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Port d’Enfidha: le compte à rebours est lancé, les travaux annoncés pour début 2028

Trente-huit ans après les premières annonces, dix-huit ans après le lancement des études, le projet de port en eau profonde d’Enfidha vient de franchir une étape que les acteurs économiques attendaient depuis longtemps: une date. Lors de la conférence «Seaports Days», qui s’est tenue le mardi 22 septembre à Tunis, le ministre des Transports, Rachid Amri, a annoncé que les travaux débuteraient au début de l’année 2028, soit dans un peu moins d’un an et demi.

Concrètement, cela signifie une révision des données techniques, économiques et environnementales à l’aune des standards de 2026: coûts de construction, exigences réglementaires, technologies portuaires et, surtout, le montant global du projet, évalué dans les années 2020 autour de 5 milliards de dinars, un chiffre qui devra être revu à la hausse compte tenu de l’inflation cumulée depuis lors.

Le nerf de la guerre: un financement encore ouvert

Sur la question du financement, celui qui, historiquement, a le plus souvent enterré ce type de projet en Tunisie, Rachid Amri est resté volontairement large. Il a indiqué que toutes les pistes sont à l’étude, qu’il s’agisse de prêts souverains ou institutionnels, ou de partenariats avec des opérateurs privés. Aucune option n’a été exclue, mais aucune n’a non plus été formellement retenue.

Pour les managers et décideurs économiques, ce flou reste le point à surveiller de près. La présence, lors de cette même conférence, de représentants de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et d’acteurs privés américains intéressés par les ports en eau profonde laisse penser qu’un schéma de partenariat public-privé (PPP), voire un montage de financement de projet (“project finance”) associant garanties et lignes de crédit est sérieusement à l’étude, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée sur la structure retenue. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que la Tunisie dispose d’une vision claire pour le développement et la modernisation de son secteur maritime, mais qu’elle a besoin de partenaires capables de l’accompagner dans la concrétisation de cette ambition. Interrogé sur la contribution potentielle des institutions et des experts américains, il a indiqué que les entreprises américaines bénéficient d’une expérience importante dans la réalisation de grands projets d’infrastructure, aussi bien aux États-Unis qu’à l’international. Selon lui, leur expertise couvre notamment la construction et la modernisation des ports ainsi que la construction navale, tout en intégrant le respect des normes internationales de qualité et de sécurité, de même que la souveraineté nationale des pays partenaires. L’ambassadeur a également mis en avant leur capacité à proposer des solutions de financement et à soutenir la mise en œuvre de projets structurants.

Dans ce cadre, il a relevé la participation de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) à l’atelier consacré au développement du secteur portuaire tunisien. Cette rencontre a permis de réunir des entreprises américaines intéressées par les infrastructures portuaires, notamment les ports en eau profonde, ainsi que des institutions financières disposées à accompagner ce type de projets. Ces acteurs, a-t-il précisé, disposent d’une longue expérience et sont prêts à la partager avec leurs partenaires tunisiens.

Concernant le projet du port en eau profonde d’Enfidha, Bill Bazzi a confirmé l’intérêt d’entreprises américaines susceptibles d’y participer. Il a estimé que les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie une offre intégrée combinant ingénierie de pointe, expertise technique, respect des standards internationaux et mécanismes de financement adaptés.

Cette approche pourrait également concerner la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès, qui constituent des infrastructures essentielles pour renforcer la compétitivité logistique de la Tunisie, soutenir les échanges commerciaux et améliorer son intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

Reste que l’histoire du projet d’Enfidha est jalonnée de dates annoncées puis reportées. L’annonce d’un démarrage «début 2028» constitue donc moins une certitude qu’un engagement politique à tenir.

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Quand le port en eau profonde d’Enfidha verra-t-il le jour ?  

Ils sont forts nos ministres quand il s’agit de tirer des plans sur la comète et d’annoncer à cor et à cri des projets délirants auxquels les médias locaux accolent une foison de superlatifs. Quant à les réaliser ensuite, il ne faut tout de même pas trop leur demander à ces chers planificateurs ! Espérons qu’avec le projet du vaste pôle portuaire doté d’une zone logistique de 2 000 hectares, un hub régional entre la Méditerranée et l’Afrique, selon les termes du ministre des Transports, Rachid Amri, nous serions cette fois démentis. Quoique nous n’aimons pas nous bercer d’illusions…

C’est du fameux grand pôle portuaire en eau profonde d’Endidha, dans le gouvernorat de Sousse, dont on annonce la réalisation depuis la fin des années 1990 et qui tarde à sortir des cartons, qu’il s’agit encore une fois. Les Tunisiens s’ennuient et ils n’ont rien à se mettre sous la dent, alors on leur sort ce serpent de mer pour les faire rêver debout et oublier les pénuries quotidiennes qu’ils subissent.

M. Amri, qui parlait lors de l’ouverture à Tunis des «Seaports Days», organisées les 22 et 23 septembre 2026, en collaboration avec l’ambassade des États-Unis, a indiqué, au cas où on l’aurait oublié, que ce vaste pôle portuaire sera adossé à une zone de services logistiques de plus de 2 000 hectares et relié aux réseaux ferroviaire et autoroutier du pays. Ce ne sera pas le Port de Jebel Ali à Dubaï ou Tanger Med au Maroc, mais ça leur ressemblera un peu. Enfin on l’espère bien !

Selon les ministère des Transports, ce programme de développement des infrastructures portuaires vise à «renforcer la position de la Tunisie en tant que plateforme logistique régionale en Méditerranée et porte d’entrée vers les marchés africains.» Pas moins !

Les sept ports maritimes commerciaux tunisiens assurent actuellement environ 98 % du volume des échanges commerciaux du pays avec l’étranger, pour un trafic total de l’ordre de 30 millions de tonnes par an.

Le projet de port en eau profonde d’Enfidha, dont la réalisation a pris plus de vingt ans de retard, est présenté comme l’une des grandes infrastructures prévues dans le Plan de développement 2026-2030. Ce «hub régional entre la Méditerranée et l’Afrique» sera-t-il donc opérationnel dans quatre ans ?

Que le ministre Amri nous pardonne : nous avons appris, dans ce pays où tout semble à l’arrêt depuis 2011, à ne plus croire aux miracles ni aux coups de baguette magique. Nous ne pensons pas qu’il est capable de faire mieux que la vingtaine de ministres qui l’ont précédé au poste et qui ont tous pris la peine de présenter ce projet aux hypothétiques investisseurs étrangers, avec les résultats que l’on sait.

Espérons qu’avec nos amis Américains, qui ont des problèmes avec les détroits d’Ormuz et de Bab El Mandeb, les choses iront beaucoup plus vite !

I. B.

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