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Risques d’inondations : une menace nommée Medicane

La canicule semble avoir laissé la place aux orages et aux intempéries. Après un été de records thermiques sur terre comme en mer, les spécialistes de climatologie et de météo n’arrêtent pas de nous mettre en garde contre des phénomènes climatiques encore plus aigus. Du coup, la crainte de pluies diluviennes et même d’un cyclone méditerranéen devient d’actualité, ce qui veut dire que les Tunisiens doivent être sur leurs gardes pendant les prochains mois…

C’est que les données actuelles et disponibles incitent à tout prévoir et à s’attendre à de nouveaux cycles d’intempéries. Au cours de ces derniers mois de chaleur, la Méditerranée reste anormalement chaude. D’après ces mêmes spécialistes, la canicule marine en cette première moitié du mois de septembre touche pratiquement tout le bassin et son intensité augmente dans plusieurs zones.

Or, une mer chaude augmente le potentiel de pluies et fournit davantage d’humidité et d’énergie à l’atmosphère lorsqu’une configuration météorologique favorable se met en place. Elle ne permet pas, en plus, de prévoir un medicane car la température de la mer ne détermine ni la formation d’un tel système, ni sa date, ni sa trajectoire.

Là, il faut rappeler que la Tunisie a déjà connu des épisodes extrêmes sans medicane : en septembre 2018, le Cap Bon avait reçu plus de 200 mm de pluie en quelques heures dans plusieurs régions.

Le niveau des dégâts dépend aussi de la vulnérabilité locale : état des oueds, réseaux d’évacuation, ouvrages hydrauliques, urbanisation et préparation des secours peuvent faire une différence majeure, d’où la nécessité de mettre en place une infrastructure pratique et solide pour limiter au maximum les dégâts.

 

A présent, c’est la canicule marine qui fait peur

Le point de départ n’est pas une hypothèse mais une mesure. Des conditions de canicule marine ont affecté la Méditerranée occidentale et une partie de l’Atlantique nord-est durant tout l’été 2026, et les températures de surface anormalement élevées restaient largement répandues au 13 août 2026, avec des anomalies atteignant environ 6 °C au-dessus de la moyenne dans le golfe du Lion, au large du Sud de la France.

Le détail qui concerne directement la Tunisie se trouve dans les bulletins météo qui se sont succédé au mois d’août dans la région du bassin méditerranéen. La canicule marine affectant l’ensemble du bassin méditerranéen continuait de reculer en superficie mais s’intensifiait au sud de la Sicile, avec des catégories presque exclusivement «fortes», alors qu’elle avait pratiquement disparu à l’est à partir de la pointe sud de la Grèce et que les épisodes au large du Sud de la France et près de Gibraltar s’étaient presque effacés. Autrement dit, au moment où l’anomalie se résorbait ailleurs, elle se concentrait dans le canal de Sicile, c’est-à-dire aux portes des eaux tunisiennes.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte global. Les océans ont atteint le 22 août leur température quotidienne la plus élevée jamais enregistrée, à 21,1 °C. C’est  d’autant plus frappant qu’il survient à une période où les températures océaniques ne culminent normalement pas, le pic global intervenant habituellement en mars et avril, après l’été de l’hémisphère sud. La Méditerranée est l’une des régions du globe qui se réchauffent le plus vite, à un rythme supérieur d’environ 20% à la moyenne mondiale.

 

C’est la mer chaude qui «fabrique» une inondation

Le mécanisme est bien décrit. Une masse d’air froid en altitude se détache du flux d’ouest et s’isole. C’est ce que les Espagnols appellent une DANA, une dépression isolée en altitude, cousine de l’épisode méditerranéen.

Le contraste thermique entre cet air froid et une mer très chaude crée une instabilité verticale considérable ; un flux de basses couches, souvent de secteur est ou sud-est, canalise l’air marin gorgé d’humidité vers les côtes, et le relief force l’ascendance, de sorte que les cumulonimbus se régénèrent au même endroit pendant des heures, produisant des cumuls extrêmes sur des surfaces réduites. C’est cette quasi-stationnarité, davantage que l’intensité instantanée, qui transforme un orage en catastrophe hydrologique.

La chaleur de la mer intervient à deux endroits de cette chaîne : elle augmente la quantité de vapeur d’eau disponible et elle accroît le contraste thermique avec l’air froid d’altitude. Elle ne déclenche rien à elle seule.

 

Le medicane, cas extrême souvent mal compris

Le terme circule beaucoup depuis cet été. Selon ces mêmes experts à l’INM, le medicane, contraction de «Mediterranean hurricane», n’est pas un ouragan tropical classique, mais il peut évoluer vers un système très dangereux, avec un centre chaud, une structure organisée, des vents violents et des pluies orageuses intenses capables de provoquer des inondations rapides.

Parmi les systèmes méditerranéens les plus marquants de ces dernières années figurent Zorbas en 2018, Ianos en 2020 et la tempête Daniel en 2023, dont l’évolution en Méditerranée s’est accompagnée de précipitations extrêmes. Daniel, après avoir touché la Grèce, a atteint la Libye, où il a provoqué une catastrophe majeure après la rupture des barrages de Derna.

Toutefois, la Tunisie n’a pas besoin d’un medicane pour connaître une catastrophe hydrologique. L’épisode du 22 septembre 2018 au Cap Bon le montre parfaitement lorsque le niveau des précipitations a atteint 200 mm sur Nabeul et jusqu’à 225 mm en quelques heures à Beni Khalled, selon l’Institut national de la météorologie, qui a précisé qu’il s’agissait des plus importantes précipitations sur une période aussi courte depuis le début des statistiques, en septembre 1995.

Selon l’institut national de la météorologie (INM), il est impossible de confirmer scientifiquement aujourd’hui la formation d’un medicane durant l’automne 2026. En revanche, les conditions énergétiques nécessaires sont présentes, le déclenchement dépendant de l’évolution de l’atmosphère au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Toutefois, trois indicateurs accessibles au public doivent être surveillés dans les semaines à venir : les bulletins de canicule marine du service Copernicus, qui indiquent où l’anomalie persiste et à quelle intensité, les alertes de l’INM, seules pertinentes à l’échelle de quelques jours et l’état d’avancement des travaux d’entretien des réseaux d’évacuation dans les gouvernorats côtiers.

Kamel ZAIEM

 

 

 

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Pluies et inondations : jusqu’à quand les mêmes défaillances ?

La saison des intempéries commence à peine et, avec elle, revient une inquiétude devenue presque habituelle : combien de temps faudra-t-il cette année pour que les premières pluies transforment certaines rues en torrents ? En Tunisie, il n’est désormais plus nécessaire qu’un épisode pluvieux exceptionnel dure plusieurs heures pour provoquer des perturbations importantes. Parfois, quinze ou vingt minutes de pluie soutenue suffisent pour que l’eau s’accumule, que la circulation devienne difficile, que des voitures se retrouvent bloquées et que des habitations ou des commerces commencent à craindre le pire.

Le phénomène n’est ni nouveau ni limité aux quartiers les plus fragiles. Même dans des zones résidentielles considérées comme bien entretenues, dotées de routes relativement récentes et où les prix de l’immobilier sont parfois élevés, les mêmes images reviennent : chaussées transformées en bassins, trottoirs impraticables, avaloirs incapables d’absorber l’eau et automobilistes cherchant désespérément un passage. Si de telles situations se produisent dans les quartiers supposés les mieux équipés, que dire alors des quartiers populaires, des zones périphériques ou des secteurs où les infrastructures sont anciennes, insuffisantes ou mal entretenues ?

La pluie ne peut plus tout expliquer

Pendant longtemps, chaque épisode d’inondation a été accompagné de la même explication : des précipitations importantes seraient tombées en très peu de temps. Il est évident que l’intensité de la pluie joue un rôle majeur et que certains épisodes météorologiques peuvent dépasser les capacités normales des réseaux d’évacuation. Le changement climatique complique également la situation, avec des phénomènes qui peuvent devenir plus brutaux et plus difficiles à anticiper. Mais cette explication ne peut pas suffire lorsque le problème se répète année après année et parfois aux mêmes endroits. Une pluie automnale n’est pas un événement imprévisible en Tunisie. Elle appartient au cycle normal des saisons. Les épisodes intenses non plus ne peuvent plus être considérés comme totalement exceptionnels lorsqu’ils se reproduisent régulièrement. La question est donc simple : pourquoi, après tant d’années, suffit-il encore de quelques dizaines de minutes de pluie pour que certains axes deviennent pratiquement impraticables ?

Les causes sont multiples. Elles concernent la capacité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, leur vieillissement, leur entretien, mais également l’urbanisation rapide de certaines zones. Plus une ville se couvre de béton, de routes, de parkings et de constructions, moins les sols peuvent absorber naturellement l’eau. Celle-ci ruisselle alors beaucoup plus rapidement et se concentre vers des réseaux qui n’ont pas toujours été dimensionnés pour recevoir de tels volumes. À cela s’ajoute un problème beaucoup plus visible, celui des avaloirs obstrués par les déchets, la terre, les feuilles ou différents débris. Il suffit parfois d’observer une rue pendant une forte pluie pour constater que l’eau passe au-dessus d’un avaloir sans pouvoir y pénétrer correctement. Le problème n’est donc pas seulement de construire de nouvelles infrastructures, encore faut-il entretenir régulièrement celles qui existent.

Des conséquences qui dépassent largement les embouteillages

Réduire les inondations urbaines à quelques heures de circulation difficile serait une erreur. Pour certains habitants, chaque épisode pluvieux devient une véritable source d’angoisse. Ceux qui vivent dans des logements situés en contrebas, au rez-de-chaussée ou dans des zones régulièrement touchées savent qu’une forte pluie peut signifier une maison envahie par l’eau, des meubles endommagés, un véhicule détérioré et parfois des pertes financières considérables. Les commerçants ne sont pas davantage épargnés. Quelques centimètres d’eau peuvent suffire à endommager des marchandises, des équipements ou des installations électriques. Quant aux automobilistes, ils se retrouvent parfois confrontés à une décision dangereuse : traverser une zone inondée sans connaître la profondeur de l’eau ou rebrousser chemin dans une circulation déjà paralysée.

Il existe aussi une profonde inégalité face aux intempéries. Dans les quartiers disposant de davantage de moyens et d’infrastructures, les dégâts peuvent parfois être limités ou réparés rapidement. Dans les zones plus vulnérables, une inondation peut avoir des conséquences beaucoup plus lourdes pour des familles qui n’ont pas nécessairement les moyens de remplacer des équipements, de réparer leur logement ou leur voiture. C’est précisément pour cette raison que la question des eaux pluviales ne peut plus être traitée uniquement dans l’urgence, lorsque les premières fortes pluies arrivent. Les opérations de curage réalisées à la dernière minute ou après les premières inondations donnent le sentiment d’une gestion saisonnière d’un problème qui, lui, est structurel.

Anticiper au lieu de réparer chaque année

Une ville ne peut évidemment pas être protégée contre toutes les pluies, notamment face à un événement météorologique d’une intensité réellement exceptionnelle. Aucun réseau d’évacuation n’offre une garantie absolue. Mais entre l’impossibilité d’empêcher toutes les inondations et le fait d’accepter que quinze ou vingt minutes de pluie perturbent régulièrement des quartiers entiers, il existe une marge considérable d’action. L’entretien des réseaux doit commencer bien avant les premières pluies. Les points noirs sont généralement connus des habitants comme des autorités locales. Certaines routes sont inondées presque systématiquement. Certains carrefours deviennent impraticables dès que les précipitations s’intensifient. Il devrait donc être possible de cartographier précisément ces zones, d’en identifier les causes et d’intervenir progressivement plutôt que de redécouvrir les mêmes problèmes à chaque automne. Mais il faut également penser à plus long terme. Les infrastructures conçues il y a plusieurs décennies correspondent-elles encore à la densité urbaine actuelle ? Les réseaux peuvent-ils absorber l’eau provenant de quartiers qui se sont considérablement urbanisés ? Les nouveaux projets immobiliers prennent-ils suffisamment en compte l’écoulement des eaux pluviales ? Et surtout, les villes tunisiennes sont-elles préparées à des épisodes de pluie potentiellement plus intenses dans les prochaines années ?

Ces questions deviennent incontournables. Car la pluie, elle, continuera de tomber. On ne peut ni l’empêcher ni lui demander de s’adapter à nos villes. Ce sont donc les villes qui doivent s’adapter. À chaque épisode d’intempéries, les mêmes images circulent, les mêmes habitants protestent et les mêmes interrogations reviennent. Puis le soleil réapparaît, l’eau finit par se retirer et le problème disparaît progressivement du débat jusqu’à la prochaine pluie. C’est précisément ce cycle qu’il faut rompre. Une forte averse peut être un phénomène naturel. Voir, année après année, les mêmes rues se transformer en rivières après quelques minutes de pluie ne devrait plus être considéré comme normal. À l’heure où commence une nouvelle saison d’intempéries, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir où et quand il pleuvra. Il est surtout de savoir si, cette fois, nos villes seront capables d’y faire face.

Leila SELMI

 

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Ariana : Une voiture emportée par les eaux à Jaafar, un homme et une fillette sauvés

Des pluies torrentielles ont submergé plusieurs routes et habitations dans la nuit de samedi à dimanche. À Oued El Khayat, un homme et une fillette de trois ans ont été secourus après que leur voiture a été emportée par les eaux. Les habitants réclament l’accélération des travaux de drainage et la réhabilitation des routes.

Une voiture emportée par les eaux à Oued El Khayat

Les fortes pluies enregistrées dans la nuit de samedi à dimanche ont provoqué d’importants ruissellements depuis le djebel Jaafar, dans le gouvernorat de l’Ariana. Plusieurs maisons et routes ont été submergées par les eaux.

Sur la route d’Oued El Khayat, une voiture transportant un homme et une fillette âgée de trois ans a été emportée par les eaux. Les deux occupants ont pu être secourus, selon l’agence TAP.

Cet incident illustre les risques auxquels sont exposés les habitants lors des épisodes de fortes précipitations, notamment dans les zones confrontées à des difficultés d’évacuation des eaux pluviales.

Les habitants réclament des travaux de drainage

Au lendemain des intempéries, les habitants de Jaafar ont renouvelé leurs appels à l’accélération des travaux destinés à améliorer l’évacuation des eaux pluviales et à réhabiliter les routes de la région.

Les ruissellements provenant du djebel Jaafar aggravent les difficultés de circulation et exposent certaines habitations aux inondations. Les riverains demandent ainsi des interventions permettant de réduire les risques lors des prochaines pluies.

Ces revendications interviennent alors que plusieurs secteurs de l’Ariana ont été touchés par les précipitations. Les travaux de drainage et l’état des infrastructures routières restent au centre des préoccupations locales.

La situation à Jaafar souligne l’importance de la préparation des infrastructures face aux épisodes pluvieux intenses. Les éventuelles avancées des travaux d’évacuation des eaux et de réhabilitation des routes pourront faire l’objet d’un suivi ultérieur.

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Maher Ketari: « Les constructions illégales et démolitions non exécutées au cœur des inondations »

À Sidi Bou Saïd, les travaux d’envergure promis pour septembre ne sont toujours pas engagés. Le député Maher Ketari, président de la Commission des finances à l’Assemblée, y voit l’illustration d’un problème plus large : celui d’un aménagement urbain resté figé face à une urbanisation galopante et à des réseaux d’évacuation dépassés.

 C’est un constat sans détour qu’a livré Maher Ketari, vendredi 18 septembre 2026, sur les ondes de Jawhara FM. Pour le président de la Commission des finances à l’Assemblée, les dégâts causés par les récentes pluies ne relèvent pas du seul aléa climatique : ils révèlent des carences accumulées dans les infrastructures, la planification urbaine et la gestion des constructions illégales.

Le cas de Sidi Bou Saïd illustre, selon lui, cette inertie. Des réunions s’étaient tenues en mai puis en juin, au cours desquelles l’engagement avait été pris de démarrer les grands travaux dès le mois de septembre. Cet engagement n’a pas été tenu. « Les grands travaux n’ont pas commencé », a-t-il affirmé, ne recensant que quelques interventions limitées, réalisées près du parking et sur certains secteurs touchés par des glissements de terrain. D’autres zones jugées sensibles, dont les versants de la colline, restent concernées.

Au-delà de ce cas précis, Maher Ketari refuse de réduire les inondations à la seule intensité des précipitations. Il met en avant une combinaison de facteurs : l’état des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, leur insuffisance dans certaines zones, et l’urbanisation anarchique. Cette dernière, insiste-t-il, ne pose pas seulement une question esthétique ou foncière : elle perturbe les écoulements naturels et empêche les eaux de rejoindre les réseaux censés les absorber.

Il illustre son propos par l’évolution de certains quartiers, initialement calibrés pour une population donnée mais dont la densité s’est ensuite accrue sans que les infrastructures suivent ce rythme. La cité Ennasr, dans le Grand Tunis, en est un exemple : ses réseaux avaient été conçus à l’origine pour une population comprise entre 40 000 et 50 000 habitants, un chiffre largement dépassé depuis.

Pour Maher Ketari, la gestion des inondations reste trop souvent focalisée sur leurs conséquences plutôt que sur leurs causes profondes. Il évoque à cet égard les rencontres consacrées à l’aménagement urbain tenues dans le deuxième district, estimant que les échanges doivent désormais sortir du cadre habituel. « Nous sommes toujours dans l’ancien modèle », a-t-il regretté, plaidant pour une refonte de l’aménagement urbain tenant compte de la croissance démographique, de l’extension des villes et de la répétition des phénomènes météorologiques extrêmes. Il attribue enfin une part de responsabilité partagée à l’État, aux municipalités et aux différents départements concernés, pointant en particulier la difficulté persistante de faire exécuter les décisions de démolition visant des constructions illégales.

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Quand la pluie n’a pas dit son dernier mot

Grêle, rafales, routes noyées : le Grand Tunis a plié sous les orages jeudi. Mauvaise nouvelle, la météo n’a pas dit son dernier mot.

Il est important de noter que la situation ne devrait pas se résoudre rapidement. D’après les informations collectées par lachaineemeteo.fr, de puissants orages ont frappé le nord et le centre de la Tunisie jeudi après-midi, avant de se déplacer vers l’est du pays.

Tunis sous le joug d’une crise hydrique

Les précipitations, dont la concentration dans le temps a été extrêmement élevée, ont atteint 30 à 35 mm en moins d’une heure sur l’agglomération tunisoise. Dans la banlieue sud, à Boumhel, Ezzahra, Hammam-Lif et Hammam-Chott, plusieurs axes routiers ont été submergés en quelques minutes. En raison de conditions climatiques défavorables, les rues de la ville ont été le théâtre d’un ruissellement intense, entraînant une paralysie de la circulation et d’un nombre important d’automobilistes. Face à cette situation, les services de la Protection civile ont été sollicités pour procéder à des opérations de déblaiement et de désencombrement.

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Inondations à Tunis : un peu de pluie, et tout part en vrille

L’après-midi du mercredi 17 septembre 2025, l’arrivée du froid et des pluies intempestives a de nouveau transformé plusieurs rues de la capitale en torrents. En quelques dizaines de minutes, des accumulations d’eau importantes, des véhicules immobilisés et une circulation fortement perturbée ont révélé, une fois de plus, la fragilité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

Un an après les inondations qui avaient touché un grand nombre de régions du pays, la question se pose : existe-t-il de véritables mesures de précaution ? Face à cet épisode, le ministère de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a gardé le silence. Qu’en est-il cette année ?

Interventions municipales et appel à la responsabilité

Au lendemain des intempéries, la municipalité de Tunis a renouvelé, vendredi 18 septembre 2026, son appel aux citoyens à ne pas jeter déchets, gravats et résidus de chantier dans les avaloirs et les conduites d’évacuation. Ses équipes ont constaté l’obstruction de plusieurs ouvrages, en partie due à l’accumulation de matériaux de construction.

Les services municipaux ont poursuivi leurs interventions durant la nuit : pompage et évacuation des eaux infiltrées dans les logements, débouchage et nettoyage d’avaloirs, ainsi que rétablissement de l’écoulement dans plusieurs zones touchées. Cela dit, cela aurait dû être fait bien avant…

Il convient de noter que l’Institut national de la météorologie avait annoncé des pluies temporairement orageuses et localement intenses, avec des cumuls pouvant atteindre 30 à 50 mm dans certaines zones du Grand Tunis, mettant en garde contre des accumulations rapides et des débordements des réseaux d’assainissement.

Pourtant, il aura suffi d’un peu de pluie pour que tout parte en vrille. La persistance des inondations montre que les mesures de prévention restent insuffisantes face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents. Et par-dessus tout, l’incivisme des citoyens, qui jettent leurs déchets et leurs mégots dans la rue, ne fait qu’aggraver la situation.

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Grand Tunis sous les eaux : quand l’alerte arrive après la paralysie

Les pluies orageuses qui se sont abattues jeudi 17 septembre sur le Grand Tunis ont transformé en quelques minutes plusieurs axes de la capitale et de sa périphérie en zones difficilement praticables, voire paralysées. La capitale est passée des méandres…

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Pluies en Tunisie : 55 mm à Zeramdine, les cumuls les plus élevés relevés par l’INM

Des précipitations importantes ont été enregistrées dans plusieurs régions de Tunisie au cours des dernières 24 heures. Le cumul maximal a atteint 55 mm à Zeramdine, dans le gouvernorat de Monastir, selon les relevés de l’Institut national de la météorologie (INM) publiés vendredi 18 septembre 2026.

Le Sahel enregistre les plus fortes quantités

Zeramdine arrive en tête des relevés avec 55 mm de pluie. La station de Jemmal, également située dans le gouvernorat de Monastir, a enregistré 49 mm, soit le même cumul qu’à Akouda, dans le gouvernorat de Sousse.

Les autres cumuls les plus élevés concernent Bembla (Monastir), avec 46 mm, et Boumerdès (Mahdia), avec 45 mm. Au total, cinq stations ont atteint au moins 45 mm au cours de la période mesurée.

Des précipitations importantes dans le Grand Tunis

Les pluies ont également concerné plusieurs zones du Grand Tunis et des gouvernorats voisins. La station de Tunis-Manoubia a enregistré 43 mm, tandis que Charguia et Radès ont atteint 36 mm chacune.

À El Fahs, dans le gouvernorat de Zaghouan, le cumul s’est élevé à 40 mm. La Manouba a enregistré 39 mm, alors que Kalaâ Kebira, à Sousse, et Aïn Bousaadia, à Siliana, ont atteint 37 mm.

Ces relevés illustrent la répartition inégale des précipitations entre les différentes régions du pays, avec des quantités particulièrement importantes dans le Sahel et certaines zones du Grand Tunis.

Les relevés de l’INM couvrent plusieurs gouvernorats

L’Institut national de la météorologie a également signalé des précipitations dans plusieurs autres régions. À Kairouan, le cumul maximal a atteint 23 mm à El Alem. À Béja, 17 mm ont été relevés à Oued Zarga, tandis que Ghraïba, dans le gouvernorat de Sfax, a enregistré 10 mm.

Les données publiées portent sur les précipitations enregistrées entre jeudi 17 septembre à 7 heures et vendredi 18 septembre à 7 heures.

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Intempéries à Métlaoui : Le père et son fils retrouvés morts après les crues

Les recherches engagées depuis les crues de samedi à Métlaoui ont pris fin ce mardi 15 septembre avec la découverte des corps des deux personnes portées disparues. Le père a été retrouvé dans la matinée à Oued Thelja, avant que le corps de son fils ne soit découvert à proximité d’Oued S’hili.

Deux corps retrouvés dans la journée

La première découverte a eu lieu dans la matinée à Oued Thelja, où les secours ont retrouvé le corps du père, porté disparu depuis les intempéries de samedi.

Quelques heures plus tard, les recherches ont permis de retrouver le corps de son fils près d’Oued S’hili. La découverte a été confirmée par le directeur régional de la Protection civile à Gafsa, le colonel Bilal Ousaifi, dans une déclaration à Diwan FM.

Ces deux découvertes mettent ainsi fin aux recherches engagées pour retrouver les deux disparus après les importantes crues qui ont touché la région de Métlaoui.

Les conséquences des crues toujours suivies

Au-delà du bilan humain, les intempéries ont également provoqué des dégâts dans plusieurs secteurs de la région, notamment sur le réseau ferroviaire. La situation des infrastructures demeure donc au centre du suivi engagé après les crues.

Sur le terrain, des appels locaux demandent également que soient examinées les conditions d’entretien des oueds et les facteurs ayant pu contribuer à l’ampleur des écoulements. Ces interrogations interviennent alors que les habitants restent confrontés aux conséquences des intempéries et aux dommages enregistrés dans la région.

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Tunisie | Appel à la vigilance face aux inondations

A l’orée de l’automne, et alors que les météorologues avertissent contre les fortes averses à venir, l’inquiétude des Tunisiens augmente, d’autant que les premières pluies d’hier, vendredi 11 septembre 2026, ont provoqué des inondations dans plusieurs régions du pays, y compris dans certains quartiers de Tunis.   

Les autorités, pour leur part, se veulent rassurants. Chokri Khelifi, directeur des eaux urbaines au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, a indiqué, ce samedi 12 septembre, à Diwan FM, que son département a réussi, entre le début janvier et fin août dernier, à curer et nettoyer plus de 2 600 kilomètres d’oueds, de cours d’eau et d’ouvrages hydrauliques, ce qui représente environ 70 % du programme annuel.

M. Khelifi a ajouté que le ministère a procédé au curage d’environ 70 hectares de bassins de rétention d’eau, précisant que des crédits avoisinant les 37 millions de dinars ont été alloués à la réalisation de ces travaux.

Il a également souligné que le ministère œuvre, depuis le début de l’année, à la mise en œuvre de plusieurs programmes préventifs incluant le curage des oueds, des cours d’eau et des ouvrages hydrauliques, afin de garantir leur bon état de fonctionnement et de réduire les risques d’inondation, notamment lors des périodes de fortes précipitations.

Le directeur des eaux urbaines a expliqué que toutes les régions du pays sont désormais exposées aux inondations en raison du changement climatique, soulignant l’importance de la vigilance et de la nécessité d’œuvrer à leur protection.

Le système d’évacuation des eaux pluviales repose sur trois volets complémentaires : la protection en amont grâce à la construction de barrages et de retenues collinaires ; la protection des villes et des zones contre les risques d’inondation ; et l’évacuation des eaux pluviales au sein même des zones urbaines.

Par ailleurs, Chokri Khelifi a critiqué certaines pratiques consistant à jeter des déchets sur les accotements des routes, soulignant que leur accumulation risque d’obstruer les cours d’eau et les oueds, perturbant ainsi le système d’évacuation des eaux pluviales.

Il a appelé les citoyens à faire preuve de civisme et à veiller à la propreté des abords des routes et des voies d’écoulement des eaux, une gestion adéquate des déchets contribuant à soutenir les efforts de l’État en matière de prévention des inondations et de protection des zones urbaines.

I. B.

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