Lese-Ansicht

Afrique: TotalEnergies élargit son terrain de jeu pétrolier

TotalEnergies accélère dans le pétrole en Angola. Le groupe français vient d’annoncer une nouvelle découverte au large du pays, son entrée dans deux nouveaux blocs d’exploration et la poursuite de ses projets sur plusieurs zones offshore. Une offensive qui s’inscrit dans un programme d’investissement de 10 milliards de dollars sur les 5 prochaines années, avec ses partenaires, selon Reuters.

La nouvelle découverte s’appelle Acacia-5. Elle a été réalisée en juin 2026 sur le Bloc 17, l’un des principaux actifs de TotalEnergies en Angola. Le groupe français en est l’opérateur avec une participation de 38%. Surtout, il ne faudra pas attendre plusieurs années avant de voir cette découverte produire ses premiers barils. TotalEnergies prévoit un démarrage dès septembre, soit seulement 3 mois après la découverte.

Cette rapidité repose sur une infrastructure déjà disponible. Acacia-5 sera raccordé au FPSO Pazflor, une plateforme flottante qui permet de produire, stocker et charger le pétrole directement en mer. L’entreprise évite ainsi de construire une nouvelle installation pour cette découverte. Le gisement doit apporter environ 6 000 barils par jour supplémentaires à la production du Bloc 17.

Cette manière de développer rapidement de petites découvertes à partir d’installations existantes est devenue particulièrement intéressante dans l’industrie pétrolière. Les projets offshore sont coûteux et nécessitent généralement d’importants investissements en infrastructures. Pouvoir utiliser des équipements déjà en place permet donc de gagner du temps et de limiter une partie des dépenses.

TotalEnergies élargit en parallèle son terrain d’exploration. Le groupe a signé avec l’Agence nationale angolaise chargée du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), pour devenir opérateur de deux nouveaux blocs, à savoir, les 17/25 et 32/21. Il y détiendra 40%, aux côtés d’ExxonMobil, également à 40%, et de Sonangol E&P, avec 20%.

Ces blocs se trouvent dans le bassin du Bas-Congo, à proximité des blocs 17 et 32 déjà exploités. Le secteur dispose de plusieurs infrastructures offshore, dont six FPSO. Cette proximité peut faciliter le raccordement de futures découvertes aux installations existantes. Autrement dit, si de nouvelles ressources sont trouvées, elles pourraient être développées plus facilement sans repartir de zéro.

Le choix de l’Angola n’est pas anodin. Le pays reste l’un des principaux producteurs de pétrole d’Afrique. Mais comme dans plusieurs grands bassins pétroliers africains, une partie de ses champs arrive à maturité. Pour maintenir sa production, Luanda doit donc attirer de nouveaux investissements et encourager l’exploration de nouvelles ressources.

Les autorités angolaises ont d’ailleurs renforcé ces dernières années les mesures destinées à rendre l’exploration plus attractive. En juin 2026, le gouvernement a approuvé de nouvelles incitations fiscales pour certains blocs pétroliers, dont les blocs 17/25 et 32/21. L’objectif est de réduire les risques financiers pour les compagnies et de favoriser les investissements dans des zones où l’exploration peut être plus complexe. 

Pour TotalEnergies, l’Angola constitue ainsi un marché stratégique. Le groupe y est présent depuis 1953 et y emploie environ 1 500 personnes. En 2025, sa production dans le pays a atteint environ 156 000 barils équivalent pétrole par jour.

Le groupe ne mise toutefois pas uniquement sur le Bloc 17. En février 2026, TotalEnergies avait déjà conclu un accord avec l’ANPG et ExxonMobil pour prendre une participation de 35% dans quatre autres blocs d’exploration, les blocs 40, 41, 42 et 58, situés dans le bassin de Benguela.

Pour Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, cette stratégie répond à une volonté de poursuivre l’exploration en Angola et de profiter des mesures mises en place par le pays pour attirer les investissements.

Le mouvement intervient dans un contexte où l’Angola cherche à relancer son secteur pétrolier. Rappelons aussi que le pays a quitté l’OPEP en janvier 2024, après des désaccords sur les quotas de production. Le pétrole reste pourtant essentiel à son économie et aux recettes publiques.

 

L’article Afrique: TotalEnergies élargit son terrain de jeu pétrolier est apparu en premier sur Managers.

  •  

Après 30 ans en Angola, BPI cède ses dernières parts de BFA pour 451 millions de dollars

Après près de 30 ans en Angola, Banco BPI va quitter définitivement Banco de Fomento Angola (BFA). La banque portugaise, contrôlée par l’espagnol CaixaBank, a trouvé un accord pour vendre les 33,35 % qu’elle détient encore dans BFA.

Montant de la transaction 388,5 millions d’euros, soit environ 451,7 millions de dollars. À cette somme pourrait s’ajouter une part liée au dividende que BFA versera au titre de 2026.

L’acheteur est Congolian Financial SA. La société est liée au groupe angolais Carrinho, présent notamment dans l’agro-industrie et désormais dans la finance. Avec cette opération, le groupe renforce sa place au capital de BFA.

Pour BPI, cette vente n’arrive pas de nulle part. Le retrait a commencé il y a plusieurs années. Selon Reuters, la banque cherchait depuis 2017 à réduire son exposition à l’Angola. La Banque centrale européenne avait alors demandé à BPI de limiter les risques liés à cette participation. 

Une première étape avait déjà été franchie en 2025. BPI avait vendu 14,75 % de BFA lors de l’introduction de la banque à la Bourse angolaise. Il lui restait alors les 33,35 % aujourd’hui cédés à Congolian Financial.

Le dossier avait connu un premier échec. Une tentative de vente avait été suspendue en 2023. La forte baisse du kwanza avait alors compliqué l’opération et réduit la valeur de la participation.

Cette fois, le prix est fixé en euros. BPI recevra 345 millions d’euros dans un premier temps. Les 43,5 millions restants seront payés plus tard, avec une échéance prévue en mai 2027. La banque recevra aussi la moitié du dividende 2026 de BFA correspondant aux actions vendues.

Dans ses comptes au 30 juin 2026, BPI valorisait encore cette participation à 379 millions d’euros. Avec un prix de vente fixe de 388,5 millions, l’opération devrait donc lui apporter environ 9 millions d’euros de plus sur ses capitaux propres.

Derrière cette vente, il y a aussi un changement dans le paysage bancaire angolais. Le capital de BFA passe davantage entre les mains d’acteurs locaux. Le groupe Carrinho en est l’un des bénéficiaires. Il possède déjà des intérêts dans les banques Keve et BCI.

BFA n’est pas une petite banque locale. Elle comptait environ 3,5 millions de clients à la fin de 2025. Son évolution intéresse donc directement le financement des entreprises et du commerce en Angola.

Pour les entreprises tunisiennes qui regardent vers ce marché, ce point mérite attention. L’Angola cherche à diversifier son économie, encore très dépendante du pétrole. L’agriculture, l’industrie et les infrastructures font partie des secteurs où le pays veut attirer davantage d’investissements.

Pour un exportateur tunisien, la question ne se limite pas à trouver un client. Il faut aussi pouvoir sécuriser les paiements, obtenir des garanties et trouver des solutions de financement sur place. Le réseau bancaire peut alors devenir un élément important dans la décision d’entrer sur le marché.

La vente de BPI n’est toutefois pas encore totalement finalisée. Elle doit notamment recevoir les autorisations réglementaires nécessaires en Angola. Le droit de préemption de l’actionnaire Unitel fait également partie des points à régler.

L’article Après 30 ans en Angola, BPI cède ses dernières parts de BFA pour 451 millions de dollars est apparu en premier sur Managers.

  •  
❌