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La Tunisie au sommet mondial pour les diplômés en sciences et ingénierie

La Tunisie occupe la première place mondiale en matière de proportion de diplômés de l’enseignement supérieur dans les filières scientifiques et d’ingénierie, avec un taux de 37,93 %, selon le Global Innovation Index, publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

D’après les données relayées par la page officielle de l’Ordre des ingénieurs tunisiens sur Facebook, la Tunisie devance l’Ouzbékistan, qui affiche un taux de 36,76 %, et les Émirats arabes unis, avec 36,45 %. Brunei Darussalam arrive en quatrième position, avec 35,86 %, suivi de l’Allemagne, qui enregistre 35,76 %.

Ce classement met en évidence le poids de la formation scientifique et technique en Tunisie. Il souligne également le potentiel du capital humain tunisien et les compétences susceptibles de contribuer à l’innovation, au progrès technologique et au développement économique du pays.

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La Tunisie et le renouvellement de ses compétences scientifiques

La compétitivité future de la Tunisie dépendra de sa capacité à construire un écosystème permettant de faire émerger, former, transmettre et renouveler durablement ses compétences scientifiques. La préservation du capital scientifique national passe ainsi autant par le renouvellement des talents que par la capacité à accompagner ceux qui existent déjà.

L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) basé à Tunis vient de publier, le 8 octobre 2026, sur son site web, une note intitulée «L’exode intérieur : comment la Tunisie perd ses talents scientifiques avant même leur départ», où il pose la problématique de la fuite des cerveaux (ingénieurs, médecins, etc.) dont les flux se sont intensifiés au cours de la dernière décennie en Tunisie faisant perdre au pays une bonne partie des ressources humaines qu’il a dépensé une fortune pour former. Dans ce troisième volet de sa série stratégique consacrée aux mathématiques, l’IACE analyse les mécanismes qui fragilisent progressivement le vivier scientifique tunisien et propose deux orientations stratégiques pour élargir et renouveler durablement ce vivier. Nous en publions ici des extraits…

La fuite des talents scientifiques ne se joue pas uniquement à l’étranger, elle se construit aussi en amont, à travers les choix d’orientation et l’accès aux parcours scientifiques d’excellence. La première fuite des cerveaux ne commence pas à l’aéroport. Elle commence dans le système d’orientation, bien avant l’entrée sur le marché du travail.

La fuite des cerveaux est généralement analysée au moment où les compétences quittent le territoire national. Cette lecture, centrée sur l’émigration des diplômés et des chercheurs, ne permet toutefois pas de saisir l’ensemble du phénomène. Une partie déterminante de la perte du potentiel scientifique intervient bien plus tôt, dans les choix d’orientation qui déterminent quels profils pourront développer pleinement leurs capacités scientifiques.

L’exode est d’abord intérieur

Cette note met en évidence un phénomène d’«exode intérieur» : avant même de perdre ses compétences à travers la migration, la Tunisie risque de réduire progressivement son propre vivier scientifique en limitant le nombre de jeunes qui accèdent aux parcours permettant de développer une maîtrise avancée des mathématiques.

L’analyse montre un paradoxe majeur. Alors qu’une part importante des bacheliers tunisiens est orientée vers des filières classées scientifiques, le vivier permettant d’alimenter les parcours scientifiques les plus exigeants s’est progressivement contracté.

Le recul marqué de la section Mathématiques illustre cette évolution. Il ne traduit pas un désintérêt des jeunes pour les sciences, mais une transformation des arbitrages scolaires, influencée par la perception du risque, les perspectives d’orientation et les conditions d’accès aux formations d’excellence. Cette évolution produit des effets différés mais stratégiques.

Les choix effectués au secondaire déterminent, plusieurs années plus tard, la capacité du pays à alimenter ses universités, ses centres de recherche et ses secteurs économiques à forte intensité technologique.

La question de la fuite des cerveaux doit ainsi être repensée. L’enjeu ne consiste pas uniquement à retenir les talents une fois formés, mais à créer les conditions permettant de les identifier, de les accompagner et de les développer. La préservation du capital scientifique tunisien commence donc bien avant le départ : elle commence dans la capacité du système éducatif à faire émerger durablement les talents scientifiques.

L’analyse développée dans cette note élargit ainsi la lecture de l’exode scientifique : la capacité d’un pays à préserver son capital scientifique dépend aussi de sa capacité à en assurer le renouvellement. Pour la Tunisie, cela suppose de préserver les mécanismes qui permettent l’émergence des talents : une orientation capable de révéler les potentiels, des parcours scientifiques accessibles et attractifs, et un environnement permettant aux compétences de se développer pleinement.

Les décisions prises aujourd’hui en matière d’orientation produiront leurs effets plusieurs années plus tard. Les compétences qui porteront demain la recherche, l’innovation et les secteurs technologiques se construisent dès aujourd’hui dans les choix scolaires, les formations et les opportunités offertes aux jeunes générations. Cette perspective complète les enseignements des deux premières notes de cette série. Le capital scientifique constitue un actif stratégique de compétitivité nationale (Note 1). Sa capacité de renouvellement est aujourd’hui fragilisée par l’affaiblissement progressif des parcours qui alimentent la relève scientifique (Note 2).

Cette Note 3 montre que cette fragilisation trouve également son origine en amont, dans les mécanismes d’orientation qui déterminent quels profils auront la possibilité de développer leur potentiel scientifique.

Ces trois dimensions renvoient à une même réalité : la compétitivité future de la Tunisie dépendra de sa capacité à construire un écosystème permettant de faire émerger, former, transmettre et renouveler durablement ses compétences scientifiques. La préservation du capital scientifique national passe ainsi autant par le renouvellement des talents que par la capacité à accompagner ceux qui existent déjà.

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La chercheuse tunisienne Dhekra Mahmoud, lauréate du prix «France 2026 L’Oréal-Unesco»

L’Ambassadeur de Tunisie, M. Dhia KHALED, a participé, le 7 octobre 2026, à la cérémonie de remise du prestigieux Prix « France 2026 L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science », décerné en partenariat avec l’Académie des sciences.

Ce Prix récompense, chaque année, 35 chercheuses de différents pays, ayant un profil fort prometteur, pour l’excellence de leurs travaux et leur contribution remarquable à la recherche scientifique. Les lauréates ont été sélectionnées par une cinquantaine d’académiciennes et d’académiciens.

La cérémonie a été marquée par la remise d’un prix à la chercheuse tunisienne Mme Dhekra Mahmoud, ancienne diplômée de l’ENIT et actuellement post-doctorante, au laboratoire CISPA, leader mondial de la cybersecurité, où elle mène un projet de recherche sur la sécurité informatique.

L’Ambassade de Tunisie en France félicite chaleureusement Mme Dhekra Mahmoud pour la qualité de son travail de recherche et pour son parcours distingué, qui illustre l’attachement des femmes scientifiques tunisiennes à persévérer sur la voie du savoir et de l’excellence.

L’Ambassade félicite également, et à travers elle l’ensemble de la communauté scientifique et universitaire tunisienne en France pour son engagement dans la promotion de la recherche scientifique et de la coopération tuniso-française.

Communiqué

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IA, robotique: le Mali veut prendre place dans la course africaine

Le Mali se dote d’un nouvel outil pour développer ses capacités en intelligence artificielle. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été inauguré le 21 septembre à Sirakoro Niaré, dans la commune de Kati, près de Bamako. Le site, qui s’étend sur 150 hectares selon l’Agence malienne de presse et de publicité, doit accueillir des activités de formation et de recherche dans les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, l’IA et la robotique.

L’infrastructure ne part pas de zéro. La première pierre avait été posée en 2023 et les activités de formation avaient commencé avant l’inauguration officielle. Le centre dispose notamment de salles techniques et d’un espace dédié aux drones. Les autorités maliennes veulent également y développer des applications dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la santé et les mines.

Le choix du Mali intervient alors que l’IA gagne du terrain dans les politiques technologiques africaines. En 2024, l’Union africaine a adopté une stratégie continentale consacrée à l’intelligence artificielle. Le document insiste notamment sur les compétences, les infrastructures, la recherche et la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités dans ce domaine.

Sur le plan pratique, les initiatives commencent à se multiplier. L’OCDE recense plusieurs pays africains ayant adopté ou engagé des stratégies nationales en matière d’IA, avec des priorités qui vont de la formation aux infrastructures numériques, en passant par la recherche et l’intégration de l’IA dans les secteurs productifs.

La robotique prend elle aussi une place croissante. En Égypte, une compétition consacrée à l’IA et à la robotique a réuni en 2026 des jeunes venus travailler sur des solutions technologiques répondant à des problématiques africaines. L’initiative est soutenue notamment par l’AUDA-NEPAD. 

À l’échelle mondiale, le rythme est autrement plus soutenu. Les robots humanoïdes quittent progressivement le terrain des démonstrations pour être testés dans des environnements industriels. En septembre, le robot chinois TianGong Ultra a parcouru 100 mètres en 8,64 secondes lors des World Humanoid Robot Games à Pékin, rapporte Reuters. La performance est spectaculaire, mais l’enjeu industriel se situe ailleurs: rendre ces machines suffisamment autonomes et fiables pour accomplir des tâches dans le monde réel.

Pour les économies africaines, la marche à franchir reste importante. Selon le FMI, l’IA pourrait accroître de 0,2 % à 2,1 % la productivité en Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie, à mesure que progresseront l’accès à l’électricité, à Internet et aux compétences numériques. À son plein potentiel, cette évolution ajouterait près de 0,5 point à la croissance annuelle du PIB, soit environ 4 % cumulés sur dix ans.

C’est précisément sur ce terrain que se joue le pari malien. Avant de parler de robots humanoïdes capables de travailler dans les usines, il faut disposer d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens capables de concevoir, tester et adapter ces technologies. Le CIAR-Mali entend justement constituer ce socle, avec des applications envisagées dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, la santé, les mines et la sécurité.

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