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Mer Rouge : les Houthis paralysent le trafic maritime

Le trafic des navires commerciaux traversant le détroit de Bab el-Mandeb a diminué lundi 27 juillet après l’attaque menée dimanche 26 juillet par les Houthis contre les infrastructures pétrolières saoudiennes le long de la côte de la mer Rouge.

Seulement onze navires transportant des matières premières ont franchi dimanche le détroit de Bab el-Mandeb ; c’est le nombre le plus bas depuis des mois. Le trafic maritime en mer Rouge est fortement perturbé depuis quelques jours maintenant au large des côtes du Yémen, car le mouvement Ansarallah – plus connu sous le nom de famille de ses dirigeants, les Houthis – entend mettre en œuvre un blocus naval de l’Arabie saoudite. Ouvrant ainsi un nouveau front dans la guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a déjà conduit à la fermeture de facto du détroit d’Ormuz.

Sept des navires de la marine civile ayant franchi le détroit de Bab el-Mandeb étaient des pétroliers, dont trois ont pénétré en mer Rouge. Deux étaient de très grands pétroliers à destination du port saoudien de Yanbu pour y charger du pétrole brut ; le troisième étant à destination de la Russie, selon les données de Kpler.

Parmi les navires qui ont quitté la mer Rouge dimanche figuraient le très grand pétrolier New Explorer, qui transportait 2 millions de barils de pétrole d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis vers le port de Ningbo, en Chine, ainsi qu’un pétrolier chargé de 750 000 barils de pétrole brut saoudien à destination du Pakistan, selon la même source.

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Houthis contre Aramco, Ukraine contre un navire iranien : Le conflit s’étend sur deux fronts maritimes

Alors que les frappes américaines contre l’Iran semblent marquer une pause — Washington n’a annoncé aucune nouvelle attaque depuis vendredi après treize nuits consécutives d’escalade — le conflit continue de s’étendre. En l’espace de quelques heures, deux espaces maritimes stratégiques ont été touchés : la mer Rouge, où les Houthis ont revendiqué des attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, et la mer Caspienne, où l’Iran accuse l’Ukraine d’avoir visé un navire commercial iranien.

Cette extension géographique illustre une nouvelle phase d’un conflit qui dépasse désormais largement le cadre du Moyen-Orient et menace plusieurs routes essentielles du commerce mondial.

La mer Rouge sous pression, la Caspienne entre dans le conflit

En mer Rouge, les rebelles houthis, soutenus par Téhéran, affirment avoir lancé des missiles et des drones contre des installations du groupe pétrolier saoudien Aramco à Jizan et Yanbu.

Des images géolocalisées analysées par CNN montrent un important panache de fumée près de la raffinerie de Jizan. Les données satellitaires de la plateforme américaine NASA FIRMS font également apparaître plusieurs anomalies thermiques sur le site. Aramco n’a toutefois confirmé ni dégâts ni victimes.

Cette attaque intervient alors que Yanbu est devenue un axe stratégique pour les exportations pétrolières saoudiennes via la mer Rouge, permettant de contourner le détroit d’Ormuz, fortement perturbé depuis le début de la crise.

Cette nouvelle escalade survient après une semaine particulièrement agitée sur les marchés pétroliers. Jeudi, le Brent avait brièvement franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril avant de clôturer à 100,69 dollars, puis de retomber à 96,78 dollars vendredi. Malgré ce repli, les cours restent sous tension, une situation suivie de près par les pays importateurs d’énergie comme la Tunisie.

Dans le même temps, Téhéran a convoqué le chargé d’affaires ukrainien après une attaque attribuée à Kiev contre un navire commercial iranien en mer Caspienne. Selon les autorités iraniennes, un marin a été tué et un autre blessé.

Ni l’identité du navire cité par l’Iran ni son éventuel lien avec les bâtiments que l’Ukraine affirme avoir ciblés n’ont toutefois pu être établis de manière indépendante.

Lire aussi: Tunisie : Une flambée des prix du pétrole impacterait le budget et les subventions

Pourquoi la mer Caspienne devient-elle stratégique ?

Longtemps restée à l’écart des combats, la mer Caspienne pourrait devenir un nouveau point de friction entre Moscou, Téhéran et Kiev.

Elle constitue un maillon essentiel du corridor international Nord-Sud, destiné à relier la Russie au golfe Persique via l’Iran. Cette voie est également considérée par plusieurs experts comme un axe logistique important pour les échanges de marchandises et, selon certaines analyses occidentales, pour le transport de matériels militaires entre les deux pays.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a d’ailleurs affirmé que les navires visés transportaient des cargaisons militaires liées à l’Iran. Il a également accusé Moscou de transmettre à Téhéran des renseignements satellitaires destinés à soutenir ses opérations au Moyen-Orient.

À ce stade, aucun élément indépendant ne permet toutefois d’établir un lien entre le navire iranien évoqué par Téhéran et les bâtiments que Kiev affirme avoir frappés.

Jusqu’à présent, la mer Caspienne était considérée comme un espace relativement sûr pour les échanges entre la Russie, l’Iran, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan. Son entrée dans le conflit constituerait un changement stratégique majeur.

Une menace croissante pour les routes énergétiques mondiales

L’élargissement du conflit à plusieurs espaces maritimes majeurs renforce les inquiétudes autour des principaux corridors énergétiques mondiaux.

Le détroit d’Ormuz concentre près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole. La mer Rouge est une artère essentielle reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez. La mer Caspienne, quant à elle, joue un rôle de plus en plus important dans les échanges entre la Russie, l’Iran et l’Asie centrale.

En quelques semaines, le conflit a cessé d’être cantonné au Moyen-Orient. Il affecte désormais plusieurs des principales routes énergétiques de la planète. Même si les États-Unis ont suspendu leurs frappes directes contre l’Iran ce week-end, les affrontements continuent de s’étendre par l’intermédiaire de leurs alliés régionaux et ouvrent de nouveaux fronts dont les conséquences pourraient rapidement dépasser le seul cadre militaire.

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Les attaques houthies en mer Rouge font monter le prix du pétrole

Les prix du pétrole ont progressé lors des échanges asiatiques ce jeudi 23 juillet, enregistrant une cinquième session consécutive de hausse, suite à des frappes des Houthis contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.

Les Houthis ont déclaré dans soirée de mercredi 21 juillet avoir ciblé deux pétroliers saoudiens, les accusant d’avoir violé un blocus maritime récemment annoncé. Suite à cela, les contrats à terme sur le Brent livraison septembre ont progressé de 1,7 % à 95,62 $ le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) ont gagné 1,5 % à 88,18 $ le baril.

Même si les autorités saoudiennes e font état d’aucun dommage, cette attaque marque tout de même une nouvelle escalade dans un conflit qui menace de plus en plus les infrastructures énergétiques et le transport maritime mondial.

Cet incident fait suite aux avertissements lancés en début de semaine par le groupe, qui entendait bloquer le trafic maritime lié à l’Arabie saoudite dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des points de passage énergétiques les plus fréquentés au monde, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.

Lire aussi: L’Iran envisage un double verrou maritime avec les Houthis en mer Rouge

Toute perturbation durable pourrait contraindre les pétroliers à contourner l’Afrique australe, allongeant les trajets et augmentant les coûts de fret.

Les inquiétudes concernant l’approvisionnement en brut se sont intensifiées avec la poursuite des attaques et contre-attaques entre les États-Unis et l’Iran, ajoutant à l’incertitude autour du trafic dans le détroit d’Ormuz, autre route vitale pour les exportations mondiales de pétrole.

Ensemble, les voies navigables d’Ormuz et de Bab el-Mandeb représentent une part significative des expéditions maritimes de brut, ce qui en fait des points étroitement surveillés par les marchés de l’énergie.

Les traders se concentrent de plus en plus sur les risques liés au transport, la hausse des coûts d’assurance et la possibilité de nouvelles attaques contre des pétroliers ou des installations énergétiques.

Ces attaques surviennent après que plusieurs pétroliers saoudiens à destination de l’Inde et de la Chine ont modifié leur cap en début de semaine, suite aux avertissements des Houthis.

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Les menaces des Houthis bouleversent les routes du pétrole saoudien pour l’Asie

Les menaces des rebelles houthis contre les navires utilisant les ports saoudiens en mer Rouge contraignent les raffineurs asiatiques à revoir leurs circuits d’approvisionnement. Plusieurs cargaisons de brut saoudien sont désormais redirigées via le canal de Suez, le pipeline égyptien SUMED ou, dans certains cas, par le cap de Bonne-Espérance, au prix de délais de livraison plus longs et de coûts de transport plus élevés.

Les compagnies de raffinage asiatiques modifient leurs itinéraires d’approvisionnement en pétrole brut afin de limiter les risques liés aux menaces des Houthis en mer Rouge.

Après l’annonce du mouvement yéménite d’un « blocus maritime » visant les navires utilisant les ports saoudiens de la mer Rouge, plusieurs cargaisons de brut destinées à l’Asie ont été redirigées vers le canal de Suez ou autour du cap de Bonne-Espérance, afin d’éviter le détroit de Bab el-Mandeb.

Lire aussi : L’Iran envisage un double verrou maritime avec les Houthis en mer Rouge

 

Les premiers effets de cette menace sont déjà visibles. Deux pétroliers transportant du pétrole saoudien à destination de la Chine et de l’Inde ont fait demi-tour en mer Rouge avant de rejoindre la route du canal de Suez. Cette décision illustre les inquiétudes croissantes des armateurs et des négociants face au risque d’attaques contre les navires commerciaux.

Pour maintenir leurs approvisionnements, plusieurs raffineurs asiatiques étudient un itinéraire combinant le canal de Suez et le pipeline égyptien SUMED, qui permet de transporter une partie du pétrole entre la mer Rouge et la Méditerranée.

Cette solution est particulièrement adaptée aux très grands pétroliers (VLCC), dont le tirant d’eau ne leur permet pas de franchir le canal de Suez à pleine charge. Une partie de leur cargaison est transférée via le pipeline avant d’être rechargée sur un autre navire.

Des coûts logistiques en forte hausse

Ces nouveaux itinéraires allongent considérablement les délais de transport. Un détour par le canal de Suez, puis le cap de Bonne-Espérance peut ajouter jusqu’à quatre semaines au temps de voyage entre les ports saoudiens et les marchés asiatiques. Cette réorganisation entraîne une hausse des coûts de carburant, de fret maritime et des primes d’assurance contre les risques de guerre. Cette évolution intervient alors que le détroit d’Ormuz demeure lui aussi perturbé par les tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Ainsi, la menace d’une perturbation simultanée des deux principaux corridors énergétiques du Moyen-Orient — Ormuz et Bab el-Mandeb — renforce les inquiétudes des marchés quant à la sécurité des approvisionnements mondiaux en pétrole.

Cette réorientation des flux confirme le retour du canal de Suez comme axe logistique majeur pour le commerce énergétique mondial.

Alors que les risques sécuritaires se multiplient en mer Rouge, l’Égypte pourrait voir transiter une part croissante des exportations saoudiennes destinées à l’Asie, renforçant encore l’importance stratégique du canal et du pipeline SUMED dans les échanges internationaux d’hydrocarbures.

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Blocus de l’Arabie saoudite par les Houthis : nouvel embrasement au Moyen-Orient ?

En pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, les rebelles houthis ont annoncé, lundi 20 juillet, un blocus maritime de l’Arabie saoudite. Analyse.

 

La menace couvait depuis plusieurs semaines. Elle est devenue une réalité lundi 20 juillet 2026. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont officiellement annoncé l’instauration d’un blocus naval contre l’Arabie saoudite. Ouvrant ainsi un nouveau front en mer Rouge et plaçant le royaume wahabite au cœur d’une confrontation régionale aux conséquences potentiellement explosives.

Ainsi, les forces armées houthies indiquent qu’elles décrètent « un embargo maritime contre l’ennemi saoudien criminel, fondé sur la loi du talion, applicable immédiatement ». Et ce, en réponse au « siège injuste et oppressif » imposé aux ports et aéroports du Yémen par les Saoudiens.

« Nous sommes prêts à dégainer à tout moment si l’évolution de la situation le justifie », indiquait déjà le 5 mars le chef du groupe, Abdul Malik al-Houthi. Les commandants iraniens ont averti à plusieurs reprises que les Houthis pourraient entrer en guerre. Fin mars et début avril, les rebelles avaient mené plusieurs attaques de missiles et de drones contre Israël.

Inquiétudes

Survenant au neuvième jour d’affilée d’hostilités entre les États-Unis et l’Iran, d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, ces menaces contre la liberté de navigation risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande, s’est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une désescalade immédiate. En cause, les appréhensions concernant le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, ainsi qu’une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole brut, des produits raffinés, du gaz naturel liquéfié (GNL) et des conteneurs entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.

 

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Arme géostratégique

Ce blocus maritime va-t-il impliquer directement les Houthis dans la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran ? Alors que le Hezbollah et les groupes irakiens sont entrés en guerre très tôt, avec des tirs de roquettes et de drones après les premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les Houthis sont quant à eux restés relativement discrets jusqu’ici.

Mais Téhéran les a exhortés récemment à fermer le détroit de Bab el-Mandeb si les États-Unis poursuivaient leurs frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Une telle décision transformerait ce verrou maritime en une redoutable arme géostratégique. Car en contrôlant simultanément Ormuz et Bab el-Mandeb, l’Iran disposerait d’un levier sans précédent sur les flux énergétiques mondiaux. De quoi aggraver une crise déjà provoquée par la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, qui a entraîné une réduction d’environ 10 % de l’offre mondiale de pétrole sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Tout en faisant planer la menace d’un choc énergétique d’une ampleur inédite.

Double blocus

C’est que, la fermeture du détroit d’Ormuz ayant déjà profondément bouleversé les routes maritimes mondiales, la mer Rouge est ainsi devenue l’axe de substitution incontournable pour l’acheminement du pétrole du Golfe et de nombreuses marchandises stratégiques. Dans ce contexte, un blocage du détroit de Bab el-Mandeb reviendrait à neutraliser simultanément les deux principales artères énergétiques du Moyen-Orient. Les conséquences seraient considérables : l’approvisionnement mondial en pétrole pourrait chuter d’environ 7 %, la majeure partie des exportations saoudiennes se retrouvant immobilisée.

Or, cette menace est d’autant plus préoccupante que Riyad a déjà redirigé plus de 70 % de ses exportations quotidiennes de pétrole brut vers le port de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge, afin de contourner Ormuz. De là, les cargaisons destinées à l’Europe remontent le canal de Suez. Tandis que celles à destination des marchés asiatiques doivent impérativement franchir le détroit de Bab el-Mandeb. Sachant que le volume total de pétrole transitant par Bab el-Mandeb s’est élevé à 7,4 millions de barils par jour en juin, soit environ 7 % de la production mondiale de pétrole contre 4,2 millions de barils par jour l’année dernière. Cela a permis de soutenir le marché de l’énergie et de contenir les cours mondiaux du pétrole.

Autrement dit, si ce passage venait à être fermé, c’est l’ensemble de la stratégie saoudienne de contournement d’Ormuz qui s’effondrerait, avec des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux.

La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. À peine les Houthis ont-ils annoncé leur blocus maritime que les cours du pétrole sont repartis à la hausse. Quelques heures plus tôt, le Brent avait déjà franchi brièvement le seuil des 91 dollars le baril, dans le sillage des frappes de représailles échangées entre les États-Unis et l’Iran durant le week-end. Les investisseurs redoutent alors une perturbation durable des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures, alimentée par le risque d’une extension du conflit aux principales voies maritimes de la région. Les tensions se sont toutefois légèrement apaisées après les déclarations du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, qui a affirmé que Téhéran poursuivait, par l’intermédiaire de médiateurs, des échanges avec Washington. Il a indiqué que plusieurs propositions visant à désamorcer la crise ont été transmises, sans qu’aucun détail n’en soit révélé, contribuant à tempérer, au moins provisoirement, les craintes des marchés.

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L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !

La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.

Imed Bahri

Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal

Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.

Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus

Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».

Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.

Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.

«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».

Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.

Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.

Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.

La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.

L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.

L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras

Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.

Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.

«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.

Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.

Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.

Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.

Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.

Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.

L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.

L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.

À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.

«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.

Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.

Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.

Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.

À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.

L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre

Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.

Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»

L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.

Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.

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L’Iran envisage un double verrou maritime avec les Houthis en mer Rouge

L’Iran a demandé aux rebelles houthis du Yémen de se tenir prêts à fermer le détroit de Bab el-Mandeb, principale porte d’entrée de la mer Rouge, si les États-Unis frappaient les infrastructures énergétiques iraniennes. Une telle décision ouvrirait un second front maritime après les tensions dans le détroit d’Ormuz, faisant peser une menace majeure sur les flux mondiaux de pétrole, de gaz naturel liquéfié (GNL) et de marchandises.

L’Iran a demandé au mouvement houthi au Yémen de se préparer à bloquer le détroit de Bab el-Mandeb si les États-Unis venaient à cibler ses infrastructures énergétiques. C’est ce que révèlent plusieurs sources proches du dossier citées par Capital jeudi 16 juillet. Le message aurait été transmis ces derniers jours aux dirigeants houthis, dans un contexte d’intensification des tensions militaires entre Washington et Téhéran.

Après les perturbations qui affectent déjà le détroit d’Ormuz, l’éventuelle fermeture de Bab el-Mandeb constituerait une nouvelle menace pour le commerce mondial. Ce passage maritime, situé entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue un axe vital pour les échanges entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient via le canal de Suez.

Environ 7 % des flux mondiaux d’énergie transitent par ce corridor maritime, dont une part importante des exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié à destination de l’Europe.

Les Houthis auraient renforcé leur dispositif militaire

Selon les mêmes sources, les Houthis auraient déjà déployé des missiles, des drones et d’autres moyens militaires à proximité du détroit afin de pouvoir viser rapidement la navigation commerciale si l’ordre leur était donné. La décision finale reviendrait toutefois aux autorités iraniennes, notamment aux Gardiens de la révolution présents au Yémen, qui coordonnent les relations avec le mouvement rebelle.

L’ouverture d’un second front maritime, en complément des tensions dans le détroit d’Ormuz, accentuerait les risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les marchés redoutent notamment une perturbation simultanée des deux principaux corridors énergétiques du Moyen-Orient, susceptible d’entraîner une nouvelle flambée des prix du pétrole, du gaz naturel liquéfié et des coûts du transport maritime…

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