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La Russie réduit ses prévisions de production et d’exportation de gaz

La Russie s’apprête à revoir à la baisse ses prévisions de production et d’exportation de gaz naturel pour les prochaines années. Selon Reuters citant un document gouvernemental, la production attendue en 2026 est ramenée à 683,1 milliards de mètres cubes…

La Russie revoit une nouvelle fois à la baisse ses perspectives dans le secteur gazier, sur fond de recul durable de ses débouchés occidentaux et de volonté de l’Union européenne de mettre progressivement fin à ses importations de gaz russe.

Selon un projet de document du ministère russe de l’Économie, la production nationale de gaz devrait atteindre 683,1 milliards de mètres cubes en 2026, contre 688,4 milliards dans la précédente prévision publiée en mai. Le nouveau chiffre reste toutefois supérieur aux 662,7 milliards de mètres cubes produits en 2025.

Les prévisions ont également été abaissées pour les années suivantes. La production est désormais attendue à 696,1 milliards de mètres cubes en 2027, 710,5 milliards en 2028 et 740,1 milliards en 2029, contre respectivement 711,3, 731,9 et 750,4 milliards dans les précédentes projections.

Moscou réduit parallèlement ses anticipations concernant les exportations par gazoduc. Elles sont désormais estimées à 117,5 milliards de mètres cubes en 2026, contre 115,5 milliards précédemment, avant d’atteindre 120,5 milliards en 2027, 115 milliards en 2028 et 119,5 milliards en 2029.

Mais derrière cette progression globale se cache la poursuite de la contraction des ventes vers les marchés situés hors de l’ex-Union soviétique. Ces exportations sont désormais évaluées à 77 milliards de mètres cubes en 2026, puis 77,5 milliards en 2027, 72 milliards en 2028 et 76,5 milliards en 2029.

La réduction des débouchés européens constitue l’un des principaux facteurs de cette évolution. Les exportations russes de gaz vers l’Europe ont chuté de 44 % en 2025, à seulement 18 milliards de mètres cubes, selon les calculs de Reuters. Il s’agit du niveau le plus faible depuis le milieu des années 1970, après l’arrêt du transit par l’Ukraine.

Le GNL reste un relais, mais moins important qu’espéré

La Russie continue de miser sur le gaz naturel liquéfié pour compenser une partie de la contraction de ses exportations par gazoduc. Le nouveau scénario prévoit 35 millions de tonnes de GNL exportées en 2026, contre 30,3 millions en 2025.

Ce chiffre est toutefois nettement inférieur à l’estimation précédente de 40,3 millions de tonnes. Les prévisions pour les années suivantes ont également été réduites : 39,5 millions de tonnes en 2027, 50,1 millions en 2028 et 64,5 millions en 2029, contre respectivement 46,9, 58,4 et 66,2 millions dans les projections de mai.

La baisse des perspectives russes intervient surtout dans un contexte de rupture durable des relations énergétiques avec l’Europe. L’Union européenne prépare la fin de ses derniers achats de gaz russe, réduisant les perspectives de retour des volumes à leurs niveaux d’avant-guerre.

Avant la dégradation des relations avec Moscou, les exportations russes de gaz par gazoduc vers l’Europe s’élevaient à environ 180 milliards de mètres cubes par an en 2018-2019. Le marché européen ne représente désormais plus qu’une fraction de ces volumes. Moscou affirme néanmoins être prêt à reprendre les livraisons à l’Europe, y compris via les infrastructures sous-marines de Nord Stream. Cette perspective reste toutefois liée à l’évolution du contexte politique et des sanctions.

Un enjeu budgétaire pour Moscou

Les nouvelles projections serviront à la préparation de la mise à jour du budget fédéral russe jusqu’en 2029. Le secteur énergétique demeure essentiel pour les finances publiques : les recettes provenant du pétrole et du gaz représentent environ un quart des revenus du budget fédéral russe. La révision des perspectives gazières s’inscrit ainsi dans un mouvement plus large de réévaluation des hypothèses énergétiques russes. Moscou avait déjà abaissé ses prévisions de production pétrolière pour 2026 à un niveau qui serait le plus faible depuis 17 ans, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les sanctions et les perturbations affectant les infrastructures énergétiques.

Pour la Russie, le défi consiste désormais à compenser durablement la perte d’une partie de son marché européen par une montée en puissance des ventes vers l’Asie, tout en développant ses capacités de GNL. Les nouvelles prévisions montrent toutefois que cette réorientation devrait être plus lente et moins importante qu’anticipé auparavant.

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Tunisie : Les climatiseurs split utilisant ce gaz bientôt interdits

À partir du 1er janvier 2027, la Tunisie prévoit d’interdire l’importation et la fabrication locale de plusieurs équipements fonctionnant avec certains gaz réfrigérants à fort impact climatique. Cette transition, qui concerne notamment les climatiseurs domestiques, les réfrigérateurs et les distributeurs d’eau réfrigérée, pourrait progressivement modifier les choix proposés aux consommateurs et les technologies utilisées dans les appareils vendus sur le marché tunisien.

Derrière cette réforme environnementale se trouve l’hydrofluorocarbure (HFC), une famille de gaz utilisés pour produire du froid dans de nombreux équipements du quotidien. Mais de quoi s’agit-il concrètement ? Quels appareils sont concernés et quelles conséquences cette évolution pourrait-elle avoir sur les utilisateurs, notamment en matière de prix, d’entretien et de sécurité ?

Les HFC, des gaz présents dans plusieurs appareils du quotidien

Les hydrofluorocarbures, communément appelés HFC, sont des substances chimiques utilisées comme fluides frigorigènes dans les systèmes de climatisation, les réfrigérateurs et différents équipements de production de froid. Leur rôle consiste à absorber et à transférer la chaleur afin de permettre le refroidissement de l’air ou des produits.

Contrairement aux chlorofluorocarbures (CFC), les HFC ne détruisent pas directement la couche d’ozone. Cependant, plusieurs d’entre eux possèdent un potentiel de réchauffement climatique élevé. Leur réduction constitue donc l’un des objectifs de l’amendement de Kigali au protocole de Montréal.

Ces gaz ne sont pas limités aux climatiseurs. Ils peuvent être utilisés dans différents types d’équipements, notamment les climatiseurs domestiques de type split, les réfrigérateurs, les congélateurs et les distributeurs d’eau réfrigérée. Leurs caractéristiques varient selon le fluide utilisé et la conception de chaque appareil.

Quels équipements seront concernés par l’interdiction ?

Le projet de décret tunisien prévoit de cibler plusieurs catégories d’équipements fonctionnant avec des HFC. Parmi les appareils mentionnés figurent les climatiseurs domestiques split utilisant le R-410A, ainsi que certains réfrigérateurs, congélateurs domestiques et distributeurs d’eau réfrigérée.

Pour les climatiseurs domestiques fabriqués localement, le R-32 deviendrait le fluide frigorigène utilisé exclusivement à partir de 2027, conformément aux orientations annoncées par les autorités.

Le R-32 est un hydrofluorocarbure également appelé difluorométhane. Il est utilisé dans les systèmes de climatisation et présente un potentiel de réchauffement climatique inférieur à celui du mélange R-410A. Il ne contribue pas à l’appauvrissement de la couche d’ozone et peut offrir de bonnes performances énergétiques. Toutefois, il est classé comme fluide légèrement inflammable, ce qui nécessite des procédures adaptées lors de l’installation et de la maintenance.

Lire aussi : Fortes chaleurs : La Tunisie prépare son premier plan national de refroidissement

À retenir : le R-32 n’est pas un gaz totalement dépourvu d’impact climatique. Il s’agit d’une solution de transition qui permet de réduire le potentiel de réchauffement par rapport à certains fluides précédemment utilisés.

Quel impact pour les utilisateurs tunisiens ?

Les climatiseurs actuels ne devront pas nécessairement être remplacés L’annonce de l’interdiction ne signifie pas que les ménages possédant un climatiseur fonctionnant au R-410A devront automatiquement changer leur appareil dès le 1er janvier 2027.

La mesure annoncée concerne l’importation et la fabrication des équipements visés par le projet de décret. Les obligations applicables aux appareils déjà installés, ainsi que les conditions de leur entretien et de leur recharge, devront être précisées par les textes réglementaires définitifs.

Les utilisateurs doivent donc distinguer deux situations : l’achat d’un nouvel appareil et l’entretien d’un équipement existant. Les règles applicables ne sont pas nécessairement identiques.

Le choix d’un nouveau climatiseur pourrait évoluer

Pour les consommateurs qui envisagent d’acheter un climatiseur, la transition vers le R-32 pourrait progressivement modifier les modèles disponibles sur le marché.

Le changement de fluide frigorigène peut avoir des conséquences sur la conception des appareils, les procédures d’installation et la formation des techniciens. En revanche, il n’est pas possible d’affirmer, sur la seule base du projet présenté, que les prix des climatiseurs augmenteront ou baisseront. L’évolution des tarifs dépendra notamment des coûts de production, de l’importation, de la disponibilité des équipements et des conditions commerciales.

Les utilisateurs devront également vérifier la compatibilité du fluide utilisé avec leur appareil. Un climatiseur conçu pour le R-410A ne doit pas être rechargé avec du R-32 sans que l’équipement soit spécifiquement prévu pour cela.

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efroidissement durable : de nouvelles restrictions sur les équipements utilisant des gaz fluorés dès 2027

La Tunisie renforce sa stratégie d’élimination des gaz à effet de serre émis par le secteur du refroidissement, prévoyant l’interdiction d’importer ou de fabriquer plusieurs types d’équipements fonctionnant aux hydrofluorocarboures (HFC) à compter du 1er janvier 2027. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la célébration des dix ans de l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal lors de la Journée mondiale de l’ozone 2026.

Un projet de décret élaboré par les autorités tunisiennes prévoit d’interdire, dès le début de l’année 2027, la fabrication locale et l’importation de climatiseurs splits résidentiels au réfrigérant R-410A, ainsi que de distributeurs d’eau froide, congélateurs domestiques et réfrigérateurs à base de HFC, selon un document publié à l’occasion de la journée mondiale de l’ozone 2026. En conséquence, la production nationale de climatiseurs splits résidentiels reposera exclusivement sur le fluide R-32 à partir de 2027. Efficace et écolo, le R32 est un fluide frigorigène largement utilisé dans les climatiseurs et les pompes à chaleur pour transporter la chaleur et assurer le refroidissement.

Composé de deux atomes d’hydrogène et de deux atomes de fluor, il se distingue par ses bonnes performances énergétiques. Il n’abîme pas la couche d’ozone et il est facile à recycler, pour cela, il est bon pour la planète, selon les écolos.

Cette étape fait suite au gel de la consommation nationale de HFC effectif depuis le 1er janvier 2024, conformément au calendrier de l’Amendement de Kigali. Sur le plan industriel, la conversion d’une ligne de production de fontaines fraîches vers le réfrigérant naturel R-600a, s’est achevée en août 2026, permettant d’éviter au moins 5 720 tonnes équivalent CO2 d’émissions annuelles.

Parallèlement, la Tunisie a enregistré à la fin de l’année 2025 une réduction de 70 % de sa consommation d’hydrochlorofluorocarboures (HCFC, principalement le R-22) par rapport à son niveau de référence, évite ainsi l’émission de 917 670 TCO2éq. Le pays ambitionne d’atteindre une élimination totale des HCFC d’ici le 1er janvier 2030. Pour financer cette ultime étape, la Phase III du Plan de gestion de l’élimination des HCFC (PGEH 2026-2030) a été approuvée en juin 2026 par le Comité exécutif du Fonds multilatéral pour un montant de 1,33 million de dollars US, complété par une contribution italienne de 350 000 dollars.

Le programme comporte également un volet important de renforcement des compétences : 52 formateurs ont été formés en 2026 à la manipulation sécurisée des fluides frigorigènes naturels et inflammables, tandis que des formations ciblées ont été dispensées à 60 agents des douanes et 200 techniciens, dont la moitié sont des femmes.

Adopté en 2016 et ratifié par 174 pays à la fin août 2026, l’Amendement de Kigali vise une réduction de 80 à 85 % de la consommation mondiale de HFC d’ici 2047. Sa pleine mise en œuvre, associée à des gains d’efficacité énergétique des appareils, pourrait éviter jusqu’à 1 °C de réchauffement mondial d’ici la fin du siècle.

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