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Pétrole : le Brent se maintient autour de 110 dollars

Les cours du pétrole évoluent ce mardi 20 octobre près de leurs plus hauts niveaux en cinq mois, soutenus par les risques de perturbation des approvisionnements au Moyen-Orient. Les marchés surveillent parallèlement la reprise des flux de brut dans le golfe Persique et la possibilité d’un assouplissement des restrictions américaines sur les exportations énergétiques russes.

Le Brent gagne 0,50 %, à 110,10 dollars le baril ce matin, après avoir atteint 110,70 dollars lors de la séance précédente, son niveau le plus élevé depuis le 20 mai dernier. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) progresse de 0,24 %, à 103,91 dollars pour le contrat de novembre. Tandis que le contrat de décembre, plus actif, avance de 0,40 %, à 98,93 dollars.

Les tensions géopolitiques continuent d’alimenter une prime de risque sur les marchés pétroliers. Au moins 18 incidents visant des navires auraient été signalés sur une période de deux semaines, selon les données de Kpler, renforçant les inquiétudes sur la sécurité du transport maritime dans le Golfe.

Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué le 19 octobre des attaques contre plusieurs cibles saoudiennes, notamment une installation d’Aramco à Yanbu, le champ pétrolier de Shaybah ainsi que les aéroports de Riyad et d’Abha… Ces développements entretiennent les craintes d’une nouvelle dégradation des approvisionnements régionaux, alors que le détroit d’Ormuz constitue un passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole. La reprise des flux de brut depuis le golfe Persique apporte un certain soulagement, mais elle reste exposée à de nouvelles attaques contre les navires et les infrastructures.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a indiqué que les flux transitant par le détroit avaient retrouvé environ 80 % de leur niveau d’avant-guerre. Les analystes mettent toutefois en garde contre la fragilité de cette amélioration

L’offre russe, une variable encore incertaine

Les marchés évaluent également les conséquences potentielles du décret du président américain Donald Trump levant certaines sanctions et mesures tarifaires liées à la Russie. Un assouplissement supplémentaire pourrait accroître la disponibilité de carburants sur les marchés internationaux et atténuer une partie des tensions sur l’offre. Aucune décision définitive n’a cependant été annoncée.

Dans l’immédiat, les cours restent donc sensibles à l’évolution de la situation sécuritaire dans le Golfe. Tant que les risques pesant sur les routes maritimes et les infrastructures énergétiques persisteront, les opérateurs pourraient continuer d’intégrer une prime géopolitique dans les prix, malgré l’amélioration partielle des flux d’approvisionnement.

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Pétrole et gaz : Fitch prévoit des perturbations des approvisionnements jusqu’en 2027

Les perturbations des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz devraient se prolonger jusqu’au premier trimestre 2027, selon l’agence de notation Fitch Ratings.

Malgré cette prolongation des tensions, Fitch maintient à 87 dollars le baril sa prévision du prix moyen du pétrole en 2026. Elle anticipe ensuite un recul des cours en 2027 et en 2028, sous l’effet notamment d’une amélioration progressive de l’offre mondiale.

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les perturbations des exportations d’hydrocarbures continuent de fragiliser les circuits d’approvisionnement. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), demeure au centre des préoccupations des marchés. Un rétablissement durable du trafic maritime permettrait de réduire les tensions sur l’offre. Toutefois, la normalisation dépendra également de la remise en état des infrastructures touchées et de la reprise des capacités de production et d’exportation.

Dans ses précédentes projections, Fitch avait déjà relevé ses hypothèses de prix pour 2027, en raison de la prime de risque géopolitique. L’agence estime néanmoins que l’augmentation de la production hors du Moyen-Orient pourrait contribuer à détendre le marché à moyen terme.

Les budgets des pays du Golfe sous pression

Fitch avertit que les conséquences du conflit et les perturbations des exportations pétrolières et gazières pèseront sur les finances publiques de la plupart des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en 2026. La baisse des recettes d’exportation et les incertitudes sur les volumes commercialisés compliquent les équilibres budgétaires de ces économies fortement dépendantes des hydrocarbures. L’agence souligne toutefois que ces pays bénéficiant des meilleures notations disposent de marges financières plus solides, susceptibles de contribuer à la stabilité de leurs notes souveraines malgré les tensions.

À plus long terme, Fitch anticipe un repli des prix du pétrole en 2027 et en 2028, à mesure que l’offre se rétablira et que les marchés s’adapteront aux perturbations. Cette perspective reste néanmoins conditionnée à l’évolution du conflit, à la réouverture durable du détroit d’Ormuz et au rythme de reprise des exportations. Toute nouvelle escalade pourrait prolonger les tensions sur les prix et accentuer les pressions sur les économies importatrices comme sur les budgets des pays producteurs.

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