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Nouveau record : 30,040 milliards de dinars de cash en circulation en Tunisie

Selon les données publiées par la Banque centrale de Tunisie, le volume des billets et pièces en circulation s’est établi à 30,040 milliards de dinars au 21 août 2026, un niveau qui poursuit une trajectoire haussière observée ces derniers mois.

La Banque centrale de Tunisie a fait état d’un montant de 30,040 milliards de dinars de billets et pièces en circulation à la date du 21 août 2026. Ce chiffre correspond à la liquidité effectivement détenue et utilisée par les particuliers et les entreprises pour leurs transactions quotidiennes.

Cette donnée s’inscrit dans une évolution ascendante du volume de cash en circulation observée dans le pays. Elle est considérée comme un indicateur permettant de suivre l’état de la liquidité au sein de l’économie tunisienne.

Plusieurs facteurs peuvent influer sur ce niveau de liquidité, parmi lesquels l’activité économique, le volume des transactions, ainsi que des éléments saisonniers et comportementaux qui pèsent sur la demande de billets et pièces.

Cet indicateur est habituellement suivi en parallèle avec d’autres agrégats tels que les dépôts bancaires, le crédit et la masse monétaire. Cette lecture combinée permet d’appréhender les mouvements de liquidité et les tendances à l’œuvre dans le système bancaire tunisien.

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Quand le « cash » devient le miroir d’une crise économique, selon Ridha Chkoundali

Pour la première fois, la Tunisie constate plus de 30 milliards de dinars en espèces en circulation (août 2026), soit une hausse d’environ 4 milliards  de dinars en un an.  C’est ce qu’a fait savoir la Banque centrale de Tunisie (BCT). Cet indicateur mesure la monnaie fiduciaire réellement utilisée dans l’économie par les ménages et les entreprises. Pour comprendre les raisons de ce chiffre record, l’expert en économie Ridha Chkoundali  livre son analyse sur sa page officielle Facebook.

Il convient de noter que ce « cash » constitue un baromètre de la liquidité immédiate, à analyser avec les dépôts, le crédit et la masse monétaire globale. Cette hausse record s’inscrit dans une tendance continue d’augmentation du cash en circulation. Elle peut s’expliquer par une activité économique plus dynamique, des effets saisonniers, mais aussi par des comportements de précaution et une préférence accrue pour le liquide.

Selon l’analyse de Ridha Chkoundali,  une telle progression, qui dépasse la croissance réelle de l’économie, ne peut pas être imputée uniquement à l’inflation : elle reflète un déplacement des modes de paiement vers le cash. Plusieurs dynamiques expliquent ce phénomène. La réforme des règles sur les chèques a réduit leur usage sans que les paiements numériques ne comblent immédiatement le vide. La levée du plafond sur les paiements en espèces a rendu les transactions en cash plus faciles. Surtout, l’essor de l’économie parallèle encourage le recours au numéraire, car il facilite l’anonymat et l’évitement des circuits bancaires et fiscaux.

Il précise dans ce contexte: « Cette augmentation du cash fragilise l’intermédiation bancaire,  moins de dépôts signifient moins de crédits disponibles  et réduit la portée des instruments de politique monétaire. Elle érode aussi la base fiscale de l’État et crée une concurrence défavorable pour les acteurs qui respectent les obligations fiscales et sociales. En outre, une masse monétaire qui gonfle sans augmentation correspondante de la production peut alimenter l’inflation, surtout dans une économie déjà contrainte par des goulots d’offre. »

La réponse ne doit pas être une répression, mais une stratégie double : rendre le paiement électronique et bancaire plus attractif (coûts réduits, paiement instantané, confiance accrue, solutions alternatives au chèque) et s’attaquer à la racine du problème en intégrant l’économie informelle  via la simplification des règles fiscales et administratives et l’abaissement du coût d’entrée dans le secteur formel  plutôt que par des sanctions seules.

Il convient de noter  que pour la BCT, suivre cet indicateur aide à évaluer la dynamique de liquidité, le degré de désintermédiation bancaire et à orienter la politique monétaire (taux directeurs, contrôle de la masse monétaire, inflation). En bref, le franchissement des 30 milliards de dinars en cash est un signal d’alerte à surveiller : il reflète l’évolution des transactions et des comportements monétaires, et peut révéler des tensions sur la liquidité et la confiance dans le système financier. 

 

 

 

 

 

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Tunisie : Le cash dépasse 30 milliards de dinars, un record qui met les banques sous pression

La circulation des billets et des pièces en Tunisie vient de franchir un seuil inédit. Elle a atteint 30,04 milliards de dinars au 21 août 2026, contre 25,9 milliards un an plus tôt, soit une progression d’environ 16% en douze mois, selon les données de la Banque centrale de Tunisie rapportées par Reuters. Ce niveau représente environ 10,5 milliards de dollars et traduit une présence croissante de l’argent liquide en dehors du système bancaire.

Un record de liquidités hors des banques

Le chiffre est particulièrement significatif par son impact potentiel sur le financement de l’économie. Lorsque davantage d’argent est conservé sous forme de billets et de pièces plutôt que sur des comptes bancaires, les ressources disponibles dans le système bancaire peuvent se contracter.

Cette évolution est susceptible de compliquer la gestion de la liquidité des banques et de réduire les fonds pouvant être mobilisés pour financer les ménages et les entreprises, souligne Reuters.

Le phénomène intervient alors que l’économie tunisienne reste fortement dépendante du cash dans les transactions quotidiennes.

La réforme des chèques dans le viseur

Pour Reuters, la progression du cash serait en partie liée à la nouvelle réglementation des chèques entrée en vigueur en 2025.

Le durcissement des règles encadrant l’utilisation des chèques et le renforcement des sanctions contre les chèques sans provision ou invalides auraient incité certains particuliers et entreprises à retirer davantage d’espèces afin de régler leurs transactions.

Il convient toutefois de nuancer ce lien. Les données de la BCT montrent également que l’institution attribue l’évolution de la circulation fiduciaire à plusieurs facteurs, notamment les dépenses saisonnières liées au mois de Ramadan, aux fêtes, à la rentrée scolaire, à la saison estivale ou encore aux campagnes agricoles, ainsi qu’aux modifications réglementaires touchant certains instruments de paiement.

Le paradoxe des paiements électroniques

Le record intervient par ailleurs dans un contexte où les paiements électroniques progressent.

Au premier semestre 2026, les paiements représentaient 42% du nombre des opérations monétiques, contre 58% pour les opérations de retrait d’espèces. Dans le même temps, le nombre de chèques traités a reculé de 10,7% sur un an, pour atteindre 3,6 millions de chèques, tandis que leur montant a diminué de 12,5%, à 24,146 milliards de dinars.

Le recul du chèque ne signifie donc pas automatiquement une disparition du cash : une partie des transactions semble plutôt se déplacer vers les espèces, alors que les moyens de paiement numériques progressent encore lentement.

Un défi pour le financement de l’économie

Reuters souligne également que l’adoption des paiements électroniques et des services bancaires numériques reste lente, notamment en dehors des grandes agglomérations. Cette préférence persistante pour les espèces contribue à maintenir une quantité importante de monnaie en dehors des comptes bancaires.

Le franchissement des 30 milliards de dinars pose ainsi une question plus large : alors que la Tunisie cherche à développer les paiements numériques et à améliorer l’inclusion financière, une masse croissante de liquidités circule encore en dehors du système bancaire.

Pour les banques, l’enjeu est désormais de gérer cette demande élevée de cash sans que la sortie de liquidités ne pèse davantage sur leur capacité à financer l’économie.

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Les Tunisiens utilisent de plus en plus leur carte bancaire pour payer

La monétique tunisienne poursuit sa progression au premier semestre 2026, portée par l’augmentation du nombre de cartes bancaires et, surtout, par leur utilisation croissante pour effectuer des paiements. Avec plus de 85 millions d’opérations enregistrées et une hausse de près de 10 % des transactions, un changement se dessine : la carte bancaire commence progressivement à sortir de son rôle traditionnel de simple outil de retrait d’espèces.

Plus de six millions de cartes en circulation

À la fin du premier semestre 2026, le parc de cartes bancaires en Tunisie a atteint 6,151 millions d’unités, en hausse de 5,1 % par rapport à la fin de l’année 2025.

Parallèlement, les infrastructures destinées au retrait et à l’utilisation des cartes continuent de se développer. Le pays compte désormais 3 427 distributeurs et guichets automatiques bancaires, soit une progression de 3,8 %.

Mais derrière cette croissance des équipements et du nombre de cartes, c’est surtout l’évolution des habitudes de paiement qui constitue le principal enseignement.

Plus de 85 millions d’opérations en six mois

Au cours du premier semestre 2026, l’activité monétique a totalisé 85,4 millions d’opérations, contre 77,7 millions durant la même période de 2025, soit une progression de 9,8 %.

En valeur, ces transactions ont représenté 15,425 milliards de dinars, en hausse de 11,2 % sur un an.

La monétique tunisienne continue ainsi de gagner du terrain, mais la transformation ne se limite plus à l’augmentation mécanique du nombre de cartes ou de transactions.

Les paiements progressent face aux retraits

Le changement le plus significatif concerne la structure même des opérations.

Les paiements par carte représentent désormais 42 % du nombre total des opérations monétiques, contre 38 % au premier semestre 2025.

En valeur, leur part est passée de 23 % à 25 % en un an.

Autrement dit, les Tunisiens utilisent davantage leurs cartes pour payer directement leurs achats, et non plus uniquement pour retirer de l’argent liquide avant de régler leurs dépenses en espèces.

La tendance reste progressive : les retraits conservent encore une place importante dans les usages. Mais les chiffres montrent que la frontière commence à bouger.

La carte bancaire change progressivement de rôle

Pendant longtemps, la carte bancaire a surtout été associée en Tunisie aux distributeurs automatiques. Son principal usage consistait à accéder au cash.

Les données du premier semestre 2026 suggèrent toutefois une évolution. La carte s’installe progressivement comme un véritable moyen de paiement dans les usages quotidiens.

Cette transformation repose sur plusieurs facteurs : l’augmentation du nombre de détenteurs de cartes, le développement des terminaux et des solutions de paiement, mais aussi une évolution progressive des habitudes des consommateurs et des commerçants.

La progression des paiements ne signifie pas pour autant que la Tunisie a tourné la page du cash.

Le fait que les paiements représentent 42 % des opérations monétiques montre aussi que les retraits d’espèces demeurent majoritaires. En valeur, les paiements ne représentent encore qu’un quart environ de l’activité monétique.

Mais la tendance est désormais visible. En un an, la part des paiements a progressé à la fois en nombre et en valeur. Le signal essentiel se trouve là : la carte bancaire commence à gagner du terrain comme outil de paiement, et non plus seulement comme moyen d’accéder aux espèces.

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Virements, lettres de change, chèques et cash : les réserves de Sofiene Weriemi

Les statistiques du premier trimestre 2026 publiées par la Banque centrale de Tunisie confirment la profonde mutation du paysage des paiements. Si le recul du chèque et la progression des virements apparaissent désormais incontestables, l’expert-comptable Sofiene Weriemi estime que plusieurs questions demeurent ouvertes, notamment sur la place persistante des espèces et sur la capacité des...

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