L’Union européenne prépare un instrument de dissuasion commerciale qui bloquerait totalement l’accès à son vaste marché unique si un concurrent comme la Chine s’attaquait à l’économie de l’UE, selon des sources citées par Bloomberg.
Les dirigeants de l’UE, réunis jeudi 15 octobre à Bruxelles, ont demandé à la Commission européenne, chargée des affaires commerciales de l’Union, de préparer et de soumettre une proposition concernant cet outil d’ici la fin de l’année. Cette mesure fera l’objet de négociations l’année prochaine, a indiqué l’une des sources. Cet outil vise à constituer une mesure de « seconde riposte » pour dissuader d’autres pays de déclencher une guerre commerciale avec l’UE, ont indiqué les sources. La Commission présentera un autre instrument, destiné à diversifier les chaînes d’approvisionnement, en décembre, avant le prochain sommet des dirigeants européens.
Pékin a menacé de représailles si l’UE introduit de nouveaux outils commerciaux discriminatoires ou des mesures restrictives ciblant les entreprises ou les produits chinois. « Nous ne disposons pas de mesures suffisantes pour lutter contre les pratiques déloyales et nous n’avons pas suffisamment investi dans notre compétitivité et notre capacité d’innovation. Le nouveau budget de l’UE devrait être conçu de manière à répondre à ces besoins », a déclaré le Premier ministre néerlandais Rob Jetten aux journalistes.
Les dirigeants des 27 États membres de l’UE se réunissent à Bruxelles, après avoir déjà conclu un accord avec Pékin pour limiter les importations de voitures hybrides en provenance de Chine – une première étape vers la réduction du déficit commercial des biens, qui atteignait 360 milliards d’euros en 2025, comme le note Reuters.
Les exportations chinoises ont progressé de 36,3 % sur un an en septembre, portées par les semi-conducteurs, les véhicules et les technologies liées à l’IA.
Les exportations chinoises ont fortement accéléré en septembre 2026, progressant de 36,3 % sur un an, contre 25 % en août, selon les données publiées par les douanes chinoises. Il s’agit de la plus forte croissance des exportations depuis février dernier, lorsque les ventes à l’étranger avaient augmenté de 39,6 %. La vigueur de la demande mondiale en produits technologiques et en équipements liés à la transition énergétique contribue à soutenir l’activité industrielle chinoise. Alors que la consommation intérieure et l’investissement restent fragiles.
La progression des exportations, supérieure à celle des importations, a porté l’excédent commercial chinois à 133,53 milliards de dollars en septembre; contre 119,09 milliards en août. Sur les neuf premiers mois de 2026, cet excédent a atteint 938,11 milliards de dollars. La Chine se rapproche ainsi du seuil de 1 000 milliards de dollars et pourrait dépasser son record annuel de 1 189 milliards enregistré en 2025 si la dynamique commerciale se maintient.
Le solde commercial avec les États-Unis a atteint 34,01 milliards de dollars en septembre, son niveau le plus élevé en vingt mois. L’excédent avec l’Union européenne s’est établi à 34,8 milliards de dollars, accentuant les inquiétudes des partenaires commerciaux de Pékin face au déséquilibre des échanges.
Les technologies tirent les ventes à l’étranger
Les produits de haute technologie figurent parmi les principaux moteurs de cette progression. Les exportations de semi-conducteurs ont augmenté de 108,1 % en valeur sur les neuf premiers mois de l’année. Les ventes de véhicules à l’étranger ont également enregistré une croissance supérieure à 50 %, en valeur comme en volume, selon les données douanières citées par Reuters.
En outre, le développement mondial des infrastructures d’intelligence artificielle soutient la demande de composants électroniques, de semi-conducteurs et d’équipements informatiques fabriqués en Chine. Cette performance permet aux industriels chinois de compenser en partie la faiblesse de la demande intérieure et les difficultés persistantes du secteur immobilier.
La progression de l’excédent commercial intervient alors que les États-Unis et l’Union européenne multiplient les appels à un rééquilibrage des échanges. Bruxelles et Pékin ont récemment engagé des discussions sur les exportations chinoises de véhicules hybrides, tandis que Washington et Pékin ont prolongé leur trêve tarifaire.
Ces tensions pourraient entraîner de nouvelles restrictions commerciales et peser sur les ventes chinoises dans les prochains mois. Les exportateurs pourraient aussi accélérer leurs expéditions avant l’entrée en vigueur de certaines mesures européennes.
Les autorités chinoises estiment néanmoins que les fondamentaux du commerce extérieur restent solides. La poursuite de la demande mondiale en produits technologiques devrait soutenir les échanges au quatrième trimestre, même si les incertitudes géopolitiques et les mesures protectionnistes demeurent des risques importants.
Pour Pékin, la solidité des exportations constitue un soutien essentiel à l’objectif de croissance économique compris entre 4,5 % et 5 % en 2026. Mais elle ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les déséquilibres persistants de l’économie chinoise.
Trois élèves tunisiens se sont distingués lors de la 67ᵉ édition des Olympiades internationales de mathématiques, organisée à Shanghai, en Chine, du 13 au 21 juillet 2026. Ils ont remporté deux médailles de bronze et une mention honorable.
Mohamed Karim Bouallag, originaire de l’Ariana, et Yassine Boumiza, de Sousse, ont décroché chacun une médaille de bronze, tandis que Youssef Halim Ajmi, de Béja, a obtenu une mention honorable.
Ces distinctions mettent en lumière le potentiel des jeunes talents tunisiens dans les disciplines scientifiques et mathématiques, ainsi que leur capacité à se mesurer à des candidats venus du monde entier.
La compétition a réuni des élèves issus de nombreux pays autour d’épreuves exigeantes faisant appel au raisonnement logique, à la créativité et à la maîtrise des concepts mathématiques.
La Chine s’est classée à la première place de cette édition. La 68ᵉ édition des Olympiades internationales de mathématiques est prévue en Hongrie en 2027.
Ah, cette intelligence artificielle ou IA ! Ces deux lettres si galvaudées ! Que de bouleversements elle impose et que d’efforts elle exige pour ne pas se laisser dévorer par ceux qui en détiennent les clés.
Raouf Laroussi *
Tout le monde est expert en IA ! Tout le monde, ou presque, adopte une posture sérieuse pour parler d’IA ! IA, IA, IA… combien de fois entend-on ces deux lettres prononcées ou écrites dans un sens ou dans l’autre ! Parfois même, pour sacrifier aux anglicismes, cet acronyme est prononcé à l’anglaise («Aïe-Eh»)… Ah, que c’est douloureux !
Et voilà que tout le monde s’improvise expert. Si certains vantent ses bienfaits, d’autres appellent à la méfiance. Certains poussent même la phobie jusqu’à affirmer que cette technologie pourrait conduire à l’extinction de l’humanité ! Jamais une avancée technologique n’a suscité autant d’émoi et de curiosité.
Mais moi, je n’aime pas l’IA !
Comment aimer ces textes qui se déroulent sans la moindre faute d’orthographe, de conjugaison ou de grammaire ? Ces textes au rythme si froidement calculé, dénués d’âme. L’imperfection n’est-elle pas, au fond, une part indéniable du charme humain ? Certes, l’IA génère de belles images et des vidéos superbes à une vitesse fulgurante. Mais ces productions ne sont-elles pas souvent conçues pour tromper ou désinformer ? Il devient difficile de distinguer le vrai du faux, avec tous les dégâts qui en résultent !
Et puis, l’IA s’en prend aux mathématiques, la discipline même qui lui a donné vie ! La voilà devenue concurrente, s’attaquant à des questions ouvertes et parvenant parfois à y apporter des réponses. Mais mesure-t-on les conséquences d’un relâchement de l’esprit mathématique, jadis fondé sur l’effort, l’élaboration de méthodes et la rigueur du raisonnement ? Car l’essence des mathématiques ne se résume pas à résoudre des problèmes, mais bien à concevoir des méthodes pour y parvenir.
Il est vrai qu’une application capable de dialoguer avec un humain dans son propre langage, et de répondre à ses questions en quelques secondes, tient du miracle. Il est fascinant de voir des modèles analyser des images ou des documents avec une acuité dépassant souvent celle des meilleurs experts. Mieux encore, des robots propulsés par l’apprentissage automatique (Machine Learning) ou profond (Deep Learning) accomplissent des tâches à notre place. Alors, oui, l’IA a de quoi séduire.
Toutefois, cette déferlante qui bouleverse toutes les activités humaines reste mal encadrée à bien des égards : sécuritaire, éthique, légal, etc. Un effort colossal reste à fournir pour en tirer le meilleur parti tout en circonscrivant ses effets pervers. Alors oui : je n’aime pas l’IA… du moins tant qu’elle n’est pas entièrement domestiquée !
D’autre part, bien que la production basée sur l’IA se répande à un rythme effréné dans tous les domaines, le cœur de cette technologie — qu’il s’agisse du matériel (hardware), des données (data), de la conception des modèles ou des ressources énergétiques — se concentre dangereusement autour de deux pôles : les géants américains et la puissante Chine, qui se disputent le leadership mondial. S’il n’y prend garde, le reste du monde risque de devenir l’otage technologique de ces deux superpuissances. Et dans cette prise d’otages, tout est en jeu : la performance économique, la santé, l’éducation, la défense et, surtout, la souveraineté.
Voilà un autre facteur qui doit éveiller notre méfiance à l’égard de l’IA et nous pousser à l’action pour ne pas en être les victimes. C’est d’ailleurs une autre raison pour laquelle je n’aime pas l’IA : sa gouvernance n’est pas équitablement partagée.
Je n’aime pas l’IA ? En réalité, aimer ou ne pas aimer n’est pas la bonne question !
L’IA est là, tout comme les avancées technologiques qui l’ont précédée. Face à une telle révolution, la meilleure résolution est de l’adopter au plus vite. Plus que l’adopter, nous devons en acquérir une maîtrise totale. Ce choix s’impose à tous les niveaux : aux individus en tant qu’usagers, aux entreprises en tant qu’utilisateurs avertis et producteurs de modèles adaptés, et aux pouvoirs publics pour élaborer une stratégie nationale et des partenariats garantissant une souveraineté technologique.
Justifions ce verdict quelque peu tranchant.
Prenez le cas d’un parent. Peut-il faire l’impasse sur l’intrusion de l’IA ? Comment vérifier, dès lors, si ses enfants ont réellement fourni un effort pour leurs devoirs ou s’ils se sont contentés de solliciter une IA ? De même pour l’enseignant, qui doit redoubler de vigilance face à l’usage abusif de ces outils. À l’inverse, tout individu peut chercher à en tirer profit pour optimiser ses tâches quotidiennes.
Les exemples foisonnent. La médecine est également bouleversée : l’IA permet d’interpréter des radioscopies avec une précision surpassant parfois celle des meilleurs praticiens. Pourquoi un radiologue se priverait-il de cette assistance, sachant qu’il lui revient toujours de poser le diagnostic final ?
En contrepartie, cette avancée confronte le médecin à de nouveaux défis : les patients arrivent souvent informés, connaissant a priori leur pathologie et les traitements potentiels. C’est au médecin d’offrir ce qu’aucune machine ne peut procurer : l’empathie et la prise en compte du contexte personnel et humain du patient.
Pour l’entreprise, l’introduction de l’IA entraîne des mutations profondes. Dès lors qu’elle permet d’améliorer la productivité et de réduire les coûts de production, son usage devient impératif dans un environnement concurrentiel. L’innovation technologique n’est pas un luxe ni une mode ; son adoption est souvent une condition de survie.
Enfin, à l’échelle d’une nation, il est crucial que les autorités prennent la mesure de cet enjeu. Une stratégie nationale s’impose : élaboration d’une feuille de route, identification des acteurs clés, et mobilisation des ressources humaines et financières pour des projets d’envergure. Une structure de gouvernance dotée de larges prérogatives doit voir le jour. Il est évident qu’une IA pleinement souveraine est difficilement réalisable par un pays de taille modeste seul ; des partenariats régionaux sont indispensables pour espérer concurrencer les modèles dominants.
Ah, cette IA ! Ces deux lettres si galvaudées ! Que de bouleversements elle impose et que d’efforts elle exige pour ne pas se laisser dévorer par ceux qui en détiennent les clés.
Alors, définitivement… Aimer ou ne pas aimer n’est pas la bonne question !
L’Union européenne intensifie ses démarches auprès de la Chine pour tenter de rééquilibrer une relation commerciale de plus en plus asymétrique. En déplacement à Pékin, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a rencontré le 8 octobre son homologue chinois, Wang Wentao. Et ce, dans le cadre de négociations qui doivent permettre d’obtenir des avancées concrètes avant le sommet européen des 15 et 16 octobre.
L’enjeu est considérable : selon les données européennes citées par Reuters et l’AFP, le déficit commercial de l’Union avec la Chine dépasse un milliard d’euros par jour. Bruxelles considère que cette situation fragilise plusieurs secteurs industriels européens et menace l’emploi. Alors que les importations chinoises progressent dans des domaines stratégiques.
À l’ouverture des discussions, M. Šefčovič a réaffirmé sa volonté de rééquilibrer ce qu’il qualifie de déficit « insoutenable ». Le responsable européen souhaite notamment améliorer l’accès des entreprises européennes au marché chinois, accroître les exportations de l’Union vers la Chine et sécuriser les approvisionnements en matières premières critiques.
La Commission européenne estime que la seule ouverture du marché chinois ne suffira pas. Elle souhaite également que Pékin accepte de limiter volontairement certaines exportations vers l’Europe, en particulier dans les secteurs où les importations progressent rapidement et accentuent la pression sur les producteurs européens.
Les automobiles figurent parmi les principaux points de friction. A cet égard, les chiffres rapportés par Reuters relèvent que les importations européennes de véhicules hybrides rechargeables en provenance de Chine ont augmenté de 86 % sur un an jusqu’en septembre; tandis que leurs prix ont reculé de 20 %. Les importations de véhicules électriques à batterie ont, de leur côté, progressé de 40 %. Ces évolutions interviennent malgré les droits de douane européens appliqués aux véhicules électriques fabriqués en Chine.
Les terres rares, un levier stratégique pour Pékin
Au-delà des automobiles, les négociations concernent les machines, les textiles, les métaux de base et les produits chimiques. En effet, les responsables européens s’inquiètent de la progression des importations dans plusieurs de ces catégories et des difficultés rencontrées par les entreprises européennes pour accéder au marché chinois.
La question des terres rares et d’autres minerais critiques constitue un autre dossier sensible. Ces matières premières sont indispensables à de nombreuses activités industrielles, notamment l’électronique, l’automobile, les équipements énergétiques et certains secteurs de la défense. Les restrictions chinoises à l’exportation introduites l’année précédente ont renforcé les inquiétudes européennes sur la sécurité des approvisionnements.
L’Union européenne réclame donc davantage de prévisibilité dans les procédures d’autorisation d’exportation. Mais sa marge de manœuvre reste limitée : une détérioration des relations pourrait inciter Pékin à durcir davantage ses conditions d’approvisionnement ou à compliquer l’accès des entreprises européennes à son marché.
La Chine rejette les mesures jugées protectionnistes
La Chine conteste la lecture européenne du déséquilibre commercial. Les autorités chinoises défendent une approche fondée sur le dialogue et la coopération et dénoncent les mesures qu’elles considèrent comme des tentatives de protectionnisme.
La Banque populaire de Chine a également rejeté les accusations selon lesquelles le pays maintiendrait artificiellement sa monnaie à un niveau faible afin de favoriser ses exportations. Pour les autorités chinoises, les difficultés de compétitivité de l’industrie européenne ne peuvent être imputées uniquement à la politique de change de Pékin.
Le rapport de force est délicat pour les deux parties. D’un côté, l’Union européenne entend protéger sa base industrielle et réduire ses dépendances stratégiques; mais elle reste tributaire de fournisseurs chinois pour plusieurs matières premières essentielles. De l’autre, la Chine dépend largement de ses exportations pour soutenir son économie intérieure, dont la demande demeure fragile.
Un compromis sectoriel plutôt qu’un accord global ?
Les discussions de Pékin doivent permettre de déterminer si les deux parties peuvent s’entendre sur des mesures ciblées. Les analystes restent prudents quant à la possibilité d’un accord général à brève échéance. Un compromis limité à certains secteurs pourrait néanmoins constituer une première étape.
La pression politique monte également en Europe. La France et l’Allemagne ont appelé à la mise en place d’un instrument permettant à l’UE de répondre rapidement à d’éventuelles mesures économiques coercitives. Pour Bruxelles, l’objectif immédiat est d’obtenir des engagements suffisamment précis pour ouvrir une nouvelle phase de négociation. Pour Pékin, il s’agit de préserver l’accès au marché européen sans accepter de restrictions susceptibles de remettre en cause son modèle exportateur.
À l’issue de ces échanges, la capacité des deux puissances à trouver des compromis sur les automobiles, les matières premières et l’accès aux marchés donnera une première indication sur le risque d’escalade commerciale. Faute d’avancées, l’Union européenne pourrait être tentée de renforcer ses instruments de défense commerciale, au risque de provoquer des mesures de rétorsion chinoises.
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