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Ardii-Tounes, pour un secteur agricole tunisien durable et résilient

L’agriculture tunisienne s’est toujours distinguée par son authenticité et la qualité de ses produits qui a toujours été reconnue à l’échelle internationale. La Tunisie est, ainsi, parvenue à se faire une place sur l’échiquier agricole mondial et ses dattes, huile d’olive et agrumes ont, au fil des ans, fait de l’ombre aux productions agricoles de gros morceaux de l’agriculture mondiale, à l’instar de l’Espagne ou de l’Italie.

Néanmoins, en dépit de cette réputation solide des produits tunisiens, le secteur a toujours été en souffrance. Manque de ressources hydriques et financières, climat délicat et mauvaise gouvernance, des éléments qui font que l’agriculture tunisienne peine à décoller et surtout à assurer une autosuffisance durable pour le pays.

Faire de l’agriculture en Tunisie un secteur d’activité durable et plus résilient

C’est dans ce contexte que s’inscrit le nouveau projet «Ardii-Tounes», pour Agriculture Résiliente, Durable et Inclusive pour l’Investissement en Tunisie. Un nouveau programme dont l’objectif est de faire de l’agriculture en Tunisie un secteur d’activité durable et plus résilient. Cette initiative consiste en un large éventail de solutions adaptées aux spécificités et aux difficultés de l’activité agricole.

Cette initiative émane d’un nouveau partenariat entre le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche et le PARM, la plateforme pour la gestion des risques agricoles, créée dans le cadre du G20 de 2013. Il s’agit d’une collaboration mondiale multipartite unique et stratégique dans le domaine de la gestion des risques agricoles, guidée et soutenue par la Commission européenne (CE), l’Agence française de développement (AFD), l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Banque allemande de développement – KFW (par le biais d’AUDA-NEPAD).

Hiérarchiser les risques agricoles

L’objectif à l’échelle locale tunisienne est de hiérarchiser les risques agricoles pour prévoir les instruments adéquats pouvant être mis en œuvre dans les chaînes de valeur céréalière et oléicole. Ce sont, en réalité, des études d’évaluation des risques (EER) qui permettront de prioriser les actions à enclencher pour faire face aux difficultés identifiées.

Les problèmes relevés pour les deux filières susmentionnées sont les suivants: les risques climatiques pour la filière céréalière et les risques climatiques couplés à ceux relatifs à la volatilité des prix pour la filière oléicole. Il est, en ce sens, recommandé de mettre en place des mesures agronomiques et économiques pour pallier les risques de la première filière et de créer un observatoire des marchés et des prix, un groupe interprofessionnel ainsi qu’une assurance destinée aux risques climatiques pour la deuxième filière. D’autres mesures transversales sont proposées comme l’encouragement des institutions de microfinance à soutenir les petits fermiers et l’investissement ciblé dans les systèmes d’information et d’observation climatique.

L’enveloppe globale prévue pour le programme Ardii-Tounes avoisine les 224 millions de dollars. Abstraction faite des risques spécifiques relatifs aux deux filières, céréalière et oléicole, l’idée globale est de faire de la gestion des risques une partie intégrante de la planification et de la mise en œuvre des politiques dans le secteur agricole.

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Creative Tunisia: clôture du programme de Tounes Wijhetouna

Creative Tunisia : cinq ans d’actions, un bilan tangible pour l’artisanat et le design tunisiens. Porté dans le cadre du programme Tounes Wijhetouna, le projet aura tenté d’introduire une approche plus économique et collaborative de l’artisanat tunisien, en misant sur le design, l’innovation et la structuration des filières.

Le rideau est tombé, le 5 mai 2026, sur le projet Creative Tunisia, à l’occasion d’une cérémonie organisée en présence de plus de 400 participants et présidée par Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie et Sofiane Tekaya, ministre du Tourisme et de l’Artisanat.

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Un bilan affiché sous le signe du succès

Une clôture institutionnelle qui marque surtout la fin de cinq années d’intervention dans un secteur longtemps présenté comme stratégique, mais souvent confronté à des difficultés structurelles de valorisation, de commercialisation et de modernisation.

Le bilan avancé par les instigateurs du projet annonce avoir mis en avant 17 chaînes de valeur accompagnées, une couverture de 18 gouvernorats, l’appui à 18 associations, la création de six hubs créatifs et l’accompagnement de plus de 3 000 bénéficiaires.

L’huile d’olive au premier plan

L’un des volets les plus concrets de cette clôture aura été la rencontre B2B consacrée à l’innovation dans le conditionnement de l’huile d’olive tunisienne. À cette occasion, une nouvelle collection de bouteilles en grès a été dévoilée. Fruit de collaborations entre designers et artisans, cette initiative illustre l’orientation défendue par le projet : utiliser le design comme levier de valorisation économique et identitaire des produits tunisiens.

L’idée n’est pas anodine. Dans un marché mondial où l’image, le packaging et le storytelling deviennent presque aussi importants que le produit lui-même, la Tunisie cherche encore à mieux positionner ses productions à forte valeur culturelle. L’huile d’olive, régulièrement saluée pour sa qualité, reste souvent exportée en vrac ou sous des marques étrangères, limitant les retombées économiques directes pour le pays.

Logique de coopération

Au-delà des réalisations matérielles, ONUDI Tunisie et l’Office National de l’Artisanat Tunisien, partenaires de mise en œuvre du projet, auront surtout cherché à instaurer une logique de coopération entre artisans, designers, institutions et acteurs économiques. Une dynamique encore fragile, mais qui commence à faire émerger une vision plus contemporaine de l’artisanat tunisien, moins folklorique et davantage orientée vers la création de valeur.

Financé par l’Union européenne en Tunisie avec une contribution de l’Agenzia Italiana per la Cooperazione allo Sviluppo, le projet Creative Tunisia laisse ainsi derrière lui des outils, des réseaux et des expériences pilotes. Reste désormais à savoir si ces acquis pourront survivre à la fin du financement international et s’inscrire durablement dans les politiques publiques et les réalités du marché.

©Destination Tunisie

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