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Ridha Chkoundali : « La Tunisie doit diversifier ses sources d’énergie »

Les propos du président algérien Abdelmadjid Tebboune ont également suscité de vives réactions parmi les économistes. La position de Ridha Chkoundali face à cette déclaration provocatrice sur la sécurité de la Tunisie en dit long.

Il souligne, dans son post, que lorsqu’un État devient dépendant de l’énergie qu’il importe d’un autre pays, il n’importe pas seulement du gaz ou de l’électricité : il importe aussi, en partie, une forme de dépendance politique. La dépendance économique, aussi maquillée soit-elle, finit souvent par se transformer en dépendance politique.

A cet égard, il précise que le creusement du déficit commercial vis-à-vis de l’Algérie, alimenté principalement par les importations énergétiques, a contribué à installer une relation déséquilibrée. Cela aurait dû pousser la Tunisie à accélérer sa transition énergétique et à investir massivement dans les énergies renouvelables afin de regagner une part de son indépendance décisionnelle.

Il précise, dans son post : “ Ce qui surprend aujourd’hui, c’est d’entendre le président Abdelmadjid Tebboune parler d’une prétendue “intervention pour protéger la Tunisie, comme si la Tunisie était menacée de l’extérieur ou incapable d’assurer sa propre sécurité. Le peuple tunisien n’a besoin d’aucune tutelle ; il a besoin du respect de sa souveraineté et de ses choix. S’il s’agissait réellement de protéger la Tunisie, la priorité, dans cette période critique, aurait été de l’aider à surmonter la crise électrique qu’elle traverse depuis des semaines, une crise qui a pesé sur les citoyens, les entreprises, l’économie, le tourisme et l’investissement. L’Algérie, forte de ses capacités énergétiques, aurait pu apporter un soutien exceptionnel, capable d’alléger la souffrance des Tunisiens et de donner un sens concret aux discours de fraternité et de solidarité”.

Ridha Chkoundali rappelle que le véritable soutien entre États ne passe pas par des menaces d’intervention militaire ou sécuritaire, mais par la contribution à la résolution des crises économiques et sociales qui fragilisent les sociétés. L’électricité qui éclaire aujourd’hui les foyers tunisiens vaut bien plus que n’importe quelle déclaration politique. Et une coopération économique sincère est infiniment plus utile que des discours perçus comme une atteinte à la souveraineté des pays.

En outre, l’histoire a démontré que l’indépendance politique commence par l’indépendance économique, et que la sécurité nationale ne repose pas uniquement sur les armées, mais aussi sur la sécurité énergétique, alimentaire et financière.

Il conclut : “La leçon que la Tunisie doit tirer de cette crise est claire : se libérer progressivement de toutes les formes de dépendance, diversifier ses sources d’énergie et investir massivement dans les énergies renouvelables, afin que sa décision nationale ne reste pas exposée à quelque pression que ce soit.”

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