legs andalou que Rania a eu un coup de foudre irrésistible pour une ancienne demeure quasiment en ruines et ayant changé de mains à plusieurs reprises.

Cinq années plus tard, Dar Dou vient de voir le jour et offre un havre de paix non loin de Bab Menara et ses souks traditionnels.

Comme les nombreuses maisons d’hôtes de la médina, Dar Dou contribue à la gentrification des quartiers environnants et offre une expérience de qualité au cœur d’une maison ancestrale.

Originalité de cette demeure : elle possède deux puits dont l’un servait à cultiver un jardin aujourd’hui disparu. C’est au cours des travaux de rénovation que Rania a littéralement découvert ce puits dont l’accès était caché sous une cloison.

Restaurée, embellie et mise aux normes d’un accueil personnalisé, la maison aux deux puits mise sur la sérénité dans l’intimité. Seulement trois chambres, un patio convivial et une salle à manger qui ouvre directement sur une cuisine lumineuse.

Après plus de trois ans d’un chantier aux multiples aléas, Rania savoure l’instant. Grâce à son implication, la maison jadis en ruines n’est plus qu’un souvenir fixé par quelques photos.

Forte de son désir de revenir vers le quartier paternel et d’une volonté d’exceller, Rania qui est également photographe, rayonne et partage ses créations qui s’affichent sur les murs de Dar Dou après avoir animé l’une des portes de Tunis.

Désormais, jour après jour, Rania apporte son rêve à une médina qui frémit et réapprend un art de vivre qui l’avait longtemps désertée.

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Snapshot : Mûriers centenaires massacrés à la médina de Tunis

Qui a pris la décision de détruire les mûriers de la rue de la Driba dont, désormais, il ne reste plus que des moignons ?

Pourtant, ces arbres centenaires paraient tout un quartier, restent liés à la vénérable Rachidia voisine et donnaient leur ombre généreuse aux passants et aux riverains ?

Pourquoi ce massacre ? Est-ce la ville qui a liquidé ces arbres à la tronçonneuse ou bien les édiles ont-ils simplement laissé faire ?

Triste réalité qui vient ôter à la médina des arbres qui sont une partie de son identité.

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Everyday Tunisians : Salah, le robavecchia de la rue Kahia

Il arpente les rues de la médina, chante à tue-tête et attend que les portes s’entrouvrent pour négocier ses marchandises. Salah Ayari, originaire de Makthar, est l’un des derniers robavecchia de la médina de Tunis.

Toujours gai, il récite des poèmes à qui veut bien l’entendre et sait parler chiffons avec les dames du quartier. Sa poussette devant lui, il rayonne entre Bab Souika et Halfaouine, rêve des montagnes de Bargou et des terroirs de Siliana.

Il échange des vieilles fringues contre des verres et des bibelots, marchande fermement et tente de dénicher la bonne affaire qui lui fera gagner plus que l’ordinaire. Salah ne se lasse jamais des poèmes qu’il connaît par cœur et des ruelles qu’il sillonne à longueur d’année.

Comme un lutin, il sautille d’une houma à l’autre, toujours précédé d’un sonore « robavecchia », son sésame pour toutes les portes de la médina.

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Everyday Tunisians : Monia à l’orée des souks

Entre la mosquée Youssef Dey, l’hôpital Aziza Othmana et le souk des bijoutiers, Monia tient un stand dont elle a hérité l’emplacement, de sa mère Halima, qui a longtemps officié en ces lieux.

Monia propose aux passants, de l’eau, des bonbons, du tabac, des parfums et une multitude d’objets qui trouvent toujours preneur. Appréciée de tous, elle n’hésite jamais à se lancer dans une conversation ou prodiguer ses conseils aux infirmières, aux lycéens et aux artisans du coin.

Avant elle, sa mère avait joué le même rôle de proximité. À l’image d’une matrone antique, Halima dont le visage était tatoué et le maintien altier, rayonnait sur le voisinage, constituant un passage obligé pour le brin de causette et les petits achats.

Fidèle à la mémoire de sa mère, Monia continue à creuser dans le même sillon. Tous les jours elle est à son poste, contre la porte verte des souks, là où elle décline au quotidien, tout son art de la proximité.

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Everyday Tunisians : Jalel et les parfums d’antan

Jalel El Benna travaille dans la plus attachante des boutiques dans les souks de Tunis. À la confluence des Attarine et des Ghrablia, ce parfumeur est installé dans le souvenir de son aïeul dont le portrait illumine les céans.

Des colonnes tout droit jaillies de l’Antiquité portent le poids de cette boutique immémoriale dont la même famille tient les rênes depuis deux siècles.

Fondée par Hadj Mohamed Khemiri, l’échoppe ne paie pas de mine. Pourtant, Tahar Haddad ou Aboul Kacem Chebbi venaient s’y asseoir à l’ombre de la vénérable Zitouna.

Depuis son plus jeune âge, Jalel a fréquenté ces lieux où il passait après l’école ou durant les vacances. Initié au monde du parfum par son grand-père, il collectionne les vieux flacons et quelques onguents.

Entouré d’effluves, il accueille amis et clients tout en cultivant son jardin secret aux portes grandes ouvertes. Un peu de l’âme de la médina se niche dans cette boutique à la fois lumineuse, fanée et immortelle.

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Snapshot : Joueurs de dames à la Hafsia

En flânant dans la médina de Tunis, je rencontre toujours les mêmes joueurs de dames qui, ponctuels, s’installent à la rue Lagha, à la confluence de plusieurs boutiques des friperies de la Hafsia.

Plongés dans le jeu, entourés de spectateurs qui commentent à haute voix les mouvements des dames, les deux protagonistes sont plongés dans leur partie et font corps avec le jeu.

Les maîtres du recyclage

Ici, tout est recyclé : une planche de fortune a été repeinte avec le nombre de cases qu’il faut et des capsules en plastique servent de pièces.

Tout est aussi concentration puisque les deux joueurs, avant chaque geste, prennent leur temps à la manière des grands maîtres internationaux.

Un simple jeu devient une véritable cérémonie et aussi un spectacle de rue que j’admire toujours avec l’impression de goûter à mes propres madeleines.

Une cérémonie et plein de madeleines

Car ces joueurs de dames me renvoient au temps lointain de l’enfance lorsque nous utilisions les mêmes damiers avec des capsules de boissons gazeuses qui étaient placées à l’endroit et à l’envers sur nos planches tout aussi rudimentaires.

Et l’attroupement qui se forme inéluctablement évoque en moi les petites foules qui entouraient et encourageaient les joueurs de flipper ou de baby-foot.

Images d’Épinal locales surgies au coin d’une rue, ces rencontres impromptues disent beaucoup de nous et à leur manière, mesurent le temps qui passe.

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Everyday Tunisians : Walid, les encens et Sidi Mahrez

Au plus proche du mausolée de Sidi Mahrez, dans un cagibi d’où émanent effluves et senteurs, Walid partage son savoir-faire et sa croyance indéfectible en la baraka du saint-patron de Tunis.

Entouré d’encens, de gomme arabique et de henné, il mélange les herbes et les ésotérismes. Son tour de main lui vaut la reconnaissance des pélerins et aussi de petits miracles tissés au quotidien.

Walid est au service de la zaouia voisine et de ses nombreux visiteurs. Il sait que chacun de ses gestes suscitera des vagues de ferveur et fait de son mieux pour honorer la sainteté et les bénédictions qu’elle engage.

Au fond de son réduit si plein d’énergies et d’effluves sacrés, Walid veille à sa manière et conjugue les louanges au ciel aux vapeurs d’encens qui l’entourent et le hissent au plus haut de l’ardeur.

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Snapshot : Andalouse et austère, la mosquée Al Ichbilli rayonne sur Souk El Blat

Fondée au dixième siècle puis remaniée par les Andalous arrivés à Tunis, la mosquée Al Ichbilli porte bien son nom : le patronyme d’un Sévillan désigné par sa ville d’origine.

Ce sont en effet les Andalous qui ont rehaussé ce sanctuaire qui se trouve à l’angle de la rue du Trésor et de Souk El Blat, le marché des herboristes.

D’aspect austère, cette mosquée conjugue son identité historique et un caractère d’oratoire desservant plusieurs quartiers andalous de la médina de Tunis.

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Snapshot – Tunis : Les façades fanées de la rue Boukhris

Au tournant du vingtième siècle, plusieurs maisons bourgeoises sont nées à la rue Boukhris, entre le Morkadh, la Rahba et Ras Eddarb.

À l’époque, ces demeures offraient un modèle architectural novateur en dessinant des façades inspirées de la mode des Arabisances.

Des façades à préserver dans tout le quartier

Relativement fanées, nécessitant une stratégie de restauration, ces demeures appartiennent toujours à des familles de la bourgeoisie tunisoise.

Certaines, dans le quartier, accueillent désormais des maisons d’hôtes. D’autres attendent une rénovation qui pourrait leur rendre leur lustre perdu.

En tout état de cause, ces façades ne laissent pas indifférent et, alors que le Mois du Patrimoine est dédié à l’architecture, elles mériteraient une réflexion collective sur leur importance patrimoniale.

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Dans les pas du piéton de Tunis : Entre Bab Bhar et Sidi Mahrez

Il est trois lieux dans Tunis que je visite dès que je le peux et sans m’annoncer. D’abord, le Marché central; ensuite, la zaouia de Sidi Mahrez et enfin, le lycée Carnot. Je suis comme aimanté par ces trois lieux de vie et de mémoire qui se trouvent sur les deux versants de la ville.

J’ai toujours affirmé à qui voulait bien m’entendre, que Tunis est une ville siamoise. Sans la médina, elle ne serait qu’un bourg français transplanté au Maghreb et sans le centre-ville européen, elle ne serait que l’ombre d’une cité médiévale. L’une ne va pas sans l’autre car Tunis, c’est les deux à la fois, comme deux cœurs dans la même poitrine.

J’aime roder autour de la Porte de France en me disant que ce nom, c’est pour le coté pile, celui qui regardait la statue du cardinal Lavigerie et la rue de l’Église. Le côté face est quant à lui prédestiné à l’appellation Bab Bhar. Ce qui signifie Porte marine et même, puisque les mers communiquent, Porte océane.

Personne ne remarque mes circonvolutions autour de la porte. Elles sont un rituel presque païen qui tour à tour, me permet de passer du seuil d’une ville au terme de l’autre dans un carrousel incertain. Entrer dans la médina. Sortir de la ville européenne. Entrer dans la ville européenne. Sortir de la médina. Indéfiniment, tout en restant dans le corps double de la ville siamoise qui ne saurait être sans son prolongement, sans sa différence qui lui colle à la peau, sans son histoire qui s’écrit sur les murs et les parchemins.

Ce matin, j’ai rencontré un chat siamois dans la ville siamoise. C’est précisément à la rue Sidi Maouia que j’ai croisé cet immigré parmi les chats indigènes. Présence étrange qui suscite tant de questions : d’où vient ce chat qui ne connaît pas encore la topographie des gouttières ? Qui l’a abandonné dans ce lacis de ruelles qui lui sont étrangères ? Comment les autres chats l’ont-ils accueilli ? Comment vit-il son exil ou peut-être son nouveau royaume ?

Je ne sais si les chats sont plus accueillants que leurs maîtres ni si leur vécu dans les rues, fait d’eux des animaux imprévisibles. Je me pose toutes ces questions devant un chat qui ne ressemble à aucun autre, une sorte de métèque au regard bleu et au pelage brillant. Il ne semble ni hostile ni dépaysé mais reste sur ses gardes même si je parviens à le photographier.
Soudain, il s’en va. À vive allure. Me laissant à mes questions sur le vivre-ensemble et mes métaphores qui aimeraient tisser une fable siamoise pour un chat angora au pays des merveilles.

Je me laisse enivrer par les encens qui flottent dans l’air de la rue Sidi Mahrez. Ils se répandent partout comme une onde aérienne, invisible et parfumée, montant dans le ciel et pénétrant partout, de nos sens en éveil aux interstices de nos âmes.

D’un brasero crépitant à l’infini, des senteurs d’encens pour dire la sacralité des lieux et libérer les talismans. Marcher vers les mausolées et y trouver le parfait contrepoint olfactif. Ici, l’encens qui auréole une rue et là-bas, au marché, les parfums de fruits. Comme un pas de deux entre nourritures spirituelles et terrestres, comme une dialectique entre une fraise et le bkhour, un brin de géranium et du jaoui, une feuille de menthe fraîche et l’alchimie d’un encens.

Le parfum du pain. C’est devant le Marché central que Sadok vend son pain tabouna. Chaque jour, il vient de Béni Khalled avec son pain complet à l’ancienne. De forme oblongue, les miches sont plates et fleurent bon les fours des terroirs et leur bois d’olivier. C’est un passage obligé pour les gourmets et ceux qui aiment le goût rustique et la simplicité. Seule touche contraire, ces sachets de plastique qui s’incrustent partout et servent à emballer le pain.

Autour de moi, comme des méduses volantes, des sachets noirs, bleus, blancs ou transparents, virevoltent. Au sol, les stigmates d’une journée s’amoncellent dans des poubelles à même la chaussée. La rue Charles de Gaulle n’est plus ce qu’elle fût. On dirait l’ectoplasme décharné de la belle époque de la Pâtisserie viennoise, du Café de la poste, de Saliba, Attal ou Mangani, du Carnaval de Venise et du Duc de Kent. À quoi sert-il de remuer les nostalgies quand on a toujours du bon pain ?

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Everyday Tunisians : Khadija, au seuil de Dar Lasram

Visage familier, toujours souriante, Khadija incarne l’accueil pour les visiteurs de Dar Lasram, dans la médina de Tunis.

Au seuil de cette demeure patricienne, elle renseigne le public et en quelques mots, indique le chemin à prendre.

Dans le vaste vestibule où débouchent deux volées de marches, Khadija est entourée de portes cloutées, ornées et nimbées de jaune comme le veut la tradition.

Entre la rue du Pacha et le quartier de la Kasbah, elle arpente le passé ottoman et la splendeur hafside de la médina dont elle a appris à sillonner l’histoire et savourer les beautés architecturales.

Fière de sa participation à la sauvegarde de la médina, Khadija en vante les beautés et sait combien il est important de les préserver.

Convaincue que chaque geste compte, elle fait de son mieux pour ancrer cette prise de conscience et à sa manière, élégante et efficace, multiplie les petits pas.

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Snapshot – Tunis : La bien nommée rue des Charcutiers

Est-elle bien nommée ou bien son appellation jure-t-elle avec son nouvel environnement ? Le fait est que la rue des Charcutiers a bel et bien gardé son nom de l’époque où les bouchers maltais étaient nombreux dans cette venelle de la médina de Tunis.

Le nom de cette rue qui relie les deux axes principaux de la médina non loin de Bab Bhar, est traduit par Al Qassabin en arabe. Ce terme qui désigne les bouchers est lui aussi toujours en usage

Les charcutiers de Tunis

Il existait à Tunis de nombreuses charcuteries aussi bien dans la partie basse de la médina que dans les allées du Marché central. La plus connue de ces charcuteries du passé est incontestablement celle qui fut tenue par Borg à la rue des Glacières.

Côté fondouk el ghalla, ils étaient quelques uns situés au bout de l’aile dédiée aux bouchers. Ces charcutiers avaient alors pour spécialité le rôti qu’ils préparaient le dimanche pour les familles qui passaient leur commande en semaine.

Une rue sur les marges du Quartier franc

La rue des Charcutiers se trouve entre la rue de la Kasbah et la rue Ezzitouna. Elle se situe non loin du palais Cardoso et compte parmi les artères qui structuraient l’ancien Quartier franc, autrement dit la partie de la médina où ont vécu les communautés européennes dès le dix-septième siècle.

Une rue parmi tant d’autres qui donnent tout leur charme aux toponymies de la médina.

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Médina de Tunis : Le monument oublié du sultan hafside

En remontant le souk des Parfumeurs, caché au fond d’une impasse à laquelle on accède en gravissant quelques marches, la Midha du Sultan hafside est l’un des monuments historiques les moins connus de Tunis.

Actuellement en restauration, Midhet Al Soltan est une salle d’ablutions édifiée en 1450 par le sultan hafside Abou Amr Othman. Cette midha construite dans la proximité immédiate de la mosquée Zitouna avait pour fonction de permettre au sultan et à sa cour de disposer d’un espace privatif pour leurs ablutions.

Niché au fond d’une impasse, invisible de loin, Midhet Al Soltane est pourtant dotée d’une architecture monumentale.

Sa façade annonce un édifice important. À l’intérieur, une fontaine domine un bassin octogonal qui se trouve dans une cour à ciel ouvert dont les murs sont recouverts de marbre noir et blanc.

Destinée aux ablutions des sultans hafsides, cette midha compte parmi les monuments peu connus de la médina de Tunis.

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