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Quand la hausse des prix mène à l’impasse

La vague actuelle de hausses des prix ne serait pas un phénomène ponctuel, mais l’aboutissement de plusieurs années de politiques de contrôle des prix. C’est l’analyse avancée par l’économiste Moez Joudi dans un post sur sa page Facebook.

Selon lui, les gouvernements successifs depuis 2011 ont limité la hausse des prix en exerçant une pression directe sur eux, en les plafonnant, en réduisant les marges bénéficiaires et en imposant le gel des prix, notamment dans les entreprises publiques comme la Pharmacie centrale, la STEG, la SONEDE et d’autres.

Pendant des années, explique-t-il, elles ont vendu à perte, se sont endettées et ont attendu des subventions. En parallèle, les coûts de production, d’achat et d’approvisionnement ont augmenté et ces entreprises sont devenues progressivement déficitaires, certaines se trouvant en situation de faillite en raison de l’effondrement de leur modèle économique, financier et de développement.

Aujourd’hui la situation est devenue intenable : la pression continue et soutenue a provoqué une explosion, et l’on observe une vague de hausses (qui se poursuivra) pour sauver ce qui peut l’être, en l’absence d’une croissance économique suffisante et créatrice de richesse, alors que le pouvoir d’achat des citoyens se détériore et que l’endettement public augmente de façon excessive et dangereuse.

Il précise à cet effet : « Cette situation aurait pu être évitée par un véritable encouragement à l’investissement et à la production, le renforcement de la compétitivité, l’innovation et le renouvellement, la mise en œuvre des réformes programmées, et la rupture avec des idéologies dépassées et stériles au profit d’une plus grande ouverture des mentalités et des pratiques ».

Une pression persistante sur les prix

Pour Moez Joudi, le maintien prolongé de prix administrés a fini par provoquer un « éclatement » de la situation. Il estime que la Tunisie traverse aujourd’hui une vague de hausses des prix qui pourrait se poursuivre, dans un contexte marqué par une croissance insuffisante, une faible création de richesse et une dégradation continue du pouvoir d’achat. “Nous observons aujourd’hui une vague de hausses des prix, qui va se poursuivre, dans un contexte où il s’agit de sauver ce qui peut encore l’être”, poursuit-il. Ces décisions auraient pu être évitées par des politiques d’investissement, de compétitivité et de réformes réelles.

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550 % de hausse sur certains médicaments : l’UGTT alerte sur une menace pour l’accès aux soins !

Le département de la protection sociale et du secteur informel de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a exprimé sa « profonde inquiétude » et condamné les récentes hausses importantes des prix de plusieurs médicaments essentiels. Et ce, tout en estimant qu’elles constituent une « atteinte directe au droit constitutionnel aux soins » et une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat des citoyens, notamment les catégories vulnérables, les travailleurs et les ménages à faibles revenus.

Dans un communiqué, l’organisation syndicale a affirmé que ces augmentations interviennent dans un contexte de « crise sociale aiguë » et de recul marqué du pouvoir d’achat des travailleurs et de l’ensemble des citoyens. Ce qui fragilise davantage l’accès aux soins et aux traitements.

L’UGTT a souligné que les données publiées montrent qu’il ne s’agit pas de simples ajustements progressifs, mais de hausses « exceptionnelles et sans précédent »D’ailleurs, elles dépassent dans certains cas 550 % pour des médicaments essentiels.

Dans ce contexte, le syndicat précise que cette situation traduit un transfert du coût des difficultés financières du système de santé vers les citoyens, en l’absence d’une réforme globale capable de garantir l’accès aux soins.

En outre, le département de la protection sociale et du secteur informel a alerté sur les conséquences sociales de ces augmentations. Lesquelles toucheraient particulièrement les populations les plus fragiles, notamment les travailleurs du secteur informel ne bénéficiant pas d’une couverture sociale. Il estime que le coût de la maladie risque ainsi de devenir un facteur supplémentaire de pauvreté et d’exclusion sociale.

De plus, l’organisation syndicale a également évoqué la situation des bénéficiaires de la gratuité des soins et des tarifs réduits. En effet, ces derniers rencontrent souvent des difficultés à obtenir leurs médicaments dans les établissements publics de santé confrontés à des contraintes financières importantes.

Pour l’UGTT, la santé et l’accès aux médicaments « ne doivent pas être considérés comme des marchandises soumises aux seules logiques du marché ou aux équilibres financiers », mais comme un droit constitutionnel et humain que l’État doit garantir. Elle estime que les difficultés de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ou de la Pharmacie centrale ne peuvent être résolues en faisant supporter leur coût aux patients. Mais elles nécessitent, note la centrale syndicale, une réforme participative du système de protection sociale, du financement et de la gouvernance du secteur.

Le syndicat appelle à l’abandon des décisions « unilatérales » et demande une révision immédiate de ces augmentations, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Il plaide également pour l’intégration des travailleurs du secteur informel dans un système de couverture sociale et sanitaire complet et équitable.

Parmi les mesures proposées figurent notamment le renforcement des ressources de la CNAM, le soutien à la Pharmacie centrale pour garantir la sécurité médicamenteuse nationale, ainsi que le développement de la production locale de médicaments, notamment les génériques, afin de réduire les coûts et la dépendance aux importations.

Enfin, l’UGTT soutient l’ouverture d’un dialogue social « sérieux et responsable » avec les organisations nationales et les différents acteurs du secteur. Et ce, afin d’élaborer des réformes durables garantissant l’accès de tous aux soins, conformément aux engagements internationaux de la Tunisie et aux objectifs de développement durable.

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Tunisie | Les vraies raisons de la hausse des prix des médicaments

Les hausses de prix ne concernent qu’un nombre restreint de médicaments importés dont les tarifs n’avaient pas été actualisés depuis des années. Ces ajustements ont été mis en œuvre en raison de la hausse des coûts d’importation et de l’évolution des prix sur le marché mondial.

C’est ce qu’a indiqué «une source bien informée» au sein de la Pharmacie centrale de Tunisie dans une déclaration à Mosaique FM, ajoutant que l’objectif de cet ajustement tarifaire (que ces choses douloureuses sont joliment dites!) est de garantir la disponibilité continue de ces médicaments et d’éviter toute perturbation de l’approvisionnement du marché. Bref, si vous payez plus cher votre médicament, c’est pour votre bien !

Ce que la «source bien informée» n’a pas cru devoir expliquer, c’est pourquoi les autorités n’ont pas cru devoir communiquer sur les causes et les circonstances de ces hausses avant leur annonce publique, d’autant qu’ils vont être supportées par les citoyens dont le pouvoir d’achat est en charpie, à cause des fortes hausses des prix des biens de consommation.

Il n’a pas cru devoir expliquer non plus que ces hausses sont dues à la levée des subventions de l’Etat sur ces médicaments en raison des difficultés des finances publiques et des problèmes qu’a aujourd’hui la Pharmacie centrale à s’approvisionner auprès de certains laboratoires internationaux auxquels elle doit beaucoup d’argent et qui exigent d’être payés avant de rétablir leurs livraisons.

En d’autres termes, le citoyen est sommé d’encaisser les coups, les uns après les autres, sans que ces chers responsables de l’Etat ne se croient dans l’obligation de lui expliquer les tenants et les aboutissants de leurs décisions. Ces responsables qui se cachent à chaque fois qu’une tempête pointe à l’horizon et n’apparaissent que pour annoncer des stratégies, des plans, des programmes et de vagues projets dont la réalisation est reportée aux calendes grecques du genre de la Cité médicale de Kairouan, du TGV Bizerte-Ben Guerdane ou encore du Port en eaux profondes d’Enfidha.

I. B.

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