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L’amère leçon de 60 ans de relations tuniso-européennes

Au terme de soixante ans de relations avec l’Union européenne, la Tunisie est passée peu à peu du statut de négociateur cherchant à obtenir des conditions plus équitables à celui de récepteur passif d’un agenda européen conçu ailleurs. Cette leçon amère est tirée de l’ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire»** de Mohamed Sassi paru en 2025 aux éditions Nirvana, à Tunis. Et qui propose une histoire critique de ces relations, conduite selon la méthode de l’histoire économique et des relations internationales, qui s’appuie sur les archives nationales tunisiennes et européennes ainsi que sur des témoignages d’acteurs économiques et politiques.

Adel Ben Youssef *

L’auteur n’est pas un historien comme les autres. Il a d’abord soutenu à Sorbonne Université une thèse de doctorat portant sur l’entreprise pétrolière française Desmarais Frères, puis mené des recherches postdoctorales à l’Université Paris-IV et à l’Université de Genève, son regard glissant peu à peu de l’histoire des entreprises vers l’histoire économique tunisienne et celle de ses relations extérieures.

Cette formation transdisciplinaire lui donne les moyens d’aborder les archives des négociations tuniso-CEE avec la précision de l’historien économiste et l’ampleur de vue de l’historien des relations internationales.

Il est actuellement Maître de conférences à l’Institut préparatoire aux études littéraires et aux sciences humaines de Tunis (IPELSHT, Université de Tunis 1), où il enseigne l’histoire économique, ainsi que l’histoire des relations internationales à l’Ena (Université Tunis El Manar) et pilote un axe de recherche lié à sa spécialité au sein du Laboratoire Diraset, Études maghrébines à la FLSH de Tunis.

La contribution académique la plus visible du livre tient à son socle archivistique. Mohamed Sassi dépouille de façon systématique les archives nationales tunisiennes, en particulier celles du ministère des Affaires étrangères versées en 2012, et s’appuie sur des entretiens avec les principaux négociateurs tunisiens des années 1970 à 1990, dont le regretté Tahar Sioud.

Le croisement de l’archive et de l’histoire orale permet de restituer des coulisses de négociation et des logiques décisionnelles jusqu’ici mal documentées.

Dans son compte rendu pour l’Académie des sciences d’outre-mer, Jacques Frémeaux salue un livre «bien documenté, notamment grâce à la consultation des archives et à une enquête orale auprès de personnalités tunisiennes», et relève qu’il retrace «avec précision et finesse» le passage de la Tunisie d’une économie tournée vers la France à l’époque du protectorat à la négociation avec une Communauté européenne en construction et en élargissement.

Trois «tournants» et une ligne structurelle

Mohamed Sassi bâtit un récit limpide, teinté de tragique : depuis l’indépendance, les relations économiques de la Tunisie avec l’Europe ont traversé trois moments décisifs, et aucun n’a tenu ses promesses.

Le premier tournant correspond au premier accord de coopération de 1969. Les négociations avaient commencé dès 1963, année de l’indépendance tunisienne et de la signature du traité de Rome.

Or, d’après Sassi, cet accord est bien loin de combler les attentes tunisiennes : l’éventail des produits couverts reste trop étroit et les produits agricoles tunisiens en sont presque absents. Pour un pays dont l’économie repose sur l’agriculture, cette lacune réduit radicalement la portée réelle de l’accord.

Dans un entretien antérieur, Sassi va jusqu’à parler d’«échec» à propos des négociations de 1963 à 1969, «premier tournant manqué» de l’histoire économique tunisienne.

Le deuxième tournant est la convention de coopération de 1976. Le texte représente un progrès : un plus grand nombre de produits obtiennent des facilités à l’exportation, des clauses économiques et sociales sont ajoutées, un prêt bancaire d’un montant substantiel est prévu, et la situation des travailleurs tunisiens en Europe s’améliore. Mais l’analyse critique de Sassi met au jour un problème plus profond : le dispositif enferme en fait la Tunisie dans un rôle de sous-traitance et de transformation à bas coût, les gains d’exportation à court terme dissimulant l’arrêt de la montée en gamme de l’appareil productif.

Quand la Grèce (1981), puis l’Espagne et le Portugal (1986) rejoignent la CEE, ces nouveaux membres entrent en concurrence directe avec les pays du Maghreb sur de nombreux produits ; la «Politique méditerranéenne globale» (PMG) lancée alors par la Communauté est jugée par Sassi «plus ambitieuse que ses résultats».

Le troisième tournant, c’est l’accord d’association de 1995 et le processus de Barcelone. C’est la partie la plus développée et la plus critique du livre. En apparence, Barcelone promettait une hausse notable de l’aide financière et un encouragement à l’économie de marché ; côté européen, les privatisations et la réforme tarifaire engagées par la Tunisie dans les années 1990 passaient pour des signaux positifs.

Sassi met toutefois en évidence deux conséquences que le récit dominant passe sous silence.

D’abord, le processus de Barcelone repose institutionnellement sur des accords bilatéraux : l’Union négocie séparément avec la Tunisie, le Maroc, l’Algérie. Pour Sassi, ce dispositif a objectivement fait obstacle à l’intégration régionale maghrébine et, après l’échec de l’Union du Maghreb arabe (UMA) créée en 1989, a enfoncé la Tunisie dans l’isolement. Or, quand 80 % du commerce tunisien dépend de l’Europe, cet isolement se traduit par une perte systématique de marge de négociation.

Ensuite, le principe de réciprocité inscrit dans l’accord de 1995 contenait une bombe à retardement. Conformément aux règles de l’OMC, la Tunisie disposait d’une période transitoire de douze ans avant l’ouverture complète de son marché. Or la révolution de 2011 a éclaté précisément au moment où cette période s’achevait et où la réciprocité allait s’appliquer pleinement.

Dans un entretien de 2025, Sassi souligne explicitement que la collision entre la révolution et l’ouverture du marché a infligé à la Tunisie un double choc sans le moindre amortisseur.

L’après 2011 : désordre, concurrence et perte de subjectivité

Le traitement de l’après-2011 est tout aussi lucide et mordant. La révolution a beau avoir apporté un espoir politique, elle a durablement abîmé la croissance tunisienne. Malgré l’obtention en 2012 d’un statut de «partenaire privilégié» dans le cadre européen, la relation n’a pas entamé l’asymétrie structurelle. Deux forces nouvelles entrent alors en jeu : la Turquie, puissance régionale émergente, et la Chine, dont la pression économique concurrence les positions tunisiennes, réduisant encore l’espace de manœuvre déjà restreint du pays.

La discussion consacrée aux négociations de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) prolonge la posture critique de Sassi. Il estime que la partie tunisienne y est en position de faiblesse manifeste, faute d’avoir su traduire ses besoins de développement en agenda de négociation. Ce jugement fait écho à sa thèse centrale : «la Tunisie doit redevenir actrice de son lien à l’Europe».

Pour Sassi, la leçon amère de soixante ans de relations avec l’Europe est que la Tunisie est passée peu à peu du statut de négociateur cherchant à obtenir des conditions plus équitables à celui de récepteur passif d’un agenda européen conçu ailleurs.

Un incontournable ouvrage de référence

La valeur du livre de Mohamed Sassi ne tient pas à un jugement simpliste, «pro-européen» ou «anti-européen», mais à la patience de l’historien qui restitue une série de négociations en apparence techniques comme un terrain où se croisent choix politiques et contraintes structurelles. Il montre comment la logique européenne, de la Politique méditerranéenne globale au processus de Barcelone puis à la Politique européenne de voisinage, a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même ; et il n’élude pas davantage les myopies, l’impréparation et l’érosion de la capacité de négociation du côté tunisien.

Le compte rendu de l’Académie des sciences d’outre-mer présente ce livre comme «un heureux produit de la coopération universitaire franco-tunisienne». Vu plus largement, il offre un récit venu de la rive sud, appuyé sur des archives de première main, qui remet en cause une histoire des relations euro-méditerranéennes longtemps écrite depuis Bruxelles. Pour qui veut comprendre pourquoi un pays lié à l’Europe par six décennies de relations institutionnalisées a fini par s’enfoncer dans un approfondissement de la dépendance et une perte de subjectivité, l’ouvrage de Sassi constitue une référence incontournable. Cet ouvrage ne se limite donc pas à une lecture : les personnes et les bibliothèques universitaires qui s’intéressent aux relations entre la Tunisie et l’Europe, des années soixante à aujourd’hui, ont tout intérêt à s’en procurer un exemplaire. 

Pour résumer, ce livre ne s’adresse pas uniquement aux lecteurs curieux des rapports entre la Tunisie et l’Europe, des années soixante à nos jours : il concerne aussi les responsables de bibliothèques universitaires, qui auraient tout avantage à en acquérir un exemplaire.

* Université de Sousse).

** Le livre est tiré d’un mémoire d’habilitation à diriger des recherches (HDR) que l’enseignant universitaire a soutenu à l’université La Sorbonne, le 3 juillet 2024, devant un jury présidé par Dominique Bargot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer et professeur émérite à la même université, et dont j’étais le rapporteur externe, aux côtés des professeurs Olivier Forcade, Frédéric Turpin (Sorbonne Université) et Samia El Mechat (Université de Côte d’Azur/Nice).

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« Réformes nécessaires aux États musulmans » : Khéreddine, le père du libéralisme tunisien

En bref Mohamed Haddad a publié en 2025 une traduction française de l’ouvrage de Khéreddine Ettounsi, paru en 1867. Khéreddine a exercé les fonctions de grand vizir de Tunisie de 1873 à 1877. Il a contribué à la création du…

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Stéphane Parédé revisite les espoirs démocratiques du monde arabe

Dans son essai ‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ (Vérone Éditions, Paris, le 14 janvier 2026, 186 pages), Stéphane Parédé revient sur les rapports entre identité arabe, pensée islamique, justice sociale et démocratie. De la pensée de Rifa’a al-Tahtawi à Michel ‘Aflaq, des mobilisations de 2011 à la Tunisie et au Maroc, l’auteur cherche les continuités intellectuelles et politiques qui permettraient de penser autrement l’avenir démocratique du monde arabe.

Djamal Guettala

Une carte du monde arabe, des mains levées : la couverture de ‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ annonce d’emblée un ouvrage consacré aux aspirations collectives d’un espace politique et culturel longtemps traversé par les contradictions entre modernité, identité, religion et pouvoir.

En quatrième de couverture, une question donne la clé de lecture : «Pourquoi dissocier le panarabisme du panislamisme ?» Une formulation qui pourrait laisser croire que tout le livre repose sur la recherche de similitudes entre deux grandes traditions politiques. Mais la lecture de l’ouvrage conduit à un ensemble plus vaste de préoccupations : la justice sociale, la démocratie, la place des femmes et surtout l’espoir suscité par les soulèvements populaires de 2011.

Stéphane Parédé revendique une démarche militante. Ancien directeur du PCN-Jeunesse, il se présente comme engagé pour la cause arabe, la jeunesse européenne et panafricaine, contre le racisme et pour la justice sociale. La dédicace à Frantz Fanon inscrit d’emblée l’ouvrage dans une tradition intellectuelle où les questions de domination, d’émancipation et de souveraineté occupent une place centrale.

Al-Tahtawi, avant Aflaq : une réflexion ancienne sur la démocratie

L’un des éléments importants du livre est la place accordée à Rifa’a al-Tahtawi, précurseur de la pensée réformatrice arabe au XIXe siècle.

Cette référence permet à Parédé de déplacer le débat. La démocratie et les notions qui lui sont associées ne seraient pas nécessairement des concepts importés et étrangers à la pensée arabe. L’auteur cherche au contraire à montrer l’existence, dans l’histoire intellectuelle arabe, d’une réflexion ancienne sur la réforme, l’éducation, la citoyenneté et l’organisation de la société.

Cette perspective précède de plusieurs décennies la naissance du nationalisme arabe moderne. Elle permet aussi de comprendre pourquoi l’auteur refuse de réduire l’histoire politique arabe à une opposition simpliste entre tradition et modernité.

Michel ‘Aflaq apparaît ensuite comme l’une des figures centrales de cette histoire.

Le fondateur idéologique du Baas défendait un nationalisme arabe associé à une conception particulière du socialisme. Pour Aflaq, rappelle Parédé, le socialisme arabe ne devait pas être une reproduction du marxisme. La nation reposait sur une histoire, une langue et une culture communes.

Mais le parcours du Baas constitue également, dans le livre, une histoire de la déception. Le projet initial aurait été progressivement éloigné de ses ambitions par les pratiques du pouvoir.

Cette tension entre l’idéal politique et sa traduction institutionnelle constitue l’un des fils rouges de l’essai.

2011 : l’espoir démocratique face aux réalités du pouvoir

Le véritable cœur politique du livre se trouve peut-être dans son retour sur les soulèvements arabes de 2011.

L’auteur ne présente pas le Printemps arabe comme une parenthèse définitivement refermée. Il y voit plutôt un moment historique qui a fait apparaître, avec une force nouvelle, des aspirations longtemps contenues : dignité, liberté, justice sociale et participation politique.

L’Égypte occupe une place importante dans cette démonstration. Stéphane Parédé revient sur l’héritage de Nasser, les transformations sociales engagées après la révolution de 1952 et la confrontation avec les Frères musulmans.

L’élection de Mohamed Morsi en 2012, puis son renversement en 2013, illustrent les difficultés d’une transition au cours de laquelle les différentes forces politiques et institutionnelles ne sont pas parvenues à établir un nouvel équilibre durable.

Le cas du Bahreïn constitue un autre chapitre significatif. Parédé revient sur la mobilisation populaire de 2011 et sur sa répression, donnant notamment une place aux témoignages de militantes comme Maryam al-Khawaja.

À travers cet épisode, l’auteur pose une question géopolitique : pourquoi certaines mobilisations démocratiques ont-elles suscité davantage d’attention internationale que d’autres ?

Le livre ne sépare donc jamais complètement la question démocratique des rapports de force régionaux et internationaux.

La femme, non pas en marge mais au centre

Autre dimension importante de l’essai : la place accordée aux femmes. De Fatima al-Fihriya à Tawakkul Karman, en passant par les militantes engagées dans les mouvements de contestation contemporains, Stéphane Parédé cherche à restituer aux femmes une place centrale dans l’histoire politique et intellectuelle du monde arabe.

Cette approche est loin d’être secondaire. Elle rejoint l’une des idées fortes du livre : aucune transformation démocratique ne peut être pensée uniquement à travers les institutions, les partis ou les dirigeants.

La démocratie implique aussi une transformation de la société. La participation des femmes, l’accès à l’éducation, les libertés publiques et la justice sociale appartiennent ainsi au même ensemble de questions.

C’est ici que la réflexion de Parédé dépasse la seule opposition entre panarabisme et panislamisme. Son véritable sujet devient progressivement celui des conditions sociales et politiques nécessaires à l’exercice de la citoyenneté.

Maroc et Tunisie : les textes face à la réalité politique

Le Maroc constitue, dans la dernière partie du livre, une expérience particulière. L’auteur revient notamment sur la réforme de la Moudawana et sur la Constitution de 2011, adoptée dans le contexte des mobilisations du mouvement du 20 février.

La Tunisie occupe évidemment une place singulière. Berceau du Printemps arabe, elle représente l’expérience qui avait suscité les plus grands espoirs démocratiques après la chute de Ben Ali. Stéphane Parédé revient sur l’expérience d’Ennahdha, son discours autour de la citoyenneté, des libertés et des droits de l’homme, mais aussi sur la profondeur historique du pays, qu’il relie notamment à Carthage.

Son analyse invite surtout à regarder le décalage qui peut apparaître entre les principes proclamés dans les textes et leur application dans la vie politique.

Cette question est particulièrement sensible dans la Tunisie contemporaine. Après la Constitution de 2014, l’évolution institutionnelle engagée depuis le 25 juillet 2021 a profondément modifié l’équilibre des pouvoirs. Le président Kaïs Saïed avait alors suspendu les travaux de l’Assemblée des représentants du peuple et annoncé des mesures exceptionnelles ; une nouvelle Constitution a ensuite été adoptée par référendum en juillet 2022.

Pour Parédé, cette évolution pose la question de la continuité de l’espoir démocratique né en 2011. Son analyse reste inscrite dans une conviction : les aspirations exprimées lors des soulèvements ne disparaissent pas nécessairement avec les revers institutionnels.

Un essai militant, mais surtout une invitation au débat

‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ n’est pas un ouvrage académique froidement détaché de son sujet. Stéphane Parédé assume ses engagements et propose une lecture située de l’histoire politique arabe.

Son intérêt réside précisément dans les questions qu’il met en circulation : peut-on dissocier démocratie et justice sociale ? La pensée démocratique est-elle réellement étrangère à l’histoire arabe ? Comment comprendre les rapports entre nationalisme arabe, référence islamique et citoyenneté ? Et que reste-t-il de l’espoir démocratique porté par les mouvements de 2011 ?

La lecture du livre montre aussi que la question dépasse largement l’opposition entre deux courants idéologiques. De Tahtawi à Aflaq, des militantes du Printemps arabe aux expériences tunisienne et marocaine, Parédé cherche une continuité dans les aspirations à la dignité, à la justice et à la participation politique.

Quinze ans après 2011, le débat reste ouvert. Et c’est peut-être là que réside l’une des principales raisons de lire cet essai : non pour y trouver une réponse définitive à la question démocratique arabe, mais pour confronter ses thèses à une histoire encore en mouvement. 

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Taekwondo | Les champions tunisiens Adam Selmi et Firas Katoussi brillent au Qatar

Le champion tunisien de taekwondo Adam Selmi a décroché la médaille d’or dans la catégorie des -63 kg lors du Tournoi international du Qatar, tandis que Firas Katoussi a décroché l’argent (-87 kg).

C’est ce qu’a annoncé le ministère de la Jeunesse et des Sports, évoquant un parcours remarquable pour les deux Tunisiens. Adam Selmi a dominé ses adversaires avec brio et a livré une finale d’exception, s’imposant face à un athlète azerbaïdjanais, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Paris 2024.

De son côté, Firas Katoussi a vu sa finale interrompue alors qu’il menait d’une manche, contraint de se retirer sur blessure, ajoute la même source.

« Une confirmation mondiale pour nos champions… Ce nouveau sacre vient consolider la place de la Tunisie parmi l’élite mondiale de la discipline », a commenté le ministère.

Y. N.

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Solaire: Steg lance un appel d’offres international

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a lancé un appel d’offres international pour construire une centrale solaire de 50 MW à Béni Mhira, dans le gouvernorat de Tataouine. En effet, le projet prévoit aussi un système de stockage par batteries de 10 MW et 20 MWh, ainsi que les équipements nécessaires pour relier la centrale au réseau électrique national.

Le projet vise à renforcer la production d’électricité à partir de sources renouvelables en Tunisie. Les batteries permettront de stocker une partie de l’énergie solaire produite pour mieux gérer son utilisation.

Le financement annoncé comprend un prêt pouvant atteindre 30 millions d’euros de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et un financement pouvant atteindre 20 millions d’euros du Fonds pour les technologies propres.

D’ailleurs, les entreprises intéressées ont jusqu’au 10 décembre 2026 à 9h pour déposer leurs offres sur la plateforme électronique prévue à cet effet.

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Bientôt, les Tunisiens pourront suivre les horaires des transports en temps réel

Le matin, chaque minute compte. Entre les embouteillages, les horaires de travail et les correspondances à ne pas rater, le moindre retard dans les transports peut compliquer toute une journée. En Tunisie, un nouveau dispositif numérique pourrait bientôt aider les voyageurs à mieux anticiper leurs déplacements.

Le ministère du Transport prépare une plateforme qui permettra de consulter les horaires actualisés et les heures d’arrivée estimées des moyens de transport. Des écrans dans les grandes stations, une application mobile et un portail en ligne sont prévus. L’idée est de donner aux usagers une information plus fiable, notamment aux heures de pointe, lorsque les quais se remplissent et que chacun cherche à gagner du temps.

Ce type de service pourrait aussi positivement faciliter les déplacements des Tunisiens résidant à l’étranger et des visiteurs étrangers. Pour ceux qui découvrent le réseau de transport local, pouvoir vérifier un horaire ou préparer un itinéraire depuis son téléphone simplifierait les trajets. Dans plusieurs villes étrangères, les applications de transport en temps réel font déjà partie des habitudes quotidiennes. En Tunisie, le projet vise à développer des outils de ce type, même si son déploiement et ses fonctionnalités restent à préciser.

Selon un communiqué du ministère du Transport publié le 20 octobre 2026, le projet sera mené en partenariat avec le ministère des Technologies de la communication. Son principe? Permettre aux voyageurs de consulter des informations actualisées sur leurs déplacements, sans devoir multiplier les recherches. D’ailleurs, des écrans installés dans les grandes stations afficheront les horaires et les heures d’arrivée estimées des moyens de transport. Une application mobile et un portail en ligne compléteront le dispositif. Les voyageurs pourront ainsi mieux préparer leurs trajets et choisir des itinéraires adaptés.

Mais le projet ne s’arrête pas à l’information du public. Il prévoit aussi des outils d’aide à l’exploitation pour les sociétés nationales et régionales de transport. L’objectif est de leur permettre de mieux suivre leurs activités et de gagner en efficacité dans la gestion quotidienne de leurs services. Pour passer à l’étape suivante, le ministère des Technologies de la communication a lancé un appel d’offres sur Tuneps, le 20 octobre. Le projet sera financé par le Fonds de développement des communications et des technologies de l’information (Fond TIC).

Le calendrier de déploiement n’a pas encore été précisé. Le projet pourrait aussi ouvrir la voie à des collaborations avec les startups tunisiennes qui développent déjà des solutions dans la mobilité et les services numériques. En associant les moyens du secteur public à l’agilité et au savoir-faire du privé, la Tunisie pourrait accélérer la mise en place de services plus pratiques, adaptés aux besoins des voyageurs. Un seul mot d’ordre: l’union fait la force! 

A suivre…

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Décès de l’actrice tunisienne Amel Baccouche

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris, ce mardi 20 octobre 2026, le décès de l’actrice tunisienne Amel Baccouche, à l’âge de 77 ans.

La défunte a interprété de nombreux rôles, notamment celui de «Jannette» dans la série populaire Choufli Hall, aux côtés de Kamel Touati, Mouna Noureddine, le regretté Sofiène Chaari, Jamila Chihi et Kaouther Belhaj.

Cette dernière avait d’ailleurs rendu visite à la grande artiste Amel Baccouche, en septembre dernier, à son domicile, afin de prendre de ses nouvelles après un récent problème de santé. Elle était en convalescence et se reposait auprès de sa famille. Toutefois, son état de santé s’est de nouveau détérioré ces derniers jours…

Amel Baccouche a commencé sa carrière d’actrice dans les années 1970 au sein de la Troupe permanente du Kef sous la direction de feu Moncef Souissi et de Kamel Allaoui, qui fut son premier époux.

I. B.

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La guerre du Yémen et le retournement de l’histoire

A l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes à l’académie militaire le samedi 17 octobre, le président égyptien Abdelfattah Sissi a évoqué deux sujets importants. Le premier, sous forme de clarification, consiste à lever toute incertitude sur la durée de sa présidence. « Ma présidence du pays, si Dieu me prête vie, se terminera en 2030. Je tiens à préciser que la question ne se posera plus. » Le second sujet concerne la guerre qui fait rage au Yémen et la possibilité pour l’Egypte de s’engager militairement dans « la défense de l’Arabie saoudite, si les dirigeants saoudiens le demandent. »

Avant même que Ryadh ne demande cette aide, le président Sissi appela donc le parlement à se réunir en cession extraordinaire pour donner « l’autorisation » à l’Exécutif égyptien d’envoyer éventuellement des troupes en Arabie saoudite contre le Yémen, si celle-ci en exprime le désir.

Il faut dire que le président égyptien, en prenant une décision d’une telle importance, a en tête avant tout les intérêts vitaux de l’Egypte. Tout d’abord, il y a un million et demi d’Egyptiens expatriés en Arabie saoudite. Une déstabilisation de ce pays se répercuterait forcément socialement et financièrement sur une l’économie égyptienne.

A cela s’ajoutent les investissements saoudiens en Egypte qui s’élèvent à 37 milliards de dollars, une manne précieuse pour l’économie du pays. Deux raisons vitales qui expliquent la détermination des autorités égyptiennes de voler au secours du royaume.

Mais il y a un autre élément plus important encore qui explique le souci de l’Egypte de contribuer à la défaite des ‘’Houthis’’ qui dominent le passage maritime vital de ‘’Bab el Mendeb’’, reliant la mer Rouge à l’Océan indien.

Pourquoi ‘’Bab el Mendeb’’ est si important pour l’économie égyptienne ? Tout le trafic maritime venant d’Asie en direction de l’Europe passe par ce détroit, traverse la mer Rouge et s’engage dans le Canal de Suez en direction de la Méditerranée. Un éventuel blocage de ‘’Bab el Mendeb’’ se traduirait donc par d’immenses pertes financières en devises pour l’Egypte. Autant d’éléments qui expliquent l’inquiétude des autorités égyptiennes face au risque de déstabilisation régionale et leur décision d’intervenir en soutien à l’un des belligérants.

Deux questions se posent ici. La première est que l’Arabie saoudite est déjà liée par un Pacte de défense mutuelle avec le Pakistan et la Turquie. L’Egypte a-t-elle plus de moyens à mettre à la disposition de l’Arabie saoudite que les deux puissances régionales susmentionnées, dont l’une est détentrice de l’arme nucléaire ?

La deuxième question a trait à l’histoire. L’armée égyptienne a-t-elle dépassé le traumatisme qu’elle a subi au Yémen dans les années 60 du siècle dernier ? Rappelons qu’en 1962, le président Jamal Abdennacer envoya 70 000 soldats au Yémen pour soutenir le coup d’état perpétré alors contre la royauté yéménite dirigée par l’imam Yahya que soutenait militairement et financièrement l’Arabie saoudite.

Entre 25 000 et 30 000 soldats ont péri dans ce conflit qui a affaibli fortement l’armée égyptienne. Des commentateurs, à l’instar du Libanais Fawwaz Gerges, estiment que l’intervention désastreuse au Yémen était l’une des causes de la défaite de l’Egypte face à Israël dans la guerre de juin 1967.

Retournement de l’histoire, 64 ans après, l’armée égyptienne s’apprêterait à intervenir dans un conflit impliquant le Yémen, mais cette fois, non pas contre, mais à côté de l’Arabie saoudite…

En attendant la réponse du parlement égyptien (qui a demandé plus de temps) à la demande du président Sissi, une ultime question se pose ici. Comment se fait-il qu’avec un budget-défense de plus de 80 milliards de dollars par an (5e rang mondial après les USA, la Chine, la Russie et l’Inde), et avec un arsenal des plus sophistiqués acheté aux Etats-Unis à coups de centaines de milliards de dollars, l’Arabie saoudite peine à se défendre par ses propres moyens contre les attaques dévastatrices d’une milice établie dans l’un des pays les plus pauvres du monde ?

Chacun répondra à sa manière à cette question embarrassante. Cela dit, cette guerre, que l’Egypte intervienne ou pas, prend des proportions de plus en plus dangereuses. Pas seulement pour la région, mais pour le monde qui risque de voir à tout moment le détroit de Bab el Mendeb subir le sort du détroit d’Ormuz.

Pourtant la solution est d’une simplicité époustouflante. Il suffit que l’Arabie saoudite lève l’embargo qu’elle impose sur le Yémen et laisse les Yéménites résoudre leurs problèmes.

Rappel important : cette guerre dévastatrice s’est déclenchée le jour où un avion, transportant des personnalités yéménites de retour de l’Iran après avoir assisté aux funérailles du guide Ali Khamenei, s’apprêtait à atterrir au Yémen. L’Arabie saoudite a estimé que cela constituait « une violation de l’embargo » et a bombardé la piste d’atterrissage…

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Mohsen Marzouk n’assistera pas aux obsèques de sa mère

Mohsen Marzouk a annoncé hier, samedi 17 octobre 2026, dans un poste Facebook, le décès de sa mère, Salha El Abdi, «le grand olivier qui nous a nourris de son huile, nous a protégés des loups de la nuit, nous a appris le principe et la connaissance et nous a hissés sur la colline pour qu’on ne perde pas la voie du soleil», a-t-il écrit sur le ton de la poésie, l‘affaire de sa vie à côté de la politique.  

«Elle est décédée paisiblement dans son sommeil au terme d’une vie entièrement vouée au combat qu’elle a mené seule, entourée de ses trois enfants, après le décès de son époux alors qu’elle n’avait pas atteint ses trente ans», écrit encore l’ancien ministre-conseiller politique au cabinet du président Béji Caïd Essebsi, fondateur et président du parti Machrou Tounes. «Je ne serais pas à ses côtés pour creuser la terre avec mes mains et la livrer à la poussière et à l’obscurité, mais elle ne sera pas seule, puisqu’elle sera entourée de Rakia et Sarhane», son frère et sa sœur qui accompagneront la défunte à sa dernière demeure.

Marzouk a voulu rappeler ainsi qu’il a quitté la Tunisie au lendemain de la prise de pouvoir de Kaïs Saïed et le début des procès politiques et qu’il vit aujourd’hui en exil, à l’instar de nombreux anciens responsables politiques tunisiens.

I. B.    

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Les juifs en Tunisie sont-ils menacés ?

Dans un post Facebook publié jeudi 15 octobre 2026, Elie Trabelsi, juif tunisien, fils de Perez Trabelsi, chef de la communauté juive de Djerba et organisateur du pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba dans l’«Île des Lotophages», a adressé ce qu’il a appelé «un appel à des clochards» (sic!), désignant par cette expression des agitateurs médiatiques qui multiplient les attaques contre les juifs tunisiens, qu’ils accusent d’acheter au prix fort des terrains à Djerba pour renforcer leur présence dans l’île et en Tunisie en général. (Photo: Pèlerinage juif de la Ghriba. En médaillon : Elie Trabelsi).

Imed Bahri

Elie Trabelsi ne mâche pas ses mots. Il dénonce l’incendie qui a ravagé le mausolée juif à El Hamma, à Gabès, ainsi que le tombeau du saint juif Sidi Môrabi, vieux de 400 ans, et déplore que ni le ministère des Affaires culturelles, ni celui des Affaires religieuses ni encore le ministère public n’ont bougé pour ouvrir une enquête sur cet incendie criminel et faire arrêter les coupables. «Pas même un communiqué pour dénoncer cet acte pour la forme et même superficiellement», a-t-il écrit.

Elie Trabelsi a pointé des «mercenaires» qui mènent une campagne médiatique contre la synagogue de la Ghriba. «Ils oublient les problèmes du pays et n’ont qu’un seul souci : Djerba, les juifs et la Ghriba», écrit-il. Et d’ajouter : «Nous sommes propriétaires de nos terres depuis des siècles, nous n’achetons ni ne vendons, et la synagogue de la Ghriba restera comme une épine aux pieds des traitres et l’un des centres de souveraineté de l’Etat tunisien» (pas moins !).

La haine gratuite détruit les peuples

Elie Trabelsi va plus loin en lançant un défi – sur un ton de menace – aux dits «mercenaires» , dont le patron d’une chaîne de télévision : «Et qu’est-ce que vous allez pouvoir faire ? Même les services de renseignement américains vous tiennent à l’œil, et suivent ce que vous écrivez sur ChatGPT, Claude et Messenger. Vous voulez semer le désordre dans le pays et espérez un attentat terroriste contre les juifs à Djerba, en manipulant le pauvre peuple tunisien. Vous croyez qu’avec ce que vous faites, vous allez pousser les juifs tunisiens à partir à l’étranger, comme cela s’est passé dans les années soixante, soixante-dix et quatre-vingt ? ha… ha… ha… Vous rêvez !» Et de conclure : «Vous n’arriverez à rien. Par votre existence même, l’Etat court à sa perte. Car la haine gratuite détruit les peuples».

Le post d’Elie Trabelsi appelle des clarifications. En tant que juif tunisien, il est certes en droit voire dans l’obligation de défendre sa communauté contre les attaques qu’elle subit de la part de quelques agitateurs qui font beaucoup de mal non pas aux juifs mais au pays tout entier. Mais laisser entendre, entre les lignes, que les juifs tunisiens sont protégés par les Américains, c’est faire preuve d’amnésie voire d’ingratitude, car les juifs tunisiens ont toujours bénéficié d’une protection spéciale de la part de l’Etat tunisien, et ce depuis l’époque du sultanat des Hafsides, au 13e siècle et même bien avant. Et les dizaines de milliers de juifs qui ont été chassés d’Espagne et d’Italie après la Reconquista chrétienne au 15e siècle, c’est en Tunisie et au Maroc qu’ils ont trouvé accueil et refuge. C’est pourquoi, d’ailleurs, ils disposent de lieux de culte et de mausolées de saints un peu partout dans le pays.

M. Trabelsi, calmez-vous !

Le peuple tunisien a toujours fait preuve, à travers l’histoire, d’ouverture et d’hospitalité à l’égard des peuples réprimés qui se réfugient chez lui (des Phéniciens dans l’antiquité jusqu’aux Russes après la révolution bolchévique, en passant par les Juifs, les Morisques, les Grecs, les Italiens et autres Espagnols). Il n’y a aucune raison pour qu’il change aujourd’hui. Et cela, M. Trabelsi, vous le savez très bien, d’autant qu’à travers l’histoire de ce pays qui est le vôtre, beaucoup de juifs ont occupé des hauts postes de responsabilité au sein de l’Etat. Le dernier en date, c’est votre propre frère aîné, René Trabelsi, voyagiste franco-tunisien, qui a été ministre du Tourisme entre novembre 2019 et février 2020. Il n’a d’ailleurs quitté le gouvernement qu’à la suite d’une élection et d’un changement de majorité.

Alors, M. Trabelsi, calmez-vous et ne participez pas, par vos postes pour le moins virulents, à une polémique stupide et qui n’a aucune raison d’être. Les «mercenaires» auxquels vous répondez ne sont pas les ennemis des juifs mais de tous les Tunisiens.

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Du nouveau dans l’affaire de la chatte livrée aux chiens à Kasserine

Le Parquet de Kasserine a ordonné le placement sous mandat de dépôt de l’un des individus ayant livré une chatte à une meute de chiens à Kasserine.

C’est ce qu’a fait savoir l’association Rahma, citant l’avocate Ghada Hermassi, tout en précisant que le second suspect a été laissé en liberté et renvoyé devant le tribunal de Thala.

Suite aux informations relayées par Me Hermassi, les défenseurs des droits des animaux ont exprimé leur satisfaction et affirmé que cette affaire de maltraitance animale connaît un premier développement judiciaire marquant dans la région, avec l’incarcération du premier suspect à la prison civile de Kasserine.

Pour rappel, ces individus avaient intentionnellement jeté une chatte en gestation à des chiens et les avaient incités à l’attaquer, ne lui laissant aucune chance.

Soutenu par l’association Rahma et défendu par Me Hermassi, le propriétaire de la chatte a porté plainte, ce qui a permis l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Y. N.

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Je n’aime pas l’IA, mais la question n’est pas là !

Ah, cette intelligence artificielle ou IA ! Ces deux lettres si galvaudées ! Que de bouleversements elle impose et que d’efforts elle exige pour ne pas se laisser dévorer par ceux qui en détiennent les clés.

Raouf Laroussi *

Tout le monde est expert en IA ! Tout le monde, ou presque, adopte une posture sérieuse pour parler d’IA ! IA, IA, IA… combien de fois entend-on ces deux lettres prononcées ou écrites dans un sens ou dans l’autre ! Parfois même, pour sacrifier aux anglicismes, cet acronyme est prononcé à l’anglaise («Aïe-Eh»)… Ah, que c’est douloureux !

Et voilà que tout le monde s’improvise expert. Si certains vantent ses bienfaits, d’autres appellent à la méfiance. Certains poussent même la phobie jusqu’à affirmer que cette technologie pourrait conduire à l’extinction de l’humanité ! Jamais une avancée technologique n’a suscité autant d’émoi et de curiosité.

Mais moi, je n’aime pas l’IA !

Comment aimer ces textes qui se déroulent sans la moindre faute d’orthographe, de conjugaison ou de grammaire ? Ces textes au rythme si froidement calculé, dénués d’âme. L’imperfection n’est-elle pas, au fond, une part indéniable du charme humain ? Certes, l’IA génère de belles images et des vidéos superbes à une vitesse fulgurante. Mais ces productions ne sont-elles pas souvent conçues pour tromper ou désinformer ? Il devient difficile de distinguer le vrai du faux, avec tous les dégâts qui en résultent !

Et puis, l’IA s’en prend aux mathématiques, la discipline même qui lui a donné vie ! La voilà devenue concurrente, s’attaquant à des questions ouvertes et parvenant parfois à y apporter des réponses. Mais mesure-t-on les conséquences d’un relâchement de l’esprit mathématique, jadis fondé sur l’effort, l’élaboration de méthodes et la rigueur du raisonnement ? Car l’essence des mathématiques ne se résume pas à résoudre des problèmes, mais bien à concevoir des méthodes pour y parvenir.

L’IA séduit, incontestablement.

Il est vrai qu’une application capable de dialoguer avec un humain dans son propre langage, et de répondre à ses questions en quelques secondes, tient du miracle. Il est fascinant de voir des modèles analyser des images ou des documents avec une acuité dépassant souvent celle des meilleurs experts. Mieux encore, des robots propulsés par l’apprentissage automatique (Machine Learning) ou profond (Deep Learning) accomplissent des tâches à notre place. Alors, oui, l’IA a de quoi séduire.

Toutefois, cette déferlante qui bouleverse toutes les activités humaines reste mal encadrée à bien des égards : sécuritaire, éthique, légal, etc. Un effort colossal reste à fournir pour en tirer le meilleur parti tout en circonscrivant ses effets pervers. Alors oui : je n’aime pas l’IA… du moins tant qu’elle n’est pas entièrement domestiquée !

D’autre part, bien que la production basée sur l’IA se répande à un rythme effréné dans tous les domaines, le cœur de cette technologie — qu’il s’agisse du matériel (hardware), des données (data), de la conception des modèles ou des ressources énergétiques — se concentre dangereusement autour de deux pôles : les géants américains et la puissante Chine, qui se disputent le leadership mondial. S’il n’y prend garde, le reste du monde risque de devenir l’otage technologique de ces deux superpuissances. Et dans cette prise d’otages, tout est en jeu : la performance économique, la santé, l’éducation, la défense et, surtout, la souveraineté.

Voilà un autre facteur qui doit éveiller notre méfiance à l’égard de l’IA et nous pousser à l’action pour ne pas en être les victimes. C’est d’ailleurs une autre raison pour laquelle je n’aime pas l’IA : sa gouvernance n’est pas équitablement partagée.

Je n’aime pas l’IA ? En réalité, aimer ou ne pas aimer n’est pas la bonne question !

L’IA est là, tout comme les avancées technologiques qui l’ont précédée. Face à une telle révolution, la meilleure résolution est de l’adopter au plus vite. Plus que l’adopter, nous devons en acquérir une maîtrise totale. Ce choix s’impose à tous les niveaux : aux individus en tant qu’usagers, aux entreprises en tant qu’utilisateurs avertis et producteurs de modèles adaptés, et aux pouvoirs publics pour élaborer une stratégie nationale et des partenariats garantissant une souveraineté technologique.

Justifions ce verdict quelque peu tranchant.

Prenez le cas d’un parent. Peut-il faire l’impasse sur l’intrusion de l’IA ? Comment vérifier, dès lors, si ses enfants ont réellement fourni un effort pour leurs devoirs ou s’ils se sont contentés de solliciter une IA ? De même pour l’enseignant, qui doit redoubler de vigilance face à l’usage abusif de ces outils. À l’inverse, tout individu peut chercher à en tirer profit pour optimiser ses tâches quotidiennes.

Les exemples foisonnent. La médecine est également bouleversée : l’IA permet d’interpréter des radioscopies avec une précision surpassant parfois celle des meilleurs praticiens. Pourquoi un radiologue se priverait-il de cette assistance, sachant qu’il lui revient toujours de poser le diagnostic final ?

En contrepartie, cette avancée confronte le médecin à de nouveaux défis : les patients arrivent souvent informés, connaissant a priori leur pathologie et les traitements potentiels. C’est au médecin d’offrir ce qu’aucune machine ne peut procurer : l’empathie et la prise en compte du contexte personnel et humain du patient.

Pour l’entreprise, l’introduction de l’IA entraîne des mutations profondes. Dès lors qu’elle permet d’améliorer la productivité et de réduire les coûts de production, son usage devient impératif dans un environnement concurrentiel. L’innovation technologique n’est pas un luxe ni une mode ; son adoption est souvent une condition de survie.

Enfin, à l’échelle d’une nation, il est crucial que les autorités prennent la mesure de cet enjeu. Une stratégie nationale s’impose : élaboration d’une feuille de route, identification des acteurs clés, et mobilisation des ressources humaines et financières pour des projets d’envergure. Une structure de gouvernance dotée de larges prérogatives doit voir le jour. Il est évident qu’une IA pleinement souveraine est difficilement réalisable par un pays de taille modeste seul ; des partenariats régionaux sont indispensables pour espérer concurrencer les modèles dominants.

Ah, cette IA ! Ces deux lettres si galvaudées ! Que de bouleversements elle impose et que d’efforts elle exige pour ne pas se laisser dévorer par ceux qui en détiennent les clés.

Alors, définitivement… Aimer ou ne pas aimer n’est pas la bonne question !

Au travail !

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Pieralisi va créer un Africa Excellence & Innovation Center en Tunisie

Renforcer la présence industrielle en Tunisie et transformer le pays en une plateforme régionale pour l’innovation, la formation et le transfert de technologies vers les marchés africains. Telle est la stratégie du groupe italien Pieralisi, spécialisé dans les machines d’extraction d’huile d’olive et les technologies de séparation industrielle, qui étudie la création en Tunisie d’un Africa Excellence & Innovation Center.

Ce projet a été au cœur des entretiens tenus à Tunis entre le PDG Aldino Zeppeli, l’ambassadeur d’Italie Alessandro Prunas et le directeur du bureau ICE, Bernard Prevete.

C’est ce que rapporte le journal spécialisé italien OlivoNews, édité par Pieralisi Maip elle-même, en précisant que l’initiative en est encore au stade de l’étude et du développement progressif.

Fort de 138 ans d’histoire industrielle et d’une présence bien établie sur le marché tunisien, le groupe originaire des Marches vise à renforcer sa structure locale, dirigée par Faten Zoghlami, en valorisant les compétences tunisiennes et en favorisant le transfert du savoir-faire italien.

Au-delà de la filière oléicole, Pieralisi s’intéresse aux applications de ses technologies dans l’industrie agroalimentaire, le traitement des eaux usées et la gestion des boues industrielles. Cette initiative s’inscrit dans une phase de forte croissance des exportations tunisiennes d’huile d’olive et de consolidation des échanges avec l’Italie, l’un des principaux marchés de destination de l’huile d’olive tunisienne.

Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture tunisien (Onagri), au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026 (de novembre à août), la Tunisie a exporté 381 200 tonnes d’huile pour une valeur de 4,78 milliards de dinars (environ 1,44 milliard d’euros), soit une augmentation de 50,8 % des volumes en glissement annuel. L’Italie a absorbé 19,8 % des exportations, se classant juste derrière l’Espagne (31,9 %). Le rôle du marché italien est encore plus marqué pour l’huile biologique tunisienne, dont il absorbe 39 % des quantités exportées, devançant ainsi l’Espagne et les États-Unis. Toutefois, la vente d’huile en vrac reste prédominante — représentant environ 85,5 % des exportations totales —, ce qui souligne la nécessité d’investissements accrus dans la transformation, le conditionnement et la valorisation de la production locale.

Le projet d’un pôle technologique Pieralisi en Tunisie se situe donc à la croisée de la coopération industrielle italo-tunisienne et des besoins de modernisation de la filière oléicole, grâce à des équipements plus performants, à la formation technique et au transfert de compétences. Une démarche que le groupe inscrit également dans le cadre des objectifs du Plan Mattei pour l’Afrique, tandis que l’ambassade d’Italie et l’ICE ont confirmé leur volonté de favoriser de nouvelles collaborations entre entreprises, investisseurs et centres de compétences des deux pays.

I. B. (avec ANSAmed).

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Tunisie | Zied El Heni entame une grève de la faim

Le journaliste Zied El Heni a annoncé dans la soirée de ce samedi 10 octobre 2026, sa participation symbolique à la grève de la faim menée par Ahmed Néjib Chebbi et Abdelhamid Jelassi

Dans une lettre diffusé par sa famille via sa page Facebook, Zied El Heni affirme que cette action vise à protester contre la coupure de la diffusion de la chaîne d’information TV5 Monde en prison et à défendre ainsi le droit d’accès à l’information.

Il a par ailleur rappelé qu’il doit comparaître le 16 octobre devant la Chambre correctionnelle spécialisée dans les affaires de terrorisme au Tribunal de première instance de Tunis et qu’il fera face à une autre convocation devant le tribunal le 6 novembre prochain.

Zied El Heni a par ailleurs déploré les poursuites le visant et fermement rejeté toutes les accusations.

Y. N.

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Tunisie | Le maintien du taux d’intérêt à 7 % ne durera pas longtemps

L’économiste universitaire Moez Soussi a qualifié d’inattendu le maintien à 7 % du taux d’intérêt directeur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), car il anticipait personnellement une hausse d’au moins 50 points de base — pour le porter à 7,5 % — compte tenu des indicateurs économiques nationales et internationales et des pressions inflationnistes croissantes. Ce maintien du taux d’intérêt à 7 % ne durera pas longtemps, a-t-il cependant estimé.

M. Soussi, qui intervenait sur les ondes de Diwan FM, a expliqué que ses prévisions reposaient sur divers facteurs externes et internes, notamment l’évolution du marché mondial de l’énergie, la décision d’augmenter leur taux directeur par la plupart des grandes banques centrales, ainsi que les pressions pesant sur le dinar tunisien et la hausse du taux d’inflation.

S’agissant des facteurs externes, l’économiste a souligné la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché mondial dans un contexte d’incertitude persistante, estimant que l’évolution des prix de l’énergie pourrait accentuer les pressions sur l’économie de la Tunisie qui doit importer plus de 60% de ses besoins énergétiques.

Il a également attiré l’attention sur la tendance des grandes banques centrales à durcir leur politique monétaire, évoquant la décision de la Fed, la Réserve fédérale américaine, de relever ses taux d’intérêt de 25 points de base — les portant de 3,75 % à 4 % — ainsi que celle de la Banque centrale européenne de les augmenter de 25 points de base, pour atteindre 2,65 %.

M. Soussi a souligné que la hausse du rendement du dollar et des devises étrangères exercerait une pression supplémentaire sur les flux de devises et sur le taux de change du dinar tunisien. Selon lui, cela nécessite de ménager une marge de manœuvre accrue pour atténuer les risques de change et limiter l’impact de l’inflation importée sur les coûts de production.

Sur le plan intérieur, M. Soussi a attiré l’attention sur plusieurs indicateurs économiques et monétaires, notamment l’écart entre l’hypothèse retenue dans la loi de finances 2026 et le prix du pétrole effectivement enregistré. Les prévisions budgétaires tablaient sur un prix de 63,3 dollars le baril, alors que la moyenne réelle, sur la période allant de janvier à septembre, s’est établie à environ 94 dollars le baril.

Il a également souligné le ralentissement de la croissance économique, passée de 2,6 % au premier trimestre à 2,3 % au deuxième, estimant que la baisse de la production pourrait accentuer les pressions sur les prix.

Concernant l’inflation, M. Soussi a relevé une hausse du taux en glissement annuel à 5,6 % en septembre, contre 4,8 % en début d’année, ajoutant que l’inflation a augmenté pour le deuxième mois consécutif en août et septembre, une première depuis 2023.

En se projetant sur la période à venir, l’économiste a estimé peu probable que le taux directeur soit maintenu à 7 % pour une longue durée. Selon lui, la BCT sera contrainte, prochainement, de le relever de 50 points de base, ajoutant que cette hausse éventuelle s’inscrit dans le cadre de sa politique monétaire, consistant à préserver la stabilité des prix, à protéger le pouvoir d’achat, à soutenir la stabilité de la valeur du dinar et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

Rappelons qu’un taux directeur élevé, et le 7% en vigueur en Tunisie l’est à coup sûr. Censé juguler l’inflation, il entraîne plusieurs impacts négatifs majeurs : il renchérit le coût du crédit, baisse la capacité d’emprunt, freine l’investissement, ralentit l’activité économique et, notamment, le marché immobilier.

I. B.

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Tunisie | Inkyfada rétabli dans ses droits par la justice

La justice a rejeté la demande de dissolution visant l’association Al Khatt, organisation qui édite depuis 2014 le média d’investigation Inkyfada. «Le tribunal a décidé de rejeter l’affaire. La partie qui demandait la dissolution a retiré sa demande », a précisé à l’AFP l’avocat du média, Ayoub Ghalloussi, jeudi 8 octobre 2026.

Cette décision représente «un soulagement, mais pas la fin» du combat pour la liberté de la presse, d’autant qu’une partie des fonds de l’association demeure gelée, sans explication, a expliqué Malek El Khadraoui, cofondateur et membre du conseil d’administration d’Al Khatt et également rédacteur en chef d’Inkyfada. Le média fait face à des difficultés depuis que les autorités ont engagé contre lui des poursuites pour «non-respect de certaines règles financières», l’équipe ayant dû consacrer ces derniers mois une énergie considérable à défendre son droit même à exister, plutôt qu’à exercer son métier de journaliste.

Al Khatt va donc poursuivre son combat par les voies légales afin de récupérer les ressources nécessaires à la poursuite de ses activités.

I. B.  

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Indischer Getränkeriese Varun Beverages siedelt sich in Tunesien an – Kommt Pepsi zurück?

Die Ankündigung der Ansiedlung von Varun Beverages in Tunesien – einem der weltweit bedeutendsten PepsiCo-Franchisenehmer außerhalb der USA – wirft erneut die Frage auf, ob Mehr

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SIXT en Tunisie en partenariat avec Alliance One Holding et Voyages 2000

Le spécialiste de la mobilité premium SIXT lance ses services de location de voitures en Tunisie dans le cadre d’un nouveau partenariat stratégique de franchise avec Tunifleet Car Rental.

Le loueur allemand SIXT introduit ses services de mobilité premium en Tunisie à travers la société Tunifleet Car Rental, entreprise détenue conjointement par Alliance One Holding (groupe Tarek Cherif) et Voyages 2000 (Karim Kamoun).

Cette implantation en Tunisie permet aux clients d’accéder immédiatement à la flotte premium et aux standards de service de SIXT dans les principaux pôles de transport du pays. Dès son lancement, SIXT est présent dans les aéroports de Tunis-Carthage, Monastir-Habib Bourguiba, Enfidha-Hammamet et Djerba-Zarzis.

D’autres implantations sont déjà en préparation. Le réseau sera progressivement étendu avec des agences en centre-ville dans des destinations touristiques clés telles que Sousse, Hammamet, Mahdia et Sfax, ainsi que dans d’autres sites le long du littoral tunisien.

La gamme de services proposée par SIXT en Tunisie couvre l’ensemble des besoins en matière de mobilité : location de véhicules à court et long terme, location de vans et de camions, services avec chauffeur et leasing automobile, avec une flotte allant des voitures compactes et berlines aux SUV, véhicules premium et véhicules utilitaires.

Khalil Cherif, Vice-Chairman d’Alliance One Holding, s’est déclaré « très fiers de nous associer à SIXT, l’un des principaux acteurs mondiaux de la mobilité premium, et de devenir son représentant exclusif en Tunisie. Avec notre partenaire Voyages 2000, nous mettons en commun plusieurs décennies d’expérience dans le tourisme et l’hôtellerie afin d’offrir aux clients tunisiens et internationaux une expérience premium de location de voitures, soutenue par le réseau mondial de SIXT.

Ce n’est que la première étape : notre ambition est de construire un véritable réseau national et de faire de SIXT le partenaire de mobilité privilégié des voyageurs, des entreprises et de l’industrie touristique tunisienne. »

De son côté, Ruediger Proske, Senior Vice President of International Franchise de Sixt SE, a estimé que « La Tunisie est un marché attractif et dynamique, doté d’une industrie touristique solide et présentant un potentiel important pour les solutions de mobilité premium. Avec plus de 11 millions de visiteurs en 2025, la Tunisie connaît actuellement l’une des évolutions les plus remarquables du tourisme en Afrique du Nord. Forts de cette dynamique, nous sommes heureux de lancer nos activités en Tunisie avec notre nouveau partenaire de franchise, Tunifleet Car Rental. Grâce à ce partenariat, nous renforçons davantage notre présence en Afrique du Nord et proposons à nos clients internationaux et locaux le niveau de service et la flotte premium qu’ils attendent de SIXT. »

La direction générale de la société a été confiée à Hamdi Barouni, un spécialiste du secteur automobile fort d’une longue expérience au sein de différentes marques internationales.

P.I

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