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Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

En abordant les thèmes de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et du climat, la question qui se pose est la suivante : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? C’est le ton du deuxième panel de la 27e édition du forum de L’Économiste Maghrébin, qui a mis l’accent sur les enjeux stratégiques liés à la sécurité alimentaire et à l’adaptation climatique. Sous le thème « Sécurité alimentaire, chaîne de valeur agricole et adaptation climatique : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? », les discussions ont porté sur la capacité du secteur agricole tunisien à se transformer face aux défis environnementaux, hydriques et économiques.

Le  Directeur scientifique de la Fondation Farm Matthieu Brun, défend une idée simple mais décisive : face au changement climatique, aucun agriculteur ne peut s’adapter seul. Dans son intervention, il insiste sur la nécessité de sortir d’une logique strictement individuelle pour penser des réponses collectives, territoriales et solidaires. À ses yeux, l’enjeu n’est pas seulement de préserver les rendements, mais de construire des systèmes agricoles capables d’absorber les chocs climatiques de façon durable.

Ainsi lors de son intervention, il met en avant le rôle des coopératives, des groupements d’agriculteurs et des dispositifs partagés. Dans un contexte de sécheresse, de tension sur l’eau et de hausse des coûts, mutualiser les équipements, partager les informations et organiser les filières devient un levier essentiel de résilience. L’adaptation climatique ne se joue donc pas uniquement dans les champs, mais aussi dans la manière dont les producteurs s’organisent entre eux.

Matthieu Brun insiste également sur la nécessité d’une approche territoriale. Les effets du climat ne sont pas homogènes : ils varient selon les zones, les cultures, les sols et les pratiques. Il faut donc des réponses ancrées dans les réalités locales, capables de tenir compte des spécificités de chaque bassin de production.  Cela signifie que cela  permet de mieux cibler les investissements, les formations et les politiques publiques.

Il rappelle enfin que la transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs. Les agriculteurs ont besoin de solutions concrètes, mais aussi de visibilité et d’accompagnement. C’est en structurant des collectifs solides, capables de partager les risques et les innovations, que le secteur pourra faire face à l’instabilité climatique.

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Quand l’IA se trompe, qui paie ? Le maillon humain au cœur de l’AgriTech

Quand une IA se trompe en identifiant un ravageur chez un petit exploitant, il n’existe pas de « bouton annuler ». Une recommandation erronée, si elle n’est pas validée selon les conditions locales ou corrigée à temps, peut priver l’agriculteur de la totalité des revenus saisonniers et, dans certains cas, mettre en péril les réserves alimentaires d’une famille. C’est ce qui ressort de l’etude faite par la Banque mondiale. 

Toujours selon cette étude, l’IA réduit fortement le coût de l’expertise agronomique. Diagnostiquer une infestation, estimer des rendements ou évaluer la qualité des récoltes sont des tâches autrefois réservées à des spécialistes coûteux que l’IA rend plus accessibles. Mais une intelligence moins chère ne signifie pas une adoption plus aisée : elle augmente la valeur du facteur humain,  les personnes qui valident, adaptent et expliquent les recommandations de l’IA tout au long du cycle culturale.

Le fossé entre solutions technologiques et adoption est immense. Une étude de PwC et de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie indiennes montre que, malgré 3 000 entreprises d’AgriTech en Inde, leurs services ne touchent que 15 millions des 146 millions d’agriculteurs ; le secteur capte à peine 1% d’un marché potentiel de 24 milliards de dollars. Le frein principal n’est pas la technologie elle‑même, mais la capacité de distribution, autrement dit, les emplois et compétences nécessaires pour transformer ces outils en services réels.

Ces solutions créent des métiers souvent méconnus, situés entre la plateforme et l’exploitation : intermédiaires de confiance pour le dernier kilomètre ; techniciens pour maintenir les équipements ; agronomes « bilingues » qui interprètent et corrigent les conseils numériques ; responsables de la gouvernance des données veillant à qualité, consentement et traçabilité. Il ne s’agit pas de compétences numériques génériques, mais de fonctions précises assorties d’indicateurs mesurables (fiabilité du service, nombre de transactions, disponibilité des équipements). C’est cette précision qui rend l’investissement rentable.

Avant d’adopter une technologie, les agriculteurs posent cinq questions essentielles : fonctionnera‑t‑elle cette semaine sur ma culture ? Qui interviendra en cas de problème et qui paiera ? Que faire aujourd’hui  ? Est‑elle adaptée à mon microclimat et à mes pratiques ? Quelqu’un peut‑il me l’expliquer dans ma langue ? Ces préoccupations soulignent que la confiance dépend principalement des compétences humaines.

La priorité n’est donc pas seulement la formation, mais d’abord l’identification du vrai blocage dans le système : manque d’un métier clef, problème de coordination, ou lacune institutionnelle qu’aucune formation ne résoudra seule. Quand toutes les fonctions sont en place et soutenues par une architecture institutionnelle adéquate, la technologie peut tenir ses promesses ; sinon, elle restera expérimentale.

Un cercle vertueux est possible : l’AgriTech crée des métiers et des revenus qui rendent rentables les formations, tandis que les plateformes fournissent aux systèmes de formation des signaux de demande concrets (profils, employeurs, indicateurs de performance). Deux exemples indiens illustrent ce mécanisme : le programme Namo Drone Didi, qui lie drones, formation et maintenance au sein de groupes féminins pour créer des services communautaires de pulvérisation, et le projet NAHEP, qui modernise les universités agricoles et aligne les cursus sur les besoins du secteur (IA, agriculture de précision, analyse de données).

En conclusion, à l’ère de l’IA, le succès se mesure aux gains réels en productivité, sécurité et rentabilité pour l’agriculture, et à la création d’emplois qualifiés en milieu rural. Des initiatives ambitieuses comme AgriConnect (Groupe de la Banque mondiale), qui vise à aider 300 millions de petits exploitants d’ici 2030, soulignent que le déploiement à grande échelle dépendra de notre capacité à considérer les compétences professionnelles comme une infrastructure fondamentale, et non comme une simple question accessoire.

 

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Mokhtar Ben Mechichi : oliviers, cultures, régions.. le climat redessine la carte agricole tunisienne

En marge de la 27ᵉ édition du Forum de l’Économiste Maghrébin 2026, Mokhtar Ben Mechichi, directeur technique à la pépinière Mabrouka, s’est exprimé. Il estime que le paysage agricole tunisien ne sera plus le même dans les années à venir; et ce, en raison des changements climatiques.

Il souligne que le secteur agricole est déjà engagé dans une dynamique de transformation continue. Puisque chaque année, on observe une migration progressive de certaines espèces et variétés d’une zone vers une autre.

A cet égard, ce phénomène illustre une adaptation forcée aux nouvelles conditions climatiques qui touchent l’ensemble du territoire. Il cite notamment l’exemple de variétés d’oliviers traditionnellement cultivées dans le sud. Lesquelles commencent aujourd’hui à être implantées de plus en plus vers le nord.

Ainsi, cette évolution s’explique par le fait que même les régions septentrionales connaissent à leur tour des changements climatiques. Ceux-ci modifient les équilibres agricoles.

Dans ce contexte, l’agriculteur se retrouve dans l’obligation d’adapter ses choix en fonction de la rentabilité et des nouvelles conditions de production. Ce qui a pour conséquence qu’il replante des variétés du sud, jugées plus performantes dans certaines situations, au nord. De la sorte que cela participe à cette recomposition du paysage agricole national.

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Aïd al-Adha 2026 : le ministère de l’Agriculture active son réseau vétérinaire

À l’occasion de l’Aïd al-Adha 2026, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche annonce la mise en place d’un dispositif national visant à renforcer la sécurité sanitaire des viandes de sacrifice et à accompagner les citoyens dans l’ensemble des gouvernorats.

Une liste nominative de médecins vétérinaires des secteurs public et privé a été publiée et mise à la disposition du public. Ces vétérinaires seront mobilisés sur tout le territoire pour répondre aux questions des citoyens, prodiguer des conseils sanitaires et intervenir en cas de détection de signes anormaux sur les viandes, les organes ou les viscères des moutons de l’Aïd.

Le ministère rappelle que cette initiative s’inscrit dans une démarche de prévention des risques sanitaires et de promotion des bonnes pratiques lors des opérations d’abattage et de manipulation des produits animaux. Elle vise également à garantir la sécurité alimentaire et à préserver la santé publique durant cette période de forte consommation.

Les autorités appellent par ailleurs les citoyens à respecter strictement les règles d’hygiène et de gestion des déchets animaux afin de protéger l’environnement et d’éviter tout risque de contamination.

📄 La liste des vétérinaires mobilisés est disponible ici :
Liste des vétérinaires mobilisés – Aïd al-Adha 2026

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Moissons 2026 : le gouvernement rassure les agriculteurs

Le Conseil ministériel restreint consacré à la saison des moissons et aux préparatifs de la campagne agricole 2026-2027 a décidé, samedi 23 mai, de maintenir les prix d’acceptation des céréales au niveau de la saison précédente et d’assurer le financement de la récolte avec la garantie de l’État. Présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, le conseil a également annoncé une série de mesures visant à sécuriser les opérations de collecte, de stockage et de transport des céréales.

Le gouvernement a décidé de renforcer le programme de réglage des moissonneuses-batteuses afin de couvrir 1 300 machines, avec un suivi de terrain accru pour prévenir les incendies. Le contrôle des centres de collecte sera intensifié dès le début de la saison, tandis que les capacités de stockage seront élargies grâce à l’aménagement de nouveaux espaces, notamment pour l’orge.

Dans le cadre des préparatifs de la prochaine campagne agricole, le gouvernement a aussi annoncé l’accélération de la constitution des stocks d’engrais et le maintien des prix actuels des engrais chimiques afin de soutenir les agriculteurs et de réduire les coûts de production. Une attention particulière sera accordée à la sécurisation de l’approvisionnement énergétique des centres de stockage et à la distribution équitable des engrais via la plateforme numérique « Engrais », lit-on dans la déclaration issue du Conseil des ministres restreint.

Le secrétaire d’État chargé des Ressources hydrauliques, Hamadi Habaieb, a indiqué que les quantités de semences certifiées distribuées ont atteint 524 000 quintaux, soit 30 % des besoins nationaux. Il a précisé que ce volume représente un niveau inédit, contre 265 000 quintaux lors de la campagne 2024-2025.

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Récolte céréalière : des perspectives encourageantes

La Tunisie s’oriente vers une récolte céréalière prometteuse cette saison, malgré un démarrage marqué par plusieurs difficultés, notamment la pénurie de semences sélectionnées et d’ammonitrate, ainsi que l’augmentation des coûts de production. Cette perspective positive a été au cœur d’une séance plénière organisée à l’Assemblée des représentants du peuple à l’initiative de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, de l’eau et de la pêche.

Les représentants de l’UTAP et de la CONECT ont insisté sur l’urgence d’adopter une stratégie efficace pour soutenir les grandes cultures et préparer les prochaines campagnes agricoles. Parmi les priorités évoquées figurent la réduction des pertes de céréales, la mobilisation des équipements nécessaires à la moisson et la modernisation des centres de collecte. Les intervenants ont également appelé à renforcer les capacités de stockage et à lutter contre les pratiques frauduleuses dans les circuits de collecte.

La préservation des semences sélectionnées a aussi été présentée comme un enjeu essentiel pour garantir de meilleures performances agricoles à l’avenir. Concernant la filière oléicole, les organisations professionnelles ont plaidé pour une relance de la consommation locale d’huile d’olive tunisienne. Elles proposent notamment de réorienter les subventions destinées aux huiles végétales importées afin de rendre l’huile d’olive plus accessible aux consommateurs.

Les acteurs du secteur souhaitent également réduire les exportations d’huile d’olive en vrac au profit de produits conditionnés à plus forte valeur ajoutée. Enfin, députés et professionnels ont souligné l’importance d’une agriculture plus durable à travers la réduction des engrais chimiques et pesticides, ainsi que le développement de méthodes naturelles comme la rotation des cultures et les fermes pédagogiques destinées à sensibiliser les jeunes à la protection de l’environnement.

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La Tunisie produira 263 000 tonnes de fruits d’été à noyau pour 2026

La production tunisienne de fruits d’été à noyau pour la campagne 2025/2026 devrait atteindre 263 mille tonnes, soit en hausse de 4,6 % par rapport à la saison précédente (252 mille tonnes), portée principalement par une augmentation de 12,6 % des pêches et nectarines, selon les données du GIFruits (Groupement interprofessionnel des fruits).

Cette progression globale cache toutefois des disparités importantes entre variétés et régions. En effet, si les pêches et nectarines (138 mille tonnes) et les prunes « aouina » (17 mille tonnes) sont en hausse, les amandes sèches sont en recul de 5 %  (53 700 tonnes) et les cerises « habb el-moulouk » chutent de 27 % (7 mille tonnes seulement). Les abricots se stabilisent à 43 500 tonnes, et les nèfles à 2 800 tonnes.

Le groupement explique ces contre-performances par les changements climatiques croissants, qui perturbent le rythme de production et la maturation des fruits. De plus, la superficie totale exploitée pour ces cultures a diminué de 3 %, passant de 197 562 à 191 635 hectares.

Sur le plan régional, les contrastes sont également frappants. Kairouan reste le premier producteur national avec 39 353 tonnes (+2 %), suivi de Ben Arous (35 938 tonnes, +24 %) et de La Manouba, qui enregistre une croissance record de +26 % (26 090 tonnes). Kasserine progresse également de 10 % (30 663 tonnes).

En revanche, Sfax voit sa production s’effondrer de 36 % (6 363 tonnes), et Mahdia chute de 18 % (7 311 tonnes). Sidi Bouzid, malgré une baisse de ses superficies, parvient à maintenir une production abondante de 22 765 tonnes.

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Agridays | Une vitrine du secteur agricole

À l’occasion de la Journée nationale de l’agriculture célébrée le 12 mai 2026, le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche a dévoilé un nouvel habillage de son mur extérieur sur l’avenue Alain Savary à Tunis, dans le cadre de la campagne Agridays, menée en collaboration avec l’Agence de vulgarisation et de formation agricoles (AVFA).

À travers ce nouvel habillage visuel, la campagne met en lumière une agriculture tunisienne en pleine transformation, qui se veut plus innovante, plus technologique et tournée vers les métiers d’avenir.

Fresques artistiques et panneaux visuels valorisent les nouvelles réalités des secteurs agricole et maritime : industries agroalimentaires, aquaculture, mécanique navale, agriculture intelligente, transformation des produits agricoles, innovation et entrepreneuriat.

Le parcours met également en avant les métiers qui recrutent ainsi que les compétences recherchées dans les filières agricoles, agroalimentaires et maritimes.

Une place importante est accordée à la formation professionnelle agricole et maritime à travers des visuels consacrés aux centres de formation de l’AVFA, aux parcours des apprenants et aux opportunités offertes aux jeunes dans les différentes régions du pays.

La campagne valorise aussi une nouvelle génération de jeunes qui choisissent aujourd’hui l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche comme secteurs d’avenir.

À travers plusieurs visuels et témoignages, Agridays met en avant des parcours de jeunes ayant évolué dans ces métiers grâce à la formation, à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

Placée sous le slogan «La sécurité alimentaire est une décision et non un choix», la campagne Agridays vise à sensibiliser le public aux enjeux de sécurité alimentaire, d’innovation, d’emploi et d’adaptation climatique.

En parallèle, plusieurs centres de formation professionnelle relevant de l’AVFA organisent des activités immersives en lien direct avec le monde professionnel.

À Ben Arous, des apprenants ont découvert les métiers de la transformation agroalimentaire au sein de l’entreprise Al Jazira.

À Kélibia, une table ronde a réuni entreprises du secteur maritime et jeunes en formation autour des besoins du marché de l’emploi.

À Barrouta, d’anciens apprenants devenus entrepreneurs ont partagé leurs parcours avec les jeunes du centre.

À Chott Mariem, une startup spécialisée dans l’agriculture intelligente a présenté des solutions technologiques appliquées au secteur agricole.

Cette campagne vient mettre en lumière les efforts déployés par l’AVFA pour moderniser ses centres de formation professionnelle et améliorer son offre de services en faveur des jeunes.

Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de partenariats stratégiques, notamment à travers le programme Trace et le projet Nexus Skills & Jobs for Youth, qui accompagnent l’AVFA dans sa mission de renforcer l’inclusion économique des femmes et des jeunes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche.

Communiqué.

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Crise des engrais : l’UE vole au secours des agriculteurs

La Commission européenne doit valider, mardi 19 mai à Strasbourg, un vaste « plan engrais » de plusieurs centaines de millions d’euros destiné à soutenir les agriculteurs européens, frappés par la flambée des coûts et les difficultés d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient, selon des médias européens.

On rappelle que depuis plusieurs semaines, le détroit d’Ormuz reste bloqué en raison des tensions dans la région. Or, près d’un tiers des engrais importés par l’Europe transitent par cette voie stratégique. Conséquence : le prix des engrais a bondi de 70 % depuis le début de la guerre.

Pour financer ce dispositif d’urgence, Bruxelles prévoit de mobiliser une partie des fonds inutilisés de la Politique agricole commune (PAC). « Il reste 200 millions d’euros dans cette réserve de crise, et mon intention serait de doubler au moins ce montant pour venir au secours de nos agriculteurs », explique Christophe Hansen, commissaire européen à l’Agriculture. Habituellement versées en octobre, ces aides pourraient donc être débloquées de manière anticipée.

Au-delà du soutien immédiat, la Commission souhaite également réduire la dépendance européenne aux engrais importés. Christophe Hansen plaide notamment pour un recours accru aux fertilisants naturels produits localement, comme le lisier agricole.

Le commissaire européen estime par ailleurs que certaines règles environnementales pourraient être assouplies si la crise perdure. Il évoque notamment les limites actuelles concernant l’utilisation des nitrates et de l’azote, jugées trop restrictives par certains agriculteurs européens.

Qu’en est-il en Tunisie? La réponse dans un prochain article.

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Les dattes tunisiennes raflent 70 % du marché brésilien

La Tunisie enregistre une participation record à la 40ème édition du salon de l’industrie agroalimentaire APAS Show. Lequel se tient du 18 au 21 mai 2026 à São Paulo, au Brésil. C’est ce qu’indique un communiqué publié par le Centre de promotion des exportations (CEPEX).

Organisé par le CEPEX en collaboration avec l’ambassade de Tunisie à Brasilia et la Chambre de commerce arabo-brésilienne, le pavillon national d’APAS Show réunit 15 entreprises tunisiennes. Et ce, en plus d’un grand producteur d’huile d’olive exposant à titre individuel.

Cette présence renforcée au sein du « Blue Pavilon » vise à consolider le positionnement des exportateurs tunisiens sur le marché latino-américain. Mais aussi à intégrer les circuits de la grande distribution locale, notamment pour les dattes et l’huile d’olive conditionnée. L’attaché commercial auprès de l’ambassade de Tunisie au Brésil, Hassen Saadani, ainsi qu’une délégation de la Chambre de commerce arabo-brésilienne conduite par son vice-président, Mohamad Orra Mourad, ont visité le pavillon à l’ouverture du salon. Ils ont pu échanger avec les opérateurs tunisiens sur les perspectives de développement.

La Tunisie figure actuellement comme le premier fournisseur de dattes du Brésil. Et ce, avec des exportations ayant atteint 6,5 millions de dollars en 2024. Soit 70% des parts de ce marché.

Pour l’huile d’olive conditionnée, les ventes tunisiennes vers le Brésil ont franchi le seuil des 20 millions de dollars. Ce qui hisse le pays au 5ème rang des fournisseurs du marché brésilien. Cette dynamique est soutenue par l’exonération totale des droits de douane sur les importations d’huile d’olive extra-vierge au Brésil, passés de 9% à 0%. Cela est de nature à améliorer la compétitivité du produit tunisien.

Enfin, notons que cette nouvelle édition du APAS Show constitue un évènement incontournable pour l’industrie agroalimentaire. Il a rassemblé plus de 78 mille visiteurs professionnels et 900 exposants, dont 250 internationaux issus de 22 pays.

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Et si l’agriculture devenait le nouveau visage de l’innovation, de l’emploi?

À l’occasion de la Journée nationale de l’agriculture célébrée le 12 mai 2026, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a dévoilé un nouvel habillage visuel de son mur extérieur situé sur l’avenue Alain Savary à Tunis. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne « Agridays », menée en collaboration avec l’Agence de vulgarisation et de formation agricoles (AVFA).

À travers des fresques artistiques et des panneaux immersifs, la campagne met en avant une agriculture tunisienne en pleine mutation : plus innovante, plus technologique et résolument tournée vers les métiers d’avenir. Les visuels valorisent les nouvelles dynamiques des secteurs agricole et maritime, notamment l’agroalimentaire, l’aquaculture, la mécanique navale, l’agriculture intelligente, la transformation des produits agricoles, ainsi que l’entrepreneuriat innovant.

Le parcours met également l’accent sur les métiers porteurs et les compétences recherchées dans les filières agricoles, agroalimentaires et maritimes. Une place centrale est accordée à la formation professionnelle agricole et maritime, à travers des contenus dédiés aux centres de formation de l’AVFA, aux parcours des apprenants et aux opportunités offertes aux jeunes dans les différentes régions du pays.

La campagne met aussi en lumière une nouvelle génération de jeunes qui choisissent aujourd’hui l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche comme secteurs d’avenir. Plusieurs témoignages et portraits illustrent des parcours réussis grâce à la formation, à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

Placée sous le slogan : « La sécurité alimentaire est une décision et non un choix », l’initiative vise à sensibiliser le grand public aux enjeux de sécurité alimentaire, d’innovation, d’emploi et d’adaptation climatique.

En parallèle, plusieurs centres de formation relevant de l’AVFA organisent des activités immersives en lien direct avec le monde professionnel. À Ben Arous, des apprenants ont découvert les métiers de la transformation agroalimentaire au sein de l’entreprise Al Jazira. À Kélibia, une table ronde a réuni entreprises du secteur maritime et jeunes en formation autour des besoins du marché de l’emploi. À Barrouta, d’anciens apprenants devenus entrepreneurs ont partagé leurs expériences avec les jeunes du centre. À Chott Mariem, une startup spécialisée dans l’agriculture intelligente a présenté des solutions technologiques appliquées au secteur agricole.

À travers les Agridays, l’AVFA met également en avant les efforts engagés pour moderniser ses centres de formation et renforcer son offre de services en faveur des jeunes. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de partenariats stratégiques, notamment le programme TRACE et le projet Nexus Skills & Jobs for Youth, qui accompagnent l’agence dans sa mission de promouvoir l’inclusion économique des femmes et des jeunes dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche.

 

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Appel à un projet national : un ingénieur agricole par délégation

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, le doyen des ingénieurs tunisiens, Mohsen Gharsi, appelle à l’adoption d’une approche nationale intégrée pour restructurer le secteur agricole en Tunisie, en plaçant les ingénieurs agricoles au cœur des systèmes de production. Il estime que cette réforme constitue un levier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire, stabiliser les prix et améliorer la performance globale du secteur.

Il propose notamment le lancement d’un programme national intitulé « Un ingénieur agricole par délégation agricole », visant à déployer des ingénieurs sur le terrain afin d’assurer un encadrement technique direct des agriculteurs et des éleveurs. Ce dispositif reposerait sur des contrats d’accompagnement définis avec des objectifs clairs : suivi des productions, élaboration de fiches de coûts, optimisation de l’utilisation des aliments pour bétail et de l’eau, appui aux coopératives et amélioration de la prise de décision au niveau local grâce à des données fiables.

Pour Mohsen Gharsi, la question agricole a dépassé aujourd’hui le cadre sectoriel et touche à des enjeux stratégiques liés à la souveraineté alimentaire, au pouvoir d’achat et à l’équilibre des régions intérieures. Il estime que la Tunisie  dispose de compétences importantes : ingénieurs, experts, chercheurs, agriculteurs expérimentés. Mais, précise-t-il, le problème principal réside dans la faiblesse de leur intégration dans les chaînes de production.

Il a également souligné une contradiction majeure : un nombre important d’ingénieurs agricoles se sont trouvés en situation de chômage ou de sous-emploi; tandis que les systèmes de production animale et végétale ont souffert d’un manque d’encadrement technique, d’une hausse des coûts et d’une baisse de productivité.

Crise des coûts et déséquilibres du marché

Concernant la hausse des prix des moutons et des viandes rouges, Mohsen Gharsi considère qu’elle ne s’explique pas uniquement par la spéculation ou la saisonnalité. Elle résulte d’une accumulation de facteurs structurels : augmentation du coût des aliments pour bétail, dégradation des pâturages, affaiblissement des cheptels, multiplication des intermédiaires et manque de transparence dans les circuits de distribution.

Il appelle ainsi à dépasser les interventions ponctuelles pour engager une réforme globale de la filière, depuis la production et l’alimentation animale jusqu’à la commercialisation organisée et transparente.

Mesures proposées à court terme

Le doyen des ingénieurs avance plusieurs mesures opérationnelles immédiates, parmi lesquelles :

  • La création d’un registre national actualisé des ingénieurs agricoles au chômage, classés par spécialité, région et expérience, afin d’orienter les compétences selon les besoins territoriaux.
  • La mise en place de contrats d’accompagnement technique dans les délégations agricoles, cofinancés par l’État et les structures professionnelles, avec des indicateurs de performance.
  • Le lien entre les subventions destinées aux aliments pour bétail et l’enregistrement des éleveurs, le suivi du cheptel et l’acceptation de l’encadrement technique.
  • L’organisation de points de vente structurés pour les moutons avant la saison de l’Aïd, avec vente au poids et publication quotidienne des prix et des quantités disponibles.
  • La constitution d’équipes de terrain composées d’ingénieurs agricoles, de vétérinaires et de contrôleurs économiques pour encadrer les marchés du bétail en amont des périodes de forte demande.
  • La création d’une plateforme numérique nationale simple permettant de diffuser les prix de référence, les quantités disponibles et les points de vente, en lien avec les municipalités et les médias.

Réformes structurelles à moyen et long terme

Au-delà des mesures d’urgence, Mohsen Ghrissi insiste sur la nécessité de réformes profondes sur une période de deux à cinq ans, notamment dans un contexte de stress hydrique, de changement climatique et de hausse des coûts de production.

Parmi ces réformes :

  • La reconstitution du cheptel national, ciblant en particulier les petits et moyens éleveurs.
  • Le suivi de la reproduction, de la croissance et de la mortalité des animaux.
  • Le développement des cultures fourragères et des systèmes d’alimentation locaux.
  • La valorisation des résidus agricoles dans l’alimentation animale.
  • L’obligation d’un encadrement technique pour les projets agricoles bénéficiant d’avantages publics.
  • La création d’un fonds de soutien aux projets agricoles portés par des ingénieurs, notamment dans les domaines de la digitalisation, du suivi du cheptel, de l’irrigation, de l’analyse des coûts et des circuits courts.
  • Le développement de formations courtes spécialisées pour les ingénieurs sans emploi dans les domaines de la nutrition animale, de l’économie des exploitations, de la sécurité sanitaire, de la chaîne de froid et de la gestion des coopératives.

Pour assurer la réussite de cette stratégie, le responsable propose la création d’un comité national restreint et opérationnel réunissant la Présidence du gouvernement, les ministères de l’Agriculture, de l’Emploi et du Commerce, l’Ordre des ingénieurs tunisiens, les représentants des éleveurs et les structures professionnelles.

Ce comité fonctionnerait avec des délais précis et des indicateurs de suivi clairs : nombre d’ingénieurs intégrés, exploitations encadrées, coût du kilogramme vif, taux de mortalité, nombre de points de vente organisés et écart entre prix de référence et prix réel.

Une vision globale de transformation du modèle agricole

Mohsen Gharsi estime enfin que l’encadrement technique des ingénieurs agricoles constitue un investissement rentable pour l’État, capable de réduire le gaspillage, améliorer la productivité et stabiliser les prix.

Il lance un appel aux ingénieurs à adopter une nouvelle posture, passant de la demande d’emploi à la conception et à la gestion de projets agricoles mesurables. De même qu’il invite les pouvoirs publics à considérer la compétence technique comme un levier central de la politique alimentaire nationale.

Et de conclure que la Tunisie se trouve face à un choix stratégique : poursuivre une gestion conjoncturelle des crises agricoles ou engager une transformation structurelle fondée sur la compétence, la donnée et la gouvernance de terrain.

Dans cette optique, il affirme que la profession d’ingénieur agricole ne constitue pas une revendication sectorielle, mais une composante essentielle d’un projet national visant une agriculture productive, équitable et durable, au service de la sécurité alimentaire et de la stabilité sociale du pays.

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Tunisie : 55 milliards de dollars pour sauver l’eau et l’agriculture

La Tunisie a adopté son nouveau cadre climatique « CDN 3.0 », qui prévoit des investissements de 55 milliards de dollars pour la période 2026-2035 pour renforcer l’adaptation du pays au changement climatique, avec une priorité accordée à l’eau et à l’agriculture.

Lors d’un séminaire organisé à Gammarth, le gouvernement n’a pas manqué d’alerter sur les conséquences économiques du réchauffement climatique. En effet, il a notamment été souligné que sans mesures rapides, l’économie nationale pourrait reculer de 3,4 % à l’horizon 2030, notamment à cause du stress hydrique et des risques d’inondations. Le secteur agricole est particulièrement exposé, alors que la baisse des précipitations menace la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs.

Pour faire face à ces défis, la stratégie mise sur le développement des ressources en eau non conventionnelles. La capacité de dessalement d’eau de mer devrait atteindre 265 millions de m³ par an d’ici 2035. Le gouvernement prévoit également d’augmenter fortement la réutilisation des eaux usées traitées dans l’agriculture afin de réduire la pression sur les ressources naturelles.

Le plan comprend aussi des actions destinées à restaurer les terres dégradées et à développer des cultures plus résistantes à la sécheresse. Les besoins de financement seront répartis entre des projets d’adaptation et des mesures de réduction des émissions de carbone, notamment dans le secteur énergétique.

La Tunisie compte mobiliser des financements internationaux et attirer des investissements verts grâce à de nouveaux outils économiques, comme la taxonomie climatique et les mécanismes de marché prévus par l’Accord de Paris.

Bien que le pays ne représente que 0,07 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les responsables tunisiens estiment que cette stratégie est essentielle pour protéger les populations les plus vulnérables et préserver la stabilité économique et sociale du pays.

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Ezzedine Ben Cheikh élève la gouvernance dans le secteur agricole au rang de priorité

Ezzedine Ben Cheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, appelle à l’accélération des différents projets de développement agricole, indiquant que la gouvernance du secteur de l’eau constitue la priorité des priorités de son département.

C’était lors d’une réunion de travail, le 18 mai 2026, consacrée aux commissariats régionaux de développement agricole (CRDA) de Kairouan et de la Manouba, le ministre a mis en avant l’urgence d’une gestion rationnelle et durable des ressources en eau.

Pour ce faire, le ministre a assuré qu’une priorité absolue soit accordée à la maintenance des réseaux hydrauliques et à la garantie de l’approvisionnement en eau potable pendant l’été 2026, appelant à lutter contre le phénomène du branchements anarchique, principale cause des perturbations sur les réseaux de distribution. Dans ce cadre, il a annoncé le lancement d’une initiative pour mettre en place un système de gestion des risques de corruption dans le secteur de l’eau. Il a demandé l’application stricte des principes de bonne gouvernance dans la gestion des ressources humaines, de l’approvisionnement et du système de rémunération.

Evoquant le dossier de l’élevage, le ministre a ordonné l’accélération du programme national d’identification du cheptel et la mise à jour de la base de données des éleveurs. Il a indiqué que la fiabilité de ces données était une condition indispensable pour assurer une distribution transparente et équitable des aliments pour bétail subventionnés, améliorer le suivi sanitaire du cheptel et se prémunir contre les risques épizootiques.

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Agriculture: la Tunisie déploie une stratégie nationale contre les ravageurs

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, a annoncé, vendredi le 15 mai 2026, une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre les maladies phytosanitaires et les ravageurs , et ce, à l’issue des travaux du premier atelier national consacré à cette thématique, tenu à Tunis.

Les mesures annoncées portent notamment sur la création d’un réseau national de surveillance et d’échange de données sur les ravageurs, la mise en place de programmes de formation au profit des cadres techniques des commissariats régionaux du développement agricole, ainsi que le renforcement du contrôle phytosanitaire aux  niveaux  des points de passage frontaliers et l’intensification des campagnes de sensibilisation.

Présidant la cérémonie de clôture de cet atelier, organisé les 14 et 15 mai 2026,  sur le thème « Les maladies et ravageurs en Tunisie : de la recherche aux solutions de terrain », le ministre a souligné l’importance de transformer les résultats de la recherche scientifique en solutions opérationnelles capables de protéger durablement les filières agricoles.

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Agriculture | Un système de distribution à réformer en profondeur 

Un verdict sans détour : la chaîne qui relie le champ tunisien à la table du consommateur est grippée. Trop d’intermédiaires, trop peu de régulation, des textes juridiques dépassés et des infrastructures à bout de souffle. Trois experts ont présenté, des pistes de transformation concrètes et chiffrées. 

Latif Belhedi

Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation que traverse l’agriculture tunisienne. Le travail est là. La production aussi. Et pourtant, aux deux extrémités de la chaîne, le compte n’y est pas : celui qui cultive peine à en tirer un revenu décent, celui qui achète supporte des prix qui ne reflètent pas la réalité du coût de production. Ce paradoxe, c’est la question centrale qu’a posée Amine Ayed, président de l’IACE, en ouvrant la dixième édition du Tunisia Economic Forum mardi 12 mai 2026, au siège du think tank à Tunis. Un forum qui, depuis une décennie, s’est construit sur le postulat qu’aucune amélioration n’est possible sans l’examen lucide et collectif des défaillances propres à chaque secteur. 

Amine Ayed a tenu à replacer d’emblée le sujet dans sa juste dimension. La modernisation des filières de commercialisation agricole n’est pas une question de logistique ou d’organisation administrative. C’est un enjeu de souveraineté économique. La manière dont une économie fait circuler ce qu’elle produit détermine autant sa richesse finale que sa capacité à la générer.

Or, entre le producteur et l’acheteur final, le système tunisien laisse filer de la valeur à chaque étape : trop d’intermédiaires s’y sont incrustés, le secteur informel y a pris ses aises, la logistique y reste défaillante et les tensions spéculatives y sont récurrentes.

Une approche morcelée

Ce n’est pas un dysfonctionnement sectoriel isolé. C’est un défaut systémique qui érode l’efficacité globale de l’économie, affaiblit sa transparence et mine la confiance de ses acteurs. 

Le président de l’IACE a aussi pointé un travers méthodologique persistant. Les réponses apportées jusqu’ici à ces problèmes ont été parcellaires : les marchés de gros traités séparément des enjeux logistiques, les questions de prix dissociées de celles du commerce informel, les infrastructures pensées hors de tout cadre de gouvernance cohérent.

L’étude présentée lors de ce forum rompt avec cette approche morcelée. Elle propose une lecture d’ensemble, articulée autour de plusieurs scénarios de transformation possibles, avec pour question centrale : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ? Car la réforme, a insisté Amine Ayed, est aussi politique que technique. Elle heurte des intérêts en place, bouscule des habitudes ancrées et interroge des rapports de force territoriaux. Elle réclame non seulement des idées, mais de la cohérence dans leur mise en œuvre, une vision à long terme et la volonté effective de les exécuter. 

Trop de marchés, trop peu de contrôle 

C’est Mohamed Hédi Inoubli, à la tête de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche au ministère du Commerce, qui a pris le relais pour cartographier les pathologies du système. Son premier constat est géographique autant qu’institutionnel : la Tunisie compte sept fois plus de marchés que ses voisins algérien et marocain. Cette prolifération, loin d’être un signe de vitalité commerciale, génère une fragmentation qui rend tout contrôle efficace quasi impossible. Elle s’accompagne d’un phénomène de glissement généralisé : les opérateurs débordent de leurs périmètres réglementaires, les rôles se brouillent, et les pratiques monopolistiques ou spéculatives s’y développent en toute impunité. 

La complexité du secteur tient aussi à sa nature intrinsèque. La production agricole est, par définition, variable : d’une saison à l’autre, d’une région à l’autre, les volumes, la qualité et la disponibilité fluctuent de façon significative. Cette instabilité structurelle est aggravée par l’insuffisance chronique du financement agricole, qui empêche les producteurs de valoriser correctement leur récolte, d’atteindre les seuils de volume nécessaires et d’acheminer leur production vers les circuits formels de distribution. Le cadre juridique censé encadrer tout cela est, lui, figé dans le temps. Obsolète, il ne permet plus d’assurer un contrôle commercial opérationnel. 

Face à cette situation, M. Inoubli a présenté le décret n° 47 de 2022 comme le levier réglementaire central de la transformation à engager. Ce texte prévoit plusieurs mécanismes complémentaires. Il rend obligatoire la déclaration des activités commerciales, visant à faire reculer l’économie informelle. Il impose la mise en place de systèmes d’information agréés, permettant une traçabilité numérique de la filière et une connaissance en temps réel des stocks disponibles par l’administration. Il introduit une distinction formelle entre stockage de régulation et stockage spéculatif. Il prévoit enfin un renforcement substantiel des pouvoirs de contrôle et des sanctions applicables. 

Sur le terrain, l’approche repose sur une logique d’expérimentation avant généralisation. Un projet de marché de gros intégré est à l’étude à Béja, couvrant les légumes, les fruits et la volaille. À Sidi Bouzid, un projet pilote de plateforme numérique intégrée a déjà été testé et ses enseignements serviront de base aux futurs déploiements.

Par ailleurs, le système de facturation électronique développé par la Sotumag est d’ores et déjà opérationnel dans treize marchés municipaux. L’objectif est de l’étendre progressivement à l’ensemble des marchés d’intérêt national. Une refonte de la cartographie nationale des marchés est également en préparation, avec pour finalité la suppression ou la fusion des marchés dont la viabilité n’est pas démontrée. Sur ce point, M. Inoubli a rappelé une erreur récurrente des réformes passées : les chevauchements de compétences entre ministères ont souvent constitué le principal obstacle à leur concrétisation. 

Une feuille de route en trois axes 

Ahmed Ben Kheder, consultant auteur de l’étude de l’IACE «Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles», a apporté la dimension prescriptive de la journée en détaillant une feuille de route structurée. Son diagnostic préalable confirme et précise ce qui avait été exposé.

La prolifération des intermédiaires est bien la cause première des distorsions de prix, entretenue par une évasion fiscale généralisée et des blocages juridiques tenaces. Les contrats de concession accordés aux gestionnaires de marchés sont trop courts pour déclencher un investissement privé sérieux : aucun opérateur ne s’engagera dans une rénovation coûteuse si le cadre contractuel ne lui garantit pas d’en amortir le coût.

Les communes, de leur côté, manquent cruellement d’expertise technique dans la gestion des circuits de distribution agricole. Les abattoirs se sont progressivement dégradés. Et la procédure d’attribution des concessions, fondée exclusivement sur le critère financier du mieux-disant, écarte de facto les candidats les plus compétents au profit des plus offrants. 

Cette situation n’est pas sans précédent. Entre 2002 et 2008, des chantiers de réhabilitation avaient été lancés. Ils n’ont pas produit les résultats attendus. Faute d’une vision stratégique d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés, ces interventions sont restées sans lendemain. La leçon à en tirer est claire selon le consultant : une réforme parcellaire est vouée à l’échec. Seule une approche systémique et cohérente peut produire des effets durables. 

Sa proposition s’organise autour de trois axes. Le premier concerne la professionnalisation de la gestion des marchés. Il s’agit de créer des agences spécialisées et de confier leur pilotage à des gestionnaires compétents, soit par délégation de service au secteur privé, soit par une professionnalisation effective des équipes municipales.

Le deuxième axe vise la qualité des investissements et la création de valeur autour du produit agricole. Concrètement, cela suppose de substituer au critère exclusif de la capacité financière un critère de qualité de service dans la sélection des opérateurs, d’allonger la durée des contrats de concession pour rendre l’investissement attractif, et d’élaborer un cahier des charges de référence servant de socle normatif commun à tous les appels d’offres.

Le troisième axe, de nature transversale, porte sur la gouvernance institutionnelle : clarification des attributions respectives des acteurs centraux et locaux, meilleure articulation entre les niveaux de décision et adoption d’un cadre juridique unifié. 

Pour financer l’ensemble du programme, M. Ben Kheder a recommandé la création d’un fonds national dédié, abondé par les contributions des opérateurs du secteur. Le mode de calcul retenu est significatif : les cotisations seraient assises sur les volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout mécanisme inflationniste répercuté sur le consommateur final. Ce fonds serait piloté par une unité de gestion permanente, chargée d’assurer en continu le suivi de la qualité et de la pérennité des infrastructures.

Parallèlement, le consultant a plaidé pour l’émergence de petites entreprises nouvelles aux côtés des opérateurs établis, dans une logique de stimulation concurrentielle susceptible d’élever le niveau général de service. 

La dimension infrastructurelle de la réforme passe aussi par la spécialisation des marchés de gros. Plutôt que des structures généralistes, M. Ben Kheder préconise des équipements dédiés à chaque grande filière : viandes rouges, viandes blanches et produits de la mer bénéficieraient chacun d’infrastructures adaptées à leurs contraintes sanitaires et logistiques spécifiques. Cette spécialisation renforcerait la traçabilité, améliorerait les conditions d’hygiène et élèverait le niveau de professionnalisation de l’ensemble de la chaîne. 

Les effets attendus de ces transformations se déploieraient sur deux registres. Économiquement, elles permettraient de comprimer les distorsions de prix, de réduire significativement le poids du commerce parallèle et de renforcer la compétitivité des filières agricoles tunisiennes.

Socialement, elles agiraient à la fois sur la stabilité des prix à la consommation et sur l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de distribution. 

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Quand l’État “rabaisse” le prix de l’huile d’olive, la Tunisie pénalise ses agriculteurs

Moktar Lamari
Moktar Lamari

C’est officiel, depuis hier, le prix de référence de l’huile d’olive est administré de nouveau, fixé à 10 dinars le litre cette saison. Moins que 3 euros le litre, un prix en deçà des coûts de production moyens. Un prix cassé favorisant l’exportation en vrac et en masse. Un cadeau pour les exportateurs, un drame pour les agriculteurs et les investisseurs dans le secteur. La colère sociale monte et pas pour rien. La Tunisie ne dispose pas de tribunal de Commerce, pour éventuellement recevoir les plaintes légitimes des producteurs. Un procès, pour spoliation des ruraux par les urbains…

L’Etat contre ses paysans ?

Chaque saison oléicole en Tunisie commence par le même rituel. Le ministère du Commerce, le ministère de l’Agriculture, l’ONH (Office National de l’Huile) et le CEPEX montent sur scène, chiffres à la main, sourire jaune mais satisfait et enrobé de discours démagogique. Annonçant, d’une seule voix, que « les productions d’huile d’olive sont en hausse », que « la Tunisie confirme son rang mondial », mais que « les prix de cet or vert sont divisés par deux ».

Rideau tombé et applaudissements nourris des intermédiaires, banques et autres intrus dans la filière. Les médias reproduisent les discours, sans comprendre et sans expliquer les vrais enjeux, les perdants et les gagnants.

Sur le terrain, le producteur regarde ses bidons et barils partir à des prix cassés qui insultent son travail et volent son produit, par ce mécanisme d’administration indue des prix. Mais ça, ce n’est pas dans le communiqué des ministères et organes officiels. Ils s’en balancent.

L’État tunisien ne ment probablement pas : c’est les fonctionnaires incompétents qui trichent par omission. Ils parlent toujours de volumes, jamais de valeur. De tonnes, jamais de prix. De classement mondial, jamais de revenus pour ceux qui produisent réellement l’huile.

L’olive et l’huile d’olives deviennent des chiffres abstraits, utiles pour les rapports et les discours, inutiles pour la reproduction des fermes oléicoles et et les oliviers comment tels.

Langue de bois pressée à froid

L’Office National de l’Huile se présente comme régulateur. En réalité, il agit comme un agent d’écoulement rapide. Quand les prix chutent, on n’entend jamais un discours sur la protection du producteur ou la limitation de la vente en vrac. On entend plutôt des formules recyclées :

« Il faut s’adapter aux conditions du marché international »
« La conjoncture mondiale est difficile »
« L’Espagne influence les prix »

Traduction : l’État abdique, mais avec hypocrisie bureautique, élégance technocratique, qui fait au final saigner les producteurs, et ruinent l’espoir des investisseurs.

Le ministère du Commerce parle de compétitivité, comme si vendre moins cher que tout le monde était une stratégie et non un aveu d’échec.

Le ministère de l’Agriculture, lui, invoque la tradition, la qualité, le terroir… tout ce qu’il refuse ensuite de défendre concrètement par une politique de marque, de conditionnement et de prix plancher.

Quant au CEPEX, il exporte. Peu importe quoi. Peu importe comment. Peu importe sous quel nom. L’essentiel, c’est que ça sorte du territoire et que les tableaux Excel soient verts.

L’huile d’olive tunisienne devient un simple flux logistique. Un liquide qui coule, qui fuit et qui tâche, mais dans l’intérêt des intermédiaires, pas des producteurs.

Les élites parlent, les médias radotent et les producteurs encaissent les pertes et les déceptions.

Les économistes universitaires restent à l’écart, ils ne veulent pas toucher à un sujet explosif, qui dévoilera leurs incompréhensions des enjeux. Probablement, leur incapacité des politiques d’administration des prix, et régulations des marchés de la Tunisie profonde de Sidi Bouzid à Zarzis, en passant par Kairoaun ou Akkouda.

Dans les salons climatisés des hôtels étoilés et des conférences des diplomates, on entend toujours les mêmes phrases, le même refrain prononcés par les mêmes profils :

« On ne peut pas aller contre le marché »
« Il faut être réaliste »
« L’État ne peut pas tout faire »

Curieusement, ces élites trouvent toujours le réalisme quand il s’agit de baisser les prix, jamais quand il s’agit de construire une stratégie nationale ambitieuse. Elles savent expliquer pourquoi on ne peut pas protéger le producteur, mais jamais pourquoi l’Italie peut vendre notre huile trois fois plus cher que nous.

Le syndicat des agriculteurs parle des deux coins de la même bouche, chacun dit son discours. Supposément au nom des agriculteurs, mais reste souvent coincé entre communication institutionnelle forcément en langue de bois , double discours et impuissance réelle.

Le producteur, lui, n’a ni micro ni plateau télé. Il a juste ses olives, ses dettes et un État qui lui demande de comprendre et de redoubler d’effort dans l’intérêt des politiciens en place. Les larmes pour pleurer et la prière pour se oublier.

Un État qui vend vite, ses caisses étant vides

La vérité est brutale : l’État tunisien traite l’huile d’olive comme un produit éternellement en crise, pas comme un pilier stratégique. Les envolées lyriques de certains journalistes engraissés par la publicité mensongère ne changent rien à la réalité.

L’huile d’olive tunisienne est simplement bradée, probablement pour combler un trou budgétaire urgent, des revenus en devises, mais pas pour construire une richesse durable. Le court terme l’emporte sur le moyen terme.

On la brade comme quand on liquide tout ce qu’on n’a pas eu le courage de défendre. On la brade, parce que l’Etat n’a pas investi dans les infrastructures de stockage, les technologies de traçabilité, ou l’innovation de produit.

Pas de marque nationale forte. Pas de mesure pour contrôler la qualité et vérifier la traçabilité. Pas de politique sérieuse contre la domination du vrac. Pas de protection réelle des prix à la production.

Mais beaucoup de discours. Beaucoup de conférences. Beaucoup de “succès”. Les médias du sérail applaudissent les gagnants et oublient les producteurs de la Tunisie profonde. Eux, les journalistes préfèrent les réceptions des ambassades aux investigations de terrains et sondages des producteurs et acteurs de la filière oleicole.

Mais, ce faisant l’Etat transfère volontairement les surplus des producteurs, vers celui des intermédiaires et autres rentiers liés aux marchés de l’exportation.

L’incompétence extra vierge

Le bradage de l’huile d’olive tunisienne n’est ni une fatalité ni un accident. C’est le résultat d’un choix institutionnel répété, maquillé par des mots creux et des chiffres flatteurs. L’État tunisien ne manque ni d’experts ni de rapports. Il manque de volonté politique et de respect pour ce qu’il possède.

Un État qui vend son meilleur produit comme un surplus ne mérite pas de parler de souveraineté économique. Un État qui célèbre les volumes mais ignore les prix ne protège rien, il administre le déclin.

L’huile d’olive tunisienne continuera d’être excellente.

La question est : jusqu’à quand la gouvernance de la filière oléicole continuera-t-il à être médiocre ?

Par Moktar Lamari -Economics for Tunisia 

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Tunisie : un prix de référence pour l’huile d’olive fixé à 10 dinars le kilo

Les ministères de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, ainsi que du Commerce et du Développement des exportations, ont annoncé, mardi 23 décembre 2025, l’instauration d’un prix de référence mobile pour l’huile d’olive au niveau des moulins. Ce prix est fixé à 10 dinars le kilogramme pour la campagne agricole 2025–2026.

Objectif : soutenir le secteur et les producteurs

Selon le communiqué conjoint, cette mesure vise à encadrer le marché de l’huile d’olive et à garantir le bon déroulement du processus de récolte et de transformation des olives. Elle cherche également à préserver l’équilibre de la filière et à protéger les intérêts de tous les acteurs, en particulier les petits producteurs.

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Tunisie : Des scénarios climatiques alarmants avant 2050, avertit le ministère de l’Agriculture

A l’occasion de la « Semaine du Plan national d’adaptation », le ministère de l’Agriculture a révélé de nouvelles données climatiques particulièrement préoccupantes pour l’avenir du pays.

Mohamed Chamseddine Harrabi, président de la commission sectorielle des changements climatiques au ministère, a livré un diagnostic sévère : sans accélération des mesures d’adaptation, la Tunisie pourrait faire face, avant 2050, à des bouleversements majeurs affectant l’agriculture, les ressources hydriques et la sécurité alimentaire, a-t-il dit dans une déclaration accordée à Mosaique fm.

Des projections thermiques et hydriques inquiétantes

Selon Harrabi, les modèles climatiques internationaux prévoient pour la Tunisie une hausse des températures d’environ 2°C à l’horizon 2050, soit plusieurs décennies avant l’augmentation globale attendue en 2100.

Cette accélération locale du réchauffement serait accompagnée d’une diminution marquée des précipitations, estimée entre -14 et -22 mm, impactant directement les zones irriguées et les principales filières stratégiques, notamment les céréales et l’oléiculture.

Le responsable alerte également sur la montée du niveau marin, qui pourrait menacer près de 50% des ressources hydriques côtières, accentuant la salinisation, la pression sur les nappes phréatiques et la vulnérabilité des terres agricoles situées près du littoral.

Cinq années d’études pour bâtir un plan national d’adaptation

Depuis 2020, le ministère travaille sur une série d’études scientifiques destinées à mesurer l’impact du changement climatique sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Les premiers résultats, jugés « alarmants », ont conduit à l’élaboration d’un Plan national d’adaptation financé par le Fonds vert pour le climat et mis en œuvre avec l’appui technique de la FAO.

Ce plan a déjà permis de renforcer la résilience des systèmes agricoles, de stimuler l’investissement dans les filières vulnérables, et de soutenir les agriculteurs des zones rurales les plus exposées.

Un secteur agricole à la croisée des chemins

Pour Mekki Abderrahmane, responsable des terres et de l’eau au bureau sous-régional de la FAO à Tunis, cette semaine d’événements marque la clôture du projet dédié au développement de la stratégie d’adaptation.

Financé durant trois ans par le Fonds vert pour le climat, le programme débouche aujourd’hui sur une vision nationale renouvelée, harmonisée avec les contributions déterminées au niveau national (NDC) et les objectifs du Plan de développement 2026–2030.

Selon lui, cette stratégie permettra au ministère de bâtir une agriculture plus résiliente, capable d’absorber les chocs climatiques tout en maintenant un niveau acceptable de sécurité alimentaire.

Les experts réunis lors de la « Semaine du Plan national d’adaptation » ont souligné l’urgence de renforcer les infrastructures hydrauliques, de développer des techniques agricoles adaptées à la sécheresse, d’orienter davantage de financements vers les systèmes alimentaires, et d’améliorer la gouvernance du secteur.

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