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Grève des transporteurs de carburant : le feu éteint, pas la braise

Courte mais suffisamment tendue pour inquiéter. La grève des transporteurs de carburant, déclenchée ce jeudi 20 août dès les premières heures de la matinée dans la zone pétrolière de Radès, a été levée dans la journée. Khaled Betine, PDG de la Société nationale de distribution des pétroles (AGIL), a confirmé la reprise normale de l’approvisionnement après un accord conclu avec les chauffeurs grévistes. Le soulagement est réel, mais il est de courte vue.

Car derrière cette levée rapide se cachent des questions qui, elles, ne sont pas levées. Les transporteurs avaient déclenché ce mouvement dit « anarchique » sur fond de revendications professionnelles et sociales : amélioration des conditions de travail et application des accords sectoriels portant sur les augmentations salariales. Des revendications précises, documentées, et visiblement pas nouvelles.

Qu’est-ce qui a été concédé exactement pour obtenir cette reprise ? L’accord évoqué par le PDG d’AGIL a-t-il répondu au fond des revendications, ou s’agit-il d’un simple engagement de principe destiné à éteindre l’incendie du jour ? Les accords sectoriels sur les salaires seront-ils effectivement appliqués, et dans quels délais ? Autant de questions auxquelles ni AGIL ni les autorités de tutelle n’ont apporté de réponse publique.

Ce qui est certain, c’est que le secteur du transport de carburant concentre des tensions sociales latentes. Une grève déclenchée sans préavis, paralysant en quelques heures la distribution dans l’une des principales zones pétrolières du pays, rappelle à quel point ce maillon est stratégique, et vulnérable. Un camion arrêté, et c’est toute une chaîne d’approvisionnement qui se grippe. D’ailleurs, on a pu constater de longues files aux abords des stations d’essence, notamment celles situées sur la R9 – reliant Tunis à La Marsa.

La grève est levée. L’accord reste flou. Et les revendications, si elles ne trouvent pas de réponse durable, trouveront une autre occasion de ressurgir. Car aujourd’hui on a peut-être éteint le feu, mais pas la braise…

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Hydrocarbures : la grève surprise à Radès fait-elle planer un risque de pénurie

Encore une fois, c’est la routine qui dérape. Ce jeudi 20 août, des chauffeurs de camions-citernes ont bloqué sans préavis la zone pétrolière de Radès, paralysant net la distribution d’hydrocarbures vers les stations-service. Un scénario que le pays connaît trop bien pour s’en étonner encore. Et c’est bien là le problème.

Les revendications, elles, n’ont rien de nouveau : conditions de travail dégradées, accords sectoriels sur les majorations salariales signés mais jamais réellement appliqués. Autrement dit, un contentieux social que tout le monde connaît, que personne n’a réglé, et qui finit invariablement par exploser sous forme de blocage sauvage plutôt que de dialogue anticipé.

Le plus inquiétant n’est pas tant la grève elle-même que la fragilité structurelle qu’elle révèle. Il suffit de quelques heures d’arrêt sur ce maillon unique de la chaîne logistique pour faire planer le spectre de la pénurie sur l’ensemble du territoire. Un secteur aussi stratégique ne devrait pas dépendre d’un équilibre aussi précaire, où le moindre mouvement social suffit à mettre le pays sous tension.

Quant aux autorités, on peut dire que leur gestion relève davantage du pompier que du stratège : le ministère des Affaires sociales intervient a posteriori, dans l’urgence, pour éteindre des feux qu’il aurait d’ailleurs pu anticiper. Cette méthode a déjà montré ses limites en 2024, lors d’une grève de plusieurs jours qui avait durement perturbé l’approvisionnement. Rien n’indique, en 2026, qu’une leçon en ait été tirée.

Pour l’instant, les camions restent à l’arrêt à Radès, selon plusieurs médias de la place, et la seule certitude est l’incertitude : combien de temps durera le blocage, et faudra-t-il, une fois de plus, attendre que les stations-service commencent à sécher pour qu’une solution soit trouvée dans la précipitation ?

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