Lese-Ansicht

UGTT, avocats et LTDH lancent un cadre de coordination commun

ARTICLE MIS A JOUR VENDREDI 4 SEPTEMBRE 2026 A 12h00

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) ont officiellement annoncé la création d’un cadre permanent de coordination commun. Dans une déclaration conjointe publiée le 3 septembre 2026, les trois organisations appellent à un « dialogue sociétal » et précisent que cette structure sera ouverte aux forces démocratiques partageant leurs objectifs.

Des concertations à une structure permanente

Cette annonce marque une nouvelle étape dans le rapprochement engagé depuis plusieurs mois entre les trois organisations nationales.

En novembre 2025, l’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH avaient déjà engagé des concertations autour de la situation nationale et de la nécessité d’un dialogue. La déclaration du 3 septembre 2026 formalise désormais cette coopération à travers la mise en place d’un cadre commun permanent.

Les trois organisations entendent ainsi dépasser le stade des consultations ponctuelles pour installer un mécanisme de coordination appelé à travailler sur les grandes questions nationales.

Un appel à un « dialogue sociétal »

Dans leur déclaration conjointe, l’UGTT, le Barreau et la LTDH mettent en avant la nécessité d’un dialogue sociétal autour de la situation du pays.

Le nouveau cadre commun se veut également ouvert à d’autres composantes de la société et aux forces démocratiques qui partagent les objectifs définis par les trois organisations signataires.

Les prochaines étapes concrètes de cette initiative devraient permettre de préciser la composition élargie du cadre, son mode de fonctionnement ainsi que les thèmes qui seront retenus dans le cadre du dialogue envisagé.

Pas un nouveau Quartet

Cette initiative ne constitue toutefois pas, à ce stade, la reconstitution d’un nouveau Quartet du dialogue national.

L’UTICA, qui avait participé avec l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la LTDH au Quartet récompensé par le prix Nobel de la paix en 2015, n’est pas signataire de la déclaration publiée le 3 septembre.

Le nouveau cadre repose donc, pour l’heure, sur une coordination entre trois organisations historiques de la société civile tunisienne.

Les partis politiques ne sont pas concernés « actuellement »

Othman Jellouli, secrétaire général adjoint de l’UGTT, a apporté vendredi 4 septembre une précision concernant l’ouverture du nouveau cadre de coordination créé par l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la LTDH.

Dans une déclaration à Diwan FM, il a indiqué que les partis politiques ne sont « actuellement » pas concernés par ce cadre. Les discussions portent plutôt sur une éventuelle adhésion d’organisations de la société civile et d’acteurs professionnels.

Cette précision permet de mieux cerner la portée de la mention des « forces démocratiques » figurant dans la déclaration commune. À ce stade, l’élargissement envisagé concerne donc principalement le champ associatif et professionnel, et non les formations politiques.

Othman Jellouli a également précisé que les prochaines actions du cadre commun n’ont pas encore été arrêtées. Sa composition pourrait par ailleurs évoluer au gré des discussions.

Une initiative appelée à préciser ses contours

La création de ce cadre commun intervient dans un contexte marqué par des appels répétés au dialogue autour des enjeux politiques, sociaux et économiques du pays.

Reste désormais à connaître les modalités concrètes de cette coordination, les organisations ou forces qui pourraient y être associées et les suites qui seront données à l’appel lancé par les trois signataires.

Lire aussi :

L’article UGTT, avocats et LTDH lancent un cadre de coordination commun est apparu en premier sur webdo.

  •  

TRIBUNE – UGTT-Avocats-LTDH : tirer la sonnette d’alarme sans faire sonner la sirène

Il faut prendre au sérieux la sonnette d’alarme tirée par l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. Mais il faut également mesurer les conséquences d’une démarche collective qui, en dépassant l’alerte, pourrait contribuer à accentuer la polarisation dont le pays cherche précisément à sortir.

Le communiqué commun du 3 septembre dresse un tableau particulièrement sombre de la situation nationale. Crise politique, difficultés économiques et sociales, libertés publiques, justice, conditions carcérales, médias, pénuries, pouvoir d’achat, jeunesse et migration : les trois organisations réunissent dans un même diagnostic des problématiques de nature et de temporalité différentes et appellent à une révision des politiques publiques ainsi qu’à l’ouverture d’un « dialogue sociétal ». Elles annoncent également la mise en place d’un cadre de coordination commun.

La gravité de certains de ces sujets ne saurait être contestée. Une démocratie a besoin de contre-pouvoirs capables d’alerter. Le droit de critique, de mobilisation et de défense des libertés ne peut être conditionné à l’approbation du pouvoir.

Mais précisément parce que leur parole compte, ces organisations portent aussi une responsabilité particulière dans la manière dont elles formulent leur diagnostic et construisent leur action.

L’alerte est légitime, l’escalade ne l’est pas forcément

Reconnaître le risque d’escalade ne signifie ni nier les difficultés du pays ni relativiser les inquiétudes exprimées. Cela signifie simplement qu’une alerte collective doit aussi être évaluée à l’aune de ses effets sur le climat institutionnel.

Lorsqu’une multitude de problèmes sont réunis sous le même qualificatif de « crise profonde », le risque est de transformer un diagnostic nécessairement pluriel en récit de crise systémique. Or identifier des difficultés ne suffit pas. Encore faut-il distinguer leurs causes, leur gravité, leurs temporalités et les marges de manœuvre disponibles. Cette distinction est essentielle. L’alerte peut être nécessaire sans que l’escalade le soit.

La création d’un cadre de coordination commun donne à cette initiative une portée politique nouvelle. L’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH n’ont ni les mêmes missions, ni les mêmes responsabilités, ni les mêmes modes d’intervention. Leur convergence peut naturellement enrichir le débat public. Mais elle peut aussi être perçue comme la constitution d’un front institutionnel face au pouvoir.

La création d’un cadre de coordination commun donne à cette initiative une portée politique nouvelle. L’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH n’ont ni les mêmes missions, ni les mêmes responsabilités, ni les mêmes modes d’intervention.

 

En politique, la perception compte autant que l’intention. Cela ne signifie évidemment pas que les trois organisations devraient renoncer à leur liberté de critique ou à leur capacité de mobilisation. Cela signifie qu’elles doivent mesurer le coût potentiel d’une polarisation supplémentaire dans une société déjà traversée par une forte défiance institutionnelle.

La référence aux grandes expériences de dialogue national du passé mérite, elle aussi, d’être maniée avec prudence. Le dialogue national de 2013 répondait à une situation exceptionnelle, marquée par un risque immédiat de rupture institutionnelle. La Tunisie d’aujourd’hui fait face à une autre urgence : reconstruire la confiance, restaurer l’efficacité de l’action publique et permettre l’exécution des transformations économiques et sociales. Les instruments de médiation doivent évoluer avec la nature des crises.

Du diagnostic à la responsabilité

C’est pourquoi l’appel au « dialogue sociétal » constitue probablement la partie la plus constructive de la démarche. Mais un dialogue ne peut être uniquement la prolongation institutionnelle d’un réquisitoire.

Il ne s’agit pas d’exiger de ces organisations qu’elles gouvernent à la place des autorités. Ce n’est ni leur rôle ni leur responsabilité. Mais lorsqu’elles choisissent de porter collectivement une vision de la situation nationale, leur contribution gagne en crédibilité lorsqu’elle associe l’alerte à des pistes de sortie.

Sur les finances publiques, quelles priorités ? Sur les entreprises publiques, quelle gouvernance ? Sur les systèmes sociaux, quels arbitrages ? Sur l’emploi, quelle stratégie ? Sur l’éducation et la santé, quelles transformations ? Sur les libertés publiques, quelles garanties institutionnelles durables ? Ce sont ces questions qui permettent de passer du constat à la construction.

 

Sur les finances publiques, quelles priorités ? Sur les entreprises publiques, quelle gouvernance ? Sur les systèmes sociaux, quels arbitrages ? Sur l’emploi, quelle stratégie ? Sur l’éducation et la santé, quelles transformations ? Sur les libertés publiques, quelles garanties institutionnelles durables ?

 

La responsabilité de la désescalade est d’ailleurs nécessairement partagée. Les autorités ont le devoir de créer des espaces de concertation crédibles, ouverts et suffisamment structurés pour que le dialogue ne soit pas réduit à une formalité. Les corps intermédiaires ont, de leur côté, la responsabilité de préserver les conditions d’un débat qui permette la confrontation des idées sans enfermer le pays dans une logique permanente de blocs.

Cette responsabilité partagée ne signifie pas que les responsabilités politiques et institutionnelles sont identiques. Le pouvoir dispose des leviers de décision et porte donc une responsabilité particulière dans la création des conditions du dialogue. Mais les acteurs de la société civile disposent, eux aussi, d’un pouvoir d’influence dont les effets doivent être assumés. C’est précisément ce qui distingue la liberté de critique de la responsabilité dans la critique.

Reconstruire la confiance pour retrouver la capacité d’agir

Car la confiance institutionnelle n’est pas seulement une question politique. Elle est devenue une variable économique. L’investissement, l’innovation, la création d’emplois et l’exécution des réformes supposent un minimum de prévisibilité. Les acteurs économiques peuvent accepter l’incertitude inhérente à toute période de transformation. Ils supportent beaucoup moins bien l’incertitude institutionnelle durable, celle qui transforme chaque réforme en nouveau conflit et chaque décision en nouveau rapport de force. C’est précisément à ce niveau que la question devient stratégique pour le Plan 2026-2030.

La Tunisie ne manque pas seulement de ressources. Elle souffre également d’un déficit de capacité collective à transformer les décisions en résultats. Or cette capacité d’exécution repose sur un environnement institutionnel dans lequel les divergences peuvent être exprimées, arbitrées et finalement dépassées.

Il serait donc aussi contre-productif pour le pouvoir de répondre à cette initiative par une contre-escalade que pour les organisations signataires de considérer l’escalade comme une fin en soi. Le véritable enjeu n’est pas de déterminer qui remportera le prochain bras de fer.

 

La Tunisie n’a pas besoin de choisir entre le silence et la confrontation. Elle a besoin de reconstruire des espaces où la critique puisse être entendue sans être immédiatement transformée en affrontement, et où le dialogue puisse déboucher sur des décisions plutôt que sur de nouvelles déclarations.

 

Il est de savoir si le pays dispose encore de mécanismes suffisamment solides pour transformer la conflictualité en compromis et le compromis en action. La Tunisie n’a pas besoin de choisir entre le silence et la confrontation. Elle a besoin de reconstruire des espaces où la critique puisse être entendue sans être immédiatement transformée en affrontement, et où le dialogue puisse déboucher sur des décisions plutôt que sur de nouvelles déclarations.

Tirer la sonnette d’alarme est parfois un devoir. Mais lorsqu’une société est déjà sous tension, faire retentir la sirène en permanence peut finir par empêcher d’entendre la question essentielle : où est la sortie ? La solidité d’une démocratie ne se mesure ni au silence de ses opposants ni au volume de ses contestations. Elle se mesure à sa capacité à transformer ses désaccords en décisions, ses décisions en réformes et ses réformes en résultats.

Alerter, oui. Polariser davantage, non. La Tunisie n’a pas besoin de plus de bruit. Elle a besoin de retrouver sa capacité à agir.

L’article TRIBUNE – UGTT-Avocats-LTDH : tirer la sonnette d’alarme sans faire sonner la sirène est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Un nouveau cadre de dialogue national pour sortir la Tunisie de la crise   

Trois des quatre composantes du Quartet du dialogue national, prix Nobel de la Paix 2015 * — la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) et l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) —reprennent la parole ensemble, dans un cadre de coordination commun face à la crise politique, économique et sociale que traverse le pays. Et publient, ce jeudi 3 septembre 2026 le communiqué conjoint suivant sous le titre «La Tunisie d’abord, et le peuple au-dessus de toute considération».

La Tunisie traverse aujourd’hui une crise politique, économique et sociale profonde, résultat de choix et de politiques qui ont prouvé leur incapacité à résoudre les crises accumulées, et qui ont même contribué à aggraver la souffrance des Tunisiens, à affaiblir leur pouvoir d’achat, et à élargir les cercles de la pauvreté, du chômage et de la précarité — au point que le citoyen a perdu confiance dans les institutions de l’État et dans leur capacité à répondre à ses revendications légitimes.

Le pays connaît également un recul grave dans le domaine des droits et des libertés, un resserrement continu de l’action politique, syndicale et civile, ainsi qu’une instrumentalisation croissante de la justice dans les conflits politiques, portant atteinte à son indépendance, aux garanties d’un procès équitable et aux droits de la défense — ce qui frappe l’une des garanties les plus importantes de protection du citoyen et menace les fondements de l’État de droit et des institutions.

Les prisons et les centres de rétention connaissent des conditions qui ne répondent pas aux exigences de la dignité humaine ni aux normes internationales.

Dans le même contexte, le pays connaît un recul de la liberté des médias, une répression des voix libres, et une mainmise croissante sur les institutions médiatiques.

Les crises de l’eau et de l’électricité, la pénurie de médicaments et de produits de base, ainsi que la hausse des prix, ne sont plus de simples difficultés conjoncturelles ; elles touchent désormais directement les conditions de vie quotidienne et la dignité des Tunisiens, aggravent leurs souffrances et approfondissent leur sentiment d’impasse.

Le drame de la noyade de jeunes de Ben Guerdane, et les tragédies similaires qui l’ont précédé, confirment que la migration irrégulière n’est pas seulement un dossier sécuritaire, mais bien la conséquence directe du désespoir, de l’impasse et de la perte d’espoir en l’avenir — ce qui fait porter au pouvoir une responsabilité politique et sociale pleine et entière dans le traitement de ses causes profondes, et non la simple gestion de ses conséquences.

Inutile de rejeter la responsabilité sur autrui, car le pouvoir en place porte l’entière responsabilité politique de ses choix, de ses décisions et de leurs conséquences, après des années de gestion des affaires publiques en dehors de toute logique de dialogue et de participation, dans un contexte d’absence de transparence, d’opacité sur les données, et de restriction du droit à exprimer une voix divergente.

La Tunisie ne peut être gouvernée selon une logique de déni, de silence ou de voix unique, tout comme les crises ne peuvent être affrontées en excluant la société et ses forces vives.

On ne peut sortir de la situation actuelle que par une révision globale des choix économiques, sociaux et politiques dont l’échec est avéré, et par l’ouverture d’un véritable processus de dialogue sociétal, menant à des solutions capables de sauver le pays, de préserver son unité, de protéger les droits et les libertés, et de redonner confiance et espoir aux Tunisiens.

Nous, organisations signataires, annonçons le lancement d’un cadre de coordination commun pour la Tunisie et les Tunisiens, animés par notre conviction profonde de la nécessité de la vigilance, de la protection des acquis du peuple, de l’attachement à l’État de droit et des institutions, de la préservation de l’indépendance de la société civile, et de la défense des droits et des libertés.

Ce cadre restera en permanence ouvert à toutes les forces vives et démocratiques, et à tous les acteurs nationaux qui croient en la Tunisie et en son avenir, afin d’œuvrer ensemble à l’ouverture d’un nouvel horizon national, qui redonne sa place au dialogue et à la participation, préserve l’avenir des générations futures, et garantit à la Tunisie son unité, sa place et sa dignité.

Signataires :

Président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme — Bassem Trifi ;  

Bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie — Boubaker Ben Thabet ;

Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) — Slaheddine Selmi.

* Au célèbre Quartet, il manque l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’Artisanat (patronat). On ne sait pas si l’organisation patronale a été sollicitée et qu’elle a refusé de se joindre à l’initiative. Son absence, en tout cas, pose des questions. Il faut dire que sa direction actuelle est totalement illégale puisque l’organisation n’a pas tenu son congrès depuis plusieurs années.  

L’article Un nouveau cadre de dialogue national pour sortir la Tunisie de la crise    est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

UGTT – Ordre des avocats – LTDH : la sonnette d’alarme

Dans un communiqué commun publié jeudi 3 septembre 2026, l’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH dressent un tableau sévère de la situation actuelle en Tunisie. Et ce, entre crise politique, économique et sociale profonde, érosion des droits et libertés, instrumentalisation de la justice, détérioration des conditions carcérales et recul de la liberté des médias.

Les trois organisations pointent aussi les pénuries d’eau, d’électricité et de médicaments, la flambée des prix et le désespoir qui alimente la migration irrégulière des jeunes Tunisiens. Tout en citant notamment le drame de Ben Guerdane.

Elles imputent la responsabilité de cette dégradation au pouvoir en place après « cinq ans » de gestion sans dialogue ni transparence. Et elles appellent à une révision globale des politiques et à l’ouverture d’un « dialogue sociétal » sérieux.

Pour ce faire, elles annoncent la création d’un « cadre de coordination commun » ouvert à toutes les forces démocratiques. Tout en évitant, selon des commentaires accompagnant le texte, toute montée en gamme militante ou escalade revendicative.

L’article UGTT – Ordre des avocats – LTDH : la sonnette d’alarme est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

L’UGTT, le Barreau et la LTDH renforcent leur coordination

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), ont annoncé la création d’un « cadre de coordination commun », destiné, selon elles, à « défendre les intérêts de la Tunisie et les Tunisiens, préserver les droits et les libertés et soutenir l’État de droit et des institutions ».

Cette initiative est ouverte à « toutes les forces vives et démocratiques » ainsi qu’aux acteurs nationaux. Elle vise à dessiner de nouveaux horizons fondés sur le dialogue et la participation, précisent les trois organisations nationales dans une déclaration commune publiée jeudi.

Selon les signataires, la Tunisie traverse une « profonde crise politique, économique et sociale » en raison de choix et de politiques ayant largement contribué à la baisse du pouvoir d’achat ainsi qu’à l’extension de la pauvreté, du chômage et de la précarité.

Les organisations ont également exprimé leur « inquiétude » face à ce qu’elles décrivent comme un recul dans le domaine des droits et des libertés, ainsi qu’à un « resserrement de l’espace politique, syndical et civil », outre ce qu’elles considèrent comme une « atteinte à l’indépendance de la justice ».

Dans leur déclaration, les trois organisations critiquent la situation dans les prisons et les centres de détention, ainsi que l’état de la liberté de la presse et les « restrictions visant les journalistes ».

Sur le plan social et économique, les organisations évoquent « une aggravation des difficultés d’approvisionnement en eau, en électricité, en médicaments et en certains produits de première nécessité, ainsi que la hausse des prix ».

Elles ont appelé à une révision globale des choix économiques et sociaux ainsi que des politiques publiques, et à l’ouverture d’un processus de dialogue sociétal susceptible, selon elles, de déboucher sur des solutions économiques, sociales et politiques, tout en préservant l’unité du pays et en protégeant les droits et les libertés.

Les organisations affirment que la création de ce cadre de coordination procède d’une « responsabilité historique », qui impose de rester vigilants, de préserver les acquis du peuple, de défendre l’État de droit et les institutions, de préserver l’indépendance de la société civile et de protéger les droits et les libertés.

La déclaration a été signée au siège de l’UGTT par le secrétaire général de l’Union Slaheddine Selmi, le bâtonnier de l’Ordre des avocats Boubaker Bethabet et le président de la LTDH Bassam Trifi.

L’article L’UGTT, le Barreau et la LTDH renforcent leur coordination est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Phosphate | Trois jours de grève à la CPG

Les agents et les cadres de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) ont entamé, ce mardi 1er septembre 2026, une grève de trois jours, a indiqué Rim Helal, secrétaire générale de la Fédération générale des mines relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), citée par Diwan FM.

La grève concerne tous les services administratifs de la CPG, a-t-elle ajouté, en précisant qu’à 8 heures du matin, le taux de participation s’élevait à environ 95 %.

Il convient de rappeler que l’UGTT avait décidé d’observer une grève totale les 1er, 2 et 3 septembre 2026 sur tous les sites de travail de la CPG, à Gafsa, justifiant cette décision par l’absence de réponse aux revendications des agents et des cadres, notamment en termes d’augmentation salariale.

La CPG se porte mal depuis 2011 et sa production peine depuis à atteindre 4 millions de tonnes par an, contre 8 millions de tonnes en 2010. En revanche, ses dépenses ont explosé du fait des innombrables recrutements effectués au cours des quinze dernières années pour acheter la paix sociale dans le bassin minier, sans vraiment y arriver. La preuve : la grève de trois jours actuelle.  

I. B.

L’article Phosphate | Trois jours de grève à la CPG est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

UGTT : la révolte des régions face au bureau national

Que se passe-t-il actuellement au sein des sections régionales de l’UGTT ? Réunies séparément samedi 29 août 2026, les instances régionales de Siliana et de Mahdia n’excluent plus une grève générale, et au passage réclament une amnistie générale ainsi qu’une réforme de la justice.

La grève générale figure désormais parmi les options envisagées par plusieurs structures régionales de l’UGTT. Réunie samedi 29 août 2026 sous la présidence du secrétaire général adjoint chargé des affaires juridiques, Fakher Eddine Aouiti, l’instance administrative régionale de l’Union régionale du travail de Siliana a qualifié la situation économique, sociale et politique du pays de « sans précédent ». Le même jour, l’instance administrative régionale de l’UGTT à Mahdia a adopté une position similaire, se déclarant prête à défendre les revendications des travailleurs et de la population « par tous les moyens légaux et légitimes, y compris la grève générale ».

Un diagnostic sévère de la situation du pays

À Siliana, les responsables syndicaux ont sévèrement critiqué la gestion du pays. Ils dénoncent la « concentration de la décision, l’absence de dialogue ainsi que des atteintes aux libertés, au droit syndical et à l’activité de la société civile ». L’instance pointe également une dégradation continue de la situation économique et sociale : endettement, inflation, chômage et pauvreté s’ajoutent, selon elle, aux difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises. Les services publics ne sont pas épargnés, la santé, l’éducation et le transport figurant parmi les secteurs jugés en déclin.

À Mahdia, les syndicalistes ont insisté sur d’autres aspects de la crise, évoquant la hausse des prix, la dégradation du pouvoir d’achat, les pénuries de produits essentiels et des coupures répétées d’eau et d’électricité.

Des revendications précises adressées aux autorités

Face à cette situation, l’instance de Siliana appelle les autorités à renoncer à « l’unilatéralisme » et à lancer une initiative destinée à apaiser les tensions et à prévenir une possible explosion sociale.

Parmi ses revendications figure une amnistie générale en faveur des personnes détenues en raison de leurs opinions, publications ou activités syndicales, politiques et civiles; à l’exception des personnes impliquées dans des crimes établis. L’instance demande aussi une réforme garantissant l’indépendance de la justice, ainsi que l’ouverture d’un dialogue général et inclusif consacré au diagnostic de la crise et à la recherche de solutions. Sur le plan syndical, elle exige l’abandon de décisions qu’elle juge « injustes et illégales » concernant la négociation collective et le droit syndical, ainsi que le respect des accords déjà conclus avec les travailleurs.

À Mahdia, les syndicalistes ont pour leur part appelé les autorités à s’attaquer aux causes des mouvements de protestation sociale, plutôt qu’à privilégier des réponses sécuritaires et judiciaires.

Une position partagée par d’autres régions, prise indépendamment du bureau exécutif national

L’instance de Siliana affirme être disposée à participer à « toutes les formes de lutte pacifiques et légitimes » que pourraient décider les structures syndicales, y compris la grève générale. Des positions comparables à celles exprimées à Mahdia ont également été défendues par plusieurs autres structures régionales de l’UGTT, notamment celle de Tozeur.

Ces prises de position ont été adoptées indépendamment du bureau exécutif national de l’UGTT. Elles interviennent quelques jours après un communiqué virulent de l’Union régionale du travail de Sfax, qui s’en était pris frontalement au pouvoir. Cette succession de déclarations régionales interroge sur la relation entre les structures régionales et le bureau national de la centrale syndicale.

L’article UGTT : la révolte des régions face au bureau national est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Ben Guerdane : Une marche syndicale lundi contre le « resserrement économique »

Une marche de protestation est annoncée lundi 31 août 2026 à Ben Guerdane pour dénoncer la détérioration de la situation économique et du développement dans la ville, ainsi que les difficultés persistantes affectant le commerce transfrontalier à Ras Jedir.

Le rassemblement doit partir à 9h du siège de l’Union locale du travail de Ben Guerdane, à l’appel de l’Union régionale du travail de Médenine et de l’Union locale.

La décision a été prise samedi 29 août lors d’une réunion du bureau exécutif de l’Union locale avec des représentants des syndicats de base.

Selon les organisateurs, la mobilisation vise à protester contre ce qu’ils qualifient de « resserrement économique continu », la détérioration de la situation du développement à Ben Guerdane et la perturbation de l’activité du commerce transfrontalier à travers Ras Jedir depuis plus de deux ans.

L’organisation syndicale appelle les habitants de la ville à participer à la marche.

Ras Jedir au centre des revendications

La situation du commerce à travers Ras Jedir constitue depuis plusieurs mois l’un des principaux motifs de mécontentement à Ben Guerdane.

En mai dernier, le député Ali Zghoudoud avait notamment affirmé que les échanges commerciaux en provenance de Libye étaient fortement perturbés depuis mars 2024, évoquant des délais pouvant atteindre plusieurs jours pour certains voyageurs et commerçants.

Il convient toutefois de distinguer ces difficultés du fonctionnement du poste-frontière lui-même. Ras Jedir demeure ouvert et la circulation des personnes et des véhicules se poursuit. Les revendications portent essentiellement sur les conditions dans lesquelles s’effectuent les échanges et sur les restrictions affectant le petit commerce transfrontalier.

Une mobilisation après plusieurs jours de tension

Cette marche intervient également dans un contexte particulièrement lourd pour Ben Guerdane.

La ville a été frappée par le récent naufrage d’une embarcation transportant des migrants irréguliers, dont le bilan définitif s’est établi à 15 morts — 14 originaires de Ben Guerdane et un de Zarzis — et un survivant.

Dans un communiqué publié le 23 août, l’Union locale du travail avait déjà réclamé des solutions urgentes aux problèmes économiques et sociaux de la région et appelé à résoudre les difficultés du commerce transfrontalier à Ras Jedir. Elle avait alors elle-même établi un lien entre la situation économique de la ville et les risques pris par certains jeunes pour tenter de rejoindre l’Europe.

Le nouvel appel à manifester lundi marque ainsi le passage à une mobilisation syndicale organisée autour de revendications économiques et de développement, sans que la marche soit officiellement présentée comme directement liée au naufrage.

Lire aussi:

L’article Ben Guerdane : Une marche syndicale lundi contre le « resserrement économique » est apparu en premier sur webdo.

  •  

Dialogue social en panne : l’UGTT Sfax accuse !

L’Union régionale du travail de Sfax, structure affiliée à l’Union générale tunisienne du travail, a publié, mercredi 26 août 2026, un communiqué sévère à l’égard du gouvernement, qu’elle qualifie de « système du 25 juillet » et dont elle critique la gestion socio-économique. Signé par le secrétaire général régional, Mohamed Abbas, le texte appelle au rétablissement du dialogue social.

Une telle déclaration, en raison de sa portée nationale, relève en principe du bureau exécutif de la centrale syndicale plutôt que d’une structure régionale.

Le communiqué détaille plusieurs difficultés concrètes : coupures répétées d’eau et d’électricité, inflation, pénuries de produits de première nécessité, et absence de régulation face à la spéculation et aux monopoles. Il alerte également sur le désespoir croissant de la jeunesse, que le blocage des perspectives pousse, selon lui, vers l’émigration irrégulière, citant à cet égard les drames survenus à Ben Guerdane et à Zarzis.

Sur le plan politique, l’organisation dénonce une gestion unilatérale et l’absence de concertation avec l’UGTT. Elle reproche aussi au gouvernement de recourir régulièrement à la rhétorique du complot et aux accusations de trahison pour justifier les problèmes économiques du pays, une approche qu’elle juge populiste, qui cache mal la réalité des crises…

Le bureau régional de Sfax réaffirme sa détermination à assumer ses responsabilités syndicales dans le contexte actuel, prévenant qu’il refusera que la population supporte seule les conséquences de la crise économique et de l’impasse politique.

L’article Dialogue social en panne : l’UGTT Sfax accuse ! est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Carburants | Menace de grève des transporteurs pour les 23 et 24 septembre   

Comme si, en pleine canicule estivale, les coupures fréquentes d’électricité et d’eau du robinet, les pénuries d’eau embouteillée, les longs retards des vols de la compagnie nationale Tunisair, entre autres désagréments, ne suffisaient pas au malheur des Tunisiens, voilà que l’on annonce, pour très bientôt, de longues files d’attente devant les stations d’essence pour remplir les réservoirs des voitures.  

Le département du secteur privé de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a émis, ce jeudi 27 août 2026, un préavis de grève pour le secteur du transport d’hydrocarbures, annonçant une grève sectorielle les 23 et 24 septembre 2026 sur tous les lieux de travail à travers le territoire national.

Les représentants des travailleurs du secteur, réunis hier mercredi au siège de l’UGTT sous la supervision du secrétaire général adjoint chargé du secteur privé et du secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, ont justifié cette grève par le non-respect, par les parties administratives, de l’application des accords antérieurs, notamment celui conclu le 2 mai 2019,ainsi que des obligations légales, principalement la couverture sociale auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), indique le préavis de grève, dont une copie a été adressée aux ministres des Affaires sociales, de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, de l’Intérieur, du Commerce et du Développement des exportations, ainsi qu’au ministre du Transport, au directeur des conflits du travail et de la promotion des relations professionnelles, au président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), au président de la Chambre nationale du transport de matières dangereuses (relevant de l’Utica) et aux représentants légaux des entreprises de transport de marchandises et d’hydrocarbures, précise encore le préavis de grève.

Si, donc, d’ici le 23 mai, rien ne serait fait pour régler ce problème, c’est que personne, parmi tous ces responsables, ne se soucie de soulager les Tunisiens des maux qui les accablent.

I. B.  

L’article Carburants | Menace de grève des transporteurs pour les 23 et 24 septembre    est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Carburants : Pas de grève ce mardi, une réunion décisive prévue mercredi

Contrairement aux informations circulant sur les réseaux sociaux, aucune grève dans le transport des carburants n’est prévue ce mardi 25 août. L’UGTT dément cette information, alors qu’une réunion syndicale prévue mercredi pourrait déterminer la suite du mouvement.

La rumeur d’une nouvelle perturbation dans l’approvisionnement en carburants s’est propagée lundi soir sur les réseaux sociaux, quelques jours seulement après le mouvement des chauffeurs de camions-citernes qui avait provoqué des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs stations-service.

Ghassen Ksibi, chargé de l’information au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a cependant démenti l’existence d’une décision de grève pour ce mardi.

Dans une publication sur sa page Facebook, il indique avoir pris directement contact avec Selim Sehimi, secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, ainsi qu’avec Selouan Smiri, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé des relations internationales et arabes.

Tous deux lui ont confirmé que l’information faisant état d’une grève dans le transport des carburants était « incorrecte » et qu’aucune intention de faire grève ce mardi n’existait.

Des négociations toujours en cours

Le démenti ne signifie toutefois pas que le conflit social est réglé.

Selon Ghassen Ksibi, des contacts et des négociations sont actuellement en cours autour de plusieurs revendications des chauffeurs assurant le transport des hydrocarbures.

Parmi les dossiers évoqués figure notamment une prime faisant l’objet d’un accord remontant à 2018, ainsi que la régularisation de la situation relative à la couverture sociale et d’autres questions professionnelles.

Le secteur avait déjà connu une forte tension jeudi dernier lorsqu’un mouvement des chauffeurs de camions-citernes avait perturbé la sortie des carburants depuis la zone pétrolière de Radès. La reprise des livraisons avait ensuite permis un retour progressif à la normale dans les stations-service.

Mercredi, journée décisive

La prochaine étape est désormais fixée à mercredi 26 août.

La Fédération générale du pétrole et des produits chimiques s’est entendue avec les représentants syndicaux pour tenir une réunion destinée à évaluer les avancées obtenues et, notamment, la volonté de la partie administrative de répondre aux revendications des travailleurs.

Si aucune avancée n’est constatée, les syndicats pourraient alors déposer officiellement un préavis de grève, conformément aux procédures en vigueur.

Cette démarche ouvrirait une nouvelle phase de négociations. Ce n’est qu’en cas d’échec de celles-ci qu’une grève pourrait effectivement être organisée.

Ghassen Ksibi appelle ainsi à ne pas relayer les informations non vérifiées susceptibles d’alimenter inquiétude et confusion, alors qu’aucune décision de grève n’a, pour l’heure, été prise.

Pour les automobilistes, aucune nouvelle perturbation liée à un mouvement de grève n’est donc annoncée ce mardi. L’attention se tourne désormais vers la réunion de mercredi et vers l’éventuelle décision des syndicats de déposer — ou non — un préavis de grève.

Lire aussi:

L’article Carburants : Pas de grève ce mardi, une réunion décisive prévue mercredi est apparu en premier sur webdo.

  •  

Tunisie | Les transporteurs de carburants maintiennent la pression

La Fédération générale du pétrole s’apprête à émettre un préavis de grève dans le secteur du transport d’hydrocarbures dans les prochains jours, pour dénoncer la situation des travailleurs et exiger l’application des procès-verbaux d’accords antérieurs restés lettre morte.

Salwan Smiri, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a expliqué, samedi 22 août 2026, dans l’émission  ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, que cette décision fait suite à l’annulation d’une réunion de négociation conjointe qui devait réunir toutes les parties prenantes ; cette réunion avait été programmée après l’intervention de la centrale syndicale pour suspendre une grève spontanée menée par les chauffeurs de camions la semaine écoulée et qui s’est traduite par une pénurie de carburants et des longues files d’attente des automobilistes dans les stations-services.

M. Smiri a précisé que les négociations se sont limitées à des réunions parallèles : le ministère de l’Industrie et de l’Énergie, en tant qu’autorité de tutelle, a rencontré les dirigeants des entreprises de transport et de distribution d’hydrocarbures, tandis que la fédération syndicale s’est réunie avec les syndicats de base et les représentants des travailleurs pour formuler leurs revendications. Ces dernières portent essentiellement sur le respect des délais de versement des dus financiers et de délivrance des cartes de soins.

M. Smiri a également indiqué que les discussions entre l’autorité de tutelle et les entreprises se poursuivraient demain, lundi 24 août 2026, afin d’élaborer une solution globale concernant l’ensemble des établissements. Il a enfin souligné que le secteur du transport d’hydrocarbures est détenu à 99 % par le secteur privé et a rappelé que les préavis de grève émis par le passé avaient tous abouti à des solutions à l’amiable lors des réunions, permettant de résoudre les problèmes sans en arriver à une grève effective.

I. B.

L’article Tunisie | Les transporteurs de carburants maintiennent la pression est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Etude sur l’échec de la réforme économique en Tunisie

Sabina Henneberg, chercheuse au Washington Institute, spécialiste de la Tunisie, vient de publier un ouvrage intitulé ‘‘Why Economic Reform Failed in Tunisia’’ (Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie), une sorte de bilan de l’action des quatre principaux bailleurs de fonds dans un pays en transition depuis la «révolution» du 14 janvier 2026.

Dans cette étude approfondie, Sabina Henneberg retrace les efforts déployés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les États-Unis et l’Union européenne pour soutenir les réformes économiques en Tunisie au cours de la décennie ayant suivi la révolution.

Au cours de la décennie ayant suivi les soulèvements du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s’est imposée comme le pays de la région offrant les meilleures perspectives de transition démocratique, fort de réalisations telles qu’une nouvelle Constitution, des élections libres et équitables, ainsi que la mise en place de commissions traitant de la corruption, de la liberté des médias et des droits des femmes. En réponse, les acteurs internationaux ont apporté un soutien politique marqué à ce pays d’Afrique du Nord, assorti d’importantes promesses d’aide financière.

Toutefois, tout en reconnaissant que la réussite politique de la Tunisie devait s’appuyer sur des réformes économiques, ces acteurs ne sont pas parvenus à s’adapter à des évolutions préoccupantes, notamment la résistance au changement du syndicat national, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux effets déstabilisateurs du terrorisme et aux ingérences d’acteurs extérieurs, analyse la chercheuse.

Si la porte peut sembler fermée aujourd’hui, alors que le président Kaïs Saïed consolide son pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, l’étude explique comment de futures initiatives pourraient rencontrer un succès accru en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme, en conditionnant l’aide à la mise en œuvre de réformes et en privilégiant un dialogue soutenu avec le public tunisien.

I. B.

Lire l’étude en anglais.

L’article Etude sur l’échec de la réforme économique en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

L’UGTT en crise financière : Des locaux régionaux fermés pour impayés de loyer

La crise financière que traverse l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) commence désormais à se traduire concrètement dans le fonctionnement de ses structures régionales et locales. Au Kef, la fermeture des locaux des unions locales de Tajerouine et Dahmani, faute de paiement des loyers pendant plusieurs mois, vient illustrer les difficultés auxquelles fait face la centrale syndicale.

Dans un communiqué destiné à l’opinion syndicale, l’Union régionale du travail du Kef a expliqué que la fermeture des deux locaux intervient en raison de plusieurs mois d’impayés. La décision a été prise par le service chargé des locations au sein de l’UGTT.

L’organisation précise toutefois que la mesure ne concerne pas uniquement Tajerouine et Dahmani. Elle s’inscrit dans une démarche plus large touchant les différentes structures locales de l’UGTT installées dans des locaux loués.

L’Union régionale du travail du Kef a notamment remercié les propriétaires des deux locaux pour leur patience et pour avoir accepté de patienter plusieurs mois sans engager de procédures judiciaires ni procéder à une saisie des équipements de l’organisation.

Face à cette situation, les responsables syndicaux du Kef ont appelé les syndicalistes à contribuer à la recherche de solutions permettant de sortir de cette crise et d’en limiter les conséquences sur l’activité syndicale aux niveaux régional et national.

Une crise financière qui ne date pas d’aujourd’hui

La situation au Kef intervient dans un contexte de difficultés financières plus larges au sein de l’UGTT. La principale centrale syndicale tunisienne a vu ses ressources se contracter après la suspension, par le gouvernement, du mécanisme de prélèvement direct des cotisations syndicales sur les salaires.

Ce mécanisme constituait depuis des années une source de financement régulière pour l’organisation. Sa suspension au début de 2026 a privé l’UGTT d’une partie importante de ses recettes automatiques et l’a contrainte à compter davantage sur le paiement volontaire des cotisations par ses adhérents.

Lire aussi : L’UGTT en mode austérité : Coup de frein sur les primes, la voiture du SG mise en vente

Cette décision est intervenue alors que les relations entre le pouvoir exécutif et la centrale syndicale étaient déjà particulièrement tendues. L’UGTT avait vivement contesté la remise en cause du prélèvement direct, présenté par ses dirigeants comme un mécanisme facilitant le financement de l’activité syndicale.

Des mesures d’austérité au niveau national

La nouvelle direction de l’UGTT, issue du congrès extraordinaire de mars 2026 et dirigée par Salah Eddine Salmi, a elle-même reconnu l’ampleur des difficultés financières.

Dès le mois d’avril, le nouveau bureau exécutif national avait décidé de mettre en place une commission composée d’experts et de syndicalistes afin d’élaborer une stratégie destinée à traiter les difficultés financières de l’organisation. Il avait également décidé de suspendre les indemnités accordées aux membres du bureau exécutif national et annoncé la cession du véhicule mis à la disposition du secrétaire général afin de renforcer les ressources de la centrale.

En juillet, l’UGTT a encore renforcé ses mesures de rationalisation des dépenses. Une note adressée aux unions régionales a notamment indiqué que les recettes provenant des cotisations devaient être affectées en priorité au paiement des salaires des employés de l’organisation.

L’article L’UGTT en crise financière : Des locaux régionaux fermés pour impayés de loyer est apparu en premier sur webdo.

  •  

L’UGTT dénonce une remise en cause de son indépendance lors de l’hommage à Ahmed Tlili

À l’occasion du 59e anniversaire de la disparition d’Ahmed Tlili, figure historique du syndicalisme tunisien, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a mêlé devoir de mémoire et message politique. Son secrétaire général, Slaheddine Selmi, a estimé que la centrale syndicale traversait aujourd’hui l’une des périodes les plus critiques de son histoire, qu’il a présentée comme...

L’article L’UGTT dénonce une remise en cause de son indépendance lors de l’hommage à Ahmed Tlili est apparu en premier sur Business News.

  •  
❌