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Tunisie. Khouloud Toumi : « Le meilleur dédommagement d’une PME est d’éviter que les délestages se reproduisent »

La Tunisie a connu tout au long de l’été 2026 des pannes de son système électrique d’une ampleur inédite, en raison d’un déficit de capacité d’environ 2000 mégawatts qui n’a pas été comblé à temps par les pouvoirs publics, malgré…

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Cybersécurité : la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzeri, passe à l’action

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzeri, renforce les règles de sécurité numérique dans l’administration tunisienne. Sa circulaire n°5, datée du 2 septembre 2026, s’adresse aux ministres, secrétaires d’État, walis ainsi qu’aux responsables des établissements et entreprises publics.

Le texte rend obligatoire l’application d’une note technique de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI) destinée aux responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) du secteur public.

Des règles plus strictes pour les sites et les données publics

La circulaire s’appuie sur plusieurs textes déjà en vigueur. Elle fait notamment référence à la loi organique de 2004 sur la protection des données personnelles, ainsi qu’aux textes adoptés en 2020 et 2023 sur les échanges électroniques et la cybersécurité.

Les plateformes de l’administration devront être hébergées auprès de prestataires agréés. Cela concerne notamment le Centre national de l’informatique, les centres sectoriels, les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs télécoms autorisés.

Les sites publics devront également utiliser le protocole HTTPS et des certificats SSL/TLS régulièrement renouvelés. L’authentification à plusieurs facteurs sera aussi requise pour les utilisateurs.

Avant leur mise en ligne, les sites devront faire l’objet d’un contrôle de sécurité réalisé par un prestataire agréé par l’ANSI. Ce contrôle devra ensuite être renouvelé au moins une fois par an. Le recours à des solutions de protection contre les attaques DDoS est également recommandé.

La circulaire encadre aussi l’utilisation des messageries professionnelles. Les échanges officiels devront passer par des adresses en « .tn ». Les comptes inutilisés devront être désactivés et les connexions devront être enregistrées.

Ce nouveau cadre pourrait créer davantage d’opportunités pour les entreprises tunisiennes spécialisées dans la cybersécurité. Les besoins pourraient notamment augmenter dans l’audit informatique, la protection contre les attaques DDoS et la formation des responsables de la sécurité informatique.

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STB : un premier semestre en demi-teinte

Au terme du premier semestre 2026, la Société Tunisienne de Banque (STB Bank) affiche un bilan en hausse et un retour de la croissance des crédits. Toutefois, l’analyse de ses états financiers confirme une tendance marquée : l’exposition accrue de la banque publique aux titres d’État.

La STB Bank a publié ses états financiers arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’une progression de 3,5 % de son total bilan. Il s’établit désormais à 15 901 millions de dinars (MDT); contre 15 360 MDT à la fin de l’exercice précédent. Cette dynamique s’accompagne d’une reprise de l’octroi de financements à l’économie et d’une consolidation des dépôts de la clientèle.

L’un des faits marquants de ce premier semestre réside dans le rôle prépondérant joué par la STB dans le financement du budget national. L’encours des titres souverains (principalement les Bons du Trésor Assimilables – BTA) détenus par la banque a progressé de 8 %, pour atteindre 4 680 MDT à la fin juin 2026.

Si ce positionnement garantit des rendements stables et peu risqués, il illustre la dépendance continue du Trésor public vis-à-vis du secteur bancaire local pour couvrir le déficit budgétaire.

Sur le plan prudentiel, la direction de la banque se veut rassurante. La STB affiche des ratios de liquidité à court terme (LCR) et de transformation (LTD) jugés solides. Ils sont soutenus par la collecte de ressources. Ces indicateurs permettent à l’établissement de maintenir sa marge de manœuvre pour accompagner ses partenaires économiques tout en renforçant ses fonds propres.

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Le résultat net de la BNA Bank progresse de 14 %

La Banque Nationale Agricole (BNA) a clôturé le premier semestre 2026 avec un résultat net de 156,3 millions de dinars (MDT). Il correspond à une progression de 14 % par rapport à la même période de 2025.

Quant au PNB de la banque publique, il affiche une croissance de 4,3 % au 30 juin 2026, à 560,1 MDT, soutenue par la nette hausse des revenus du portefeuille d’investissement de la BNA.

De son côté, le résultat d’exploitation a enregistré 4,8 % de progression à 242 MDT.

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Diaspora africaine : quand les transferts de fonds deviennent un levier immobilier

Les transferts de fonds de la diaspora deviennent une source de capitaux de plus en plus importante pour l’immobilier africain. Selon le rapport Real Estate Investment in Africa de LEAF Africa, les remises migratoires vers le continent ont atteint 96,4 milliards de dollars en 2024, contre environ 10 milliards au début des années 2000. Une partie de ces ressources est orientée vers l’achat de terrains, la construction de logements et l’acquisition de résidences secondaires.

Le phénomène est particulièrement visible dans les principaux pays bénéficiaires. L’Égypte a reçu environ 22,7 milliards de dollars en 2024, suivie du Nigeria avec 19,8 milliards, du Maroc avec près de 12 milliards, puis du Kenya et du Ghana.

Pour le secteur immobilier, ces flux représentent un réservoir de capitaux relativement important. Les membres de la diaspora disposent souvent de revenus en devises, ce qui leur donne une capacité d’investissement différente de celle des ménages dépendant uniquement des revenus locaux. Au Nigeria, par exemple, les transferts de fonds coexistent avec un marché immobilier estimé à 2 600 milliards de dollars, le plus important du continent selon LEAF Africa.

Le défi : orienter les capitaux vers la demande réelle

L’arrivée de ces capitaux ne règle toutefois pas le principal problème du marché africain : le manque de logements accessibles. Dans la plupart des pays du continent, le crédit hypothécaire reste peu développé, avec une pénétration inférieure à 5 % du PIB dans la majorité des marchés. Dans le même temps, une part importante de l’offre immobilière cible les ménages les plus aisés.

Pour les investisseurs, cette situation ouvre donc des opportunités au-delà du haut de gamme. Le logement intermédiaire et abordable, mais aussi les entrepôts logistiques, les commerces, les résidences étudiantes et les infrastructures liées à l’économie numérique figurent parmi les segments appelés à bénéficier de l’urbanisation du continent.

La diaspora pourrait ainsi jouer un rôle plus important dans le financement de cette transformation, à condition que les capitaux soient mieux connectés aux besoins locaux. Pour les promoteurs, l’enjeu sera de proposer des projets à la fois rentables, accessibles et sécurisés. Pour les investisseurs expatriés, la transparence foncière, la fiabilité des promoteurs et la gestion à distance resteront des critères déterminants.

Le potentiel est donc moins dans une simple hausse des prix que dans la capacité à transformer les flux de la diaspora en actifs répondant aux besoins réels des villes africaines.

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Siliana : une secousse tellurique de magnitude 3,1 enregistrée à El Krib

Les stations sismologiques relevant de l’Institut national de la météorologie (INM) ont enregistré, jeudi, 03 septembre 2026, à 11h50 (heure locale), une secousse tellurique d’une magnitude de 3,1 sur l’échelle de Richter. D’après les analyses préliminaires, l’épicentre de la secousse a été localisé à 36,33 degrés de latitude et 8,98 degrés de longitude, dans une région à l’ouest d’El Krib, gouvernorat de Siliana.

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L’énergie nucléaire | Une solution souveraine pour la Tunisie ?

Dans le contexte de déficit énergétique structurel actuel de la Tunisie, l’idée d’utiliser l’uranium contenu dans nos phosphates pour alimenter une centrale nucléaire nationale ne doit pas être vue comme un simple expédient, mais comme une opportunité historique de rupture stratégique. (Photo : Le phosphate, une ressources minière nationale insuffisamment valorisée).

Elyes Kasri *

La Tunisie traverse une crise énergétique structurelle dont les répercussions se traduisent déjà par de graves perturbations de la vie sociale et économique (coupures d’électricité récurrentes, surcoûts industriels, dégradation de la compétitivité et du pouvoir d’achat).

Cette situation menace de s’aggraver sous la pression conjuguée de trois facteurs critiques : les perspectives alarmantes du réchauffement climatique qui accentuent le stress hydrique et les pics de consommation ; la volatilité extrême du marché mondial des hydrocarbures qui fragilise les finances publiques ; et la lenteur préoccupante de la transition vers les énergies renouvelables qui peine à atteindre les objectifs tracés et a peu de chances de combler le déficit actuel.

Dans ce contexte d’urgence, l’idée d’utiliser l’uranium contenu dans nos phosphates pour alimenter une centrale nucléaire nationale ne doit pas être vue comme un simple expédient, mais comme une opportunité historique de rupture stratégique.

Mathématiquement, la ressource est disponible dans notre sous-sol. Bien au-delà de la simple production d’électricité, cette formule pourrait devenir le moteur d’une véritable souveraineté énergétique, hydrique, industrielle et géopolitique à long terme.

Risques des choix énergétiques dogmatiques

L’histoire récente de l’Europe nous offre un cas d’école sur les dangers d’une mauvaise planification à long terme.

L’élan européen vers le démantèlement de la filière nucléaire fait aujourd’hui l’objet de profonds regrets. Ce renoncement, couplé au retard pris par la transition vers les énergies renouvelables, a provoqué une explosion inédite des coûts de l’énergie.

Cette crise est parvenue à fragiliser l’Allemagne, longtemps considérée comme le moteur économique incontesté de l’Europe. La vague inouïe de faillites et de licenciements massifs qui frappe tous les pans de l’industrie allemande — touchant jusqu’aux géants historiques de l’automobile — est désormais analysée comme la résultante directe de choix énergétiques douteux et d’une dépendance totale vis-à-vis du gaz russe qui n’a pas résisté à la volatilité géostratégique.

La question stratégique : face à ces enseignements historiques majeurs, la Tunisie peut-elle se permettre de calquer son avenir sur des modèles qui ont échoué ? Ne devons-nous pas, au contraire, sécuriser notre destin en sanctuarisant une source d’énergie de base stable, pilotable et locale, plutôt que de lier notre survie industrielle à des importations de gaz soumises aux mêmes instabilités mondiales ?

La souveraineté énergétique pour sanctuariser la Tunisie

La dépendance actuelle de la Tunisie vis-à-vis du gaz importé d’Algérie dicte en partie ses marges de manœuvre régionales, dans un environnement marqué par de profondes incertitudes.

Le principal fournisseur de gaz de la Tunisie se trouve aujourd’hui enserré par une ceinture d’instabilité et de feu à ses propres frontières, ce qui fait peser un risque permanent sur la fluidité et la continuité de sa situation politico-sécuritaire interne.

En parallèle, on observe des projets et des velléités de contourner la Tunisie par de nouveaux corridors de distribution de gaz et d’hydrogène vert. Même si la faisabilité technique et financière de ces tracés alternatifs reste hautement aléatoire à court terme, leur simple programmation dessine une volonté d’isolement géo-économique de notre pays qu’une démarche stratégique rigoureuse ne peut feindre d’ignorer.

La question stratégique : en développant une filière nucléaire civile autonome basée sur ses propres phosphates, la Tunisie ne s’offrirait-elle pas un véritable bouclier de souveraineté ? Cette autonomie énergétique absolue n’est-elle pas la condition sine qua non pour sanctuariser le pays face aux velléités hégémoniques régionales, déjouer les stratégies d’isolement infrastructurel et immuniser définitivement notre sécurité nationale contre les secousses politiques de notre voisinage ?

Le couplage énergie-eau comme réponse au stress hydrique

Le réchauffement climatique impose une pression sans précédent sur nos ressources en eau douce, faisant du dessalement de l’eau de mer une obligation vitale pour la survie du pays, bien que cette solution soit extrêmement lourde en consommation électrique.

Un programme nucléaire moderne offre la possibilité technique de concevoir des centrales à cogénération, capables de produire simultanément de l’électricité et de l’énergie thermique.

La question stratégique : en couplant directement la centrale nucléaire à des unités de dessalement de l’eau de mer, la Tunisie ne ferait-elle pas d’une pierre deux coups ? Ce programme ne permettrait-il pas de sécuriser l’approvisionnement en eau potable des grands centres urbains et des régions agricoles du pays à un coût de production stable, décarboné et totalement déconnecté des fluctuations des énergies fossiles ?

Un saut industriel inédit pour une ambition technologique

Aujourd’hui, notre industrie des phosphates exporte une part importante de sa production sous forme de produits à faible ou moyenne valeur ajoutée (minerai brut, engrais classiques).

L’intégration d’unités de récupération de l’uranium au sein de nos complexes chimiques modifierait en profondeur l’économie globale du secteur.

La question stratégique : en transformant le Groupe chimique tunisien (GCT) en un producteur de métaux stratégiques de haute technologie, la Tunisie ne donnerait elle pas une impulsion décisive à la modernisation de son industrie minière, tout en générant des coproduits à très forte valeur ajoutée capables de financer la restructuration du bassin minier de Gafsa ?

Le développement d’une filière atomique civile est un projet de nation qui tire vers le haut l’ensemble du système éducatif, scientifique et industriel d’un pays. C’est un accélérateur de compétences pour la Tunisie. Il s’agit d’un domaine de haute technologie qui exige l’excellence dans la recherche, la métallurgie, la chimie de précision et la sécurité.

La question stratégique : en mettant en place un tel cap technologique, la Tunisie ne se donnerait-elle pas les moyens de stopper la fuite de ses cerveaux en offrant des carrières d’excellence à ses jeunes ingénieurs, et en élevant le standard de notre tissu industriel national aux normes de sécurité internationales les plus strictes ?

Le nucléaire comme socle du renouvelable

Par nature, les énergies renouvelables (solaire et éolien) sont intermittentes et nécessitent une énergie de «base» stable pour faire tourner les usines et les stations de dessalement de l’eau, jour et nuit.

La question stratégique : plutôt que d’opposer les technologies, la Tunisie ne gagnerait-elle pas à concevoir la formule «Phosphates-Uranium» comme le socle de base stable et décarboné de son réseau, qui permettrait d’intégrer et de sécuriser un déploiement massif et serein du solaire, de l’éolien et de sa propre filière hydrogène dans tout le pays ?

L’extraction de l’uranium des phosphates et son utilisation nucléaire ne sont pas un saut dans l’inconnu pour la Tunisie, mais une trajectoire d’émancipation énergétique et hydrique éprouvée par d’autres nations émergentes.

La crise industrielle qui frappe actuellement l’Europe nous rappelle brutalement que l’absence de base énergétique souveraine brise les plus grandes puissances économiques.

La question centrale pour les décideurs est de déterminer si la Tunisie doit inscrire sa planification énergétique dans le temps long — celui des grands projets de sécurité nationale — afin de bâtir une infrastructure résiliente face aux crises géopolitiques régionales et d’asseoir sa stabilité future sur sa propre double richesse : ses phosphates et son accès à la mer.

* Ancien ambassadeur.

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Sucre : Une étude stratégique pour sécuriser un marché de 360.000 tonnes par an

La Tunisie lance une nouvelle réflexion sur sa filière sucrière avec le démarrage, le 1er septembre, d’une étude stratégique globale destinée à proposer des solutions pour restructurer le secteur, sécuriser l’approvisionnement et renforcer le stock stratégique. Réalisée par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), avec l’Office du commerce de la Tunisie (OCT) et les ministères du Commerce et de l’Industrie, cette étude intervient dans une filière où les besoins nationaux atteignent environ 360.000 tonnes de sucre blanc par an.

L’enjeu dépasse donc la seule constitution de réserves : il s’agit de revoir l’ensemble de la chaîne, de la production locale et du raffinage aux importations, au stockage et à la distribution, dans un marché fortement dépendant de l’extérieur.

360.000 tonnes à fournir chaque année

Le principal chiffre permet de mesurer immédiatement l’enjeu : les besoins tunisiens en sucre blanc sont estimés à environ 1000 tonnes par jour, soit 360.000 tonnes par an. Selon les données de l’ONAGRI, 54% de cette consommation est destinée directement aux ménages, tandis que 46% est absorbée par la transformation industrielle.

Autrement dit, près de 195.000 tonnes correspondent à la consommation directe des familles et environ 165.000 tonnes sont utilisées par les industries agroalimentaires et autres activités de transformation.

Cette structure est importante pour comprendre pourquoi une perturbation de l’approvisionnement peut rapidement se répercuter sur deux fronts : la disponibilité du sucre dans les circuits de distribution et les coûts des industries qui l’utilisent comme matière première.

Une production locale encore limitée

Face à ces besoins, la production tunisienne reste insuffisante pour assurer l’autosuffisance.

La relance de la culture de la betterave sucrière constitue l’un des principaux leviers envisagés ces dernières années. Pour la campagne 2025-2026, un programme portant sur environ 3000 hectares devait permettre de produire près de 30.000 tonnes de sucre, soit à peine plus de 8% des besoins annuels estimés à 360.000 tonnes.

La comparaison donne la mesure du chemin à parcourir : même avec 30.000 tonnes de sucre produites localement, il resterait plus de 330.000 tonnes à couvrir par d’autres sources pour satisfaire les besoins annuels.

La production agricole de betterave et la production de sucre blanc ne doivent toutefois pas être confondues : la première correspond au volume de betteraves récoltées, tandis que la seconde est le sucre obtenu après transformation industrielle.

Béja, une pièce centrale du dispositif

L’autre levier est industriel. La Société tunisienne du sucre (STS) de Béja constitue l’une des infrastructures stratégiques du pays pour le raffinage.

Après plusieurs mois d’arrêt, la raffinerie a bénéficié d’un programme d’investissement d’environ 16 millions de dinars, destiné à remettre à niveau les équipements et à permettre la reprise de l’activité. Le programme de restructuration doit également intégrer les questions environnementales et la pérennité de l’installation.

En avril 2024, la STS fonctionnait à un rythme de 500 tonnes de sucre par jour, soit environ la moitié des besoins quotidiens du marché tunisien. Une modernisation devait permettre de porter ce rythme à plus de 700 tonnes par jour.

Le problème n’est donc pas uniquement celui de la quantité de sucre disponible dans le pays : il concerne également la capacité à transformer, stocker et distribuer régulièrement le produit.

Pourquoi les importations restent déterminantes

Avec une consommation annuelle de l’ordre de 360.000 tonnes et une production locale encore limitée, les importations continuent de jouer un rôle central dans l’équilibre du marché.

Le modèle tunisien repose notamment sur l’importation de sucre brut destiné au raffinage, mais également sur l’importation de sucre déjà raffiné. Les données de l’ONAGRI faisaient ainsi état, pour 2018, de 254.000 tonnes de sucre brut de canne importées par l’OCT pour les raffineries et de 165.000 tonnes de sucre blanc raffiné destiné aux industriels et aux ménages. Ces chiffres sont anciens et ne constituent pas un bilan des importations de 2026, mais ils illustrent la structure historiquement très dépendante du marché tunisien.

C’est précisément cette vulnérabilité que l’étude doit désormais examiner, alors que le coût des matières premières et les cours internationaux peuvent peser directement sur la facture d’approvisionnement.

Le stock stratégique au cœur de la réflexion

L’un des objectifs annoncés est de renforcer la sécurité du stock stratégique. Il s’agit d’un enjeu particulièrement sensible pour un produit de consommation courante dont le marché doit être alimenté de manière continue.

Mais constituer un stock ne règle pas, à lui seul, les problèmes structurels. Encore faut-il déterminer quelle quantité conserver, à quel moment acheter, où stocker le sucre, comment organiser le raffinage et comment assurer une distribution régulière.

L’étude pourrait ainsi déboucher sur une meilleure programmation des achats et du raffinage, ainsi que sur une articulation plus étroite entre production locale, importation, stockage et distribution.

Ces pistes ne constituent toutefois pas encore des décisions arrêtées. Les travaux lancés par l’ITCEQ doivent justement permettre de déterminer les solutions opérationnelles et leur faisabilité.

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Un nouveau cadre de dialogue national pour sortir la Tunisie de la crise   

Trois des quatre composantes du Quartet du dialogue national, prix Nobel de la Paix 2015 * — la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) et l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) —reprennent la parole ensemble, dans un cadre de coordination commun face à la crise politique, économique et sociale que traverse le pays. Et publient, ce jeudi 3 septembre 2026 le communiqué conjoint suivant sous le titre «La Tunisie d’abord, et le peuple au-dessus de toute considération».

La Tunisie traverse aujourd’hui une crise politique, économique et sociale profonde, résultat de choix et de politiques qui ont prouvé leur incapacité à résoudre les crises accumulées, et qui ont même contribué à aggraver la souffrance des Tunisiens, à affaiblir leur pouvoir d’achat, et à élargir les cercles de la pauvreté, du chômage et de la précarité — au point que le citoyen a perdu confiance dans les institutions de l’État et dans leur capacité à répondre à ses revendications légitimes.

Le pays connaît également un recul grave dans le domaine des droits et des libertés, un resserrement continu de l’action politique, syndicale et civile, ainsi qu’une instrumentalisation croissante de la justice dans les conflits politiques, portant atteinte à son indépendance, aux garanties d’un procès équitable et aux droits de la défense — ce qui frappe l’une des garanties les plus importantes de protection du citoyen et menace les fondements de l’État de droit et des institutions.

Les prisons et les centres de rétention connaissent des conditions qui ne répondent pas aux exigences de la dignité humaine ni aux normes internationales.

Dans le même contexte, le pays connaît un recul de la liberté des médias, une répression des voix libres, et une mainmise croissante sur les institutions médiatiques.

Les crises de l’eau et de l’électricité, la pénurie de médicaments et de produits de base, ainsi que la hausse des prix, ne sont plus de simples difficultés conjoncturelles ; elles touchent désormais directement les conditions de vie quotidienne et la dignité des Tunisiens, aggravent leurs souffrances et approfondissent leur sentiment d’impasse.

Le drame de la noyade de jeunes de Ben Guerdane, et les tragédies similaires qui l’ont précédé, confirment que la migration irrégulière n’est pas seulement un dossier sécuritaire, mais bien la conséquence directe du désespoir, de l’impasse et de la perte d’espoir en l’avenir — ce qui fait porter au pouvoir une responsabilité politique et sociale pleine et entière dans le traitement de ses causes profondes, et non la simple gestion de ses conséquences.

Inutile de rejeter la responsabilité sur autrui, car le pouvoir en place porte l’entière responsabilité politique de ses choix, de ses décisions et de leurs conséquences, après des années de gestion des affaires publiques en dehors de toute logique de dialogue et de participation, dans un contexte d’absence de transparence, d’opacité sur les données, et de restriction du droit à exprimer une voix divergente.

La Tunisie ne peut être gouvernée selon une logique de déni, de silence ou de voix unique, tout comme les crises ne peuvent être affrontées en excluant la société et ses forces vives.

On ne peut sortir de la situation actuelle que par une révision globale des choix économiques, sociaux et politiques dont l’échec est avéré, et par l’ouverture d’un véritable processus de dialogue sociétal, menant à des solutions capables de sauver le pays, de préserver son unité, de protéger les droits et les libertés, et de redonner confiance et espoir aux Tunisiens.

Nous, organisations signataires, annonçons le lancement d’un cadre de coordination commun pour la Tunisie et les Tunisiens, animés par notre conviction profonde de la nécessité de la vigilance, de la protection des acquis du peuple, de l’attachement à l’État de droit et des institutions, de la préservation de l’indépendance de la société civile, et de la défense des droits et des libertés.

Ce cadre restera en permanence ouvert à toutes les forces vives et démocratiques, et à tous les acteurs nationaux qui croient en la Tunisie et en son avenir, afin d’œuvrer ensemble à l’ouverture d’un nouvel horizon national, qui redonne sa place au dialogue et à la participation, préserve l’avenir des générations futures, et garantit à la Tunisie son unité, sa place et sa dignité.

Signataires :

Président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme — Bassem Trifi ;  

Bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie — Boubaker Ben Thabet ;

Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) — Slaheddine Selmi.

* Au célèbre Quartet, il manque l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’Artisanat (patronat). On ne sait pas si l’organisation patronale a été sollicitée et qu’elle a refusé de se joindre à l’initiative. Son absence, en tout cas, pose des questions. Il faut dire que sa direction actuelle est totalement illégale puisque l’organisation n’a pas tenu son congrès depuis plusieurs années.  

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UE | 200 000 € pour les victimes des incendies en Tunisie

L’Union européenne (UE) a débloqué un financement humanitaire d’urgence de 200 000 euros (environ 676 000 dinars tunisiens) pour soutenir les communautés tunisiennes touchées par les graves incendies qui frappent le pays depuis le début du mois de juin. (Photo : Récent incendie au Jebel Bargou).

Ces ressources serviront à renforcer l’intervention du Croissant-Rouge tunisien, avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), face à une situation d’urgence aggravée par les températures élevées, la sécheresse de la végétation et les vents violents. «Ce soutien est un signe tangible de la solidarité et de la proximité de l’UE avec le peuple tunisien dans cette épreuve, venant s’ajouter à l’aide d’urgence apportée durant la phase la plus critique des incendies», a déclaré l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, à l’agence italienne Nova.

Selon les estimations du Croissant-Rouge tunisien, les incendies ont déjà ravagé environ 12 000 hectares de forêts et de terres agricoles depuis le début de la saison des feux, touchant au total près de 41 479 personnes. Ce chiffre englobe aussi bien les personnes directement affectées par les incendies que celles ayant subi les conséquences des interruptions de fourniture d’électricité et d’eau.

Aide humanitaire d’urgence aux communautés les plus vulnérables

Les flammes ont endommagé ou détruit des habitations, des commerces, des terres agricoles, des arbres fruitiers ainsi que d’autres moyens de subsistance, affectant particulièrement les communautés rurales et forestières dont l’économie repose sur l’agriculture, l’élevage et les ressources naturelles.

Parmi les catégories les plus vulnérables figurent les personnes âgées, les enfants, les personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies chroniques, les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les familles à faibles revenus, ces dernières étant davantage exposées aux difficultés liées à la perte de leur logement, de leurs biens et de leurs moyens de subsistance.

Le financement européen, explique la délégation de l’UE à Tunis, citée par Nova, permettra de fournir des abris et des biens ménagers de première nécessité, une aide alimentaire et un soutien financier, ainsi que des services de santé et un soutien psychosocial.

L’intervention comprendra également des activités dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, ainsi que des initiatives de protection et de mobilisation des communautés locales. L’opération, d’une durée de six mois s’étendant jusqu’à fin février 2027, vise à atteindre environ 15 000 personnes directement touchées par les incendies. Ces 200 000 euros s’inscrivent dans le cadre de la contribution de l’UE au Fonds d’urgence pour les interventions en cas de catastrophe (DREF) de la FICR, un instrument conçu pour permettre aux sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de disposer rapidement de ressources financières en cas de calamité.

Le Croissant-Rouge tunisien a mobilisé des bénévoles dans les zones touchées par les incendies, les impliquant dans les opérations d’évacuation, les premiers secours, la distribution d’aide humanitaire et d’eau, le soutien psychosocial ainsi que dans les activités d’évaluation des besoins et de soutien aux communautés. Ces interventions sont menées en coordination avec la Protection civile et les autorités locales.

Contribution européenne à la lutte contre les incendies

Comme le rappelle l’ambassadeur Perrone à Nova, ce soutien européen s’inscrit dans une mobilisation plus large de l’UE en faveur de la Tunisie. Suite à la demande d’assistance présentée par Tunis le 23 juillet 2026 dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union, le Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) de la Commission européenne a soutenu le déploiement rapide de deux Canadair mis à disposition par l’Italie pour contribuer à la lutte contre les incendies. Le service européen d’observation par satellite Copernicus a également été activé, via le système de cartographie rapide EMSR903, afin de fournir des cartes facilitant la gestion de l’urgence.

Cette intervention face aux incendies s’inscrit dans le cadre des instruments utilisés par l’UE pour répondre aux urgences et aux catastrophes naturelles, avec pour objectif de contribuer à sauver des vies, à réduire les souffrances et à soutenir les populations les plus vulnérables.

Dans ce contexte, la Commission européenne a conclu avec la FICR un accord de contribution humanitaire de 16 millions d’euros pour soutenir le DREF. Ce fonds, créé en 1979 et alimenté par les contributions de donateurs, permet de financer rapidement les opérations des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en cas de catastrophes de moindre ampleur ne nécessitant pas le lancement d’un appel international formel. Les subventions sont ensuite reconstituées grâce aux contributions des donateurs, dans le cadre des opérations relevant du mandat humanitaire de l’UE.

 I. B. (avec Nova).

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Esclavage: un comité de l’ONU réclame des réparations généralisées

Les États ont l’obligation juridique de fournir ces compensations. C’est une recommandation du Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale.   En bref Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale a adopté une nouvelle recommandation…

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UGTT – Ordre des avocats – LTDH : la sonnette d’alarme

Dans un communiqué commun publié jeudi 3 septembre 2026, l’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH dressent un tableau sévère de la situation actuelle en Tunisie. Et ce, entre crise politique, économique et sociale profonde, érosion des droits et libertés, instrumentalisation de la justice, détérioration des conditions carcérales et recul de la liberté des médias.

Les trois organisations pointent aussi les pénuries d’eau, d’électricité et de médicaments, la flambée des prix et le désespoir qui alimente la migration irrégulière des jeunes Tunisiens. Tout en citant notamment le drame de Ben Guerdane.

Elles imputent la responsabilité de cette dégradation au pouvoir en place après « cinq ans » de gestion sans dialogue ni transparence. Et elles appellent à une révision globale des politiques et à l’ouverture d’un « dialogue sociétal » sérieux.

Pour ce faire, elles annoncent la création d’un « cadre de coordination commun » ouvert à toutes les forces démocratiques. Tout en évitant, selon des commentaires accompagnant le texte, toute montée en gamme militante ou escalade revendicative.

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Migration/UE : un pas de plus vers les « centres de retour » ?

Les projets de nouveaux « centres de retour », à l’extérieur de l’Union européenne, avancent sous l’impulsion de cinq États membres. La question du respect des droits humains inquiète les ONG.   En bref Cinq États membres de l’UE travaillent…

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Changement climatique : l’OCTT alerte sur les conditions de détention dans les prisons

-L’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) a appelé à des mesures « urgentes et appropriées » face aux conséquences des changements climatiques dans les prisons.

Elle a préconisé une révision des infrastructures ainsi qu’un renforcement de leur entretien et de leur maintenance afin, notamment, de mieux faire face aux épisodes de chaleur extrême.

Dans une déclaration publiée, mercredi, L’organisation a également exigé une action « immédiate » pour réduire la surpopulation carcérale, proposant la libération des détenus condamnés pour délits mineurs en détention provisoire ou déjà condamnés ainsi que des personnes âgées et des malades chroniques.

Elle a en outre réclamé la libération des détenus poursuivis en vertu du décret-loi n° 54 (infractions liées aux systèmes d’information et de communication) et du Code des télécommunications, plaidant pour l’activation des peines alternatives, dont notamment, le travail d’intérêt général, les amendes et le bracelet électronique.

Elle a enfin exigé que les organisations de droits de l’Homme puissent accéder à l’information sur les conditions de détention et exercer leur rôle de contrôle indépendant au sein des établissements pénitentiaires, estimant qu’il s’agit bien d’une « garantie fondamentale de prévention contre les  violations ».

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HRW dénonce la «répression de la société civile» en Tunisie

La Tunisie a progressivement restreint l’espace d’action de la société civile par le biais d’arrestations, de poursuites judiciaires, d’enquêtes financières et de suspensions d’associations, dénonce Human Rights Watch (HRW) dans le rapport intitulé «We are living on borrowed time: repression of civil society in Tunisia» (Nous vivons en sursis : répression de la société civile en Tunisie), publié le 2 septembre 2026.

Selon HRW, depuis 2024, au moins 47 personnes liées à des organisations de la société civile ont été poursuivies et au moins 14 ont été condamnées à des peines de prison lors de procès tenus en 2025 et 2026.

L’organisation affirme également avoir recensé au moins 20 associations suspendues entre 2025 et 2026, parmi lesquelles la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), I Watch et Avocats Sans Frontières (ASF).

HRW critique notamment le recours au décret n° 88 de 2011 relatif aux associations ainsi que les enquêtes sur les financements étrangers, estimant que ces outils administratifs et judiciaires sont utilisés de manière disproportionnée à l’encontre d’organisations indépendantes.

Le président Kaïs Saïed a dénoncé à plusieurs reprises le poids des financements étrangers auprès des ONG, soulignant la nécessité de préserver la souveraineté nationale.

Les autorités tunisiennes ont également rappelé aux associations l’obligation de déclarer l’origine, le montant et la destination des fonds reçus de l’étranger.

HRW demande à Tunis de mettre fin aux restrictions sur la liberté d’association et de libérer les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement, selon ses termes.

I. B.

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Jeux méditerranéens 2026 : 43 médailles pour le Maroc, dont 15 en or

Le Maroc compte un bilan provisoire d’environ 43 médailles, dont 15 en or, 9 en argent et 19 en bronze, lors des Jeux méditerranéens de Tarente 2026, se classant ainsi à la huitième position.   En bref Le Maroc compte…

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Tunisie : l’ultime recours des condamnés du « complot »

Tunis – La Cour de cassation examine en ce jeudi 3 septembre, les recours formés par plusieurs figures de l’opposition, avocats et hommes d’affaires lourdement condamnés dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ». Des recours…

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Tribune | Youssef Chahine, cent ans après : et si la liberté se chantait encore ?

Cent ans après sa naissance, que reste-t-il du souffle révolutionnaire de Youssef Chahine ? Beaucoup plus qu’un héritage cinématographique. À l’heure où l’on célèbre le centenaire de ce géant du cinéma mondial, son œuvre continue de résonner avec une actualité…

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La crise des carburants dope-t-elle l’intérêt des Tunisiens pour les voitures électriques ?

Les voitures électriques et hybrides gagnent rapidement du terrain en Tunisie. La hausse des prix des carburants pousse de plus en plus d’automobilistes à regarder du côté des motorisations alternatives. Près d’une voiture particulière neuve sur six vendue actuellement est désormais équipée d’une motorisation électrique ou hybride. La perturbation du 20 août avait entraîné une rupture brutale des approvisionnements et provoqué une anxiété et une panique généralisées parmi la population, qui s’est massivement tournée vers les stations-service, engendrant de longues files d’attente et des ruptures de stock dans plusieurs stations.
Le président-directeur général (PDG) de la Société Nationale de Distribution des Pétroles (SNDP – Agil) en Tunisie, Khaled Bettine, a confirmé mardi 1er septembre 2026, que les récentes perturbations dans les stations-service tunisiennes n’étaient pas dues à une pénurie de carburant, mais à un arrêt brutal du transport de carburant depuis les dépôts de la société à Radès. Garantir l’approvisionnement en carburant est une responsabilité partagée entre les importateurs, les sociétés de stockage, les transporteurs, les distributeurs et les gérants de stations-service.

La Société Nationale de Distribution de Pétrole possède 228 stations-service réparties sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones reculées. La récente crise a mis en évidence l’importance de renforcer les capacités de transport de carburant, précisant qu’une perturbation, même minime, du système de transport peut rapidement entraîner des perturbations dans les stations-service. Il a indiqué qu’Ajil s’efforce de renforcer sa flotte, annonçant l’acquisition de six nouveaux camions qui entreront bientôt en service, avec la possibilité d’un agrandissement ultérieur.
 
 125.000 véhicules électriques en 2035
Le marché des voitures électriques en Tunisie connaît une accélération notable en 2026, porté par de nouvelles incitations fiscales et l’arrivée de marques principalement asiatiques. Entre janvier et juillet 2026, les véhicules électriques ont représenté plus de 12% du total des immatriculations dans le pays, traduisant une nette progression par rapport aux années précédentes (seulement 260 véhicules recensés fin 2024). La Tunisie vise la mise en circulation de 125.000 véhicules électriques et l’installation de 12.000 bornes de recharge d’ici 2035.
La hausse des carburants n’explique toutefois pas à elle seule ce basculement. L’élargissement de l’offre disponible en Tunisie, l’arrivée de nouvelles marques, notamment chinoises, ainsi que la multiplication des modèles hybrides à différents niveaux de prix contribuent également à rendre ces motorisations accessibles à davantage d’acheteurs. Mais avec une progression de ventes, ce mouvement est désormais suffisamment important pour modifier progressivement la physionomie du marché automobile tunisien. Dans le contexte de la transition énergétique, le PDG d’AGIL a annoncé que l’entreprise privilégie le développement des services de recharge pour véhicules électriques, affirmant que les stations-service ne seront plus de simples points de vente de carburant et précisant que l’entreprise a acquis l’équipement nécessaire à la création d’une trentaine de bornes de recharge pour véhicules électriques.

Celles-ci seront installées dans plusieurs de ces stations, notamment les plus importantes, sur les grands axes routiers et dans les zones touristiques et couvrent différentes régions du pays, y compris l’île de Djerba, ainsi que plusieurs grands axes routiers et des zones du Nord-Ouest. LaTunisie doit diversifier ses sources d’énergie et ne pas dépendre uniquement des énergies fossiles.

Il a soutenu que la poursuite de l’exploration pétrolière et gazière, en particulier dans le Sud du pays, doit s’accompagner du développement des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne. Il a plaidé pour un soutien aux gisements de pétrole et de gaz, tant marginaux qu’en production, ainsi que pour des investissements dans l’énergie solaire, afin de réduire la dépendance aux importations d’énergie et de limiter la ponction sur les réserves de change.
Bref, la Tunisie est résolument engagée dans la transition vers une économie plus verte, en promouvant la voiture électrique et en limitant la consommation des carburants polluants. En alignant sa politique automobile sur les normes environnementales internationales, la Tunisie souhaite réduire son empreinte carbone et jouer un rôle actif dans la transition vers une mobilité plus durable. Elle a pris l’initiative de promouvoir l’adoption de véhicules électriques, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atténuer les effets néfastes du secteur des transports sur l’environnement.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de développement durable et d’utilisation plus rationnelle des ressources énergétiques du pays. La promotion de la voiture électrique en Tunisie présente de nombreux avantages. Tout d’abord, elle permettra de réduire la dépendance du pays aux carburants polluants, contribuant ainsi à la préservation de l’environnement. De plus, les véhicules électriques sont moins coûteux à exploiter et à entretenir, offrant des économies significatives à long terme pour les propriétaires. Enfin, cette transition favorisera également le développement de l’industrie locale de fabrication de pièces et composants pour véhicules électriques, ouvrant de nouvelles perspectives économiques.

Kamel BOUAOUINA

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