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Scatec multiplie les projets et étend sa présence en Tunisie

Scatec poursuit son développement en Tunisie avec un nouveau projet solaire à Tataouine. Le groupe norvégien prévoit d’implanter une centrale photovoltaïque de 120 MW à Remada Ouest, sur une superficie d’environ 200 hectares. L’investissement est estimé à 80 millions d’euros. La future installation devrait produire près de 260 GWh d’électricité par an.

Le chantier est programmé pour le deuxième trimestre 2027, avec une durée de réalisation estimée entre 15 et 18 mois. La mise en service est ainsi attendue à la fin de 2028. Le raccordement au réseau de la STEG sera assuré par une ligne aérienne de 225 kV, longue d’environ deux kilomètres. Le projet prévoit également des retombées en matière d’emploi, avec 10 à 15 postes permanents annoncés après la mise en exploitation.

Cette nouvelle centrale vient s’ajouter à un portefeuille tunisien qui s’est étoffé rapidement depuis les premiers projets du groupe. À Sidi Bouzid, Scatec développe actuellement une deuxième centrale photovoltaïque de 120 MW. Baptisée Sidi Bouzid II, elle représente un investissement d’environ 96 millions d’euros et devrait produire quelque 276 GWh par an. Le projet est développé à parts égales avec Aeolus, filiale du groupe japonais Toyota Tsusho.

Le groupe a déjà franchi une première étape avec l’entrée en exploitation commerciale de ses centrales de Sidi Bouzid et de Tozeur, d’une capacité de 60 MW chacune. Ces deux installations constituent les premiers actifs solaires de Scatec en exploitation en Tunisie. Leur production cumulée est estimée à près de 288 GWh par an et l’électricité produite est vendue à la STEG dans le cadre de contrats d’achat de long terme.

La présence du groupe ne se limite toutefois pas au photovoltaïque. Scatec et Aeolus ont également obtenu un contrat d’achat d’électricité pour un parc éolien de 75 MW à El Fahs, dans le gouvernorat de Zaghouan. Ce projet, dont l’investissement est estimé à environ 100 millions d’euros, doit élargir le portefeuille tunisien du groupe à une deuxième technologie renouvelable.

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La Tunisie veut réduire sa dépendance aux importations d’énergie

La transition énergétique n’est plus seulement une question environnementale, mais une composante de la sécurité et de la souveraineté économiques de la Tunisie, appelée à réduire sa dépendance aux importations d’énergie ainsi que son exposition aux turbulences des marchés internationaux. C’est le message délivré par le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors de l’ouverture de la deuxième édition de l’Ifriqiya Energy Hub, un forum qui réunit, les 24 et 25 septembre 2026, à la Cité de la Culture, à Tunis, plus de 200 experts et acteurs issus de pays africains, européens et méditerranéens.

Selon Chouchane, la conjoncture internationale actuelle — marquée par l’instabilité géopolitique, la volatilité des marchés, les risques pesant sur la sécurité des approvisionnements et des engagements climatiques de plus en plus contraignants — impose à la Tunisie d’accélérer l’élaboration d’un nouveau modèle énergétique.

Cette stratégie repose sur deux axes principaux : le développement des énergies renouvelables, afin de diversifier l’approvisionnement et de réduire les coûts, et l’efficacité énergétique, pour maîtriser la consommation, renforcer la compétitivité des entreprises et diminuer la dépendance extérieure.

Le gouvernement mise également sur l’autoproduction d’électricité et sur la modernisation du réseau national, une étape nécessaire pour intégrer des parts croissantes d’énergie solaire et éolienne.

Dans ce contexte, Chouchane a rappelé les différents projets d’énergies renouvelables lancés dans le pays ainsi que les travaux en cours pour réviser le Code des hydrocarbures, avec pour objectif affiché de rendre le cadre réglementaire plus propice aux investissements et de réduire les risques pour les opérateurs privés.

La Tunisie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de son mix électrique d’ici 2030, et à 50 % d’ici 2035, contre seulement 6 à 7% aujourd’hui.

Cet enjeu est particulièrement sensible pour un pays dont le déficit énergétique dépasse 60% et qui reste fortement dépendant des importations de pétrole et de gaz.

Dans ce contexte aussi, le projet Elmed — une interconnexion électrique sous-marine reliant la Tunisie à l’Italie — joue un rôle central.

Chouchane a présenté ce projet comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie et les échanges entre les deux rives de la Méditerranée, en complément de la coopération énergétique traditionnelle avec l’Algérie.

Cette liaison, d’une capacité de 600 mégawatts et longue d’environ 220 kilomètres entre la Sicile et le cap Bon tunisien, constituera la première connexion électrique directe entre la Tunisie et l’Italie. La Banque mondiale, qui a approuvé en 2023 un financement de 268,4 millions de dollars pour le projet, en prévoit la mise en service d’ici 2028.

Elmed est conçu comme une liaison bidirectionnelle, destinée à la fois à soutenir la stabilité du réseau tunisien et à créer, grâce à l’augmentation des capacités en énergies renouvelables, un canal d’échange d’électricité entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

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Tataouine : Une centrale solaire de 120 MW pour 80 millions d’euros

Une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 120 mégawatts (MW) sera réalisée dans la région de Remada Ouest, dans le gouvernorat de Tataouine, pour un investissement estimé à près de 80 millions d’euros.

Les composantes du projet ont été présentées lundi lors d’une séance de travail tenue au siège du gouvernorat de Tataouine. La future centrale sera implantée sur une superficie d’environ 200 hectares et sera accompagnée d’une ligne électrique aérienne à haute tension de 225 kilovolts, longue de deux kilomètres. Cette infrastructure permettra de raccorder la centrale au réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), via une ligne existante reliant Borj Bourguiba à la centrale électrique de Tataouine.

Environ 260 gigawattheures d’électricité par an

Selon les données présentées lors de la réunion, la centrale devrait produire environ 260 gigawattheures d’électricité par an, soit une quantité équivalente à la consommation électrique d’environ 200.000 habitants. Le projet devrait également contribuer à réduire les émissions de dioxyde de carbone de près de 130.000 tonnes par an.

Le chantier devrait générer un nombre important d’emplois directs et indirects durant la phase de construction. Une fois la centrale entrée en exploitation, entre 10 et 15 emplois permanents devraient être maintenus. Le démarrage des travaux est prévu au deuxième trimestre 2027, pour une durée contractuelle comprise entre 15 et 18 mois. La mise en service du projet est ainsi programmée pour la fin de l’année 2028.

Lire aussi : Énergie solaire : La Conect propose une exonération totale des taxes sur les équipements

La séance a également été consacrée à la présentation des résultats de l’étude d’évaluation des impacts environnementaux et sociaux du projet. Celle-ci doit être réalisée conformément aux normes internationales applicables, avec notamment l’identification des opportunités susceptibles de renforcer la durabilité environnementale et sociale de la future installation.

Responsabilité sociale du projet

Les participants ont notamment insisté sur les aspects liés à la responsabilité sociale du projet. L’étude reste ouverte aux propositions et observations, qui pourront être prises en considération en coordination avec le bailleur de fonds.

Le gouverneur de Tataouine, Amir Bernji, a souligné que ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale visant à réduire le déficit énergétique, renforcer l’indépendance énergétique de la Tunisie et accroître la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national.

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Énergie solaire : La Conect propose une exonération totale des taxes sur les équipements

Le président du groupement professionnel des énergies renouvelables de la Conect, Sadok Besbes, a appelé, mercredi 16 septembre 2026, à supprimer les droits de douane et les taxes appliqués aux équipements solaires et aux systèmes de stockage. Cette proposition vise à réduire le coût des installations photovoltaïques et à accélérer la transition énergétique en Tunisie.

L’appel intervient dans un contexte de déficit énergétique structurel, qui pèse sur les finances extérieures du pays. Le responsable estime que le développement des énergies renouvelables pourrait contribuer à renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie.

Le projet « Chams » pour les PME attendu avant la fin de l’année

Au cours de son intervention dans l’émission Yawm Saïd sur les ondes de la Radio nationale, Sadok Besbes a précisé que le groupement avait adressé ses propositions aux ministères des Finances, de l’Industrie et de l’Énergie. Il a notamment plaidé pour l’application d’un taux de 0 % aux droits et taxes sur l’importation des panneaux solaires et des batteries de stockage.

Le responsable a également évoqué le projet « Chams », actuellement préparé par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME). Destiné aux petites et moyennes entreprises, ce dispositif doit faciliter leur accès au financement pour la réalisation de projets solaires. Son lancement est envisagé en novembre ou décembre prochains, selon les déclarations du président du groupement professionnel.

Lire aussi : Électricité : Le solaire progresse, mais la dépendance au gaz reste forte

L’accès des ménages aux installations photovoltaïques bénéficie déjà de mécanismes de facilitation financière mis en place par l’État. L’extension de ce type de soutien aux entreprises constitue l’un des axes évoqués pour accélérer le recours aux énergies renouvelables.

Des pays ont-ils déjà adopté une exonération à 0 % ?

Plusieurs pays ont mis en place des exonérations ou des réductions fiscales pour favoriser l’énergie solaire. Les dispositifs ne sont toutefois pas tous identiques et ne concernent pas systématiquement l’ensemble des taxes à l’importation. En Cote d’Ivoire par exemple, en octobre 2024, un arrêté interministériel a établi une liste d’équipements destinés aux énergies renouvelables, dont les panneaux photovoltaïques et les batteries de stockage, exonérés de TVA et de droits et taxes de douane, sous certaines conditions. La mesure est documentée par l’Agence internationale de l’énergie et les Douanes ivoiriennes.

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Électricité : Le solaire progresse, mais la dépendance au gaz reste forte

La Tunisie a produit davantage d’électricité au cours des sept premiers mois de 2026, mais cette progression masque une équation énergétique toujours fragile. La production nationale a augmenté de 6%, à 12.333 GWh, tandis que les énergies renouvelables ont progressé beaucoup plus rapidement, avec une hausse de 61%. Malgré cette accélération, le gaz naturel reste largement dominant dans le mix électrique.

Le solaire accélère

La part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité a atteint 9% à fin juillet, contre une part nettement plus élevée pour le gaz naturel, qui représente encore 90,8% de la production.

Cette progression des renouvelables est notamment portée par le développement des projets solaires, en particulier ceux destinés à l’autoconsommation et à la production indépendante.

Les installations photovoltaïques atteignent désormais environ 515 MW dans le secteur résidentiel raccordé au réseau basse tension, auxquels s’ajoutent 130 MW dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole, raccordés aux réseaux moyenne et haute tension.

La production des projets solaires indépendants illustre cette accélération : elle est passée de 39 GWh durant les sept premiers mois de 2025 à 359 GWh sur la même période de 2026. Cette progression s’explique notamment par l’entrée en exploitation de nouvelles centrales, dont celle de Kairouan, d’une capacité de 100 MW, en décembre 2025, puis celles de Sidi Bouzid et de Tozeur, de 50 MW chacune, en avril 2026.

Une demande toujours soutenue

La consommation d’électricité continue toutefois de peser sur le système. La pointe de demande enregistrée en juillet a atteint 4924 MW, soit une hausse de 2% par rapport aux 4837 MW enregistrés un an auparavant.

Dans le même temps, la consommation spécifique des centrales électriques s’est améliorée de 3%, atteignant 206 tonnes équivalent pétrole par GWh. La STEG a assuré 91% de la production nationale, tandis que les importations d’électricité ont reculé de 2% et ont couvert environ 10% des besoins du marché local.

Les ventes d’électricité ont, pour leur part, progressé de 1%, à 9455 GWh. Le secteur industriel représente 58% des ventes d’électricité à moyenne et haute tension.

Le déficit énergétique se creuse

L’accélération des renouvelables ne suffit toutefois pas à réduire la dépendance énergétique du pays. La production nationale d’hydrocarbures a continué de reculer sur les sept premiers mois de l’année.

La production de pétrole brut a diminué de 11%, à environ 0,78 million de tonnes équivalent pétrole, tandis que la production de gaz naturel a baissé de 14%, à environ 0,84 million de tonnes équivalent pétrole.

Dans ce contexte, le déficit commercial énergétique s’est aggravé de 8%, alors que le taux d’indépendance énergétique est passé de 46% à 42% en un an.

Le secteur électrique tunisien avance donc sur deux trajectoires simultanées : le solaire gagne rapidement du terrain, mais le système reste très fortement dépendant du gaz naturel et des ressources énergétiques importées.

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