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Le capital-investissement entre deux mondes. Un secteur qui se réinvente !

Après 8 ans de silence, la conférence annuelle de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC) a fait son come-back en juin 2026, comme un signal fort dans un paysage économique en pleine recomposition.

Sur le thème « Intelligence artificielle et investissement durable », l’événement n’a pas ressemblé à une simple rencontre professionnelle. Il a plutôt pris des airs de repositionnement assumé, presque de déclaration d’intention, à un moment où le financement de l’économie tunisienne cherche de nouveaux équilibres.

Dans la salle, un constat revenait avec insistance. Le capital-investissement n’est plus seulement un outil de financement. Il devient une manière d’accompagner les entreprises dans leur transformation, parfois même dans leur survie.

Derrière les discours, les chiffres de 2025 ont donné le ton. Le secteur a mobilisé 709 millions de dinars (MDT) et investi davantage encore autour de 740 MDT, dans plus de deux cents entreprises. Plus de cinq mille emplois ont été préservés ou créés, des indicateurs qui montrent autant la vitalité du secteur que la pression économique du moment.

Mais un autre mouvement s’installe, plus discret et pourtant déterminant. Le capital-retournement prend de l’ampleur. Près de quatre investissements sur dix concernent désormais des entreprises en difficulté. L’image est claire. Le secteur n’est plus seulement tourné vers la croissance, il s’ancre aussi dans la réparation du tissu économique.

Nécessité de prolonger les dispositions de 2019

Cette dynamique s’accompagne d’une inquiétude partagée. Les incitations fiscales mises en place en 2019 arrivent à échéance fin 2026. Pour les professionnels du secteur, le calendrier est serré et les conséquences potentiellement lourdes. Le capital-investissement fonctionne sur le temps long, parfois cinq à sept ans. Sans visibilité au-delà de cette échéance, l’équation devient fragile. D’où une demande insistante pour prolonger ces dispositifs jusqu’en 2031.

Pendant que le débat fiscal occupe les esprits, une autre transformation avance plus silencieusement mais avec une portée tout aussi profonde. L’intelligence artificielle commence à redessiner les métiers de l’investissement. Le sourcing ne dépend plus uniquement des réseaux ou de l’intuition des acteurs. Il s’appuie désormais sur l’analyse de masses de données, parfois invisibles à l’œil humain. Recrutements accélérés, changements dans les directions, signaux faibles issus de l’activité numérique des entreprises, tout devient matière à lecture et à anticipation.

Quid de la gouvernance structurée de l’IA ?

La due diligence elle aussi change de nature. Elle n’est plus un moment figé avant l’investissement. Elle devient un suivi permanent, presque vivant. Les entreprises en portefeuille sont observées en continu à travers des flux d’informations qui croisent données financières, juridiques, sociales et environnementales. Une vigilance constante s’installe, portée par les outils numériques, mais toujours interprétée par l’humain.

Cette montée en puissance de la technologie ne se fait pas sans résistance. Les acteurs du secteur évoquent des freins bien concrets. Les coûts d’adoption, l’absence de gouvernance structurée autour de l’IA et les questions de sécurité des données ralentissent encore son intégration. Pourtant, une ligne de fond se dessine. L’outil peut accélérer, mais la décision doit rester humaine, ancrée dans le contexte et l’expérience.

À travers ces transformations, trois priorités se dégagent. Rendre le pays plus attractif pour les investisseurs internationaux. Développer des investissements à impact, intégrant les critères environnementaux et sociaux. Et mieux irriguer les régions, en renforçant le rôle des structures locales de financement.

Au fil des échanges, une impression s’est imposée. Le capital-investissement tunisien entre dans une phase de bascule. Pris entre la nécessité de stabilité fiscale et l’accélération technologique, il cherche un nouvel équilibre. Un équilibre où la donnée et l’algorithme prennent de plus en plus de place, sans pour autant effacer la décision humaine qui reste, pour l’instant, au centre du jeu.

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IACE-Hyundai : Deux nouvelles conventions pour soutenir l’écosystème entrepreneurial tunisien


L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) et Hyundai Tunisie ont franchi une nouvelle étape dans leur collaboration en signant deux conventions de partenariat destinées à renforcer leur contribution au développement de l’écosystème entrepreneurial tunisien. L’une concerne les Journées de l’Entreprise 2026, l’autre prévoit des avantages exclusifs pour les membres de l’organisation patronale.

Ces accords visent à consolider les liens entre les deux partenaires tout en apportant de nouvelles opportunités aux chefs d’entreprise et aux acteurs économiques.

Hyundai renouvelle son soutien aux Journées de l’Entreprise 2026

La première convention porte sur le renouvellement du partenariat entre Hyundai et les Journées de l’Entreprise 2026, organisées par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises.

Cette édition revêt un caractère particulier puisqu’elle marquera la 40e édition de ce rendez-vous économique devenu au fil des années l’un des principaux espaces de dialogue entre dirigeants d’entreprise, responsables économiques et décideurs publics en Tunisie.

À travers cet engagement, Hyundai réaffirme son soutien à cet événement qui constitue une plateforme d’échanges et de réflexion autour des enjeux économiques et du développement de l’entreprise.

Des avantages dédiés aux membres de l’IACE

La seconde convention élargit le cadre de coopération entre les deux institutions. Elle prévoit la mise en place d’offres et de conditions préférentielles sur les véhicules Hyundai au profit des membres de l’IACE.

Selon les signataires, cette initiative répond aux attentes de la communauté entrepreneuriale dans un contexte marqué par de nouvelles exigences en matière de compétitivité, de mobilité et d’investissement.

Une ambition commune pour l’entreprise tunisienne

À travers ces deux accords, l’IACE et Hyundai affichent leur volonté de soutenir davantage les dynamiques entrepreneuriales et de favoriser les échanges entre les différents acteurs économiques.

Les deux partenaires soulignent également leur ambition de contribuer à l’amélioration du climat des affaires en encourageant l’investissement, l’innovation et le développement de l’entreprise tunisienne.

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La confiance revient chez les entreprises tuniso-françaises, mais les freins persistent

Le climat des affaires entre la Tunisie et la France montre des signes tangibles de consolidation. Selon le baromètre économique 2026 de la Chambre de Commerce et d’Industrie tuniso-française (CCITF), près de 47% des entreprises tuniso-françaises ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires en 2025, contre une part en nette progression par rapport aux précédents exercices.

Présentés à Tunis par le secrétaire général de la CCITF, Mohamed Louzir, ces résultats traduisent une amélioration mesurée de l’environnement économique, portée davantage par la stabilisation que par une véritable phase d’expansion.

Chiffre d’affaires, investissements : le signal d’une consolidation

Réalisée auprès de 167 entreprises entre décembre 2025 et mars 2026, l’enquête fait apparaître une nette amélioration des performances. La part des sociétés ayant subi une baisse de leur chiffre d’affaires a reculé à 19%, contre 31% en 2024, tandis que les situations de stabilité et de progression gagnent du terrain.

Le volet investissement confirme cette tendance : 45% des entreprises déclarent un niveau d’investissement stable en 2025, contre 40% un an plus tôt. Cette évolution progressive du tandem chiffre d’affaires–investissement suggère une meilleure résilience des opérateurs, dans un contexte où la croissance tunisienne a elle-même montré des signes de redressement en 2025.

Le basculement est encore plus marqué dans la perception de la conjoncture : 56% des répondants jugent l’environnement économique favorable, contre seulement 10% en 2024, un bond rarement observé dans l’historique du baromètre.

Fiscalité, bureaucratie et géopolitique : les freins persistent

Malgré cette embellie, les entreprises interrogées identifient toujours plusieurs obstacles structurels majeurs. La pression fiscale demeure en tête des préoccupations, citée comme facteur d’impact fort par 68% des répondants.

Viennent ensuite les formalités administratives, la lisibilité réglementaire et le cadre économique, qui continuent de peser sur la sécurisation des décisions d’investissement. À cela s’ajoutent les conflits géopolitiques, désormais installés dans la cartographie des risques des entreprises, notamment à travers leurs effets sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts énergétiques et la logistique.

Le baromètre souligne également le poids persistant de la réglementation des changes, de l’inflation et des limites à la liberté d’investissement, autant de facteurs qui freinent encore le passage d’une phase de consolidation à une dynamique de croissance plus offensive.

France solide, Afrique sous-exploitée : les défis de 2026

Sur le plan commercial, la France conserve son rôle de partenaire structurant. Pour 2026, 44% des entreprises anticipent des flux stables avec l’Hexagone, tandis que 27% misent sur une progression modérée.

À l’inverse, le potentiel africain reste largement sous-exploité : 44% des entreprises interrogées n’ont encore aucun échange avec le continent, malgré les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.

Les perspectives pour 2026 demeurent globalement favorables, avec 55% des entreprises anticipant une hausse de leur chiffre d’affaires et 39% une progression de leurs investissements.

Mais la CCITF insiste sur trois urgences : renforcer le plaidoyer sur la fiscalité et la simplification administrative, accélérer l’accompagnement des transitions durables et numériques, et surtout lever les barrières d’accès aux marchés africains pour transformer ce potentiel en relais de croissance concret.

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