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Le poème du dimanche | ‘‘L’écho du silence’’ de Hichem Gaiesse

Longtemps installé comme médecin généraliste à Hammamet, le premier recueil de poèmes de Hichem Gaiesse s’intitule ‘‘Soliloques de l’épi’’ est paru à compte d’auteur en 2021.

Né en 1957 à Grombalia, Gaiesse a fait des études secondaires à Tunis et supérieures à la Faculté de médecine de Sousse.

J’ai l’âme qui bave

Au rythme des stances

Autant qu’une épave

Qui mousse aux sabords

S’infuse en langage

La chair de mes mots

Qui n’ont que le sens

De leurs métaphores

Et bout de sa lave

Aussi ma pensée

Ruant de l’enclos

Vers d’autres athanors

Patient et muet

Au cœur des naufrages

L’écho du silence

Est mon parolier.

Extrait de ‘‘Soliloques de l’épi, la Tunisie m’a dit’’, 2021.

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La Fed se réinvente : qui fait quoi et pourquoi cela compte pour les marchés?

L’ancien responsable à la Fed Kevin Warsh a lancé cinq équipes indépendantes chargées de repenser la manière dont la Réserve fédérale américaine (Fed) analyse les données, communique et gère son bilan.  Telle est l’annonce de la zonebourse.com. 

Ces changements  notamment l’intégration de l’intelligence artificielle pourraient rendre les décisions monétaires plus difficiles à anticiper, avec des conséquences pour les investisseurs et l’économie mondiale, y compris la Tunisie. Son objectif est de moderniser les méthodes de décision de la banque centrale.

Ainsi les cinq « task forces » : groupes de travail officiels, présentés comme indépendants,  formuleront des recommandations destinées au comité de politique monétaire de la Fed. Il convient de noter que la composition comprend  quinze experts économistes, anciens banquiers centraux et dirigeants américains et étrangers.

L’objectif étant clair: revoir la manière dont la Fed informe les marchés et le public. Et ce dans le but d’améliorer et accélérer les informations économiques utilisées (indicateurs plus rapides ou nouveaux signaux). Il en va de même de repenser l’analyse de l’inflation en intégrant les anticipations des acteurs économiques, le crédit, les marchés financiers et la confiance dans la politique monétaire. Mais aussi réfléchir au volume et à la composition des actifs détenus par la Fed (notamment obligations). Mais avant tout, le plus important est d’évaluer l’impact macroéconomique de l’IA.

Pourquoi cela importe pour la Tunisie?

 Les décisions de la Fed influencent les taux d’intérêt mondiaux et les flux de capitaux vers les marchés émergents, dont la Tunisie. Des décisions moins prévisibles peuvent augmenter la volatilité des entrées de capitaux et du coût du financement extérieur. Plus encore, une moindre présence de la Fed sur le marché obligataire mondial peut modifier les primes et les rendements, affectant indirectement  les entreprises tunisiennes emprunteuses.

Par ailleurs,  des chocs mondiaux sur le taux d’inflation et le coût de l’énergie (liés par exemple aux dépenses d’infrastructures liées à l’IA) peuvent se répercuter sur les prix à l’importation en Tunisie. Ce qui fait que les autorités tunisiennes (banque centrale, ministères) devront suivre ces évolutions pour adapter la gestion des réserves, la dette et la politique monétaire..

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L’aéronautique tunisienne à l’heure de l’industrie 4.0

Le secteur aéronautique tunisien compte actuellement plus de 85 entreprises spécialisées, emploie plus de 20 000 travailleurs qualifiés et génère des exportations supérieures à 650 millions d’euros, confirmant ainsi son statut de secteur industriel en forte croissance et de plus en plus intégré aux chaînes de valeur mondiales.

L’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii) œuvre pour le développement d’une industrie aéronautique nationale compétitive et innovante d’ici 2030. C’est ce qu’elle a réaffirmé lors de l’Aerospace Meetings Tunisia 2026, un rendez-vous international majeur qui s’est tenu du 7 au 9 juillet 2026 à Tunis sous le thème «Soutenir la chaîne d’approvisionnement aéronautique de demain en Tunisie».

Lors du panel consacré au futur Pacte pour la compétitivité du secteur aéronautique tunisien, la directrice générale adjointe de l’Apii, Manel Rouis, a exposé le rôle de l’agence dans la mise en œuvre de la politique industrielle nationale. Elle a mis en lumière «les outils mis à la disposition des entreprises pour encourager l’investissement, promouvoir l’innovation, favoriser la mise à niveau technologique des petites et moyennes entreprises et renforcer leur compétitivité».

Des représentants du ministère de l’Industrie, de l’Agence foncière industrielle (Afi), du Centre technique des industries mécaniques et électriques (Cetime), de la Société financière internationale (IFC), de Fipa-Tunisia et de l’organisme de coopération allemand GIZ ont également pris part aux échanges.

Parmi les outils présentés figurait le Tableau de bord industriel interactif, développé par l’Apii en collaboration avec la GIZ, qui fournit aux investisseurs et aux entreprises des données actualisées sur le paysage industriel tunisien, notamment le nombre d’entreprises, l’emploi, la répartition géographique et d’autres indicateurs stratégiques appelés à être progressivement enrichis.

Mme Rouis a également souligné les études prospectives menées par l’Apii pour identifier les secteurs industriels émergents ; ces travaux ont abouti à l’élaboration d’un catalogue de projets à fort potentiel et de fiches techniques destinées à guider les investisseurs.

Une attention particulière a été portée à la fabrication additive appliquée à l’aéronautique — fondée sur l’impression 3D industrielle — identifiée comme l’une des technologies susceptibles de transformer la production de composants plus légers, plus complexes et plus performants.

Enfin, Mme Rouis a présenté le Hub Industrie 4.0, une plateforme par laquelle l’Apii accompagne les entreprises tunisiennes dans leur transformation numérique et technologique, favorisant ainsi l’adoption de technologies de pointe, l’accroissement de la productivité et le renforcement de la capacité d’innovation.

Selon Rouis, «le développement d’un écosystème industriel intégré, fondé sur l’innovation, la numérisation, le développement des compétences et la coopération public-privé, est essentiel pour consolider la position de la Tunisie en tant que destination de premier plan pour les investissements dans les industries aéronautique et spatiale, et pour bâtir une chaîne d’approvisionnement locale plus résiliente et à forte valeur ajoutée».

La table ronde en question a esquissé les grandes orientations du futur Pacte de compétitivité aéronautique à l’horizon 2030 ; celui-ci mettra l’accent sur le renforcement de l’intégration locale, le développement de fournisseurs nationaux compétitifs, l’accélération de la transformation technologique des entreprises, l’amélioration du climat des affaires, le développement des compétences et l’attraction d’investissements à forte valeur ajoutée.

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Menace sur le littoral de Kélibia :  nécessité de préserver nos plages de la pollution des oueds

La pollution des plages est devenue un phénomène récurrent. En dépit des mesures prises par les pouvoirs publics visant la protection de l’environnement, y compris les plages, le phénomène de la pollution persiste et certaines plages deviennent un véritable dépotoir pour les déchets, ordures et eaux usées qui défigurent l’image des plages autorisées à la baignade, accueillant chaque année un grand nombre d’estivants. C’est le cas de certaines plages de Kélibia qui sont de plus en plus menacées, surtout lorsque le début de la saison estivale approche où d’aucuns constatent amèrement que le sable doré est recouvert de déchets et de détritus. Ces plages de la côte septentrionale du Cap Bon sont polluées par les déversements des eaux usées. La baignade est donc rendue impossible dans des lieux pourtant destinés aux touristes. Qu’en est-il vraiment ?

Les plages de Kélibia, de Mansoura au Petit Paris en passant par l’Aïn Grinz sont les plus appréciées par les habitants, notamment grâce à leur beauté, leur propreté, mais aussi à l’ambiance qui y règne. En effet, tous les âges s’y côtoient pour une ambiance familiale et chaleureuse. Mais voilà que ces plages sont menacées par la pollution. Les eaux usées des oueds sont rejetées dans la mer en provenance d’un oued avoisinant, oued Lahjar, qui est déjà très pollué. De gros déchets se sont accumulés, créant de grosses taches aux odeurs nauséabondes. Habitants de la zone et amoureux de la plage ont manifesté leur indignation face à ce crime contre la nature.

Ces eaux dans lesquelles se baignent les habitants pourraient représenter un vrai danger pour la santé, plus précisément au niveau de l’Aïn Grinz, la nature étant dans son état le plus critique. Les citoyens dénoncent le déversement des eaux usées polluées directement près de la plage. Très dangereuses pour la santé, ces eaux usées empêchent les riverains de profiter de la corniche kélibienne. Pourtant, la sonnette d’alarme avait déjà été tirée par la société civile. Cette dernière dénonçait, sur base d’enquêtes sur le terrain, la pollution des eaux de cette région. «Nous avons découvert une véritable catastrophe écologique. Le constat que nous avons établi met en exergue le déversement des eaux usées dans des plages réputées être l’attraction pour de nombreux estivants, qui affluent des quatre coins du pays, et même de l’étranger», déclarait Hédi, un jeune cadre de Kélibia. 

Un enjeu environnemental majeur

D’ailleurs un sit-in a été organisé par les habitants le week-end dernier visant à dénoncer l’état dégradant de la mer par l’oued Lahjar appelant les autorités locales et régionales, l’ONAS et l’APAL, à intervenir d’urgence. La saison estivale est d’ores et déjà commencée dans ce coin de villégiature, qui reste néanmoins autorisé à la baignade malgré le fait qu’il soit noyé dans la pollution. Ces eaux usées déversées dans la mer demeurent l’une des plus grandes catastrophes écologiques. En somme, cela constitue une véritable bombe à retardement. Ainsi, chaque année, la mer est à l’origine de plusieurs maladies à transmission hydrique, telles que les infections cutanées et les intoxications bactériologiques. Certains baigneurs à travers le littoral ont contracté la conjonctivite.

Le déversement des eaux usées en provenance de l’oued cause des ravages environnementaux à la mer. Des stations d’épuration des eaux usées sont prévues depuis des années mais ne sont toujours pas opérationnelles. La pollution des plages tunisiennes n’est plus un désagrément saisonnier, mais un enjeu environnemental majeur, aux répercussions durables. Si des mesures sérieuses ne sont pas prises rapidement, c’est tout un pan de notre patrimoine naturel, touristique et économique qui risque de disparaître. L’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) ne manque pas de souligner les efforts engagés par les autorités publiques. Cependant, ces efforts demeurent insuffisants face à l’ampleur du phénomène, notamment sur les plages, où les déchets, les eaux usées et l’urbanisation incontrôlée continuent de nuire gravement à l’environnement et au tourisme. Il est donc urgent d’adopter des mesures concrètes, durables et coordonnées, aussi bien au niveau national que local. Cela implique une meilleure gouvernance du littoral, une mobilisation citoyenne et la mise en œuvre de politiques de prévention et de répression efficaces. Car préserver nos plages, c’est aussi préserver l’économie nationale, le cadre de vie des citoyens et l’image de la Tunisie à l’international.

Kamel BOUAOUINA

 

 

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Cartographie des jeunes compétences Italo-Tunisiennes pour l’emploi

Les jeunes Italo-Tunisiens constituent une «ressource fondamentale» tant pour l’Italie que pour la Tunisie et peuvent contribuer à renforcer les liens économiques, professionnels et sociaux entre les deux pays, a souligné l’ambassadeur d’Italie à Tunis, Alessandro Prunas, lors de la cérémonie de clôture du projet «Jeunesse binationale : cartographie des compétences pour l’emploi», organisé au Radisson Blu Tunis, vendredi 10 juin 2026.

Cette initiative — promue par le Comites Tunisie et financée par la Direction générale pour les Italiens à l’étranger et les politiques migratoires du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale — a abouti à la création d’une base de données de profils professionnels de jeunes binationaux résidant en Tunisie. M. Prunas a mis en exergue le rôle stratégique des nouvelles générations italo-tunisiennes, dotées de compétences linguistiques, techniques et interculturelles susceptibles de favoriser les connexions entre les systèmes productifs des deux rives de la Méditerranée.

L’ambassadeur a également qualifié ce projet d’exemple concret du rôle de passerelle que joue le Comites entre la communauté italienne et la société tunisienne.

L’initiative a ciblé les jeunes âgés de 18 à 35 ans. Plusieurs centaines de candidatures ont été reçues au cours de la campagne, et 59 CV ont d’ores et déjà été sélectionnés et intégrés à la plateforme numérique, accessible via le site internet du Comites Tunisie.

La base de données recensant des jeunes binationaux est conçue pour répondre aux besoins des entreprises en matière de main-d’œuvre spécialisée dans différents domaines. Elles restera active et à la disposition des entreprises, des opérateurs économiques et des partenaires institutionnels désireux d’identifier des talents binationaux.

Samir Majoul, président de l’Utica, a également pris part à la rencontre ; il a rappelé le protocole d’accord signé avec le président du Comites Tunisie, Sandro Fratini, lors du Forum économique Italie-Tunisie des 24 et 25 juin. M. Majoul a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre la formation, les compétences et le secteur productif, soulignant le rôle central du capital humain dans la coopération bilatérale.

Sont également intervenus lors de cet événement Guido D’Amico, président de Confimprese Italia ; Mourad Fradi, président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-italienne ; et Malek Derbel, représentant de la Conect. Tous ont mis l’accent sur l’importance de renforcer les synergies entre les institutions, les entreprises et les réseaux professionnels.

Selon Fratini et le coordinateur du projet, Antonino Trimarchi, la plateforme constitue la première étape d’une initiative à long terme visant à faciliter l’emploi des jeunes binationaux et à tirer parti de la communauté italo-tunisienne de manière structurée.

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IA et cybersécurité : Pékin ouvre un nouveau front contre Anthropic

Les autorités chinoises de cybersécurité affirment avoir identifié un mécanisme de transmission de données dans plusieurs versions de Claude Code, l’assistant de programmation développé par la start-up américaine Anthropic. Cette nouvelle controverse illustre la montée des tensions autour de la souveraineté numérique et de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.

Le bras de fer technologique entre la Chine et les États-Unis s’étend désormais aux assistants de programmation fondés sur l’intelligence artificielle. Le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT), par l’intermédiaire de sa National Vulnerability Database (NVDB), a publié, le 9 juillet, un avis de sécurité affirmant que plusieurs versions de Claude Code, développé par Anthropic, contiendraient un mécanisme capable de transmettre automatiquement certaines informations relatives aux utilisateurs vers des serveurs distants.

Selon les autorités chinoises, les données concernées incluraient notamment des éléments de localisation, des identifiants techniques et d’autres métadonnées susceptibles d’être exploitées sans le consentement explicite des utilisateurs. Pékin considère que ce dispositif pourrait présenter un risque pour la confidentialité des entreprises utilisant Claude Code dans le développement de logiciels ou la gestion de codes sources sensibles.

 

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Une accusation qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu

À ce stade, aucune preuve publique ne permet de conclure à l’existence d’une « porte dérobée » au sens classique du terme, c’est-à-dire d’un mécanisme intentionnel donnant un accès caché aux données des utilisateurs. Les accusations reposent sur l’analyse technique publiée par la base chinoise des vulnérabilités, qui recommande aux organisations concernées de mettre à jour leur logiciel, de renforcer la surveillance des connexions sortantes et de limiter les accès réseau des outils de développement.

Anthropic n’a pas publié de réponse officielle à l’avis du MIIT. Toutefois, un ingénieur de l’entreprise a reconnu ce vendredi sur le réseau social X qu’un mécanisme expérimental avait été intégré à certaines versions de Claude Code afin d’identifier les utilisations frauduleuses du service, notamment par des revendeurs non autorisés et des acteurs soupçonnés de pratiquer la « distillation » de modèles d’intelligence artificielle. Une technique consistant à entraîner un modèle concurrent à partir des réponses d’un autre système. Et ce responsable de poursuivre que cette fonctionnalité devait être retirée dans une mise à jour diffusée début juillet.

Claude Code, un outil stratégique

Contrairement aux assistants conversationnels accessibles via un navigateur, Claude Code fonctionne directement dans le terminal des développeurs. Il peut ainsi accéder aux fichiers, aux projets et aux dépôts de code que l’utilisateur choisit de lui ouvrir. Cette proximité avec des environnements de développement parfois sensibles explique pourquoi toute controverse concernant la collecte de données suscite une attention particulière.

Les autorités chinoises estiment que de tels outils pourraient exposer des logiciels propriétaires, des secrets industriels ou des informations stratégiques si des données étaient effectivement transmises à des serveurs externes…

Un débat mondial sur la gouvernance de l’IA

Au-delà du différend sino-américain, cette affaire met en lumière une question appelée à devenir centrale : jusqu’où les éditeurs d’intelligence artificielle peuvent-ils collecter des informations techniques afin de protéger leurs services contre les détournements d’usage ?

Les fournisseurs de modèles avancés cherchent de plus en plus à détecter les tentatives de fraude, de revente illégale ou d’extraction de leurs modèles. Ces mécanismes reposent souvent sur la collecte de données techniques, mais leur mise en œuvre soulève des interrogations croissantes en matière de transparence, de protection de la vie privée et de conformité aux réglementations nationales.

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La BERD étend sa présence à 4 autres pays africains après le Nigeria

Après le Nigeria, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) prépare son implantation dans 4 autres pays d’Afrique subsaharienne. Le Kenya, le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire devraient accueillir à leur tour des bureaux de l’institution afin de renforcer sa présence locale et d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement.

L’annonce a été rapportée par Cnbc Africa, citant Matteo Patrone, vice-président de la BERD chargé des activités bancaires. Selon lui, cette expansion vise à reproduire en Afrique subsaharienne le modèle d’intervention développé par la banque dans ses autres régions d’activité, en particulier à travers le soutien au secteur privé.

Le Nigeria constitue la première étape de cette nouvelle implantation africaine. Devenu pays d’opération de la BERD en 2025, le pays a déjà bénéficié de financements dépassant 150 millions d’euros, ainsi que d’un dispositif dédié au financement du commerce. L’institution y a également déployé une équipe chargée de développer des projets dans plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, les télécommunications, les technologies et les industries extractives.

Cette présence doit progressivement s’étendre à quatre autres marchés. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Sénégal font partie des pays identifiés par la BERD pour cette première phase d’expansion. Le Ghana figure également parmi les pays sélectionnés pour bénéficier des financements de la banque.

Cette ouverture vers l’Afrique subsaharienne intervient après une évolution du mandat de la BERD. En mai 2023, ses actionnaires avaient approuvé une modification de ses statuts afin d’autoriser une extension de ses activités à certains pays de la région. L’objectif est d’accompagner davantage les économies émergentes en finançant des projets portés par le secteur privé.

Dans ce contexte, il sied de rappeler, la BERD prévoit d’investir au moins 1,5 milliard de dollars au Nigeria au cours des trois prochaines années. Lors de l’inauguration de son premier bureau en Afrique subsaharienne, à Lagos, les responsables de l’institution ont indiqué que la banque avait déjà engagé environ 280 millions de dollars depuis son arrivée sur le marché nigérian en octobre 2025, dont 180 millions de dollars au premier semestre. La BERD table également sur près de 300 millions de dollars d’investissements en 2026, en fonction des opportunités identifiées auprès du secteur privé.

Créée en 1990 pour soutenir la transition économique des pays d’Europe centrale et orientale, la BERD a progressivement élargi son champ d’action à l’Asie centrale, à la Turquie, à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Avec cette nouvelle étape en Afrique subsaharienne, l’institution cherche à renforcer son rôle d’acteur du financement du développement sur de nouveaux marchés.

 

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Mohsen Gharsi : « Face à l’IA, l’ingénieur reste plus que jamais un métier d’avenir »

Face à la transition numérique, énergétique et industrielle, l’ingénieur tunisien est appelé à redéfinir son rôle.

Pour Mohsen Gharsi, doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’adaptation aux nouvelles technologies, mais dans la capacité à former une nouvelle génération d’ingénieurs capables d’accompagner la transformation économique du pays. À l’horizon 2030, le métier d’ingénieur en Tunisie devrait connaître une mutation profonde. L’accélération technologique, les impératifs de transition énergétique et la modernisation de l’appareil productif imposent une évolution des compétences et des formations.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Mohsen Gharsi estime que l’ingénieur restera au cœur de ces transformations. Et ce, à condition d’anticiper les besoins futurs et de repenser son rôle face aux nouveaux défis. Il précise que les profils liés au numérique et à l’industrie intelligente figureront parmi les plus recherchés dans les prochaines années. L’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, le génie logiciel, le cloud computing ou encore les systèmes embarqués devraient occuper une place croissante dans l’économie tunisienne, en accompagnant la digitalisation des entreprises et l’évolution des modèles industriels.

Cette dynamique ne se limitera pas au secteur numérique. Les métiers liés à la transition énergétique et à la modernisation industrielle devraient également gagner en importance. Les ingénieurs spécialisés dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’automatisation industrielle, la mécatronique, l’électronique, les télécommunications ou encore l’électromécanique seront appelés à jouer un rôle stratégique dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises, la réduction des coûts et la sécurisation des infrastructures.

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L’évolution concernera aussi les secteurs traditionnels. Le génie civil durable, les infrastructures, l’environnement et la maintenance industrielle intelligente deviendront des domaines essentiels dans un contexte marqué par la pression sur les ressources, les changements climatiques et les besoins croissants en aménagement du territoire. L’ingénieur de demain devra ainsi contribuer à renforcer la résilience des réseaux, améliorer la qualité des ouvrages et accompagner le développement territorial.

Des formations à rapprocher davantage du monde économique

Si la Tunisie dispose d’un capital humain reconnu, notamment grâce à la qualité scientifique et à la capacité d’adaptation de ses ingénieurs, Mohsen Gharsi considère que les formations doivent évoluer pour rester en phase avec les transformations du marché. La formation d’un ingénieur ne peut plus reposer uniquement sur l’acquisition de connaissances théoriques. Elle doit désormais intégrer davantage de compétences opérationnelles : maîtrise des outils numériques, culture de l’innovation, compréhension des standards internationaux, capacité à travailler dans des équipes pluridisciplinaires et aptitude à résoudre des problématiques complexes en entreprise. Pour le doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, le rapprochement entre les écoles d’ingénieurs, les universités, les centres de recherche et le secteur privé constitue une condition essentielle. Il appelle à développer des partenariats plus structurés avec les entreprises afin d’adapter les programmes, renforcer les projets appliqués et transformer les stages en véritables expériences d’immersion professionnelle.

L’objectif, souligne-t-il, n’est plus seulement de former des diplômés, mais de préparer des ingénieurs immédiatement opérationnels, capables de contribuer dès leur entrée dans la vie active à la compétitivité et à l’innovation nationales.

Intelligence artificielle : un outil au service de l’ingénieur, pas un remplacement

L’arrivée de l’intelligence artificielle constitue l’un des principaux défis auxquels la profession devra répondre. Pour Mohsen Gharsi, cette révolution technologique impose une adaptation profonde, mais elle ne remet pas en cause la place de l’ingénieur. L’intelligence artificielle transforme les méthodes de conception, d’analyse et de pilotage des systèmes, mais elle ne peut remplacer le jugement humain, l’expérience professionnelle ou la responsabilité liée aux décisions techniques. L’ingénieur de 2030 devra apprendre à utiliser l’IA comme un outil d’aide à la décision, d’optimisation et d’analyse. Tout en conservant une maîtrise éthique et stratégique des projets. Cette évolution nécessitera de nouvelles compétences, notamment une meilleure compréhension des algorithmes, une capacité à exploiter les données massives et une intégration plus poussée de l’automatisation dans les processus industriels. Mais au-delà des compétences techniques, les qualités humaines resteront déterminantes : créativité, sens des responsabilités, esprit critique et capacité d’adaptation. L’ingénieur tunisien de demain devra ainsi être plus polyvalent, plus agile et davantage ouvert sur l’international. La formation continue deviendra une nécessité pour accompagner des métiers en évolution permanente et anticiper l’émergence de professions qui n’existent pas encore aujourd’hui.

Un métier d’avenir pour une génération tournée vers l’impact

Aux jeunes qui envisagent une carrière d’ingénieur, Mohsen Gharsi adresse un message d’encouragement mais aussi d’exigence.

Pour lui, l’ingénierie demeure un métier porteur de sens, capable d’apporter des réponses concrètes aux grands défis de la société : développement industriel, transition énergétique, sécurisation des infrastructures ou amélioration du quotidien des citoyens. Il invite les futurs ingénieurs à cultiver la curiosité, la discipline, l’innovation et l’esprit collectif.

Dans un environnement marqué par des mutations rapides, la capacité à apprendre, expérimenter et remettre en question ses connaissances deviendra un avantage déterminant. L’avenir de l’ingénierie tunisienne dépendra donc de la capacité du pays à valoriser ses talents, moderniser ses formations, encourager la recherche et inscrire davantage l’ingénieur dans les choix économiques et stratégiques.

À l’horizon 2030, l’ingénieur ne sera pas seulement un spécialiste technique, mais un acteur majeur de la compétitivité, de la souveraineté technologique et du développement national.

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L’IA ne manque plus de puissance. Elle manque de confiance

Pendant des années, la course à l’intelligence artificielle s’est résumée à une compétition de performances: des modèles toujours plus puissants, plus rapides, plus précis. Mais à mesure que l’IA s’impose dans les entreprises, une autre question devient centrale: peut-on réellement lui faire confiance?

Pour Nozha Ben Hajel Boujemaa, spécialiste internationale de l’intelligence artificielle et ancienne directrice de recherche à l’INRIA, cette question est désormais le véritable enjeu de la prochaine décennie. Après avoir contribué à l’élaboration des principes internationaux de l’IA de confiance pour la Commission européenne et l’OCDE, elle défend une conviction forte: l’avenir de l’intelligence artificielle ne dépendra plus seulement de ses performances, mais de sa capacité à inspirer confiance.

La confiance, nouveau facteur de compétitivité

Le débat sur l’IA est souvent présenté sous l’angle de l’éthique. Pour Nozha Ben Hajel Boujemaa, cette approche est nécessaire, mais insuffisante. “Une IA de confiance n’est pas uniquement une question d’éthique. C’est aussi un enjeu business”. Cette distinction change profondément la manière dont les entreprises doivent aborder leurs projets d’intelligence artificielle. Un algorithme capable d’obtenir d’excellents résultats lors d’une démonstration n’est pas nécessairement un bon algorithme. Si ses décisions ne sont pas reproductibles, si son comportement varie sans explication ou si personne ne comprend réellement pourquoi il produit un résultat plutôt qu’un autre, il devient une source de risque. Le problème n’est alors plus philosophique. Il est économique. Une erreur algorithmique peut aujourd’hui entraîner des pertes financières, une crise de réputation, voire engager la responsabilité juridique d’une entreprise. Dans ce contexte, la confiance devient un actif stratégique.

De la recherche fondamentale aux standards internationaux

Cette vision est le fruit d’un parcours rare, construit à la croisée de la science, de la recherche et de l’industrie. Formée en physique à la Faculté des Sciences de Tunis, Nozha Ben Hajel Boujemaa a ensuite orienté ses travaux vers l’imagerie médicale, avant de consacrer plus de vingt ans à la recherche au sein de l’INRIA. Elle y dirigera des équipes de recherche et participera à la création de l’institu DATAIA, l’un des premiers instituts interdisciplinaires consacrés à l’intelligence artificielle. Son expertise la conduit ensuite à coprésider le groupe d’experts de haut niveau de la Commission européenne chargé de rédiger les premières lignes directrices sur une IA digne de confiance. Quelques mois plus tard, l’OCDE lui confie le pilotage du groupe international chargé de définir les principes de l’IA de confiance adoptés par les pays membres. Ces recommandations serviront ensuite de référence aux travaux du G20 et de l’UNESCO. À une époque où l’intelligence artificielle générative n’avait pas encore bouleversé le paysage mondial, ces travaux posaient déjà une question devenue incontournable : comment construire des systèmes auxquels les citoyens, les entreprises et les gouvernements peuvent réellement se fier?

L’IA responsable ne se décrète pas

L’un des messages les plus marquants de Nozha Ben Hajel Boujemaa est que les principes ne suffisent pas.Les chartes éthiques se sont multipliées ces dernières années. Pourtant, beaucoup restent des documents d’intention sans véritable traduction opérationnelle. Pour elle, une entreprise qui déploie l’intelligence artificielle doit mettre en place une véritable gouvernance. Cette gouvernance commence par la qualité des données utilisées pour entraîner les modèles. Elle se poursuit par le contrôle des algorithmes, leur robustesse, leur reproductibilité et leur transparence. Elle inclut également la cybersécurité, la gestion des risques et la capacité à auditer les décisions prises par les systèmes. Autrement dit, la confiance ne s’ajoute pas après coup.

Elle se construit dès la conception.

Pourquoi les investisseurs doivent regarder l’IA autrement

Cette réflexion dépasse aujourd’hui les directions informatiques. Selon Nozha Ben Hajel Boujemaa, les investisseurs devraient désormais intégrer la capacité d’une entreprise à développer une IA de confiance parmi leurs critères de due diligence. Cette idée est encore peu répandue. Pourtant, deux entreprises utilisant les mêmes modèles d’IA peuvent présenter des niveaux de risque radicalement différents.

L’une maîtrise ses données, documente ses modèles, contrôle ses biais et dispose d’une gouvernance claire. L’autre accumule des outils sans véritable stratégie. À long terme, ces deux situations ne présentent pas le même potentiel de création de valeur. La confiance devient ainsi un indicateur de maturité technologique autant qu’un facteur de compétitivité.

Le passage de la théorie à l’industrie

Après avoir contribué à définir les principes internationaux, Nozha Ben Hajel Boujemaa a souhaité les confronter à la réalité du terrain. Elle rejoint d’abord Médian Technologies, où elle dirige une activité dédiée à l’intelligence artificielle appliquée à l’oncologie. Puis IKEA lui confie la création de son équipe mondiale “Digital Ethics and Trustworthy AI”. L’objectif n’est plus de rédiger des recommandations, mais de les transformer en processus concrets intégrés aux décisions de l’entreprise. Elle poursuivra ensuite cette démarche chez Decathlon, en tant que Vice-Présidente Monde en charge de l’Innovation Trust.

Son parcours illustre une évolution de fond : l’intelligence artificielle entre dans une phase où la gouvernance devient aussi importante que l’innovation.

Une expertise désormais tournée vers les PME

Aujourd’hui consultante indépendante et administratrice de plusieurs conseils d’administration, Nozha Ben Hajel Boujemaa accompagne les organisations dans la définition de leur stratégie d’intelligence artificielle. Parmi ses missions figure notamment l’accompagnement de groupes internationaux ainsi que d’entreprises tunisiennes, avec la volonté de contribuer au développement d’un écosystème national capable d’intégrer les standards internationaux de l’IA de confiance. Pour elle, les pays qui réussiront ne seront pas uniquement ceux qui développeront les meilleurs algorithmes. Ce seront ceux qui sauront instaurer un climat de confiance entre la technologie, les entreprises, les investisseurs et les citoyens.

Former des esprits capables de décider

Son regard dépasse enfin la seule question technologique. À l’heure où l’intelligence artificielle rend l’information disponible en quelques secondes, elle estime que la valeur ne réside plus dans l’accumulation des connaissances. “Je préfère les cerveaux bien formés aux cerveaux bien remplis.” Cette formule résume sa philosophie. Les mathématiques développent la rigueur du raisonnement. La physique apprend à interpréter le monde. La curiosité, la persévérance et l’esprit critique permettent ensuite de transformer ces connaissances en décisions. Dans une économie où les machines produisent des réponses, la véritable compétence humaine consiste de plus en plus à poser les bonnes questions.

La prochaine révolution de l’IA sera celle de la confiance

L’intelligence artificielle est entrée dans une nouvelle phase de maturité. Après la course à la puissance vient celle de la fiabilité. Les entreprises capables de démontrer que leurs systèmes sont robustes, transparents, sécurisés et gouvernés disposeront d’un avantage concurrentiel durable. L’IA de confiance n’est plus un sujet réservé aux chercheurs ou aux régulateurs. Elle devient un impératif stratégique pour les dirigeants, les investisseurs et les conseils d’administration. Dans cette nouvelle économie de l’intelligence artificielle, la technologie ne sera plus seulement jugée sur ce qu’elle est capable de faire, mais sur la confiance qu’elle inspire.

 

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Agriculture 4.0: les startups tunisiennes appelées à accélérer la transformation du secteur jusqu’à fin juillet 2026

La transformation numérique de l’agriculture n’est plus une perspective lointaine, mais une évolution déjà engagée. Drones, capteurs connectés, plateformes de suivi, intelligence artificielle, prévisions météorologiques ou encore systèmes d’irrigation intelligente s’intègrent progressivement dans les pratiques agricoles, offrant de nouvelles possibilités pour anticiper les besoins des cultures, optimiser l’utilisation des ressources et améliorer la performance des exploitations.

Cette évolution répond à plusieurs défis auxquels fait face l’agriculture tunisienne, ou même ailleurs… Le changement climatique, la pression sur les ressources hydriques, la nécessité d’améliorer la productivité et de renforcer la compétitivité des filières alimentaires imposent de repenser certains modèles de production. 

Il est vrai que la transition vers une agriculture plus connectée reste confrontée à plusieurs contraintes comme l’accès aux technologies, leur coût, l’accompagnement des exploitants, la disponibilité des compétences numériques…toutefois, l’écosystème tunisien connaît des évolutions avec l’émergence de startups qui développent des solutions adaptées aux besoins des agriculteurs, des industriels et des différents acteurs des filières alimentaires. On peut citer l’exemple d’EcoFeed, fondée en 2023 par Malek Boukthir et basée à Gabès, développe des solutions de nutrition animale durable à partir de ressources locales. La startup mise sur la valorisation des produits locaux pour proposer des alternatives aux importations, à travers un processus éco-responsable intégrant notamment une unité de production, une unité de déshydratation et une culture hydroponique.

Face aux défis à venir, les startups tunisiennes sont ainsi appelées à jouer un rôle croissant dans la conception de solutions innovantes capables d’améliorer les pratiques agricoles et de contribuer à une agriculture plus résiliente et durable. 

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la 4e édition du concours national Green’TIC 2026, lancé par l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia). Le concours vise à identifier et accompagner des projets développant des solutions numériques ou basées sur l’IA appliquées à l’agriculture, à la pêche, à l’agroalimentaire et aux services associés.

Ouvert aux startups, aux développeurs et aux porteurs de projets tunisiens résidant en Tunisie ou à l’étranger, Green’TIC 2026 entend encourager l’innovation technologique au service des systèmes alimentaires. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 juillet 2026.

Les lauréats bénéficieront, en plus des récompenses prévues, d’un accompagnement comprenant notamment du mentorat, du coaching, une assistance technique ainsi qu’un accès à des dispositifs d’incubation, d’accélération, de financement et de développement de partenariats. Les projets retenus seront présentés dans le cadre du Salon international de l’investissement agricole et de la technologie (SIAT 2026), prévu du 28 au 31 octobre 2026.

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Le message de Santina Bertuglia : « Sono una Tunisina »

Les grands-parents de Santina Bertuglia sont arrivés en Tunisie au début du vingtième siècle. Luciano Bertuglia et son épouse Domenica Monaco sont venus de Mazara del Vallo, avec leur fille aînée Maria.

Le couple aura trois autres filles : Pierina, Vicina et Antonieta, la mère de Santina qui elle, est née pendant la Deuxième guerre mondiale, alors que la Campagne de Tunisie battait son plein.

Mariée avec Mohamed Chargui, Antonieta a vécu à la Kasbah pendant une dizaine d’années puis la famille a déménagé pour habiter à Montplaisir. C’est dans ce quartier que sont nés Ferid, Noureddine et Leïla, les frères et la sœur de Santina. Quatre autres enfants naîtront à Mazara del Vallo : Luciano, Hanna, Patrizia et Mariouma.

Santina qui réside aujourd’hui à Trieste, n’a pas eu une vie facile. « Je me suis toujours relevée » confesse-t-elle en se souvenant qu’elle n’a pas étudié et a toujours eu la force de se consacrer à la famille.

Santina est cuisinière. Elle a appris ce métier auprès des sœurs inspirées par le chemin de foi d’Émilie de Vialar. Elle a longtemps travaillé dans une école et aussi comme bénévole dans des colonies de vacances.

En 1962, Santina épouse un Italien et le suit à Trieste où ses frères et sœurs l’ont accompagnée. Âgée alors d’une vingtaine d’années, elle fera sa vie dans cette ville lointaine tout en gardant dans son cœur la Tunisie, son pays natal.

Aujourd’hui, Santina passe le temps en tricotant pour les migrants. « J’étais comme eux, j’ai eu faim et soif comme eux » dit-elle en ajoutant « Sono una Tunisina ». Entre Mazara del Vallo dont elle porte une étincelle et Trieste où elle vit désormais, Santina Bertuglia n’oublie jamais Tunis, ville de son cœur et repère inébranlable.

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États-Unis : les importations liées à l’IA creusent le déficit commercial

Le déficit commercial des États-Unis s’est fortement creusé en mai pour atteindre 77,6 milliards de dollars. Soit son plus haut niveau depuis plus d’un an. La hausse des importations de biens d’équipement, que portent les investissements dans l’intelligence artificielle (IA), explique l’essentiel de cette dégradation.

L’économie américaine continue d’investir massivement dans sa modernisation industrielle et numérique. En mai, les importations ont progressé à leur plus haut niveau depuis plus d’un an. Ce qui a entraîné une hausse du déficit commercial à 77,6 milliards de dollars; contre 54,6 milliards en avril. C’est ce que confirme un rapport de Bloomberg publié le 8 juillet. Les biens d’équipement constituent le principal moteur de cette évolution. Les entreprises américaines multiplient les achats de serveurs, de composants électroniques, de semi-conducteurs et d’infrastructures destinées au développement de l’IA. Faisant en conséquence bondir les importations de cette catégorie à un niveau historique.

Par ailleurs, les importations de produits pharmaceutiques, de téléphones mobiles, de pétrole brut et d’automobiles progressent également. Tandis que les exportations reculent.

Cependant, si cette évolution pèse à court terme sur la balance commerciale; plusieurs économistes soulignent qu’elle reflète aussi une accélération des investissements productifs. Laquelle est susceptible de soutenir la croissance américaine dans les prochaines années.

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UBCI lance le Desk Italia pour faciliter les relations économiques Tunisie‑Italie

Dans le cadre du Forum économique et d’affaires tuniso-italien, l’UBCI a présenté son nouveau Desk Italia. A savoir, un guichet spécialisé destiné à faciliter les flux internationaux, le financement et l’accompagnement opérationnel des entreprises tunisiennes et italiennes. À travers cette initiative, la banque entend renforcer son rôle d’intermédiaire stratégique au service des investissements et des partenariats entre les deux pays. À cette occasion, L’Économiste Maghrébin a rencontré Amina Khouadja, responsable des partenariats institutionnels et du Desk Italie à l’UBCI, qui revient sur les objectifs et les ambitions de cette nouvelle structure.

 

Pourquoi créer un Desk Italie à l’UBCI ?

Amina Khouadja : L’UBCI a annoncé le lancement officiel de son Desk Italie, une initiative qui s’inscrit dans sa stratégie d’ouverture à l’international et de renforcement des relations économiques entre la Tunisie et ses principaux partenaires. Il faut rappeler que les relations économiques entre la Tunisie et l’Italie sont denses et stratégiques. L’Italie est un partenaire commercial majeur et un investisseur important dans des secteurs clés tels que l’industrie manufacturière, l’automobile, les composants électroniques, l’agroalimentaire, les technologies, les énergies renouvelables et le textile. Partant de cette réalité, il y a des entrepreneurs, des projets et des emplois.

Le Desk Italie a été créé pour offrir un accompagnement bancaire spécialisé, réactif et proche des besoins concrets des entreprises, pour transformer ces opportunités en réalisations durables. Ce dispositif a pour vocation d’accompagner et de faciliter les échanges économiques ainsi que les investissements entre la Tunisie et l’Italie, en offrant un accompagnement bancaire spécialisé aux entreprises, investisseurs et porteurs de projets des deux pays. Il s’inscrit dans une dynamique de coopération stratégique développée en partenariat avec la Chambre Tuniso-Italienne de Commerce et d’Industrie (CTICI). À cette occasion, un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU) a été signé entre M. Mourad Fradi, Président de la CTICI, et M. Mohamed Koubaa, Directeur Général de l’UBCI. À travers cette initiative, l’UBCI confirme son ambition de devenir la banque de référence des relations économiques tuniso-italiennes. Ce partenariat illustre la volonté commune de l’UBCI et de la CTICI de renforcer les échanges économiques entre les deux pays, de favoriser les investissements bilatéraux et de créer un environnement propice au développement des opportunités d’affaires.

La suite de l’interview sera disponible dans le prochain numéro de l’Economiste Maghrébin 

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Azzedine Alaïa : Une exposition révèle l’influence de l’Afrique sur le génie tunisien

La Fondation Azzedine Alaïa à Paris consacre une nouvelle exposition au couturier tunisien disparu, en explorant l’influence profonde de l’Afrique sur son œuvre. À travers des créations rarement montrées, l’événement, qui se déroule à Paris jusqu’au 4 janvier 2027, révèle comment ses racines tunisiennes et son attachement au continent africain ont façonné l’esthétique de l’un des plus grands noms de la haute couture.

Huit ans après sa disparition, Azzedine Alaïa, décédé en 2017, continue de faire l’objet d’hommages dans les plus grandes institutions de la mode. La Fondation Azzedine Alaïa présente actuellement à Paris l’exposition « Azzedine Alaïa et l’Afrique », qui met en lumière une dimension essentielle mais parfois moins connue de son travail : le dialogue permanent entre ses créations et le continent africain.

À travers 62 silhouettes, l’exposition montre comment le créateur a puisé son inspiration dans les matières, les textures et les savoir-faire africains. Raphia, cauris, broderies, franges et jeux de volumes composent un parcours qui retrace plusieurs décennies de création.

Des racines tunisiennes jamais oubliées

Né en Tunisie et installé très jeune à Paris, Azzedine Alaïa a bâti une carrière internationale sans jamais renier ses origines. Son regard sur l’Afrique ne relevait pas d’une tendance passagère, mais d’un attachement profond à son environnement culturel et à son histoire personnelle.

Selon les commissaires de l’exposition, de nombreuses pièces présentées, presque 60 ensembles, robes et sahariennes créés entre 1984 et 2016, témoignent de cette fascination durable pour le continent africain, perceptible aussi bien dans les choix de matières que dans les silhouettes sculpturales qui ont fait sa renommée.

Une reconnaissance mondiale

Cette nouvelle exposition confirme la place d’Azzedine Alaïa parmi les grandes figures de la haute couture mondiale. Ces dernières années, son œuvre a été célébrée à travers plusieurs expositions internationales, notamment autour de son dialogue créatif avec Christian Dior.

Pour le public tunisien, cet hommage parisien rappelle surtout le rayonnement exceptionnel d’un créateur issu de Tunisie, devenu une référence incontournable de la mode internationale tout en conservant une identité artistique profondément marquée par l’Afrique.

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Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet | Au-delà des déclarations d’intention

Du 13 au 15 juillet 2026, Hammamet accueille le Sommet africain de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, sous le thème «Vers une gouvernance numérique intelligente et sécurisée pour la transformation digitale dans les gouvernements africains». Le thème est ambitieux. Les livrables doivent l’être autant — sinon le thème devient lui-même un problème, celui d’une promesse non tenue.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Choisir Hammamet pour accueillir le premier sommet africain consacré à l’IA et à la cybersécurité est un acte de positionnement stratégique que la Tunisie doit assumer pleinement. Mais les sommets africains sur le numérique ont une histoire chargée de déclarations bien formulées et de suivis insuffisants. Le risque n’est pas l’échec de l’événement — c’est son succès de façade. Trois jours d’échanges brillants, un communiqué final ambitieux, et dans six mois, les mêmes questions sans réponse. Cette tribune pose une question simple : qu’est-ce que Hammamet 2026 doit produire concrètement pour ne pas rejoindre cette liste ?

Chaque mot du thème retenu est un engagement implicite que les participants ne peuvent pas ignorer.

Gouvernance — pas seulement des outils déployés, mais des structures de décision qui encadrent leur usage, leur évolution et leur responsabilité. La gouvernance numérique africaine ne peut pas rester un chantier de chaque pays isolément. Elle exige des architectures communes, des standards partagés, des mécanismes d’arbitrage entre souverainetés nationales et interopérabilité continentale.

Intelligente — pas seulement de l’automatisation de processus existants, mais de la valeur ajoutée mesurable pour les citoyens africains. Une IA intelligente dans l’administration publique africaine, c’est une IA qui comprend les langues locales, qui s’adapte aux réalités infrastructurelles du continent, qui produit des réponses utiles dans des contextes de connectivité intermittente. Ce n’est pas ChatGPT avec un logo africain.

Sécurisée — pas seulement des déclarations sur l’importance de la cybersécurité, mais des architectures réelles de protection des données souveraines, des protocoles opérationnels de réponse aux incidents, et une doctrine commune face aux menaces qui ne respectent aucune frontière nationale. La cybersécurité africaine ne peut pas continuer à se construire pays par pays, chacun découvrant seul ce que les autres ont déjà subi.

Les jalons que Hammamet doit poser

Trois livrables concrets doivent être produits par Hammamet 2026 :le premier, indispensable, est un cadre africain commun de gouvernance des données publiques. Les administrations africaines produisent des volumes de données considérables — données sanitaires, foncières, fiscales, démographiques — dont l’exploitation pour des fins d’IA souveraine se heurte partout aux mêmes obstacles : formats hétérogènes, qualité insuffisante, absence de standards d’interopérabilité, vide juridique sur la propriété et l’usage.

Un cadre commun — pas un traité de plus, mais un référentiel technique et juridique opérationnel — permettrait à chaque pays de capitaliser sur les avancées des autres plutôt que de réinventer individuellement des solutions que le continent a collectivement les moyens de produire une seule fois.

Le deuxième livrable est un mécanisme opérationnel de partage d’expériences en cybersécurité entre gouvernements africains. Pas un comité consultatif — un protocole de réponse aux incidents qui transcende les frontières. Les attaques cyber les plus dévastatrices des dernières années en Afrique ont ciblé des infrastructures critiques — systèmes bancaires, réseaux énergétiques, plateformes de services publics. Elles ont été traitées dans l’isolement national alors qu’elles présentaient des signatures communes et auraient pu être anticipées par un partage précoce d’informations. Un Cert africain opérationnel — Centre d’alerte et de réponse aux incidents — est la réponse structurelle à ce déficit. Hammamet doit en poser les jalons.

Le troisième livrable est une feuille de route de coopération Sud-Sud en IA souveraine qui identifie les complémentarités entre écosystèmes africains et organise la mutualisation des ressources rares. Les data scientists spécialisés dans les langues africaines, les annotateurs de données, les experts en fine-tuning de modèles sur des corpus non occidentaux — ces profils sont rares et dispersés sur le continent. Une feuille de route de coopération Sud-Sud permettrait de les mobiliser collectivement, d’éviter que chaque pays les forme pour les voir partir, et de construire la masse critique nécessaire à une IA africaine qui ne soit pas une simple adaptation d’outils conçus ailleurs pour d’autres réalités.

Ce que la Tunisie doit en retirer

Accueillir n’est pas une position stratégique. C’est une opportunité — qui se transforme en position seulement si elle est saisie avec lucidité.

La Tunisie doit sortir de Hammamet avec trois engagements propres, distincts des conclusions collectives du sommet.

Le premier est d’inscrire ce sommet comme point de départ officiel d’un hub tunisien de certification et de gouvernance numérique africaine. La doctrine développée dans ces colonnes au fil des mois — la Tunisie comme couche intelligente entre l’Afrique et l’Europe, tiers de confiance numérique, architecte de la conformité des flux — trouve dans ce sommet sa première occasion de se traduire en mandat institutionnel concret. L’hôte du sommet africain de l’IA a une légitimité naturelle pour proposer d’en devenir le centre de gravité permanent.

Le deuxième engagement est de capitaliser sur la dynamique du sommet pour accélérer l’adoption de la stratégie IA souveraine nationale — dont le Plan 2026-2030, actuellement en cours d’examen parlementaire, doit sortir avec des engagements de transformation opérationnelle mesurables, pas seulement des objectifs de déploiement.

Ce que Hammamet produit en termes de standards et de bonnes pratiques doit alimenter directement les délibérations parlementaires en cours — pas atterrir dans un rapport de conférence qui dormira dans une bibliothèque ministérielle.

Le troisième engagement est de transformer la position d’hôte en position d’architecte — en proposant que Tunis devienne le siège permanent du secrétariat de coopération africaine en IA et cybersécurité. Ce n’est pas une revendication de prestige. C’est une décision stratégique qui ancre durablement la Tunisie dans l’écosystème continental du numérique, génère un flux permanent d’expertise et de relations, et donne à la doctrine du hub Afrique-Europe une incarnation institutionnelle réelle.

Ce que l’histoire des sommets africains enseigne

Les sommets africains sur le numérique ont rarement manqué d’ambition dans leurs thèmes ni de qualité dans leurs débats. Ce qui leur a manqué, systématiquement, c’est le mécanisme de suivi qui transforme les conclusions en décisions et les décisions en réalités.

La différence entre un sommet qui change quelque chose et un sommet qui documente l’état du problème tient à une seule variable : l’existence ou l’absence d’un organe de suivi doté d’un mandat clair, d’une échéance ferme et d’une responsabilité nominale. Sans cela, les meilleures résolutions restent des intentions — et les participants se retrouvent au prochain sommet à constater que les mêmes obstacles sont toujours là, formulés avec un vocabulaire légèrement différent.

Hammamet 2026 doit donc produire, avant de se clôturer, non seulement un communiqué final mais un mécanisme de redevabilité — qui désigne des responsables, fixe des échéances et prévoit une évaluation publique des engagements pris dans douze mois.

Hammamet peut être un tournant

Le contexte est favorable comme il l’a rarement été. Le Plan de développement 2026-2030 est en cours d’examen parlementaire et inscrit l’IA parmi ses axes stratégiques. Le momentum africain sur le numérique n’a jamais été aussi fort. La position géographique tunisienne entre l’Afrique et l’Europe n’a jamais été aussi pertinente. Et la qualité de l’écosystème d’ingénierie tunisien — mathématiciens, data scientists, experts en cybersécurité — n’a jamais été aussi reconnue au niveau continental.

La fenêtre est ouverte. Ce que les participants en feront dans les 72 heures déterminera si Hammamet est un tournant ou un communiqué de plus.

Un sommet ne vaut que par ce qu’il engage. Et ce qu’il engage ne vaut que par ce qui est fait le lendemain.

* Ingénieur informatique et cadre bancaire.

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Pourquoi les festivals boudent-ils la Rachidia ?

La vieille dame de la musique tunisienne garde un profil plutôt bas en cette période de festivals d’été. Et pourtant, il relèverait de la logique la plus élémentaire que la Rachidia puisse avoir au moins un rendez-vous annuel avec le public des festivals.

Fondée en 1934, la Rachidia est l’une des racines les plus remarquables du paysage musical tunisien. Pourtant, ces dernières années, on sent que cette institution est en recul, qu’elle ne se produit plus aussi souvent en public.

Programmer la Rachidia durant les festivals pourrait apporter un soutien à cette véritable école de la musique classique qu’est le malouf.

Autrefois, cette formation donnait un concert mensuel au Théâtre municipal et se produisait durant Ramadan. Mais, de nos jours, on dirait la Rachidia absente et en pénurie de moyens alors qu’elle compte un public important et un répertoire unique.

Que faire pour rendre ses lettres de noblesse à cette institution ? Comment lui apporter le soutien nécessaire en ces temps difficiles ? Autant de questions qui mériteraient une réponse et un plan d’action de la part des services publics.

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Coupe du monde de football | L’Egypte, dernière victime de la Fifa

L’Argentine, championne du monde de football en titre, va-t-elle continuer à bénéficier de la même complaisance dont la gratifiée la Fifa depuis le début de la Coupe du Monde, ou l’attitude de l’instance footballistique mondiale va-t-elle changer lorsque l’Albiceleste va se trouver, forcément, face à une équipe européenne ?   

Dr Mounir Hanablia *

L’Argentine est une grande équipe, elle fait preuve d’esprit offensif, sait tout simplement se créer les occasions de buts face aux équipes repliées et possède en Lionel Messi un joueur hors norme qui, la quarantaine entamée, peut autant marquer que distribuer des passes décisives à ses coéquipiers.

Néanmoins, deux remarques restent à faire. La première a trait à son parcours en phase finale de la Coupe du monde 2026 au cours duquel elle a affronté l’Algérie, la Jordanie, l’Autriche, le Cap Vert, et en huitième de finale, l’Egypte. Quand on pense qu’elle va affronter la Suisse, vainqueur de la Colombie en huitième de finale, hier soir, on ne peut pas dire que sa route aura été particulièrement semée d’embûches, avant les demi-finales, du moins sur le papier. 

Dans la réalité, elle a dû puiser au fond de ses ressources pour battre les surprenants Capverdiens après prolongation, en inscrivant deux buts sur corner. Si on compare cela au Portugal, qui a affronté la Colombie, la Croatie, et l’Espagne, on ne peut pas dire que le calendrier de la Fifa ait eu pour souci principal l’équité. L’Angleterre elle a dû rencontrer la Croatie, puis le Mexique dans son antre du stade Azteca à 2240 mètres d’altitude, et a été obligée de prendre l’avion 7 fois en 12 jours.

Un arbitrage complaisant

La seconde remarque concerne la victoire face à l’Egypte. Le Onze égyptien s’est retrouvé menant au score 2-0 à 15 minutes de la fin du match en dépit d’un pénalty inexistant concédé aux Argentins et raté par la star Messi, et d’un but parfaitement régulier marqué par les Pharaons et annulé par l’arbitre pour une faute imaginaire sur un joueur argentin au départ d’une contre-attaque rondement menée.

On peut encore considérer que l’égalisation obtenue en fin de match par les Sud-Américains n’a reflété que leur supériorité réelle sur le terrain.

Néanmoins c’est le troisième but, celui de la victoire qui pose problème. En effet, au départ de l’action, un joueur égyptien a été intentionnellement déséquilibré probablement par Alexis Mc Allister dans la surface de réparation argentine, afin de l’empêcher d’être à la réception d’un centre mal repoussé par sa défense. Immédiatement après, Mohamed Salah a été séché par un défenseur, toujours dans la surface de réparation. La VAR, le but argentin étant inscrit, n’a pas trop insisté en s’abstenant d’en reprendre le prélude sous toutes les coutures ainsi qu’elle a l’habitude de le faire.

Ainsi deux fautes pénalisables en faveur des Egyptiens dans la surface de réparation adverse et ignorées par l’arbitrage ont constitué le départ de la contre-attaque victorieuse qui a permis à l’équipe Albiceleste d’éviter l’épreuve des prolongations.

On comprend la fureur des entraîneurs égyptiens, les deux frères jumeaux Houssem et Ibrahim Hassan, à la fin du match, mais c’est ainsi.

Europe contre Amérique du Sud

On ignore les raisons de la sollicitude témoignée par la Fifa en faveur de l’Argentine, dont le président est un proche de Donald Trump. Ce dernier n’avait pas hésité à intervenir pour faire annuler un carton rouge contre un joueur de la sélection de son pays. Apparemment, des intérêts financiers énormes imposent la poursuite du feuilleton de la Coupe du monde Europe contre Amérique du Sud, et une finale avec la Colombie n’intéresserait certainement pas grand monde.

Pour en revenir à l’équipe d’Argentine, il semble que son aspect offensif et spectaculaire ne soit que le fruit des circonstances, contre des équipes mal classées. Face à des grosses pointures, il faut s’attendre à ce qu’elle montre un visage beaucoup moins sympathique qui a fait sa réputation, celui d’une équipe défensive gelant le jeu et refusant d’ouvrir des espaces. Reste à savoir si la complaisance dont elle bénéficie de la part de la Fifa se manifestera ou non lors de la finale **.

* Médecin de libre pratique.

* Lors du match des Argentins contre l’Algérie, une agression caractérisée commise par Messi aurait pu coûter sa cheville au défenseur Aissa Mandi. Le score était de 0-0. Une expulsion de Messi, amplement justifiée, aurait donné une autre physionomie au match, l’Argentine sans Messi devenant une équipe très accessible. L’arbitre et la VAR n’ont -très opportunément- rien vu. Si c’était Mandi qui avait commis la même agression contre Messi, l’auraient-ils laissé passer ? Comme quoi, la Fifa ne donne qu’aux riches. Ce qui, d’une certaine façon, justifie les récriminations de Trump, lequel aurait aimé voir les Etats-Unis bénéficier, eux aussi, de cette règle non écrite (NDLR).

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Exploitation sexuelle, pornographie et blanchiment | 18 influenceurs condamnés

La Chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis a lourdement sanctionné un groupe de créateurs et créatrices de contenu actifs sur TikTok et Instagram.

Les peines prononcées varient entre un an et 27 ans de prison ferme, indique Mosaïque FM en citant une source proche du dossier et en précisant que met en lumière les dérives graves de certains influenceurs, désormais rattrapés par la justice pour des pratiques criminelles majeures.

Ces derniers sont poursuivis pour production, diffusion et téléchargement d’images et vidéos pornographiques, y compris de séquences impliquant des mineurs ou exposant des agressions sexuelles sur autrui via des systèmes informatiques.
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Parmi les suspects, certains sont aussi poursuivis pour incitation à la consommation de stupéfiants, trafic de drogues et blanchiment d’argent issu de ces activités illicites.

Ils été condamnés, hier, en première instance à des peines allant jusqu’à 27 ans ferme.

Y. N.

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L’IA propulse la création de start-up en Allemagne

Longtemps freinée par le ralentissement économique, la création d’entreprises innovantes repart en Allemagne. L’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme le principal moteur de cette nouvelle génération de start-up, attirant capitaux, talents et investisseurs dans la première économie européenne.

L’écosystème technologique allemand connaît une profonde transformation. Après plusieurs années marquées par le ralentissement des investissements dans les jeunes entreprises, les créations de start-up repartent nettement à la hausse, portées par l’essor de l’intelligence artificielle.

Selon plusieurs observateurs du marché européen, les entreprises développant des solutions d’IA concentrent désormais une part croissante des nouveaux projets entrepreneuriaux, qu’il s’agisse d’applications destinées à l’industrie, à la santé, à la cybersécurité, aux services financiers ou encore à l’automatisation des processus.

Cette dynamique bénéficie largement des investissements massifs engagés par l’Allemagne dans les infrastructures numériques ainsi que du soutien apporté par les fonds de capital-risque, qui privilégient désormais les sociétés capables d’intégrer des modèles d’intelligence artificielle dans leurs offres commerciales.

Berlin, Munich et Hambourg en première ligne

Berlin conserve sa position de principal hub des jeunes entreprises allemandes, tandis que Munich renforce son attractivité dans les technologies industrielles et l’intelligence artificielle appliquée à l’automobile et à l’ingénierie.

Les grandes entreprises allemandes jouent également un rôle déterminant. Elles multiplient les partenariats avec les jeunes pousses afin d’accélérer leur transformation numérique et de maintenir leur compétitivité face aux groupes américains et asiatiques.

Cette évolution intervient alors que l’Union européenne accélère elle aussi ses investissements dans l’intelligence artificielle, les infrastructures de calcul haute performance et les centres de données, dans le but de réduire sa dépendance technologique.

Une nouvelle vague d’investissements

Les investisseurs considèrent désormais l’IA comme le principal moteur de croissance de la prochaine décennie. Les levées de fonds réalisées par les entreprises spécialisées dans les agents conversationnels, les logiciels d’entreprise, la robotique ou l’automatisation industrielle figurent parmi les plus importantes enregistrées depuis le début de l’année.

Pour l’économie allemande, cette accélération constitue également un levier de diversification à un moment où les secteurs industriels traditionnels traversent une phase de mutation profonde sous l’effet de la transition énergétique, de la concurrence chinoise et du ralentissement du commerce mondial.

Au-delà de l’Allemagne, cette tendance confirme l’émergence d’un nouvel écosystème européen de l’IA, susceptible de renforcer la souveraineté technologique du continent face aux États-Unis et à la Chine, tout en stimulant l’innovation dans l’ensemble des chaînes de valeur industrielles.

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Et si la Tunisie avait une place à construire sur la carte africaine de l’IA?

Les géants technologiques américains réorganisent leur présence en Afrique selon une logique nouvelle : là où l’IA et le cloud s’installent durablement, ce ne sont plus seulement les grands marchés qui comptent, mais les territoires capables d’offrir électricité stable, cadres réglementaires prévisibles et écosystèmes techniques solides.

Google a choisi Accra comme base de recherche et de formation en IA. Microsoft a recentré sa stratégie autour de Nairobi. Tandis que Johannesburg reste la plateforme majeure des infrastructures lourdes.

Dans cette redistribution, Casablanca, Le Caire et Kigali montent en spécialisation, chacun avec un positionnement distinct. Lagos conserve ses talents et ses startups. Mais voit une partie des flux d’investissement se détourner sous l’effet des contraintes macroéconomiques et de stabilité. L’IA africaine se structure donc autour d’un critère décisif : la capacité à fournir du calcul, du réseau et de l’énergie au bon coût et avec une continuité suffisante.

Qu’en est-il pour la Tunisie ?

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas de revendiquer immédiatement le statut de hub hyperscaler, mais de construire les conditions pour devenir un nœud crédible de la chaîne de valeur IA. Cela passe par une stratégie cohérente de formation, une gouvernance numérique lisible et des investissements dans l’énergie et les infrastructures de connectivité. Les signaux récents vont dans ce sens, avec une stratégie nationale d’IA 2026-2030, des projets pilotes sectoriels, des travaux sur la souveraineté numérique et des discussions autour de data centers plus durables.

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