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Phoenix Express 26 : 400 militaires de 13 pays réunis en Tunisie

La Tunisie accueillera du 6 au 18 septembre 2026 l’exercice naval multilatéral « Phoenix Express 26 », organisé en coopération avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Quelque 400 militaires et observateurs de 13 pays participeront à cette nouvelle séquence, avec la présence annoncée de cinq bâtiments militaires. L’exercice doit renforcer la coopération régionale et les capacités opérationnelles conjointes dans le domaine de la sécurité maritime.

13 pays mobilisés autour de la Tunisie

Outre la Tunisie, pays hôte, les participants viennent d’Algérie, de Libye, du Maroc, d’Égypte, de Turquie, de Malte, d’Italie, de France, d’Espagne, de Belgique, de Géorgie et des États-Unis.

Cette configuration réunit ainsi des forces navales du Maghreb, de la Méditerranée, d’Europe et des États-Unis. Cinq bâtiments militaires doivent également être accueillis en Tunisie pour prendre part aux différentes activités prévues dans le cadre de l’exercice.

La sécurité maritime au cœur des manœuvres

Selon le ministère de la Défense nationale, Phoenix Express 26 vise à renforcer la coopération régionale et à développer les capacités opérationnelles communes en matière de sécurité maritime.

Les équipages navals seront notamment entraînés à exploiter et intégrer les systèmes, équipements et moyens technologiques modernes dans les opérations maritimes. Une partie du programme porte également sur la lutte contre les activités illicites en mer et les différentes formes de criminalité organisée, notamment la contrebande et la traite des êtres humains.

Drones, renseignement et inspection des navires

Le programme comprend également des cours théoriques et des ateliers pratiques consacrés à plusieurs domaines liés aux opérations maritimes.

Les participants seront notamment formés à l’utilisation de véhicules de surface sans équipage, à la visite et à l’inspection des navires ainsi qu’au renseignement maritime. Le dispositif prévoit également des formations portant sur la lutte contre les armes biologiques et chimiques, le soutien sanitaire et les premiers secours, ainsi que sur les règles juridiques encadrant les activités maritimes.

Une nouvelle séquence après l’exercice de janvier

Cette annonce intervient quelques mois après la tenue en Tunisie, du 20 au 23 janvier 2026, de la 20e édition de Phoenix Express. Cette précédente édition avait réuni huit pays et avait notamment porté sur la connaissance du domaine maritime et les opérations de visite, d’arraisonnement, de fouille et de saisie. Webdo avait consacré un article à cette première séquence de 2026.

L’exercice annoncé pour septembre constitue donc une nouvelle étape de Phoenix Express 2026, avec une participation élargie à 13 pays, 400 militaires et observateurs et cinq bâtiments militaires. Cette configuration donne à cette nouvelle manœuvre une dimension plus large en matière de coopération et d’entraînement à la sécurité maritime en Méditerranée.

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Turquie : les projets de défense dépassent 100 milliards de dollars

La Turquie mène actuellement 1 468 projets dans le secteur de la défense, pour une valeur cumulée supérieure à 100 milliards de dollars, selon le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

La Turquie accélère sa transformation en puissance industrielle et militaire autonome. Recep Tayyip Erdogan affirme que les forces armées turques disposent désormais de capacités nationales couvrant les principaux domaines stratégiques, notamment les systèmes terrestres, aériens, navals et spatiaux. Il a présenté cette évolution comme l’aboutissement d’une politique menée depuis plusieurs années pour réduire la dépendance du pays aux importations d’armement et développer une base industrielle nationale capable de répondre aux besoins des forces armées.

Selon Erdogan, le secrétariat des industries de défense conduit simultanément 1 468 projets, représentant une valeur cumulée de plus de 100 milliards de dollars. Cette montée en puissance concerne notamment les drones, les missiles, les systèmes de défense aérienne, les véhicules blindés, les bâtiments navals et les programmes aéronautiques.

Le secteur s’appuie également sur un réseau industriel de plus en plus important. Selon les données officielles turques, plus de 3 500 entreprises sont aujourd’hui actives dans l’industrie de défense et l’aéronautique.

Plus de 82 % de production nationale

L’un des principaux objectifs d’Ankara est de réduire sa vulnérabilité aux restrictions imposées par les fournisseurs étrangers. Erdogan affirme que la proportion des systèmes de défense développés et produits localement dépasse désormais 82 %. Cette progression permettrait à la Turquie de disposer d’une plus grande liberté dans ses choix militaires et stratégiques.

Cette politique s’est notamment accélérée après plusieurs épisodes de tensions avec des partenaires occidentaux, qui ont montré les risques liés à la dépendance technologique dans des secteurs aussi sensibles que l’aéronautique, les moteurs, les missiles ou l’électronique militaire. La stratégie turque ne se limite plus à satisfaire les besoins nationaux. Ankara cherche également à faire de son industrie de défense un important secteur d’exportation.

Les exportations d’armement turques ont fortement progressé au cours de la dernière décennie. Selon les données officielles, elles sont passées de 1,6 milliard de dollars en 2013 à 7,2 milliards en 2024. Les drones turcs constituent l’un des exemples les plus visibles de cette expansion internationale. Mais la Turquie cherche désormais à exporter une gamme beaucoup plus large de systèmes, allant des véhicules blindés aux navires de guerre en passant par les missiles et les systèmes de défense aérienne.

Le pari de l’autonomie stratégique

Pour Ankara, le développement de l’industrie de défense répond à un objectif qui dépasse les seules considérations économiques : renforcer l’autonomie stratégique de la Turquie. La multiplication des crises régionales – de la guerre en Ukraine aux tensions au Moyen-Orient – pousse de nombreux pays à revoir leurs capacités militaires et leurs chaînes d’approvisionnement.

Cette stratégie s’inscrit également dans une volonté de renforcer la coopération militaire avec des partenaires non occidentaux et avec certains pays du Golfe. Le nouvel accord de défense signé en août avec l’Arabie saoudite et le Pakistan prévoit notamment des possibilités de coopération dans les domaines de l’industrie de défense et de la production militaire.

La progression de l’industrie turque ne signifie toutefois pas une autonomie technologique totale. Ankara demeure confronté à des difficultés dans certains domaines de haute technologie, notamment les moteurs aéronautiques et certaines technologies critiques. La Turquie continue également de chercher des solutions pour contourner ou réduire les restrictions imposées par certains partenaires occidentaux.

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