Lese-Ansicht

L’UGTT accuse le pouvoir d’avoir «fermé la porte au dialogue» et menace de grève générale

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) durcit le ton face aux autorités et envisage l’hypothèse d’une grève générale, accusant le pouvoir d’avoir aggravé la crise économique et sociale du pays et d’avoir fermé toute porte au dialogue. (Photo : Meeting devant le siège de l’UGTT en août 2025).

Cette position a été arrêtée lors de la réunion de l’instance administrative nationale de la principale centrale syndicale tunisienne, qui a examiné la situation politique et sociale ainsi que les prochaines formes de mobilisation.

Le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, a qualifié la situation du pays de «grave et critique», affirmant que «toutes les portes sont désormais fermées» et que la Tunisie est passée de l’absence de dialogue social à une «absence totale de dialogue» entre les autorités et les différentes composantes de la société.

Selon M. Selmi, toutes les formes de mobilisation restent envisageables, y compris la grève générale.

Le dirigeant syndical a appelé les structures régionales et sectorielles de l’UGTT à se préparer aux prochaines initiatives par le biais de réunions et d’activités de mobilisation sur le terrain. La centrale n’a toutefois pas annoncé, pour l’heure, de date pour une éventuelle grève. Elle a par ailleurs annoncé la préparation d’une marche nationale de protestation en collaboration avec certaines organisations de la société civile. La date sera fixée en coordination avec les partenaires de la centrale.

Cette initiative s’inscrit dans le nouveau cadre de coordination mis en place par l’UGTT avec la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats ; ces organisations, distinguées par le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour leur contribution au dialogue national ayant alors contribué à la sortie du pays de la crise, ont récemment dénoncé conjointement la détérioration de la situation politique, économique et sociale et appelé à la reprise d’un dialogue national.

I. B.

L’article L’UGTT accuse le pouvoir d’avoir «fermé la porte au dialogue» et menace de grève générale est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Edito. Israël a-t-il encore un avenir ?

C’est malheureux de le dire mais en Israël, même l’opposition pratique une « opposition » à géométrie variable. En effet, après l’annonce, le mardi 8 septembre, par la France, le Canada, le Royaume-Uni, et neuf autres pays, de sanctions visant…

L’article Edito. Israël a-t-il encore un avenir ? est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Réunion urgente entre la LTDH, l’Ordre des avocats et l’UGTT : vers une grève générale ?

Nous croyons savoir que des représentants de la LTDH, de l’Ordre des avocats de Tunisie et de l’UGTT sont actuellement réunis à huis clos.

Il semblerait que cette réunion soit relative à la conjoncture actuelle dans le pays. L’hypothèse du déclenchement d’une grève générale dans les prochaines semaines n’est pas à exclure

L’article Réunion urgente entre la LTDH, l’Ordre des avocats et l’UGTT : vers une grève générale ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tunisie : L’UGTT durcit le ton et prépare ses structures à la grève générale

Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salahdedine Selmi, a estimé mercredi 9 septembre 2026 que la situation en Tunisie était devenue « tendue et dangereuse », affirmant que « toutes les portes sont désormais fermées ». Il s’exprimait à l’ouverture des travaux de la commission administrative nationale de l’organisation syndicale.

Selon un compte rendu publié par Echaab News, le journal de l’UGTT, Selmi a considéré que le pays était passé de l’absence de dialogue social à une « absence totale de dialogue » avec les différentes parties et composantes de la société. Il a également accusé le pouvoir d’avoir choisi de « fermer les portes » du dialogue avec les différents secteurs.

Consultations avec les composantes de la société civile

Le secrétaire général de l’UGTT a annoncé que les consultations avec les composantes de la société civile se poursuivraient afin de coordonner les positions face à la situation actuelle. Il a également appelé à l’unité des organisations et associations indépendantes pour défendre, notamment, les libertés, la liberté d’expression, la liberté de la presse et la liberté syndicale.

Sur le plan syndical, Salaheddine Selmi a affirmé que « toutes les formes de lutte » étaient envisageables et que « toutes les options » restaient ouvertes. Parmi celles-ci figure une grève générale, pour laquelle il a appelé les structures syndicales à se préparer à travers des réunions aux niveaux régional, local et sectoriel.

Lire aussi : UGTT : L’instance administrative nationale se réunit pour examiner la situation syndicale

Cette position intervient alors que l’UGTT avait déjà durci son discours au cours des dernières semaines. Le 27 août, le premier responsable syndical avait indiqué que toutes les options seraient discutées lors de la commission administrative nationale et que l’organisation ne comptait pas rester au stade des communiqués face à la situation du pays.

Aucune date annoncée

L’éventualité d’une grève générale avait également été évoquée avant la réunion du 9 septembre. Le secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé de l’information et de la communication, Othman Jelouli, avait indiqué que la commission administrative nationale devait notamment examiner la consolidation du principe d’une grève générale déjà adopté par le congrès de Monastir et préparer la mobilisation syndicale.

À ce stade, aucune date de grève générale n’a été annoncée dans les déclarations. Il s’agit donc d’une option mise sur la table par la direction de l’UGTT, avec un appel aux structures syndicales à se préparer à cette éventualité.

L’article Tunisie : L’UGTT durcit le ton et prépare ses structures à la grève générale est apparu en premier sur webdo.

  •  

Boycott – Les faux arguments d’Adidas

Pour répondre à une menace de boycott, la firme aux trois bandes Adidas a avancé des arguments. Bien fallacieux. Voici pourquoi.

 

Disons-le sans ambages : il est difficile de croire –pour ne pas dire impossible de croire- que la firme Adidas spécialisée dans la fabrication d’articles sportifs ait diffusé une récente publicité montrant un ancien soldat israélien amputé d’une jambe dans le seul souci de promouvoir le service « Single Shoe » ; un programme qui permet « aux personnes amputées ou ayant des différences de membres d’acheter une seule chaussure pour la moitié du prix d’une paire complète ».

Il est en de même de l’autre argument présenté par la même firme, Adidas pour ne pas la nommer, après qu’elle s’est excusée d’avoir diffusé son message en affirmant notamment qu’il s’agissait d’une campagne « conçue et diffusée de manière autonome par son équipe en Israël et qu’elle ne découlait pas d’une directive ou d’une validation globale du siège mondial » !

Des explications qui ne tiennent pas la route. Des explications qui prennent, sans doute, les gens pour des imbéciles. Car, il ne faut pas être un spécialiste du monde de la publicité pour savoir que ce n’est pas bien vrai. Et ce, pour au moins deux arguments.

Un travail de propagande

Le premier est pourquoi avoir choisi parmi les personnes qui ont perdu une jambe lors d’un conflit –seulement- un ancien soldat israélien? Parce qu’on observe que le nombre des handicapés de ce type en Israël sont minimes si l’on se réfère aux statistiques disponibles dans le monde. D’ailleurs, les rapports officiels du ministère israélien de la Défense indiquent que le pays compte actuellement 1 061 amputés militaires au total (tous conflits confondus). Alors qu’ils sont, par contre, entre 4 500 et 5 000 cas d’amputations à Gaza, pour la seule guerre d’octobre 2023.

Evidemment la firme aux trois bandes pourrait dire aussi que le choix du soldat israélien s’imposait du fait que le message s’adressait aux Israéliens. Certes, mais pourquoi avoir choisi un ancien soldat et non pas un autre israélien blessé lors d’un accident de la route ou encore d’un accident domestique, par exemple ? On sait que les questions simples, notamment de par leur clarté et précision, nous orientent vers la réalité des faits. Nous pouvons dire, et sans aller plus loin, que le message ressemble comme deux gouttes d’eau à de la propagande et vise à s’appesantir sur le sort du soldat israélien Shalev Biton blessé du reste, en 2021, à Gaza.

Et la construction saute aux yeux. Le choix de Gaza n’est pas anodin. Dans la mesure où cela participe à ce travail de propagande. A l’heure où Israël intensifie ses attaques contre la bande de Gaza (250 décès enregistrés et confirmés par les hôpitaux locaux et la récupération de corps au cours de la période allant de la mi-août au début de septembre 2026), il y a de quoi s’interroger sur l’objectif de cette campagne d’Adidas qui ne peut que ressembler à une tentative de susciter un sentiment de bienveillance, d’affection ou d’approbation à l’endroit des attaques israéliennes.

Des appels en dehors d’Israël

La référence à « une campagne locale », ensuite, a tout faux. Comment croire que l’« antenne israélienne » ne coordonne pas ses campagnes avec la direction ? Comment croire que cette dernière n’ait pas, donc, un droit de regard sur ce qu’entreprend son « antenne » israélienne ? Difficile de croire que la direction lâche aussi facilement la bride sur le cou de son « antenne » ! L’image de la firme n’est-elle pas engagée dans chaque campagne qu’elle soit-elle « locale » ou « mondiale » du moment où une publicité porte le logo d’une entreprise ?

En outre, difficile de croire que l’on ne puisse pas saisir au niveau de la firme Adidas que l’on ne peut parler de « local » à l’heure d’internet et des radios et télévisions satellitaires. La preuve : les appels au boycott, qui ont fait céder Adidas, sont venus de nombreuses contrées du monde, se trouvant en dehors d’Israël, qui ont vu, donc, et analysé son message et ses effets malsains. Et non pas de l’intérieur d’Israël !

Et maintenant, une question que beaucoup posent : celui et ceux qui ont diffusé ce message ou tel autre du même type ne savent-ils pas qu’il ne peut que susciter des réactions de réprobation ? Pourquoi le font-ils, malgré tout ? Ne savent-ils pas qu’il y a, parmi les récepteurs, des personnes qui savent les tenants et aboutissants des campagnes diffusées ? En clair, ceux qui savent décrypter ce qu’ils voient ou lisent ? La réponse ne peut qu’être claire : ils s’en moquent pratiquement, croyant, dur comme fer, qu’ils trouveront preneurs ; des personnes qui tomberont dans le piège en mordant à l’hameçon. Ensuite, ils croient, également dur comme fer, qu’en notre ère de post-vérité, c’est à celui qui ruse le plus !

L’article Boycott – Les faux arguments d’Adidas est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tunisie | Les enseignants du supérieur montent au créneau  

La Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (FGESRS) relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) exige l’ouverture immédiate de négociations sérieuses concernant les statuts particuliers des corps enseignants, ainsi qu’une augmentation de la prime de rentrée universitaire à hauteur d’un mois de salaire.

Dans un communiqué publié à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire 2026-2027, ce mercredi 9 septembre 2026, la Fédération a précisé que les négociations espérées devaient s’accompagner de la promulgation des statuts et de la mise en œuvre de leurs incidences financières. Elle a aussi insisté sur la nécessité de verser la prime avant le début des cours et a réaffirmé l’importance d’une approche participative dans le traitement des dossiers de mutation et de mise en position de non-activité.

Le syndicat a également souligné l’importance de finaliser les procédures de recrutement et les promotions en attente afin de renouveler les effectifs au sein des établissements universitaires et de réduire le nombre de docteurs sans emploi.

Dans ce même contexte, la FGESRS a appelé à la mise en place d’un mécanisme national participatif pour examiner les recours et résoudre les litiges liés aux concours.

La Fédération se penche sur des questions spécifiques concernant le corps enseignant, notamment l’amélioration des conditions salariales et la revalorisation des rémunérations.

Anticipant les conséquences négatives potentielles liées aux annonces concernant la rentrée universitaire 2026-2027, le syndicat a insisté sur la nécessité d’agir en amont de la rentrée et souligné l’importance d’une approche participative concernant les mutations et les affectations.

Le syndicat préconise également la finalisation des procédures de recrutement et de promotion afin de stabiliser les effectifs au sein des établissements universitaires et de résorber le chômage des docteurs. Dans ce contexte, il a demandé la mise en place d’un dispositif de concertation nationale pour examiner la situation et définir les mesures appropriées.

Cependant, et étant donné les liens distendus actuels entre le gouvernement et la centrale syndicale, il y a peu de chance que les revendications des enseignants évoquées ci-haut soient satisfaites. Il va donc falloir aux responsables syndicaux de penser dès à présent à l’étape suivante.    

I. B.  

L’article Tunisie | Les enseignants du supérieur montent au créneau   est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

UGTT : L’instance administrative nationale se réunit pour examiner la situation syndicale

L’instance administrative nationale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) se réunit ce mercredi 9 septembre au siège central de la centrale syndicale à Tunis. Cette réunion est consacrée à l’examen de la situation syndicale ainsi qu’à plusieurs questions liées à la situation nationale. Elle intervient dans un contexte marqué par des tensions autour de l’exercice syndical et par la multiplication des revendications des structures régionales et sectorielles.

Une réunion au siège central de l’UGTT

La réunion de l’instance administrative nationale se tient dans la matinée de ce mercredi 9 septembre au siège central de l’UGTT. L’annonce a été faite par le département de la fonction publique de la centrale syndicale.

L’ordre du jour porte notamment sur l’évolution de la situation syndicale et sur plusieurs dossiers relevant de l’actualité nationale. À ce stade, aucune décision précise n’a été officiellement annoncée concernant d’éventuels mouvements sociaux.

Cette réunion constitue ainsi un rendez-vous important pour la direction syndicale, alors que plusieurs structures de l’UGTT ont récemment exprimé leurs préoccupations concernant les conditions de travail, les droits syndicaux et la situation sociale.

Quel signal après la réunion ?

La réunion intervient quelques jours après la prise de position de l’instance administrative régionale de Tunis, qui a appelé au dialogue et évoqué plusieurs dossiers concernant des syndicalistes licenciés ou faisant l’objet de procédures judiciaires. La structure régionale a également insisté sur les questions liées au pouvoir d’achat, aux prix, à l’approvisionnement et au fonctionnement de certains services publics.

Le 4 septembre, l’instance administrative régionale de Tunis avait également appelé à l’activation de la décision de grève générale, illustrant le niveau de tension atteint sur le front syndical.

Les travaux de l’instance administrative nationale pourraient permettre à la centrale syndicale de préciser ses prochaines orientations face à ces différents dossiers. L’enjeu sera notamment de savoir si l’UGTT privilégiera la poursuite du dialogue et des négociations ou si elle décidera de renforcer la mobilisation syndicale.

Lire aussi :

L’article UGTT : L’instance administrative nationale se réunit pour examiner la situation syndicale est apparu en premier sur webdo.

  •  

Tunisie Telecom renforce sa présence commerciale à travers l’ouverture d’un nouvel espace à Souassi

Tunisie Telecom poursuit l’extension de son réseau commercial et le renforcement de sa présence à travers les différentes régions du pays, avec l’ouverture d’un nouvel espace commercial à Souassi, dans le gouvernorat de Mahdia.

Cette nouvelle implantation traduit la volonté de l’opérateur national de renforcer sa proximité avec ses clients et de leur offrir des services répondant au mieux à leurs attentes et à leurs besoins.

Ce nouvel espace vient épauler les deux espaces commerciaux de Ksour Essef et Chabba déjà opérationnels depuis 2025, contribuant ainsi à renforcer les efforts déployés pour offrir des services modernes et diversifiés, en phase avec la dynamique et l’activité économique et commerciale que connaît la région.

Lire aussi : 5G en Tunisie : Le FWA approche les 370.000 abonnements

L’implantation de cet espace commercial à Souassi s’inscrit dans la volonté de l’entreprise d’accompagner l’évolution de sa base de clients dans la région et de consolider davantage sa politique de proximité.

Aménagé selon les standards de qualité les plus exigeants, le nouvel espace commercial propose l’ensemble des services de Tunisie Telecom à près de 120 000 habitants de la région de Souassi et notamment la vente de terminaux et d’équipements téléphoniques, les services de téléphonie fixe et mobile, les services Internet ainsi que la recharge de crédit….

L’article Tunisie Telecom renforce sa présence commerciale à travers l’ouverture d’un nouvel espace à Souassi est apparu en premier sur webdo.

  •  

Rentrée scolaire : La Fédération de l’enseignement secondaire appelle au boycott de « Vie scolaire »

La Fédération générale de l’enseignement secondaire appelle les enseignants à boycotter la nouvelle plateforme « Vie scolaire » jusqu’à la correction des dysfonctionnements qu’elle affirme avoir constatés. Dans un communiqué publié lundi 7 septembre, la fédération syndicale dénonce notamment des problèmes liés aux inscriptions, aux mutations, à l’affectation automatique des élèves et à la répartition pédagogique. À quelques jours de la rentrée, le ministère de l’Éducation n’a pas encore publié de réponse détaillée à ces griefs.

Une plateforme encore jugée « en phase d’expérimentation »

La Fédération générale de l’enseignement secondaire estime que la plateforme n’a pas atteint un niveau de préparation suffisant pour être imposée aux établissements à l’approche de la rentrée.

Dans son communiqué, elle affirme que le nouveau système présente encore des insuffisances dans plusieurs opérations administratives et pédagogiques. La fédération précise toutefois qu’elle ne s’oppose pas au principe de la numérisation de l’administration scolaire, mais conteste les conditions dans lesquelles cette nouvelle plateforme est déployée.

La plateforme « Vie scolaire » constitue pourtant l’un des principaux nouveaux outils numériques du ministère pour la rentrée 2026-2027. Le ministère l’a officiellement présentée en août comme un portail destiné à regrouper plusieurs services liés à la vie scolaire.

Le syndicat cite plusieurs opérations qui seraient affectées par des difficultés : inscription des élèves, mutations, affectation automatique et distribution pédagogique, ainsi que la gestion des emplois du temps. Ces problèmes, selon la fédération, pourraient compliquer le travail des personnels administratifs et des enseignants à l’approche de la rentrée.

Il convient toutefois de noter qu’à ce stade, aucune communication publique du ministère ne confirme l’ampleur ou l’étendue de ces difficultés. Le ministère continue pour sa part de présenter la plateforme comme un outil central de la numérisation des services scolaires.

Un appel au boycott avant la rentrée

Face à cette situation, la Fédération générale de l’enseignement secondaire demande à ses adhérents et aux personnels concernés de ne pas utiliser la plateforme jusqu’à la résolution des problèmes qu’elle dénonce et à la réunion des conditions qu’elle considère nécessaires à son fonctionnement.

La fédération estime que les établissements ne doivent pas supporter les conséquences de difficultés techniques liées à un système dont ils ne maîtrisent pas la conception. Elle met également en avant les difficultés déjà rencontrées par les établissements en matière de ressources humaines, d’équipements et d’infrastructures.

La question est désormais de savoir si cet appel aura des conséquences concrètes sur la préparation de la rentrée, prévue les 14 et 15 septembre 2026 selon les catégories d’élèves.

L’enjeu concerne notamment les opérations administratives qui doivent être finalisées avant l’arrivée des élèves : affectations, répartition des classes, emplois du temps et autres données nécessaires au fonctionnement des établissements.

Pour l’heure, aucun blocage généralisé n’est établi. Le risque évoqué par le syndicat reste donc à mesurer au niveau des établissements et des différentes opérations concernées.

1,89 million d’élèves inscrits

Cette contestation intervient alors que l’utilisation de « Vie scolaire » s’est progressivement généralisée au cours des dernières semaines. Webdo avait déjà consacré plusieurs articles à la plateforme, notamment à l’inscription en ligne et à l’espace destiné aux enseignants.

En attendant, à une semaine de la rentrée scolaire, 1,89 million d’élèves, soit 90% des élèves concernés, sont désormais inscrits sur la plateforme « Vie scolaire ». En trois jours, près de 199.000 nouvelles inscriptions ont ainsi été enregistrées, alors que la rentrée scolaire est fixée au 15 septembre 2026.

La procédure commence par la création d’un compte sur la plateforme, puis par l’identification de l’élève concerné. Le paiement des frais peut ensuite être effectué à distance à travers plusieurs moyens électroniques.

Lire aussi :

L’article Rentrée scolaire : La Fédération de l’enseignement secondaire appelle au boycott de « Vie scolaire » est apparu en premier sur webdo.

  •  

UGTT – SNJT : Les enjeux sociaux au cœur d’une rencontre

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a reçu lundi 7 septembre le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi. Les discussions ont porté sur l’état des libertés, la situation économique et sociale ainsi que sur le rôle de la société civile, dans un contexte marqué notamment par l’arrestation du journaliste Mohamed Yousfi, a rapporté l’agence TAP. Les deux parties ont également souligné l’importance de renforcer leur coordination et leur action commune.

Selon les communiqués du SNJT et de l’UGTT, relayész par l’agence TAP, la rencontre a notamment permis d’évoquer l’état des libertés publiques et de la presse ainsi que les poursuites visant des journalistes dans l’exercice de leur métier.

L’UGTT a exprimé sa solidarité avec le SNJT et avec les journalistes faisant l’objet d’arrestations ou de poursuites judiciaires. L’arrestation récente de Mohamed Yousfi, dont la garde à vue a été prolongée lundi de 48 heures, a notamment été évoquée.

Cette dimension intervient alors que le dossier de Mohamed Yousfi suscite depuis plusieurs jours des réactions du SNJT et d’autres organisations professionnelles.

Les difficultés économiques et sociales également évoquées

Les discussions n’ont toutefois pas porté uniquement sur la liberté de la presse.

Le SNJT indique que Zied Dabbar et Slaheddine Selmi ont également abordé la situation économique et sociale du pays, ainsi que les responsabilités des différentes composantes de la société civile face aux crises actuelles.

Les deux organisations ont insisté sur la nécessité de renforcer leur action commune et leur coordination. Le communiqué évoque une présence accrue des composantes sociales et davantage d’initiatives pour faire face aux difficultés du pays.

Une rencontre qui s’inscrit dans une dynamique récente

Cette réunion intervient quelques jours après l’annonce, le 3 septembre, par l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) de la création d’un cadre permanent de coordination commun. Les trois organisations avaient alors appelé à un dialogue sociétal et indiqué que leur initiative pouvait être ouverte à d’autres composantes partageant leurs objectifs.

La rencontre entre l’UGTT et le SNJT s’inscrit donc dans un contexte plus large de concertations entre organisations de la société civile.

Mais aucune annonce ne fait état, à ce stade, d’une intégration du SNJT dans le cadre UGTT–avocats–LTDH. Le communiqué parle de renforcer l’action commune et la coordination entre les composantes de la société civile, sans annoncer la création d’une nouvelle structure formelle.

La réunion s’est tenue au siège du SNJT, en présence de Jihene Laouati, membre du bureau exécutif du syndicat, et de Slim Bouzidi, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé des jeunes travailleurs et des associations.

Lire aussi :

L’article UGTT – SNJT : Les enjeux sociaux au cœur d’une rencontre est apparu en premier sur webdo.

  •  

Le secrétaire général de l’UGTT reçu par le président du SNJT

L’état des libertés, la situation économique et sociale et les responsabilités de la société civile ont été au centre d’un entretien, lundi, entre le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, et le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi.

Selon un communiqué du SNJT, la rencontre a été l’occasion d’exprimer « une solidarité avec le Syndicat et les journalistes poursuivis en justice dans l’exercice de leur métier », notamment à la suite de l’arrestation récente du journaliste Mohamed Yousfi, placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête.

Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer leur action commune et de consolider la coordination entre les composantes de la société civile.

« Au-delà d’une solidarité de circonstance, cette rencontre traduit la nécessité pour les composantes sociales d’être plus présentes, mieux coordonnées et davantage porteuses d’initiatives, pour défendre le pays, les droits et les libertés publiques, et contribuer à faire face aux crises actuelles », précise la même source.

La rencontre s’est déroulée au siège du SNJT, en présence de Jihene Laouati, membre du bureau exécutif du SNJT, et de Slim Bouzidi, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé des jeunes travailleurs et des associations.

L’article Le secrétaire général de l’UGTT reçu par le président du SNJT est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

UGTT – SNJT: concertation autour des libertés

Zied Dabbar, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), accompagné de Jihene Ellouati, membre du bureau exécutif, a été reçu par le secrétaire général de l’UGTT Slaheddine Selmi  et son adjoint, Slim Bouzidi. Au cœur des échanges : une solidarité sans équivoque avec les journalistes arrêtés ou poursuivis pour avoir simplement exercé leur métier. 

Cette rencontre ne se limite pas à un geste symbolique. Elle sonne comme un appel à mobiliser toutes les forces civiles pour faire face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays : libertés publiques rognées, tensions économiques et sociales exacerbées. Les deux syndicats insistent sur la nécessité d’un travail commun renforcé, où la défense des droits civiques va de pair avec la lutte pour la justice sociale.

Un message clair : les libertés ne se négocient pas

En ces temps de restrictions accrues, le SNJT et l’UGTT réaffirment une conviction partagée : protéger les journalistes, c’est protéger la démocratie. Leur alliance stratégique vise à construire un front plus large, plus coordonné et plus proactif pour défendre les droits fondamentaux.

L’article UGTT – SNJT: concertation autour des libertés est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Tunisie | Les partis politiques indésirables au «cadre de coordination»

Othman Jallouli, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) chargé du département de l’information et des publications, a déclaré vendredi 4 septembre à Diwan FM que le cadre de coordination — dont le lancement a été annoncé avec la participation de l’Ordre national des avocats et de la Ligue tunisienne des droits de l’homme — vise à rassembler le plus grand nombre possible d’organisations et d’acteurs de la société civile, ainsi que diverses forces vives du pays, afin que «le peuple tunisien puisse faire entendre sa voix», selon ses termes.

M. Jallouli a expliqué que la mise en place de cette structure de coordination intervient dans un contexte marqué par ce qu’il considère comme «l’incapacité du pouvoir politique à résoudre les problèmes accumulés», ajoutant que ces problèmes se sont aggravés et que les Tunisiens font face désormais à des difficultés qui perdurent depuis des décennies.

«Il y a un champ politique bloqué, incapable jusqu’à présent de rassembler les Tunisiens autour d’une position commune face à la situation actuelle», a estimé Othman Jallouli. C’est ce qui a incité les trois organisations à se mobiliser «pour rendre la parole aux Tunisiens», lesquels, a-t-il affirmé, «sont restés silencieux tout en subissant les conséquences de politiques défaillantes, tant anciennes que nouvelles».

«Lorsque les partis politiques et la politique elle-même sont absents, les Tunisiens ne peuvent rester de simples spectateurs d’une situation insoutenable», a encore souligné Othman Jallouli, précisant qu’ils «ont le droit d’exprimer leurs opinions et de défendre leur point de vue par tous les moyens pacifiques et civiques».
Les partis politiques ne sont pas les bienvenus au sein du cadre de coordination, a encore précisé le responsable syndical, ajoutant que les discussions en cours portent sur «l’adhésion de nombreux acteurs de la société civile, qui ont un avis sur diverses questions, qu’elles soient sectorielles ou d’intérêt général».

M. Jallouli a souligné que «le cadre de coordination n’a aucun lien avec l’expérience du Dialogue national» de 2015, expliquant que ce dernier «revêtait un caractère spécifique et relevait d’une expérience passée non transposable dans la phase actuelle». Le dirigeant syndicaliste a fait remarquer, à ce propos, qu’auparavant, «il y avait des responsables politiques au pouvoir et une opposition active, alors qu’actuellement, le pouvoir prend des décisions de manière unilatérale».

Le cadre de coordination en cours de constitution examine actuellement une série d’actions qui restent à définir et qui ont vocation à rassembler les forces vives du pays autour d’un projet de redressement national.

Il convient de noter que ce cadre de coordination, dont le lancement a été annoncé jeudi 3 septembre, vise à défendre les droits et les libertés, à promouvoir l’État de droit et les institutions, ainsi qu’à préserver l’indépendance de la société civile.

I. B.

L’article Tunisie | Les partis politiques indésirables au «cadre de coordination» est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

La Tunisie a besoin de 4 nouvelles centrales pour combler son déficit électrique

Selon le secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Elyes Ben Ammar, la Tunisie aurait besoin de construire au moins quatre nouvelles centrales électriques afin de résorber le déficit enregistré durant les heures de pointe et éviter les coupures d’électricité intermittentes auxquelles la Société tunisienne d’électricité de gaz (Steg) est acculée depuis la mi-juillet en raison de la forte consommation induite par la climatisation en pleine canicule estivale.  (Photo: Centrale électrique de Sousse).

Habib Glenza

Le déficit de production au niveau des centrales relevant de la Steg atteindrait environ 2 000 mégawatts quotidiennement pendant les pics de consommation. Cette situation s’explique par plusieurs années de retard dans l’adaptation de la production à l’évolution de la demande et dans la réalisation de certains projets de centrales électriques, ainsi que la lenteur des procédures et des autorisations.

Les solutions conjoncturelles, notamment le recours au soutien de l’Algérie, ne suffisent pas à combler un écart de cette ampleur, estime le responsable syndical qui déplore, également, l’absence d’investissements significatifs dans le secteur énergétique depuis 2020 et avertit que l’été 2027 pourrait être encore plus difficile que celui de 2026 si le retard actuel n’est pas surmonté rapidement.

Les raisons des coupures de l’électricité

Les raisons des coupures de l’électricité en Tunisie sont multiples. L’une des raisons principales est la surcharge du réseau. Elle survient lorsque trop d’abonnés sont alimentés par un même circuit, ou quand la puissance demandée dépasse ce que le câble peut supporter. Chaque section de câble correspond à une capacité de courant maximale. Si un câble trop fin est utilisé pour alimenter un appareil puissant, il va chauffer excessivement jusqu’à fondre. 

Le réseau électrique tunisien a été conçu et réalisé, il y a plusieurs années, pour subvenir aux besoins d’environ 6 à 7 millions de citoyens. Aujourd’hui, la Tunisie compte environ 12 millions d’habitants et 15 millions voire plus pendant la saison estivale. Par conséquent, les câbles électriques vont chauffer jusqu’à fondre si le courant n’est pas immédiatement coupé. Tour cela peut conduire à un blackout                       

Confrontés à de sérieux problèmes techniques, les ingénieurs et agents de la Steg sont en train de faire un travail gigantesque pour pallier tous les problèmes et dangers liés aux surcharges du réseau électrique. Mais ils ne peuvent pas faire des miracles lorsque la demande outrepasse de beaucoup l’offre et que le réseau montre son insuffisance structurelle. Accuser certains d’entre eux de provoquer sciemment les coupures d’électricité pour susciter la colère de la population et la remonter contre le régime est pour le moins absurde et frappé du sceau de l’ingratitude.

Le solaire photovoltaïque s’impose aux opérateurs économiques  

Actuellement, la Tunisie n’a pas les moyens financiers nécessaires pour moderniser le réseau électrique ou encore créer de nouvelles centrales électriques ; elle doit donc réserver son réseau électrique, en priorité, aux besoins des abonnés des zones urbaines. Les hôpitaux, les hôtels, les écoles, les fermes agricoles, les industries lourdes, métallurgiques, manufacturières, agroalimentaires, les mines, les stations de carburants et de services, etc., doivent, sans tarder, opter pour l’énergie photovoltaïque avec stockage. Ce système autonome et fiable serait une bonne solution durable pour éviter les pertes humaines, matérielles et financières dues aux coupures électriques, notamment durant la saison estivale.

Aujourd’hui nombreux sont les pays dans le monde qui utilisent l’énergie photovoltaïque avec stockage même s’ils n’ont pas de problèmes de coupures d’électricité, et d’abord parce que l’énergie solaire est propre, ensuite parce qu’elle est gratuite dans un pays à fort ensoleillement comme la Tunisie. Certes, les équipements coûtent encore relativement cher à l’achat mais ils ne coûtent presque rien à la consommation, et puis ils constituent un investissement rentable à moyen et long terme.

On ne comprend pas d’ailleurs pourquoi ce secteur soit encore si peu développé en Tunisie, où l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (AMNE), créée pour promouvoir les énergies renouvelables, vient de fêter son 40e anniversaire. Qu’a fait cette agence en 40 ans ? Cette question est d’autant plus légitime que la part des énergies renouvelables ne dépasse guère 5 à 6 % du mix énergétique national qui reste très fortement dominé par les énergies non renouvelables.

Nous avons donc aujourd’hui un grand retard à rattraper, qui plus est, dans un contexte de déficits financiers aigus, de faible croissance allant de 1,5 à 2,5% par an et de baisse des investissements publics. Et nous n’avons à nous prendre qu’à nous-mêmes pour n’avoir pas pris le taureau du déficit énergétique par les cornes lorsqu’il a commencé à pointer du nez au début des années 2000, lorsque le taux de croissance annuelle du pays était de 5 à 6 %.

L’article La Tunisie a besoin de 4 nouvelles centrales pour combler son déficit électrique est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

L’économie tunisienne sous pression

Ces derniers mois, les Tunisiens ont manifesté pour dénoncer la dégradation des conditions socio-économiques et du niveau de vie dans le pays. Pourtant, officiellement, les indicateurs de croissance économique sont à la hausse. Que se passe-t-il donc ?

Sahar Mechmech *

Au cours des dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans toute la Tunisie pour dénoncer des coupures massives d’électricité et d’eau imposées par le gouvernement en pleine vague de chaleur, alors que les infrastructures du pays peinaient à répondre à la demande énergétique. Ces coupures surviennent dans un climat social tendu, les Tunisiens manifestant déjà contre la hausse du coût de la vie. Ainsi, le 16 mai, des centaines de Tunisiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la répression ainsi que la détérioration des conditions socio-économiques et du niveau de vie. Pourtant, fin avril encore, le président Kais Saied vantait le succès de la politique d’autosuffisance de la Tunisie, affirmant qu’elle avait permis de réduire l’inflation et de relancer la croissance. Il n’a pas tort. Officiellement, la croissance s’est quelque peu améliorée, l’inflation a effectivement baissé et la situation de l’emploi s’est légèrement redressée. Qu’est-ce qui alimente alors la colère de la population ?

Un examen plus approfondi des perspectives et des réalités économiques intérieures de la Tunisie révèle une certaine fragilité, de fortes tensions sociales et des divisions politiques internes, exacerbées — en grande partie — par le fait que les indicateurs économiques ne se reflètent pas dans le quotidien des Tunisiens. Cette situation est toutefois nuancée par le financement croissant des partenaires internationaux qui, tantôt allège les pressions, tantôt les aggrave.

Excès d’optimisme ou triomphalisme prématuré

En 2026, le gouvernement ne propose pas de rupture avec les politiques économiques en vigueur avant le 25 juillet 2021 [date de la proclamation de l’état d’exception par Kaïs Saïed, Ndlr], caractérisées par des restrictions des dépenses publiques et des réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus. Alors que des réformes fiscales radicales en 2025 avaient amélioré la répartition de la charge fiscale et accru la contribution des entreprises, la loi de finances 2026 échoue à s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie tunisienne. La hausse des dépenses sociales ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui se traduit par une réduction implicite des services sociaux.

Par ailleurs, aucune réforme structurelle profonde ne vise les acteurs en situation de monopole ou de rente qui constituent la trame de l’économie tunisienne. Depuis l’indépendance de la Tunisie dans les années 1950, ce groupe d’acteurs économiques bénéficiant de soutiens politiques a érigé un arsenal de barrières réglementaires à l’entrée dans des secteurs clés et contrôle la majeure partie du financement privé au sein de l’économie. La loi perpétue également une pratique risquée, en vigueur depuis des années, consistant à emprunter auprès de la Banque centrale à un taux d’intérêt de 0 % sans générer une croissance proportionnelle à l’endettement, ce qui menace d’alimenter l’inflation.

Malgré l’absence de réformes structurelles, le budget de l’État pour 2026 prévoit une croissance de 3,3 % sur l’année, un chiffre supérieur aux 2,1 % anticipés par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui représente un écart significatif. Une croissance plus faible signifie moins de ressources pour l’État afin de répondre à des besoins sociaux croissants en pleine crise du coût de la vie.

Le budget table également sur un prix du pétrole avoisinant les 60 dollars le baril, une hypothèse mise à mal par la flambée des coûts de l’énergie consécutive à la guerre en Iran. Le prix a dépassé les 100 dollars le baril à plusieurs reprises cette année et s’établissait autour de 90 dollars le baril au 29 juillet.

La Tunisie reste un pays importateur d’énergie pratiquant des subventions énergétiques ; la hausse imprévue du prix du pétrole alourdira sa facture d’importation, entamant ainsi ses précieuses réserves de devises (dollars et euros) nécessaires au règlement des importations essentielles auprès de ses partenaires commerciaux. Cette hausse des prix pétroliers augmentera également les dépenses de l’État consacrées aux subventions énergétiques afin de maintenir la stabilité des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur. La hausse des prix, supérieure aux prévisions, entraînera un creusement des déficits budgétaires, un besoin accru d’emprunt et, potentiellement, une pression croissante pour réduire les dépenses afin de remédier aux déséquilibres budgétaires.

L’inflation mondiale découlant de la guerre impliquant l’Iran menace également d’éroder les envois de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ; ces transferts constituent une source essentielle de devises pour les importations et représentaient 30 % des réserves en 2024. Le conflit suscite de vives inquiétudes quant à l’inflation en Europe — où vit la majeure partie de la diaspora tunisienne — ce qui pourrait entraîner une baisse de ces transferts de fonds.

Le secteur du tourisme, autre source majeure de devises, est lui aussi exposé à des risques. Malgré les assurances du gouvernement affirmant que le tourisme tunisien n’était pas affecté par le conflit régional, les premiers indicateurs font état d’un ralentissement et d’une baisse des réservations.

Les tensions sur les devises compromettent la capacité de la Tunisie à importer des produits de première nécessité — notamment des denrées alimentaires, des médicaments et de l’énergie — et pourraient provoquer des pénuries comparables à celles observées en 2023.

Les signes de telles restrictions sont déjà manifestes. En mars, la Banque centrale de Tunisie a émis de nouvelles directives visant à limiter les importations afin de préserver ses réserves limitées de dollars et d’euros. Ces directives stipulent que les importations de produits «non essentiels» — tels que les vêtements, le dentifrice et le papier toilette — doivent être réglées au comptant et non à crédit. Cette décision a été critiquée par des organisations influentes comme la Conect, qui représente les employeurs et les entreprises ; celle-ci a qualifié ces directives d’obstacle potentiel à la croissance.

De son côté, Alert, une organisation luttant contre les monopoles en Tunisie, a averti que ces mesures risquaient d’ancrer davantage les pratiques monopolistiques dans le secteur de l’import-export, les grandes entreprises disposant plus facilement de liquidités que les petites.

Ces restrictions à l’importation menacent d’aggraver les pénuries actuelles de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.

Fissures naissantes entre la présidence et le parlement

Parallèlement à la montée des pressions économiques, le gouvernement de Saïed fait face à des tensions politiques croissantes. L’Assemblée, qui était étroitement alignée sur Saïed à la suite des élections législatives de 2022, est de plus en plus en désaccord avec le gouvernement sur les questions économiques. En avril 2025, elle a refusé d’approuver un emprunt, invoquant le manque de clarté quant à ses retombées. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2026, l’Assemblée a rejeté certaines propositions du ministère des Finances et en a adopté d’autres tout en émettant de vives réserves. Le ministre des Finances a même quitté une séance parlementaire après une vive altercation avec certains députés.

Lors des débats sur des contrats de concession controversés dans le domaine de l’énergie solaire, plusieurs députés ont dénoncé ces textes, les qualifiant tour à tour de dangereux, coloniaux, humiliants et contraires à la souveraineté énergétique. En réaction à cette levée de boucliers et avant le vote sur ces concessions, le président Saïed a limogé le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi que le directeur général de l’Électricité et des Énergies renouvelables, bien que tous les contrats aient finalement été adoptés.

Plus récemment, à la suite de coupures massives d’électricité et d’eau survenues en juillet, le Parlement a tenu une séance le 27 juillet pour débattre de la situation ; les députés y ont critiqué la conjoncture ainsi que l’absence de réaction officielle du gouvernement. Ils ont également reproché au gouvernement son absence lors de cette séance, bien qu’un député ait précisé que l’Assemblée n’avait adressé aucune invitation ou convocation officielle au gouvernement pour y participer.

Ces tensions ne doivent pas être interprétées comme une rupture franche avec Kaïs Saïed. L’Assemblée continue de donner la priorité à bon nombre de ses réformes clés — celles qu’il qualifie de «révolution législative» et qui ont profondément restructuré l’arsenal juridique tunisien — et de les adopter. Il convient plutôt de voir dans ces tensions une tentative de l’Assemblée de se démarquer quelque peu de Saïed, dont le bilan économique est jugé insuffisant, alors même que la Tunisie se dirige vers les élections législatives de 2027.

Ces tensions dépassent le cadre politique pour s’étendre à l’espace civique dans son ensemble.

Les boucs émissaires, anciens comme nouveaux

Face à la montée des tensions économiques et politiques, le gouvernement tente de reproduire la stratégie qu’il a appliquée avec succès en 2023 : désigner des boucs émissaires.

Saïed continue d’évoquer de mystérieux saboteurs sans jamais les nommer. Il persiste à sacrifier des membres de son gouvernement pour apaiser la colère populaire, comme en témoigne le limogeage d’un ministre mentionné plus haut. Ses partisans — qu’ils siègent à L’Assemblée, soient présents sur le terrain ou actifs sur les réseaux sociaux — continuent de présenter les migrants subsahariens en situation irrégulière comme un fardeau pour les ressources économiques et une menace pour la sécurité nationale. Le conflit qui l’oppose depuis des années à la principale centrale syndicale du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), s’est intensifié au cours de l’année écoulée. Parallèlement, la répression à l’encontre de la société civile — dont les acteurs sont perçus par Saïed comme des agents de l’ingérence étrangère — s’est accentuée ces derniers mois : les autorités suspendent des organisations, engagent des poursuites pour obtenir leur dissolution définitive et emprisonnent militants, journalistes, magistrats et même des députés dissidents.

La vague d’enquêtes pénales la plus récente vise des fonctionnaires chargés du dossier de l’électricité. Cette initiative, couplée aux déclarations du président qualifiant ces coupures d’«événements inhabituels» et affirmant que «l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à harceler les citoyens et à attiser les tensions», semble viser à présenter ces perturbations majeures comme le fruit d’un complot contre le pays.

Cette interprétation contredit les déclarations du syndicat de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), qui attribue les coupures à une hausse de la demande dépassant les capacités de production lors de la récente vague de chaleur. Le défi de répondre à la demande en électricité est aggravé par le manque d’investissements dans la production, la dernière grande centrale électrique ayant été inaugurée en 2019.

Pour expliquer ce déficit d’investissement, certains experts pointent du doigt l’insuffisance des ressources allouées par l’État, le non-paiement intégral par le gouvernement et les entreprises publiques de leurs dettes envers la Steg pour leur consommation d’électricité, ainsi que le défaut de paiement par le gouvernement des subventions universelles à l’électricité accordées aux citoyens.

Tout comme en 2023, cette répression vise à détourner l’attention des problèmes économiques chroniques et à vider l’espace politique et civique de toute opposition, laissant Saïed comme seul arbitre des décisions en Tunisie et unique interlocuteur pour les partenaires internationaux du pays.

La diplomatie tunisienne en quête d’alliances internationales

En contraste avec les divisions internes, la Tunisie intensifie sa coopération et ses emprunts financiers auprès de plusieurs partenaires internationaux.

À l’échelle régionale, la Tunisie poursuit son rapprochement avec l’Algérie, ayant signé fin 2025 plus de vingt accords de coopération dans des domaines variés, dont un accord controversé de coopération militaire. Récemment, lors d’une interview, le président algérien a tenu des propos fermes liant la sécurité des deux pays et réaffirmant l’engagement de l’Algérie à défendre la Tunisie contre le terrorisme.

Les relations avec la Libye semblent également s’être intensifiées, marquées par une rencontre de haut niveau entre le Premier ministre tunisien et le président du Parlement libyen, la signature d’un nouveau protocole d’accord sur la coopération en matière de marché du travail, ainsi que l’annonce de projets concernant une nouvelle liaison maritime et la gestion partagée d’une nappe phréatique commune.

Ces initiatives témoignent de la volonté de la Tunisie de s’affirmer comme un partenaire actif en Afrique du Nord, s’assurant ainsi un accès privilégié aux ressources énergétiques de ses deux voisins riches en hydrocarbures.

La Tunisie a par ailleurs renforcé ses liens avec ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ainsi qu’avec les institutions financières internationales. Cela s’est traduit par l’octroi de nouveaux prêts — notamment de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD)— par le renforcement des accords euro-tunisiens et par la mise à jour de la coopération migratoire avec l’Italie.

Une grande partie de ces financements vise à stabiliser le pays et à réduire la migration irrégulière, la Tunisie étant à la fois un pays d’origine et un pays de transit.

Toutefois, les retombées des récentes concessions dans le secteur de l’énergie solaire démontrent clairement que, sans adhésion de l’opinion publique, les financements internationaux risquent de susciter une levée de boucliers et de ne pas apporter de réponse aux tensions sociales et politiques.

Dans le domaine des énergies renouvelables, et bien que celles-ci soient indispensables à la sécurité énergétique du pays, la population a le sentiment que le gouvernement et le parlement offrent des contrats avantageux à des investisseurs étrangers et mettent en place un câble sous-marin pour exporter de l’électricité vers l’Italie, alors même que les entreprises tunisiennes peinent à opérer dans un contexte difficile et que le pays subit des coupures de courant à répétition.

Sortir de la crise pour aller vers la prospérité

Malgré l’intensification du soutien financier international, le statu quo politique et social en Tunisie demeure extrêmement fragile.

Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale.

Sur le plan intérieur, il est nécessaire de faire preuve de plus de sérieux pour identifier et démanteler les structures qui entravent la concurrence et perpétuent les monopoles, notamment les coûts élevés des prêts à l’investissement ainsi que les barrières administratives complexes et changeantes qui freinent la création et la gestion d’entreprises. Ces mesures permettraient aux petites et moyennes entreprises — véritables moteurs d’une croissance économique durable — de mieux accéder aux opportunités commerciales et aux financements.

Le gouvernement doit également rétablir sa crédibilité auprès de la population en investissant judicieusement dans les infrastructures et les dépenses sociales afin de répondre aux besoins des citoyens. Enfin, il doit mettre un terme à toutes les pratiques répressives contre-productives qui n’ont fait qu’attiser la colère et le sentiment de dépossession au sein de la population.

De leur côté, les alliés internationaux de la Tunisie doivent réorienter le financement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière : les problèmes structurels du pays et l’insuffisance des dépenses sociales. Les initiatives de coopération économique, y compris dans le secteur de l’énergie, doivent susciter l’adhésion du public en faisant preuve d’une plus grande transparence concernant la propriété des projets, les tarifs, les créations d’emplois prévues, les recettes publiques et l’impact environnemental. En l’absence de transparence et de redevabilité, les risques de rejet et de tensions continueront de s’accumuler.

Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale. Seules des réformes structurelles profondes, un nouveau contrat social et un retour à un contexte démocratique et ouvert permettront d’apaiser la colère sociale actuelle et de bâtir une économie stable, durable et inclusive, capable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Traduit de l’anglais.

* Responsable du programme «Économies inclusives» au sein de Tahrir institute for Middle East Policy. (Timep).

L’article L’économie tunisienne sous pression est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

UGTT : L’instance régionale de Tunis appelle au dialogue

L’Instance administrative régionale de l’UGTT à Tunis s’est réunie, vendredi 4 septembre 2026, pour examiner la situation économique et sociale ainsi que plusieurs questions liées à l’activité syndicale.

Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, la structure régionale évoque notamment l’évolution du pouvoir d’achat, les prix, l’approvisionnement de certains produits et le fonctionnement de plusieurs services publics.

L’instance régionale formule également plusieurs demandes concernant des syndicalistes licenciés ou faisant l’objet de procédures judiciaires.

Elle réaffirme par ailleurs son attachement au dialogue, à la négociation collective et au respect des droits syndicaux.

Une éventuelle mobilisation

La structure régionale indique qu’elle est disposée à participer aux actions qui pourraient être décidées par les instances nationales de l’UGTT.

Elle demande également à la direction nationale d’examiner la mise en œuvre de la décision de grève générale et indique être prête à organiser des actions au niveau régional, selon les décisions qui seront prises.

Lire aussi :

L’article UGTT : L’instance régionale de Tunis appelle au dialogue est apparu en premier sur webdo.

  •  

UGTT, avocats et LTDH lancent un cadre de coordination commun

ARTICLE MIS A JOUR VENDREDI 4 SEPTEMBRE 2026 A 12h00

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) ont officiellement annoncé la création d’un cadre permanent de coordination commun. Dans une déclaration conjointe publiée le 3 septembre 2026, les trois organisations appellent à un « dialogue sociétal » et précisent que cette structure sera ouverte aux forces démocratiques partageant leurs objectifs.

Des concertations à une structure permanente

Cette annonce marque une nouvelle étape dans le rapprochement engagé depuis plusieurs mois entre les trois organisations nationales.

En novembre 2025, l’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH avaient déjà engagé des concertations autour de la situation nationale et de la nécessité d’un dialogue. La déclaration du 3 septembre 2026 formalise désormais cette coopération à travers la mise en place d’un cadre commun permanent.

Les trois organisations entendent ainsi dépasser le stade des consultations ponctuelles pour installer un mécanisme de coordination appelé à travailler sur les grandes questions nationales.

Un appel à un « dialogue sociétal »

Dans leur déclaration conjointe, l’UGTT, le Barreau et la LTDH mettent en avant la nécessité d’un dialogue sociétal autour de la situation du pays.

Le nouveau cadre commun se veut également ouvert à d’autres composantes de la société et aux forces démocratiques qui partagent les objectifs définis par les trois organisations signataires.

Les prochaines étapes concrètes de cette initiative devraient permettre de préciser la composition élargie du cadre, son mode de fonctionnement ainsi que les thèmes qui seront retenus dans le cadre du dialogue envisagé.

Pas un nouveau Quartet

Cette initiative ne constitue toutefois pas, à ce stade, la reconstitution d’un nouveau Quartet du dialogue national.

L’UTICA, qui avait participé avec l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la LTDH au Quartet récompensé par le prix Nobel de la paix en 2015, n’est pas signataire de la déclaration publiée le 3 septembre.

Le nouveau cadre repose donc, pour l’heure, sur une coordination entre trois organisations historiques de la société civile tunisienne.

Les partis politiques ne sont pas concernés « actuellement »

Othman Jellouli, secrétaire général adjoint de l’UGTT, a apporté vendredi 4 septembre une précision concernant l’ouverture du nouveau cadre de coordination créé par l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la LTDH.

Dans une déclaration à Diwan FM, il a indiqué que les partis politiques ne sont « actuellement » pas concernés par ce cadre. Les discussions portent plutôt sur une éventuelle adhésion d’organisations de la société civile et d’acteurs professionnels.

Cette précision permet de mieux cerner la portée de la mention des « forces démocratiques » figurant dans la déclaration commune. À ce stade, l’élargissement envisagé concerne donc principalement le champ associatif et professionnel, et non les formations politiques.

Othman Jellouli a également précisé que les prochaines actions du cadre commun n’ont pas encore été arrêtées. Sa composition pourrait par ailleurs évoluer au gré des discussions.

Une initiative appelée à préciser ses contours

La création de ce cadre commun intervient dans un contexte marqué par des appels répétés au dialogue autour des enjeux politiques, sociaux et économiques du pays.

Reste désormais à connaître les modalités concrètes de cette coordination, les organisations ou forces qui pourraient y être associées et les suites qui seront données à l’appel lancé par les trois signataires.

Lire aussi :

L’article UGTT, avocats et LTDH lancent un cadre de coordination commun est apparu en premier sur webdo.

  •  

TRIBUNE – UGTT-Avocats-LTDH : tirer la sonnette d’alarme sans faire sonner la sirène

Il faut prendre au sérieux la sonnette d’alarme tirée par l’UGTT, l’Ordre national des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. Mais il faut également mesurer les conséquences d’une démarche collective qui, en dépassant l’alerte, pourrait contribuer à accentuer la polarisation dont le pays cherche précisément à sortir.

Le communiqué commun du 3 septembre dresse un tableau particulièrement sombre de la situation nationale. Crise politique, difficultés économiques et sociales, libertés publiques, justice, conditions carcérales, médias, pénuries, pouvoir d’achat, jeunesse et migration : les trois organisations réunissent dans un même diagnostic des problématiques de nature et de temporalité différentes et appellent à une révision des politiques publiques ainsi qu’à l’ouverture d’un « dialogue sociétal ». Elles annoncent également la mise en place d’un cadre de coordination commun.

La gravité de certains de ces sujets ne saurait être contestée. Une démocratie a besoin de contre-pouvoirs capables d’alerter. Le droit de critique, de mobilisation et de défense des libertés ne peut être conditionné à l’approbation du pouvoir.

Mais précisément parce que leur parole compte, ces organisations portent aussi une responsabilité particulière dans la manière dont elles formulent leur diagnostic et construisent leur action.

L’alerte est légitime, l’escalade ne l’est pas forcément

Reconnaître le risque d’escalade ne signifie ni nier les difficultés du pays ni relativiser les inquiétudes exprimées. Cela signifie simplement qu’une alerte collective doit aussi être évaluée à l’aune de ses effets sur le climat institutionnel.

Lorsqu’une multitude de problèmes sont réunis sous le même qualificatif de « crise profonde », le risque est de transformer un diagnostic nécessairement pluriel en récit de crise systémique. Or identifier des difficultés ne suffit pas. Encore faut-il distinguer leurs causes, leur gravité, leurs temporalités et les marges de manœuvre disponibles. Cette distinction est essentielle. L’alerte peut être nécessaire sans que l’escalade le soit.

La création d’un cadre de coordination commun donne à cette initiative une portée politique nouvelle. L’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH n’ont ni les mêmes missions, ni les mêmes responsabilités, ni les mêmes modes d’intervention. Leur convergence peut naturellement enrichir le débat public. Mais elle peut aussi être perçue comme la constitution d’un front institutionnel face au pouvoir.

La création d’un cadre de coordination commun donne à cette initiative une portée politique nouvelle. L’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH n’ont ni les mêmes missions, ni les mêmes responsabilités, ni les mêmes modes d’intervention.

 

En politique, la perception compte autant que l’intention. Cela ne signifie évidemment pas que les trois organisations devraient renoncer à leur liberté de critique ou à leur capacité de mobilisation. Cela signifie qu’elles doivent mesurer le coût potentiel d’une polarisation supplémentaire dans une société déjà traversée par une forte défiance institutionnelle.

La référence aux grandes expériences de dialogue national du passé mérite, elle aussi, d’être maniée avec prudence. Le dialogue national de 2013 répondait à une situation exceptionnelle, marquée par un risque immédiat de rupture institutionnelle. La Tunisie d’aujourd’hui fait face à une autre urgence : reconstruire la confiance, restaurer l’efficacité de l’action publique et permettre l’exécution des transformations économiques et sociales. Les instruments de médiation doivent évoluer avec la nature des crises.

Du diagnostic à la responsabilité

C’est pourquoi l’appel au « dialogue sociétal » constitue probablement la partie la plus constructive de la démarche. Mais un dialogue ne peut être uniquement la prolongation institutionnelle d’un réquisitoire.

Il ne s’agit pas d’exiger de ces organisations qu’elles gouvernent à la place des autorités. Ce n’est ni leur rôle ni leur responsabilité. Mais lorsqu’elles choisissent de porter collectivement une vision de la situation nationale, leur contribution gagne en crédibilité lorsqu’elle associe l’alerte à des pistes de sortie.

Sur les finances publiques, quelles priorités ? Sur les entreprises publiques, quelle gouvernance ? Sur les systèmes sociaux, quels arbitrages ? Sur l’emploi, quelle stratégie ? Sur l’éducation et la santé, quelles transformations ? Sur les libertés publiques, quelles garanties institutionnelles durables ? Ce sont ces questions qui permettent de passer du constat à la construction.

 

Sur les finances publiques, quelles priorités ? Sur les entreprises publiques, quelle gouvernance ? Sur les systèmes sociaux, quels arbitrages ? Sur l’emploi, quelle stratégie ? Sur l’éducation et la santé, quelles transformations ? Sur les libertés publiques, quelles garanties institutionnelles durables ?

 

La responsabilité de la désescalade est d’ailleurs nécessairement partagée. Les autorités ont le devoir de créer des espaces de concertation crédibles, ouverts et suffisamment structurés pour que le dialogue ne soit pas réduit à une formalité. Les corps intermédiaires ont, de leur côté, la responsabilité de préserver les conditions d’un débat qui permette la confrontation des idées sans enfermer le pays dans une logique permanente de blocs.

Cette responsabilité partagée ne signifie pas que les responsabilités politiques et institutionnelles sont identiques. Le pouvoir dispose des leviers de décision et porte donc une responsabilité particulière dans la création des conditions du dialogue. Mais les acteurs de la société civile disposent, eux aussi, d’un pouvoir d’influence dont les effets doivent être assumés. C’est précisément ce qui distingue la liberté de critique de la responsabilité dans la critique.

Reconstruire la confiance pour retrouver la capacité d’agir

Car la confiance institutionnelle n’est pas seulement une question politique. Elle est devenue une variable économique. L’investissement, l’innovation, la création d’emplois et l’exécution des réformes supposent un minimum de prévisibilité. Les acteurs économiques peuvent accepter l’incertitude inhérente à toute période de transformation. Ils supportent beaucoup moins bien l’incertitude institutionnelle durable, celle qui transforme chaque réforme en nouveau conflit et chaque décision en nouveau rapport de force. C’est précisément à ce niveau que la question devient stratégique pour le Plan 2026-2030.

La Tunisie ne manque pas seulement de ressources. Elle souffre également d’un déficit de capacité collective à transformer les décisions en résultats. Or cette capacité d’exécution repose sur un environnement institutionnel dans lequel les divergences peuvent être exprimées, arbitrées et finalement dépassées.

Il serait donc aussi contre-productif pour le pouvoir de répondre à cette initiative par une contre-escalade que pour les organisations signataires de considérer l’escalade comme une fin en soi. Le véritable enjeu n’est pas de déterminer qui remportera le prochain bras de fer.

 

La Tunisie n’a pas besoin de choisir entre le silence et la confrontation. Elle a besoin de reconstruire des espaces où la critique puisse être entendue sans être immédiatement transformée en affrontement, et où le dialogue puisse déboucher sur des décisions plutôt que sur de nouvelles déclarations.

 

Il est de savoir si le pays dispose encore de mécanismes suffisamment solides pour transformer la conflictualité en compromis et le compromis en action. La Tunisie n’a pas besoin de choisir entre le silence et la confrontation. Elle a besoin de reconstruire des espaces où la critique puisse être entendue sans être immédiatement transformée en affrontement, et où le dialogue puisse déboucher sur des décisions plutôt que sur de nouvelles déclarations.

Tirer la sonnette d’alarme est parfois un devoir. Mais lorsqu’une société est déjà sous tension, faire retentir la sirène en permanence peut finir par empêcher d’entendre la question essentielle : où est la sortie ? La solidité d’une démocratie ne se mesure ni au silence de ses opposants ni au volume de ses contestations. Elle se mesure à sa capacité à transformer ses désaccords en décisions, ses décisions en réformes et ses réformes en résultats.

Alerter, oui. Polariser davantage, non. La Tunisie n’a pas besoin de plus de bruit. Elle a besoin de retrouver sa capacité à agir.

L’article TRIBUNE – UGTT-Avocats-LTDH : tirer la sonnette d’alarme sans faire sonner la sirène est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Un nouveau cadre de dialogue national pour sortir la Tunisie de la crise   

Trois des quatre composantes du Quartet du dialogue national, prix Nobel de la Paix 2015 * — la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) et l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) —reprennent la parole ensemble, dans un cadre de coordination commun face à la crise politique, économique et sociale que traverse le pays. Et publient, ce jeudi 3 septembre 2026 le communiqué conjoint suivant sous le titre «La Tunisie d’abord, et le peuple au-dessus de toute considération».

La Tunisie traverse aujourd’hui une crise politique, économique et sociale profonde, résultat de choix et de politiques qui ont prouvé leur incapacité à résoudre les crises accumulées, et qui ont même contribué à aggraver la souffrance des Tunisiens, à affaiblir leur pouvoir d’achat, et à élargir les cercles de la pauvreté, du chômage et de la précarité — au point que le citoyen a perdu confiance dans les institutions de l’État et dans leur capacité à répondre à ses revendications légitimes.

Le pays connaît également un recul grave dans le domaine des droits et des libertés, un resserrement continu de l’action politique, syndicale et civile, ainsi qu’une instrumentalisation croissante de la justice dans les conflits politiques, portant atteinte à son indépendance, aux garanties d’un procès équitable et aux droits de la défense — ce qui frappe l’une des garanties les plus importantes de protection du citoyen et menace les fondements de l’État de droit et des institutions.

Les prisons et les centres de rétention connaissent des conditions qui ne répondent pas aux exigences de la dignité humaine ni aux normes internationales.

Dans le même contexte, le pays connaît un recul de la liberté des médias, une répression des voix libres, et une mainmise croissante sur les institutions médiatiques.

Les crises de l’eau et de l’électricité, la pénurie de médicaments et de produits de base, ainsi que la hausse des prix, ne sont plus de simples difficultés conjoncturelles ; elles touchent désormais directement les conditions de vie quotidienne et la dignité des Tunisiens, aggravent leurs souffrances et approfondissent leur sentiment d’impasse.

Le drame de la noyade de jeunes de Ben Guerdane, et les tragédies similaires qui l’ont précédé, confirment que la migration irrégulière n’est pas seulement un dossier sécuritaire, mais bien la conséquence directe du désespoir, de l’impasse et de la perte d’espoir en l’avenir — ce qui fait porter au pouvoir une responsabilité politique et sociale pleine et entière dans le traitement de ses causes profondes, et non la simple gestion de ses conséquences.

Inutile de rejeter la responsabilité sur autrui, car le pouvoir en place porte l’entière responsabilité politique de ses choix, de ses décisions et de leurs conséquences, après des années de gestion des affaires publiques en dehors de toute logique de dialogue et de participation, dans un contexte d’absence de transparence, d’opacité sur les données, et de restriction du droit à exprimer une voix divergente.

La Tunisie ne peut être gouvernée selon une logique de déni, de silence ou de voix unique, tout comme les crises ne peuvent être affrontées en excluant la société et ses forces vives.

On ne peut sortir de la situation actuelle que par une révision globale des choix économiques, sociaux et politiques dont l’échec est avéré, et par l’ouverture d’un véritable processus de dialogue sociétal, menant à des solutions capables de sauver le pays, de préserver son unité, de protéger les droits et les libertés, et de redonner confiance et espoir aux Tunisiens.

Nous, organisations signataires, annonçons le lancement d’un cadre de coordination commun pour la Tunisie et les Tunisiens, animés par notre conviction profonde de la nécessité de la vigilance, de la protection des acquis du peuple, de l’attachement à l’État de droit et des institutions, de la préservation de l’indépendance de la société civile, et de la défense des droits et des libertés.

Ce cadre restera en permanence ouvert à toutes les forces vives et démocratiques, et à tous les acteurs nationaux qui croient en la Tunisie et en son avenir, afin d’œuvrer ensemble à l’ouverture d’un nouvel horizon national, qui redonne sa place au dialogue et à la participation, préserve l’avenir des générations futures, et garantit à la Tunisie son unité, sa place et sa dignité.

Signataires :

Président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme — Bassem Trifi ;  

Bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie — Boubaker Ben Thabet ;

Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) — Slaheddine Selmi.

* Au célèbre Quartet, il manque l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’Artisanat (patronat). On ne sait pas si l’organisation patronale a été sollicitée et qu’elle a refusé de se joindre à l’initiative. Son absence, en tout cas, pose des questions. Il faut dire que sa direction actuelle est totalement illégale puisque l’organisation n’a pas tenu son congrès depuis plusieurs années.  

L’article Un nouveau cadre de dialogue national pour sortir la Tunisie de la crise    est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

UGTT – Ordre des avocats – LTDH : la sonnette d’alarme

Dans un communiqué commun publié jeudi 3 septembre 2026, l’UGTT, l’Ordre des avocats et la LTDH dressent un tableau sévère de la situation actuelle en Tunisie. Et ce, entre crise politique, économique et sociale profonde, érosion des droits et libertés, instrumentalisation de la justice, détérioration des conditions carcérales et recul de la liberté des médias.

Les trois organisations pointent aussi les pénuries d’eau, d’électricité et de médicaments, la flambée des prix et le désespoir qui alimente la migration irrégulière des jeunes Tunisiens. Tout en citant notamment le drame de Ben Guerdane.

Elles imputent la responsabilité de cette dégradation au pouvoir en place après « cinq ans » de gestion sans dialogue ni transparence. Et elles appellent à une révision globale des politiques et à l’ouverture d’un « dialogue sociétal » sérieux.

Pour ce faire, elles annoncent la création d’un « cadre de coordination commun » ouvert à toutes les forces démocratiques. Tout en évitant, selon des commentaires accompagnant le texte, toute montée en gamme militante ou escalade revendicative.

L’article UGTT – Ordre des avocats – LTDH : la sonnette d’alarme est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌