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Marjane Satrapi, une voix majeure de l’Iran s’éteint à Paris

L’autrice, dessinatrice et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi est décédée ce jeudi 4 juin à Paris à l’âge de 56 ans. Figure incontournable de la bande dessinée contemporaine et intellectuelle engagée, elle laisse derrière elle une œuvre qui a profondément marqué le regard porté sur l’Iran dans le monde.

Révélée au début des années 2000 par ‘‘Persepolis’’, récit autobiographique consacré à son enfance durant la révolution iranienne et à son parcours d’exil, Marjane Satrapi avait su transformer une histoire personnelle en un témoignage universel sur la liberté, l’identité et la condition humaine. Traduit dans des dizaines de langues, l’ouvrage est devenu un classique international avant d’être adapté au cinéma dans un film d’animation récompensé au Festival de Cannes.

Née en 1969 à Rasht, en Iran, Satrapi avait quitté son pays à l’adolescence avant de s’installer durablement en France. Son œuvre, à la croisée de l’intime et du politique, n’a jamais cessé d’interroger les conséquences des révolutions, de l’exil et des systèmes autoritaires sur les individus.

Au-delà de son activité artistique, elle s’était imposée comme l’une des voix les plus écoutées de la diaspora iranienne. Ces dernières années, elle avait notamment pris position en faveur du mouvement «Femme, Vie, Liberté», né après la mort de Mahsa Amini, devenant une porte-parole influente des aspirations démocratiques d’une partie de la société iranienne.

Son indépendance d’esprit s’était encore illustrée en 2025 lorsqu’elle avait refusé la Légion d’honneur française, dénonçant ce qu’elle considérait comme les contradictions de la politique menée par Paris à l’égard de Téhéran. Un geste qui avait suscité un large débat dans les milieux intellectuels et politiques.

La disparition de Marjane Satrapi intervient moins d’un an après celle de son époux, le producteur et scénariste suédois Mattias Ripa. Dans les nombreux hommages publiés depuis l’annonce de son décès, artistes, écrivains et responsables politiques saluent une femme qui aura consacré son œuvre et sa parole à la défense des libertés individuelles.

Avec Marjane Satrapi disparaît une artiste dont les créations ont permis à des millions de lecteurs de découvrir une autre réalité de l’Iran, loin des clichés et des simplifications. Son héritage demeure celui d’une femme qui a fait du dessin, de l’écriture et du cinéma des instruments de dialogue entre les cultures et de résistance face aux oppressions.

Djamal Guettala

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Culture : Festival de la bande dessinée à Sfax

C’est tout de suite après l’Aïd que se tiendra la neuvième édition du Festival du printemps de la bande dessinée de Sfax.

En effet, ce rendez-vous aura lieu du 23 au 28 mars dans plusieurs espaces culturels dont le fondouk des forgerons, l’Institut français et des bibliothèques publiques.

Un challenge intensif de création de bande dessinée comptera parmi les temps forts du programme qui comprend également plusieurs ateliers en direction du public scolaire.

Notons parmi les invités du festival la présence d’Hector Sonon, un dessinateur burkinabe de talent.

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