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Préserver le taux directeur à 7% est un mal nécessaire

Le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie – BCT – a décidé de maintenir le taux directeur à 7%, et ce, pour le dixième mois consécutif. Les avis divergent, entre ceux qui plaident pour un assouplissement afin de soutenir une croissance exsangue et ceux qui redoutent qu’une baisse prématurée ne relance l’inflation et n’exerce de nouvelles pressions sur les réserves de change.

Le contexte actuel, marqué par une croissance qui ralentit autour de 2,3%, une inflation de 5,6% avec des tensions sur les produits frais, une facture énergétique lourde et des réserves en devises sous surveillance, l’option du statu quo s’impose.

L’instinct immédiat face à une croissance faible serait de baisser le taux directeur pour oxygéner l’économie, stimuler le crédit bancaire et relancer l’investissement. Cependant, chez nous, cette manœuvre comporte des périls majeurs.

Le premier est la flambée inflationniste par les coûts. La tendance actuelle est, en partie, alimentée par des facteurs exogènes. Injecter de la liquidité ou baisser le coût de l’argent risquerait d’aggraver la demande globale sans stimuler l’appareil productif bloqué, ce qui alimenterait une spirale inflationniste.

Le second est la pression sur le dinar et les réserves de change. Une baisse des taux réduirait l’attractivité de l’épargne en dinars et fragiliserait davantage les avoirs nets en devises. Il y a une très forte relation entre le niveau du dinar et celui du taux directeur.

La hausse du taux directeur est une solution si l’inflation l’était par la demande ou en train de s’emballer de manière hyper-inflationniste. Les entreprises tunisiennes souffrent déjà de contraintes de liquidité et de coûts de financement élevés. Relever le taux directeur renchérirait instantanément le coût du crédit pour les PME, paralysant l’investissement privé et aggravant la stagflation. Le tissu bancaire et les créances classées n’auraient pas besoin d’une onde de choc supplémentaire.

Le maintien du taux directeur à 7% s’avère la décision la plus rationnelle et prudente. Cela permet de ne pas alourdir le fardeau financier des agents économiques tout en envoyant un signal clair de vigilance face aux évolutions de l’inflation sous-jacente et des prix internationaux de l’énergie. Dans une économie ouverte et fortement dépendante de ses importations énergétiques et alimentaires, préserver la valeur de la monnaie et maintenir un matelas de sécurité en devises prime sur une relance artificielle par du crédit administré.

 

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BCT : Le taux directeur reste à 7%, mais la facture énergétique réduit la marge de manœuvre

La Banque centrale de Tunisie (BCT) maintient son taux directeur à 7%. Mais derrière ce statu quo monétaire se dessine une équation de plus en plus délicate : l’inflation remonte, la facture énergétique s’alourdit, le déficit courant se creuse et les réserves en devises reculent. Réuni mercredi 7 octobre, le Conseil d’administration de la BCT a décidé de ne pas modifier son taux, tout en soulignant que les risques entourant l’évolution future de l’inflation restent orientés à la hausse.

L’inflation repart, portée par les produits frais

L’inflation a atteint 5,6% en septembre 2026, contre 5,4% en août. La principale accélération provient des produits alimentaires frais, dont les prix ont augmenté de 13% sur un an, contre 11,7% le mois précédent. En revanche, l’inflation sous-jacente, hors produits alimentaires frais et produits à prix encadrés, est restée à 5,1% pour le troisième mois consécutif.

Pour la BCT, cette remontée intervient dans un environnement où les pressions inflationnistes ne sont plus uniquement internes. La hausse des cours mondiaux de l’énergie constitue désormais un risque supplémentaire pour la trajectoire des prix.

La facture énergétique pèse sur les comptes extérieurs

C’est sur le front extérieur que la dégradation apparaît particulièrement nette. Les importations énergétiques ont atteint 11,3 milliards de dinars à fin août 2026, contre 8,8 milliards durant la même période de 2025, soit une hausse de près de 28%.

Cette progression a contribué à porter le déficit courant à 4,694 milliards de dinars, soit 2,5% du PIB, contre 2,724 milliards et 1,6% du PIB un an auparavant.

Dans le même temps, les avoirs nets en devises sont descendus à 23,7 milliards de dinars au 6 octobre, représentant 92 jours d’importation, contre 24,3 milliards et 104 jours un an auparavant. La BCT insiste ainsi sur la nécessité de préserver un niveau adéquat de réserves, notamment en maîtrisant le déficit énergétique.

Une marge de manœuvre qui se resserre

Le dilemme est d’autant plus sensible que la croissance ralentit. Au deuxième trimestre 2026, elle s’est établie à 2,3% sur un an, contre 2,6% au premier trimestre, notamment sous l’effet du recul de l’activité industrielle.

La BCT se retrouve donc face à plusieurs contraintes simultanées : contenir les pressions sur les prix, préserver les équilibres extérieurs et éviter de fragiliser davantage une croissance déjà moins dynamique. Dans ce contexte, le maintien du taux directeur à 7% traduit moins une absence de décision qu’une prudence face à des risques devenus plus difficiles à arbitrer.

L’institution prévient d’ailleurs qu’un maintien durable des prix mondiaux de l’énergie à des niveaux élevés pourrait « réduire considérablement la marge de manœuvre » de l’économie et accentuer ses vulnérabilités économiques et financières. Elle indique qu’elle continuera de suivre étroitement les prix, la demande, la liquidité bancaire et les équilibres extérieurs, tout en se tenant prête à intervenir si nécessaire.

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Le taux directeur de la Banque centrale de Tunisie inchangé à 7%

Le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 7 octobre 2026, de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%.

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s’est réuni le 7 octobre 2026 pour examiner les évolutions économiques, monétaires et financières récentes, tant à l’échelle internationale que nationale, ainsi que la dynamique de l’inflation et les risques entourant ses perspectives.

À l’échelle internationale, les prix de l’énergie ont enregistré une hausse sensible au cours de la période récente et évoluent désormais à des niveaux nettement supérieurs à ceux retenus dans les précédentes prévisions établies en juin dernier. Les incertitudes entourant le rétablissement des conditions d’approvisionnement sur les marchés énergétiques demeurent élevées et continuent d’exercer des pressions haussières sur les coûts de production et de distribution. La diffusion de ces tensions aux prix à la consommation se poursuit à l’échelle mondiale, retardant le processus de convergence de l’inflation vers les objectifs des banques centrales.

Dans ce contexte, la plupart des banques centrales dans les économies avancées ont resserré leurs politiques monétaires afin de contenir le regain des pressions inflationnistes et de favoriser un retour durable de l’inflation vers leurs cibles.

Sur le plan national, la croissance économique a ralenti au deuxième trimestre de 2026, revenant à 2,3% en glissement annuel, après 2,6% au trimestre précédent. Cette évolution traduit notamment le net ralentissement de l’activité industrielle.

Du côté du secteur extérieur, la forte hausse des prix internationaux de l’énergie a pesé davantage sur les équilibres externes. La facture des importations énergétiques s’est alourdie pour atteindre 11,3 milliards de dinars à fin août 2026, contre 8,8 milliards un an auparavant. Cette évolution a contribué à la détérioration de la balance commerciale et au creusement du déficit courant, qui s’est établi à 4.694 MDT, soit 2,5% du PIB, au cours des huit premiers mois de 2026, contre 2.724 MDT, soit 1,6% du PIB, durant la même période de 2025.

Les avoirs nets en devises se sont, pour leur part, établis à 23,7 milliards de dinars, correspondant à 92 jours d’importations, au 6 octobre 2026, contre 24,3 milliards de dinars et 104 jours d’importations un an auparavant. Le Conseil souligne, à cet égard, l’importance de préserver un niveau adéquat des réserves de change, notamment à travers une meilleure maîtrise du déficit énergétique et de ses incidences sur les paiements extérieurs.

Pour sa part, l’inflation a poursuivi sa remontée graduelle, pour atteindre 5,6% en septembre 2026, après 5,4% en août. Cette accélération est principalement imputable au renforcement de la hausse des prix des produits alimentaires frais, dont le glissement annuel s’est élevé à 13,0%, contre 11,7% le mois précédent. En revanche, l’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix à la consommation hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés, s’est maintenue à 5,1% pour le troisième mois consécutif.

En matière de perspectives, le Conseil relève la persistance des facteurs de tensions inflationnistes d’origine tant externe qu’interne. Le maintien prolongé des prix internationaux de l’énergie à des niveaux élevés serait de nature à réduire sensiblement les marges de manœuvre de l’économie et à accentuer les vulnérabilités macroéconomiques et financières. La trajectoire de l’inflation à court et moyen termes dépendrait notamment de la dynamique de la demande de consommation, dans un contexte de rétablissement encore progressif des capacités de production, ainsi que de la capacité à maîtriser les déséquilibres budgétaires et leurs répercussions sur les équilibres macroéconomiques.

Le Conseil considère, à cet égard, que les risques entourant la trajectoire future de l’inflation demeurent orientés à la hausse. Il continuera d’assurer un suivi étroit de l’évolution des prix, de la demande, de la liquidité bancaire et des équilibres extérieurs et se tient prêt à prendre les mesures qu’il jugera nécessaires afin de contenir les pressions sur la formation des prix, et favoriser le retour durable de l’inflation à des niveaux soutenables. Il décide de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%.

BCT

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Aram Belhadj juge difficile que la BCT maintienne son taux directeur à 7 %

Le taux d’inflation annuel s’est établi à 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, d’après l’Institut national de la statistique (INS). Pour l’économiste Aram Belhadj, le passage au-dessus de 6 % au début de 2027 constitue désormais le scénario central. C’est ce qu’il explique dans un post publié sur sa page officielle Facebook.

Après 5,1 % en juillet puis 5,4 % en août, l’inflation en glissement annuel a atteint 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, selon les données de l’INS. C’est la troisième progression consécutive. L’économiste Aram Belhadj, qui commente ces chiffres dans une publication Facebook, relève que le rythme mensuel s’accélère lui-même.

Selon lui, dépasser 6 % dès le début de 2027 ne relève plus de l’hypothèse marginale. Il en fait le scénario central, alors que se rapproche l’échéance de la loi de finances 2027, que les grandes orientations annoncées sont maintenues et que les tensions persistent dans la région.

M. Belhadj attribue d’abord la hausse à des facteurs d’origine alimentaire et énergétique. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, reste à 4,9 % pour le deuxième mois de suite. D’après son analyse, le choc gagne l’ensemble du panier alimentaire, mais ne s’est pas encore transformé en inflation généralisée portée par la demande.

L’aspect qu’il juge le plus préoccupant sur le plan structurel tient à l’écart entre les produits alimentaires à prix libres, en hausse de 9,4 %, et ceux à prix encadrés, en progression de 0,2 %. Cet écart s’accentue d’un mois à l’autre. Il en découle, selon l’économiste, un coût de soutien caché qui s’accumule sans apparaître dans les comptes.

Dans ce contexte, l’analyste estime difficile que la Banque centrale de Tunisie (BCT) conserve son taux directeur à 7 % sans le modifier. Il avertit en outre que « un hiver chaud » attend le pays, aussi intense que l’été 2026 qui vient de s’achever.

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