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Miel Charab Echifa: ce que Easy Export change pour un petit exportateur

Mohamed Bekir, ingénieur réseau de formation et directeur commercial de « Miel Charab Echifa », n’avait pas prévu de faire de l’apiculture son activité. Sa passion pour la ruche s’est renforcée durant son projet de fin d’études, alors qu’il effectuait son stage chez Ooredoo. Les premiers revenus tirés du stage lui ont ensuite permis de financer un voyage au Yémen pour participer à un congrès consacré à l’apiculture. “C’est là que l’aventure a commencé”, raconte-t-il à Managers, en marge de l’événement Easy Export.

L’entreprise développe des produits issus de la ruche et s’intéresse notamment à l’apithérapie. Depuis son lancement, elle réalise également des analyses sur ses produits, notamment autour de l’invertase, une enzyme naturellement présente dans le miel. Son activité peut notamment permettre de vérifier si le miel a subi des transformations ou un chauffage susceptible d’altérer ses caractéristiques. Au départ, l’objectif de Mohamed Bekir était avant tout lié à l’apithérapie et à l’utilisation du miel à des fins thérapeutiques. “Notre premier objectif était de traiter les gens avec le miel”, explique-t-il. L’export est ensuite devenu un autre axe de développement. Selon lui, la Tunisie dispose de ressources végétales et de plantes particulières qui peuvent constituer un atout pour différencier les produits tunisiens et renforcer leur compétitivité sur les marchés étrangers.

Easy Export réduit le coût d’entrée

Miel Charab Echifa figure parmi les premières entreprises à avoir participé à Easy Export. Le programme lui a notamment permis d’explorer de nouveaux débouchés en Europe, au Canada et aux États-Unis. Avant cela, l’entreprise avait déjà réalisé certaines opérations à l’étranger à travers des initiatives personnelles, notamment vers le Yémen. Selon Mohamed Bekir, une opération d’envoi peut atteindre environ 100 dinars. La prise en charge de 50 % des frais de transport dans le cadre d’Easy Export constitue ainsi, selon lui, une solution pour réduire le coût des opérations et faciliter l’accès à l’export.

L’expérience fait également ressortir certaines difficultés. Il arrive qu’un colis soit retourné alors que la vente est déjà réalisée et que le client a payé. La cause? Il évoque les taxes que le destinataire peut devoir régler après l’arrivée du colis. Il souhaiterait que ces taxes puissent être payées en amont lorsque cela est possible, afin de limiter les risques de blocage ou de retour.

Pour Mohamed Bekir, ces contraintes montrent que l’accès aux marchés internationaux ne dépend pas seulement de la capacité d’une entreprise à proposer un produit. Les procédures douanières, les règles fiscales, les coûts logistiques et les modalités d’expédition pèsent également dans la décision de se lancer à l’export. Dans ce contexte, la simplification des démarches et la réduction des coûts peuvent aider davantage de petites entreprises tunisiennes à franchir le pas vers les marchés internationaux.

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Douane : l’intelligence artificielle au cœur de la stratégie numérique

Les services du ministère des Finances et de la Direction générale des douanes s’orientent vers l’exploitation de l’intelligence artificielle (IA) et de l’apprentissage automatique (ou machine learning) dans l’analyse des données et le traitement des déclarations et des dossiers présentant les plus forts risques.

Cette démarche vise à concentrer les efforts de contrôle sur les dossiers prioritaires, tout en consacrant l’IA comme un outil d’aide à la décision qui ne remplace pas l’expertise humaine.

Cette orientation a été révélée lors d’un séminaire national conjoint organisé, mardi, à Tunis par l’École nationale des finances et l’École nationale des douanes, sur le thème « Les défis de l’intelligence artificielle et les domaines d’intervention du ministère des Finances : le rôle des institutions de formation ».

Le Directeur de la gestion des risques à la Direction générale des douanes, Issam Fassatoui a, à cette occasion, exposé la simulation d’un modèle d’apprentissage dans le domaine de l’identification des risques douaniers, s’appuyant sur les données de l’année 2025.

Ce modèle a permis de démontrer la possibilité de déceler des montants additionnels de l’ordre de 96,9 millions de dinars, avec un taux de détection de 49,23 %

Sur le plan fiscal, le directeur général du Centre Informatique du ministère des Finances, Salah Meddeb, a présenté un projet d’exploitation du Big Data et de l’apprentissage automatique dans le domaine de la vérification fiscale afin de mieux cibler les dossiers à risque élevé et de détecter l’économie informelle, les contribuables non immatriculés et les formes émergentes d’activité numérique ou de fraude complexe.

Le responsable a ajouté que ce projet, actuellement au stade de réception des offres, et dont la mise en œuvre s’étalera sur un an, reposera sur une infrastructure locale et des outils open source.

De son côté, le directeur à la Direction générale des impôts, Moez Daldoul, a souligné que la numérisation a contribué à réduire les tâches matérielles et répétitives et à consacrer davantage de temps aux activités de contrôle et d’analyse, précisant que le nombre de déclarants à distance a atteint 157 000, tandis que le nombre de déclarations d’employeur déposées dans les délais s’est établi à 87 000, contre 57 000 enregistrées à la fin de l’année précédente.

L’automatisation a permis un gain de près de 8 000 jours de travail, a-t-il affirmé, ajoutant que l’intégration de l’IA permettra de vérifier la cohérence des données, de croiser les transactions et de classer les dossiers selon leur niveau de risque.

Daldoul a rappelé que cette évolution exige le renforcement des compétences des agents en analyse de données et en statistique, la prise de décision finale étant sous la responsabilité exclusive de l’agent.

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