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Coût de la vie en 2026 : la Tunisie parmi les pays les moins chers au monde

La Tunisie figure parmi les pays les plus abordables au monde en 2026, selon le dernier classement du site de référence Numbeo consacré au coût de la vie. Avec un indice de 29,1, le pays se classe à la 130ᵉ place mondiale, confirmant un niveau de prix globalement bas par rapport à de nombreuses économies internationales.

Dans ce classement qui compare le coût de la vie dans plus d’une centaine de pays, la Tunisie se situe derrière plusieurs économies émergentes et développées. Tout en restant proche de ses voisins d’Afrique du Nord, notamment le Maroc (31,4) et l’Algérie (28,0). C’est ce que révèlent les données publiées.

Une position intermédiaire au sein du Maghreb

Dans la comparaison régionale, la Tunisie occupe une position intermédiaire. Elle est légèrement plus chère que l’Algérie, dont l’indice est estimé autour de 28. Mais elle reste plus abordable que le Maroc, qui affiche un indice d’environ 31,4. Ainsi, l’Algérie apparaît comme le pays le moins cher du Maghreb selon cette classification. Suit de près la Tunisie; tandis que le Maroc présente un coût de la vie relativement plus élevé dans la région.

Un coût de la vie globalement modéré

Les données détaillées de Numbeo révèlent une structure de prix globalement modérée en Tunisie, en particulier pour les dépenses quotidiennes.

Un repas dans un restaurant bon marché est estimé à environ 10,6 dinars. Tandis qu’un repas pour deux dans un restaurant de gamme moyenne atteint environ 60 dinars. Les produits alimentaires de base restent relativement accessibles.

Le litre de lait est évalué à environ 1,45 dinar, le kilogramme de riz à 4,41 dinars et le pain demeure inférieur à un dinar, indiquent les estimations du site.

Le logement, principal poste de dépense

Le logement représente l’un des principaux écarts de dépenses. À Tunis, le loyer mensuel moyen d’un appartement d’une chambre en centre-ville est estimé à environ 680 dinars; contre environ 460 dinars en dehors des zones centrales. Les charges mensuelles pour un logement standard de 85 m² (électricité, eau, chauffage et internet) sont évaluées à près de 160 dinars. Un niveau inférieur à celui observé dans de nombreux pays européens, mais qui reste significatif dans le contexte local.

Une lecture économique contrastée

La position de la Tunisie dans ce classement traduit un double constat : un niveau général des prix relativement bas; mais également un pouvoir d’achat limité en comparaison internationale.

L’indice Numbeo repose en effet sur une comparaison des prix des biens de consommation, des loyers et des services essentiels. À l’échelle du Maghreb, la Tunisie se situe légèrement au-dessus de l’Algérie mais en dessous du Maroc en termes de coût de la vie global. Confirmant ainsi une certaine proximité économique entre les pays de la région.

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Tunisie | Les pressions inflationnistes empêchent la relance économique

Le taux d’inflation en Tunisie s’est maintenu à 5,5% en mai 2026, mais il reste relativement élevé, d’autant plus que cette stabilité a été enregistrée alors que l’indice des prix à la consommation a poursuivi son rythme ascendant, passant de 194,8 points, en avril, à 195,5 points, en mai. Ceci indique que le coût de la vie continue d’augmenter et que les variations des niveaux des prix se poursuivent malgré l’apparente stabilité du taux d’inflation global.

L’expert en gestion d’actifs, Larbi Benbouhali, cité par l’agence Tap, a expliqué que la stabilité du taux d’inflation ne signifie pas une stabilité des prix, mais indique seulement que les prix continuent de progresser à un rythme annuel proche de celui observé au cours des mois précédents.

L’indice des prix à la consommation de 195,5 points en mai 2026 signifie que le niveau général des prix est devenu supérieur d’environ 95,5 % à celui de l’année de référence 2015, reflétant ainsi la forte hausse du coût de la vie enregistrée au cours de ces dernières années, a encore indiqué M. Bouhali.

«L’économie tunisienne pourrait faire face, au cours de la période à venir, à une nouvelle vague de pressions inflationnistes résultant de l’interaction de plusieurs facteurs internes et externes», avertit l’expert financier. «Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les éventuelles hausses des prix mondiaux de l’énergie qui pourraient en découler, constituent l’un des principaux risques susceptibles de maintenir l’inflation à des niveaux élevés pendant une période plus longue», ajoute-t-il. Et d’expliquer que «toute nouvelle augmentation des prix du pétrole ou des coûts du transport maritime et du fret international se répercutera directement sur les coûts de production et d’importation en Tunisie, ce qui pourrait entraîner une transmission des pressions inflationnistes à l’ensemble des secteurs économiques.»

Pour ne rien arranger, la persistance de l’inflation conduira au maintien d’une politique monétaire prudente, avec des taux d’intérêt relativement élevés afin de limiter les pressions inflationnistes, ce qui pourrait impacter l’investissement et la croissance économique, au cours de la prochaine période, avertit encore M. Ben Bouhali, qui voit aussi des facteurs internes à l’origine des pressions inflationnistes actuelles, dont l’expansion de la masse monétaire au cours des dernières années (+11 % au cours des douze derniers mois), la hausse des coûts des salaires et de production (+ 5 % cette année, soit +3,5 % nette d’impôt) et l’injection par la Banque centrale de Tunisie (BCT) de 20 milliards de dinars dans l’économie au cours des deux dernières années.

La hausse des prix est aussi expliquée par les pressions financières liées au déficit budgétaire et au financement des dépenses publiques, notamment les subventions de l’énergie et de l’alimentation.

Selon M. Benbouhali, l’inflation cumulée au cours des trois dernières années (2024, 2025 et 2026) s’élève à 18,6 %, en comparaison avec la hausse réelle des salaires des ménages de 5 % en 2026 et l’augmentation des salaires de 2,6 % en 2025 dans le secteur privé. Ce qui signifie que les augmentations salariales ne suffisent pas à compenser la hausse cumulée des prix. Car l’accumulation des hausses de prix sur plusieurs années entraîne une baisse du revenu réel des ménages et une diminution de leur pouvoir d’achat.

I. B.

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