Lese-Ansicht

Dispute diplomatique avec Rome : Trump persiste et signe

Le torchon brûle entre Rome et Washington suite aux critiques « déplacées et offensantes » du président américain, Donald Trump contre la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni.

 

« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis ! Quant à mes ennemis, je m’en charge ! ». Cette célèbre formule souvent attribuée à Voltaire, illustre parfaitement le sentiment de trahison ou de déception ressenti lorsque l’on subit des coups bas de la part d’un ami. C’est le cas de Mme Meloni qui était jusqu’alors le chouchou de Donald Trump sur le Vieux Continent.

Pourtant, cette promiscuité affective et idéologique n’aura pas empêché le milliardaire républicain de tenir des propos désobligeants, discourtois voire blessants envers Giorgia Meloni. Cette dernière s’efforçant souvent de jouer un rôle de médiatrice entre les positions divergentes des États-Unis et de l’Europe.

Ainsi, lors d’une interview téléphonique accordée la semaine écoulée à la chaîne télévisée italienne La7, le président américain a affirmé que la dirigeante italienne l’avait « supplié » de prendre une photo avec lui en marge du sommet du G7 en France. De quoi provoquer la colère de Rome et l’annulation de la visite du ministre italien des Affaires étrangères aux Etats-Unis, qui était prévue les 21 et 22 juin. A cause justement de ces propos du milliardaire président envers la cheffe du gouvernement italien.

Même tonalité chez le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto : « Je n’imagine pas Giorgia Meloni demander une photo à qui que ce soit, même sous la contrainte. En revanche, j’imagine combien cela lui a demandé de passer outre les propos de Trump tenus il y a quelques semaines afin de servir les intérêts de l’Italie, de l’Europe et de l’Occident », a-t-il écrit sur X.

Des propos « totalement inventés »

« Elle avait tellement envie de prendre une photo avec moi. Je ne l’aurais pas fait, mais j’ai eu pitié d’elle ! », a ajouté le président américain. Provoquant ainsi l’ire de la présidente du Conseil italien qui, en réponse, a diffusé vendredi 19 juin sur X une vidéo où elle s’est dite « consternée » par les déclarations « totalement inventées » de Donald Trump.

« Je ne comprends pas pourquoi le président des États-Unis se comporte ainsi envers ses propres alliés – ce n’est d’ailleurs pas la première fois », a-t-elle déclaré.

Et de conclure : « Je ne peux que déplorer qu’il ne fasse pas preuve de la même détermination envers les ennemis de l’Occident, envers les ennemis des États-Unis, envers des dirigeants avec lesquels il se montre au contraire bien plus conciliant », a ajouté la première ministre italienne.

Pourtant, dans un désir évident d’apaiser la tension avec l’administration américaine, quitte à avaler sa fierté, Giorgia Meloni évoque, à l’issue du sommet du G7 à Évian, un « climat très positif » et « aucune friction » entre Trump et les autres dirigeants mondiaux présents. La preuve ? Elle a été vue à plusieurs reprises aux côtés du président américain lors du sommet, notamment lors d’une rencontre sur un canapé à l’issue de laquelle il a semblé lui tapoter l’épaule.

Et bis repetita

Les choses auraient pu s’arrêter à ce stade ; sauf que revenant à ses vieux démons, Donald Trump a remué le couteau dans la plaie en martelant lourdement samedi 20 juin que Giorgia Meloni lui avait demandé « encore et encore de prendre une photo avec lui lors du Sommet du G7 », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social. Et d’enfoncer le clou : « Elle se débrouille mal en Italie en matière de popularité, peut-être parce qu’elle a tourné le dos aux États-Unis d’Amérique, un pays qui aime et protège vraiment l’Italie ».

Réponse outragée de l’intéressée : « Ces attaques constantes et non provoquées sont insensées. Quant à ma popularité, le fait d’être ton amie ne l’a certainement pas aidée, et elle ne dépend pas de ma relation avec toi ». Ainsi a répliqué sèchement la présidente du gouvernement italien, suggérant au président des États-Unis de se « concentrer sur la sienne ».

Griefs

Mais que reproche Donald Trump à son alliée, jadis la plus proche en Europe ? Evidemment le manque de soutien selon lui de la Première ministre italienne, mais aussi des autres États membres de l’OTAN, dans la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

« Elle ne nous a même pas laissé utiliser les pistes d’atterrissages ou les tarmacs, un désagrément important », a-t-il dit à propos du refus fin mars de l’Italie d’autoriser des avions de combat américains engagés dans la guerre au Moyen-Orient à atterrir sur une base en Sicile. Sachant qu’en avril dernier, le président américain avait déjà critiqué Giorgia Meloni pour ce refus d’impliquer son pays dans la guerre en Iran, se disant « sous le choc » et déçu de son manque de « courage ».

« Maintenant que les États-Unis ont vaincu l’Iran militairement, elle veut de nouveau être amie afin de voir sa ‘côte remonter’. Non merci ! », conclut Donald Trump dans son message.

« Ma popularité dépend de ma capacité à défendre les intérêts de l’Italie. C’est ce que j’ai toujours fait, y compris pour l’utilisation des bases militaires américaines régie par des accords qui ne peuvent être violés », a rétorqué Giorgia Meloni. Du tic au tac.

L’article Dispute diplomatique avec Rome : Trump persiste et signe est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Le G7 veut briser l’emprise chinoise

Les dirigeants du G7 ont convenu, mercredi 17 juin, de renforcer leur coordination afin de réduire la dépendance de leurs pays pour les minéraux critiques. Ils prévoient de créer une nouvelle plateforme dotée d’un rôle élargi au sein de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Les pays occidentaux s’efforcent de diversifier leurs sources d’approvisionnement et de réduire leur dépendance à l’égard de la Chine, car ces terres rares sont essentielles aux secteurs de la défense et des technologies. L’année dernière, Pékin a bouleversé les marchés mondiaux en imposant des restrictions à l’exportation d’aimants permanents, perturbant ainsi plusieurs industries et soulignant leur dépendance à un fournisseur unique.

Sans nommer la Chine, les dirigeants ont déclaré qu’ils visaient à réduire la dépendance à l’égard de tout fournisseur unique en dehors du G7 et de ses pays partenaires pour les terres rares et les aimants permanents à moins de 60 % d’ici 2030, avec un objectif final de 50 % « dès que possible ». « Nous sommes déterminés à œuvrer à la création de mécanismes harmonisés et interopérables. Ce plan débutera par un projet pilote portant sur deux minéraux critiques – le lithium et le nickel – et visera à éviter de nuire à la compétitivité ou d’imposer des coûts excessifs », ont déclaré les dirigeants dans un communiqué conjoint.

Ces mécanismes seront ensuite étendus à cinq nouveaux minéraux chaque année, en privilégiant toujours les terres rares.

Le G7 créera également une plateforme de coordination des politiques, de partage de données et de réponse aux crises, en collaboration avec l’AIE pour surveiller les marchés et signaler les risques, relève Reuters. Cette plateforme s’appuiera sur l’AIE pour l’analyse et la détection précoce des distorsions de marché, a précisé le groupe.

A noter que les pays du G7 et leurs alliés sont confrontés au défi de créer des chaînes d’approvisionnement complètes, de l’extraction minière au produit fini. Ce qui nécessite des investissements de plusieurs milliards de dollars. Les dirigeants ont déclaré que les institutions de financement du développement et les autres organisations du G7 devraient également collaborer avec le secteur privé pour soutenir les projets et les infrastructures.

L’article Le G7 veut briser l’emprise chinoise est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Les sept priorités pour le Sommet du G7 d’Évian ?

Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement du G7 se tient à Evian-les-Bains du 15 au 17 juin 2026. A cette occasion, l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni ainsi que l’Union européenne cherchent à développer des réponses aux défis qu’ils partagent dans un contexte international particulièrement volatil et incertain. Lequel est marqué par la multiplication des conflits, l’accentuation des déséquilibres économiques, la fragilisation de la gouvernance mondiale et aussi le recul des financements consacrés à l’aide au développement, souligne une note de la diplomatie française.

Au passage, on rappelle que le G7 a été créé à l’initiative de la France « pour répondre au premier choc pétrolier en 1975 ». Au fil des années, l’organisation a établi « un cadre de dialogue pour résoudre les crises », mais aussi en réaffirmant « les principes démocratiques, de prospérité économique et de coopération internationale. Ils demeurent fondamentaux dans l’action collective du groupe ».

Dans cette optique, « la France entend faire de sa présidence du G7 2026 un moment de convergence et d’action concrète sur les grands défis de notre temps, mais aussi sur les crises géopolitiques ». D’ailleurs, afin de rebâtir « des coopérations indispensables », l’Hexagone a invité, cette année, cinq pays à participer au Sommet d’Evian, à savoir le Kenya, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud et l’Egypte. Comme vous pouvez le constater, le Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie) a été ignoré cette année.

Voici les sept priorités du sommet G7 d’Évian :

1. Créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée

Dans un environnement international marqué par une forte volatilité économique et financière, la France et ses partenaires travailleront, à Evian, à la résorption des déséquilibres macroéconomiques excessifs d’une manière coopérative et coordonnée, et à obtenir des engagements collectifs concrets. Concurrence prédatrice, surcapacités industrielles, sous-investissement, surendettement et dérégulation : ces déséquilibres menacent la prospérité et la stabilité économique des nations, favorisent les replis protectionnistes au détriment de tous et portent en germe des crises financières, économiques et géopolitiques.

2. Construire un nouveau consensus sur la solidarité internationale

Lors de sa présidence du groupe, la France entend promouvoir un nouveau consensus sur des partenariats internationaux plus justes, plus efficaces et mieux coordonnés. Ce nouveau consensus sur les objectifs et le périmètre de notre politique de solidarité reposera sur une rationalisation des instruments et une démonstration de l’efficacité des actions menées dans une approche mutuellement bénéfique. Le G7 et les pays partenaires travailleront à renforcer la complémentarité de leurs actions dans les pays en développement afin d’améliorer l’impact concret des politiques d’aide et de soutien.

3. Renforcer les chaines de valeur des minerais critiques

L’essor des énergies renouvelables et du numérique accentue la dépendance de nos technologies à une quantité et une variété croissante de métaux critiques et minéraux rares, indispensables à la production des technologies bas carbone, des batteries, de semi-conducteurs ou d’équipements numériques.

Un nombre réduit d’acteurs occupe aujourd’hui une position dominante dans ce secteur stratégique, grâce à sa maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’extraction jusqu’au raffinage et à la transformation industrielle. Dans ce contexte, la France souhaite encourager la diversification des chaînes d’approvisionnement et renforcer les chaînes de valeur des minerais critiques, sous les aspects industriels, de financement, commercial, de traçabilité et de transparence, de stockage et de recyclage.

En travaillant avec ses partenaires du G7, la France souhaite créer des partenariats mutuellement bénéfiques et mieux sécuriser l’approvisionnement en ressources essentielles.

4. Protéger les mineurs en ligne

La protection de l’enfance en ligne constitue une priorité commune aux membres du G7. Dans la continuité du Sommet pour l’Action sur l’IA organisé en 2025 à Paris, les chefs d’État et de gouvernement échangeront sur plusieurs initiatives destinées à mieux protéger les mineurs face à l’usage des plateformes numériques.

5. Lutter contre le narcotrafic

La lutte contre les flux illicites est un objectif partagé des pays du G7. Elle s’articule autour de la lutte contre la criminalité organisée, en particulier le trafic de drogues et le financement du terrorisme. Alors que les ports constituent une voie d’entrée significative des drogues sur les territoires des pays du G7, ce dernier doit s’engager davantage pour la sécurisation des ports et une meilleure coordination internationale en la matière.

6. Lutter contre le cancer

Pour la première fois depuis la création du G7, la lutte contre le cancer constituera une priorité du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement. La France souhaite engager ses partenaires afin de réduire la mortalité et d’augmenter l’espérance de vie des personnes atteintes d’un cancer. L’ambition portée par la France est de soutenir la recherche et le partage de données entre pays du G7 ainsi que de maintenir des objectifs chiffrés et inscrits dans le temps.

7. Échanger sur les crises géopolitiques

Les discussions porteront en particulier sur la guerre en Ukraine et le conflit au Proche et Moyen-Orient. Sur l’Ukraine, il s’agit de bâtir de la convergence pour poursuivre le soutien à l’Ukraine et obtenir une paix solide et durable, qui donne toute clarté à l’Ukraine et à l’Europe sur leur sécurité à l’avenir. Sur le Moyen-Orient, les échanges porteront notamment sur le rétablissement de la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz et les conditions d’une stabilité durable dans la région.

D’après diplomatie.gouv.fr

L’article Les sept priorités pour le Sommet du G7 d’Évian ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌