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Intertex 2026 | Le textile tunisien résiste à la crise  

Environ 250 exposants issus de 20 pays participent à la huitième édition d’Intertex Tunisia 2026, un salon international de l’industrie textile et de la mode, un secteur stratégique pour les exportations tunisiennes, malgré un recul de 4,7 % des ventes à l’étranger au cours des neuf premiers mois de l’année.

Ce salon, qui se tient au Parc des expositions de Sousse, du 22 au 24 octobre 2026, est organisé avec le soutien de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH). Il vise à renforcer les échanges commerciaux et les partenariats industriels entre des entreprises africaines, européennes et asiatiques.

Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, qui a assisté à l’inauguration, a souligné la vocation internationale des entreprises locales ainsi que leur capacité à s’adapter aux difficultés du marché. Lors de ses échanges avec les professionnels du secteur, il a insisté sur la nécessité de consolider la présence des entreprises tunisiennes, tant sur le marché intérieur qu’à l’étranger, en renforçant leur compétitivité et leurs capacités à l’export.

Le salon réunit des fabricants de tissus, de vêtements, de fils, de machines industrielles et d’accessoires. Une attention particulière est portée aux innovations technologiques, à la durabilité et aux nouvelles opportunités d’approvisionnement. La FTTH y est présente avec un pavillon national destiné à promouvoir le savoir-faire et le potentiel des entreprises tunisiennes sur les marchés internationaux.

Le secteur du textile et de l’habillement constitue l’un des piliers de l’industrie manufacturière nationale, comptant environ 1 500 entreprises et 155 000 employés. En 2025, ses exportations ont atteint environ 9,5 milliards de dinars, soit 2,9 milliards d’euros.

La conjoncture demeure toutefois complexe : selon l’Institut national de la statistique (INS), au cours des neuf premiers mois de 2026, les exportations de l’ensemble textile, habillement et cuir ont reculé de 4,7 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Les relations industrielles avec l’Italie revêtent une importance particulière ; l’Italie constitue en effet le deuxième marché de destination pour l’habillement tunisien, avec des exportations s’élevant à environ 1,6 milliard de dinars en 2025. En mai dernier, dans le cadre d’une initiative promue par le Centre de promotion des exportations (Cepex), dix entreprises tunisiennes ont participé, à Milan, à plus d’une centaine de rencontres d’affaires avec une quarantaine d’opérateurs italiens du secteur de la mode. L’objectif est de renforcer l’intégration des chaînes de production entre les deux rives de la Méditerranée, en tirant parti de la proximité géographique de la Tunisie, de sa flexibilité productive et de la possibilité de réduire les délais de livraison vers les marchés européens.

I. B. (avec Ansa)

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Tunisie s’impose en championne du vêtement professionnel en Europe

La Tunisie confirme sa puissance industrielle sur le marché européen en devenant son 1er fournisseur de vêtements professionnels (17 % de parts de marché) et son 4e pour le jean (près de 8 %). Représentant 16 % des exportations manufacturières du pays, le secteur textile regroupe plus de 1 400 entreprises et emploie environ 146 000 personnes. En 2025, ses exportations ont atteint près de 9 milliards de dinars, affichant un taux de couverture solide de 127 %.

Pour renforcer cette compétitivité, une unité pilote numérique équipée de la technologie japonaise JUKI DX Pilot Line vient d’être inaugurée au CETTEX à Monastir. Fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Industrie et la JICA (2024-2028), ce projet introduit le « Kaizen numérique » pour permettre un suivi de la production et un contrôle qualité en temps réel, propulsant la modernisation et la digitalisation des PME tunisiennes.

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Tunisie : Des déchets miniers testés en laboratoire pour traiter les eaux usées textiles

Des résidus miniers riches en fer provenant du site de Sidi Driss sont étudiés par le Centre de recherches et des technologies des eaux (CERTE) pour leur potentiel dans le traitement des eaux usées. Présentés le 13 octobre 2026 à une délégation québécoise, les travaux mettent en avant une décoloration pouvant atteindre 90% en 120 minutes, un résultat qui doit être interprété avec prudence.

La valorisation des déchets miniers pourrait ouvrir une nouvelle piste pour le traitement des eaux industrielles en Tunisie. Le CERTE a présenté, lors de la visite d’une délégation de la région d’Abitibi-Témiscamingue, au Québec, des recherches portant sur l’utilisation de résidus miniers riches en fer pour réduire la coloration des eaux usées textiles.

Des déchets miniers comme matériaux de traitement

Les essais présentés par le centre font état d’une élimination pouvant atteindre 90% de la couleur en 120 minutes, à partir de résidus provenant du site minier de Sidi Driss. Les travaux ont été menés par les laboratoires des ressources géologiques et du dessalement et de la valorisation des eaux naturelles.

L’approche consiste à transformer des résidus miniers en matériaux susceptibles de contribuer au traitement des eaux. Les recherches présentées par le CERTE portent également sur l’utilisation de matériaux géologiques, d’argiles naturelles et de matériaux composites.

Les applications explorées concernent notamment les colorants présents dans les effluents textiles, mais aussi les polluants huileux et les métaux lourds. L’objectif est de donner une valeur ajoutée à des déchets industriels tout en recherchant des solutions alternatives pour limiter la pollution de l’eau.

Cette démarche s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : un résidu issu de l’activité minière pourrait devenir une ressource pour une autre activité industrielle. Sa pertinence dépend toutefois de l’efficacité du traitement, de son coût et de l’innocuité des matériaux utilisés.

Une piste encore à consolider

La visite de la délégation québécoise a également permis d’évoquer des perspectives de coopération scientifique et technique, notamment par des essais conjoints, des échanges d’expertise et un éventuel transfert de technologies.

Les travaux du CERTE illustrent ainsi une piste de recherche prometteuse pour rapprocher gestion des déchets miniers et traitement des eaux industrielles. Leur portée opérationnelle devra néanmoins être établie par des données méthodologiques et des essais complémentaires.

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