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Hammamet | Sauver les patrimoines et les mémoires en danger

Du 14 au 16 août 2026, Hammamet accueille la troisième édition des Journées culturelles estivales. Placée sous le thème « Patrimoines et mémoires en danger : pour la protection et la réhabilitation », la manifestation entend faire dialoguer cinéma, livres, histoire, environnement et droits humains autour d’une même urgence : préserver ce qui constitue la mémoire collective.

Djamal Guettala

Il y a des patrimoines que l’on voit disparaître sous les effets du temps, d’autres que les transformations urbaines, l’abandon ou l’oubli menacent silencieusement. Il y a aussi des mémoires qui s’effacent lorsqu’elles ne sont plus transmises. C’est autour de cette double fragilité que s’organise la troisième édition des Journées culturelles estivales de Hammamet.

Après une première édition consacrée, en 2023, aux différentes mémoires de Hammamet, puis une rencontre autour du cinquantenaire de la naissance du Ciné-Club de Hammamet, les associations partenaires poursuivent leur démarche avec un nouveau rendez-vous consacré au patrimoine matériel, immatériel, naturel et écologique.

Le Ciné-Club de Hammamet, l’Association d’éducation relative à l’environnement, la section locale de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), la Halqa El Messaadi de la culture, en partenariat avec l’Association de La Manouba pour les monuments et la culture, proposent ainsi trois journées de projections, de rencontres littéraires, de débats et d’ateliers.

Les activités investiront plusieurs lieux du centre de la cité balnéaire, notamment Sidi Abdallah, dans la vieille ville, le Hub Valley, le Hammamet Art and Culture (HAC) ainsi que le siège de l’Aere.

Des femmes au cœur de la mémoire culturelle

La manifestation débutera vendredi 14 août à 18h30, à Sidi Abdallah, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la femme tunisienne.

La rencontre sera consacrée au livre de Fakher Rouissi, ‘‘Les étoiles tunisiennes de la chanson, du théâtre et du cinéma (1900-1956)’’. Le professeur Abderrazak Hammami proposera une lecture de cet ouvrage consacré aux femmes qui ont marqué la vie artistique tunisienne durant la première moitié du XXe siècle.

À 21h30, le public rejoindra le Hub Valley pour une projection de ‘‘Fatma 75’’, en présence de sa réalisatrice Salma Baccar.

Œuvre emblématique du cinéma tunisien, le film continue de résonner avec les débats sur la condition des femmes, leurs droits et leur place dans la société. Sa projection, plusieurs décennies après sa réalisation, prend ainsi place dans une réflexion plus large sur la manière dont le cinéma conserve et transmet les mémoires.

Quand les lieux racontent l’histoire

Samedi 15 août, la matinée sera consacrée aux «lieux de mémoire et monuments menacés».

De 10h à 13h, l’Aere accueillera une table ronde introduite par le docteur Salem Sahli, autour de l’importance de préserver le patrimoine écologique, naturel et historique.

Une question particulièrement sensible dans un pays où certains sites, paysages et édifices portent encore les traces de différentes périodes de l’histoire, mais où leur conservation demeure confrontée à de nombreuses menaces.

À 18h, le café culturel Bab Sima, au sein du HAC, accueillera la présentation du livre de Fathi Hammami, ‘‘Sfax, la ville des droits’’, par le professeur Habib Kazdaghli, dans le cadre d’une rencontre organisée sous l’égide de la section locale de la LTDH.

La journée s’achèvera à 21h30 avec la projection du film ‘‘Wedd’’, produit en 2025, en présence de son réalisateur Habib Mestiri.

Habiba Msika, mémoire d’une artiste

Le dimanche 16 août sera notamment consacré à la mémoire cinématographique. À 10h, le HAC accueillera un atelier consacré à Habiba Msika, figure majeure de la scène artistique tunisienne du début du XXe siècle. La rencontre se déroulera en présence de la réalisatrice Salma Baccar.

À 18h, la professeure Sylvia Finzi présentera le nouvel ouvrage de Rim Lajmi, ‘‘Femmes de tous les combats. Dans la Tunisie du XXe siècle’’.

À travers ces différentes rencontres, les Journées culturelles estivales mettent ainsi en lumière des femmes, des artistes, des intellectuels, des lieux et des œuvres qui participent à la construction d’une mémoire tunisienne plurielle.

La troisième édition de ces Journées culturelles estivales se distingue par la volonté de ne pas traiter le patrimoine comme une réalité figée. Les organisateurs veulent au contraire en faire un objet de débat, de transmission et de réflexion.

Transmettre plutôt que laisser disparaître

Car préserver un patrimoine ne signifie pas uniquement sauver un monument ou restaurer un bâtiment. C’est également conserver des récits, des images, des pratiques, des œuvres, des paysages et des voix qui risquent de disparaître avec ceux qui les ont portés.

À Hammamet, ville où le patrimoine architectural côtoie une mémoire artistique et cinématographique particulièrement riche, cette réflexion trouve naturellement sa place.

Le choix du cinéma et du livre permet surtout de toucher les nouvelles générations, celles qui auront demain la responsabilité de préserver ce qui leur aura été transmis.

La question qui traverse ces trois journées est finalement aussi simple qu’essentielle : que restera-t-il de notre mémoire collective si nous ne nous donnons pas aujourd’hui les moyens de la protéger ?

Les Journées culturelles estivales de Hammamet veulent apporter quelques éléments de réponse, en réunissant autour d’une même table ceux qui écrivent, filment, documentent, transmettent et défendent les différentes formes du patrimoine.

L’ensemble des projections, rencontres, tables rondes et activités est accessible gratuitement au public.

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Conseils médicaux pour bien traverser la vague de chaleur

Les températures grimpent, et avec elles, le risque pour la santé. Comment bien traverser ces journées caniculaires ? Mauvais sommeil, maux de tête et problèmes de concentration : la chaleur pèse sur le corps et l’esprit. Dans le pire des cas, elle peut devenir mortelle. Avec le changement climatique, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus intenses et plus longues – devenant ainsi l’un des plus grands risques pour la santé en été. Comment se protéger, quels signaux d’alarme prendre au sérieux et quels mythes sur la chaleur ont la vie dure ? En ma qualité de médecin pédiatre, voici ce que je conseille.

Dr Salem Sahli *

La chaleur représente un stress pour l’organisme. Lors de températures élevées, le cœur, les reins et la circulation sanguine tournent à plein régime. L’organisme tente de maintenir sa température corporelle constante. Et cela coûte de l’énergie avec pour conséquences des problèmes circulatoires, des maux de tête et des difficultés de concentration.

Les personnes particulièrement vulnérables sont les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou d’autres maladies chroniques. Mais la chaleur peut s’avérer très dangereuse même pour les personnes en bonne santé. Même si l’on se sent en forme, il convient d’adapter son quotidien lors des journées de canicule et de renoncer durant la journée à tout ce qui fatigue le corps, qu’il s’agisse du jardinage ou du sport.

L’une des règles les plus importantes est de boire suffisamment. En transpirant, le corps ne perd pas seulement de l’eau, mais aussi des minéraux. C’est pourquoi toute personne qui transpire abondamment doit non seulement boire en quantité suffisante, mais aussi veiller à un apport adéquat en électrolytes, par exemple via des boissons isotoniques.

Le corps souffre d’une vague de chaleur de jour comme de nuit. Si les températures ne descendent pas en dessous de 20°C, on parle de nuit tropicale. L’organisme peut alors à peine se régénérer, car il doit continuer à dépenser de l’énergie pendant le sommeil pour se refroidir. Ceux qui ont du mal à s’endormir devraient appliquer des compresses fraîches, prendre une douche tiède avant de se coucher et n’utiliser qu’une couverture légère. Je déconseille en revanche les douches glacées qui ont tendance à stimuler le corps plutôt qu’à le détendre. Un rafraîchissement doux, comme un bain de pieds froid, est bien plus judicieux.

Les personnes sous traitement médical doivent redoubler de vigilance les jours de forte chaleur. La perte d’eau réduit le volume sanguin, ce qui augmente la concentration de certains médicaments dans le sang. Les médicaments agissent alors différemment. Cela concerne surtout les antihypertenseurs et les diurétiques. La chaleur pouvant abaisser davantage la pression artérielle, le dosage doit être adapté avec le médecin traitant, jamais de son propre chef.

Lors de la prise d’antalgiques, il faut veiller à boire beaucoup pour maintenir une bonne irrigation des reins. Les sédatifs, quant à eux, peuvent atténuer les signaux d’alarme émis par le corps. Il est également essentiel de conserver les médicaments au frais et au sec, conformément à la notice.

Les jours de canicule, il faut être attentif aux signaux d’alerte : si l’on ne se sent pas bien, qu’on a des vertiges, des maux de tête ou des démarches hésitantes, il faut prendre cela au sérieux. La règle est alors de se mettre immédiatement à l’ombre ou dans un endroit frais, de s’asseoir ou de s’allonger, et de refroidir progressivement son corps. Si des symptômes tels que des crampes musculaires, des difficultés respiratoires ou des malaises circulatoires apparaissent, il faut contacter immédiatement les secours.

La chaleur n’affecte pas seulement le corps – elle impacte aussi le mental. Les gens sont plus irritables, plus agressifs et souffrent plus souvent d’anxiété. Une étude américaine menée sur 45 ans a montré que les violences augmentent les jours de canicule. En plus du potentiel d’agressivité, le risque de suicide augmente également.

Le corps est tellement concentré sur la régulation de sa température que le moindre stress supplémentaire le surcharge rapidement. De plus, l’équilibre hormonal est perturbé. Le cerveau sécrète davantage d’hormones de stress comme le cortisol ou l’adrénaline, ce qui peut favoriser l’agitation, l’anxiété et les états dépressifs.                                                                                                                                                         

Insolation, coup de chaleur ou malaises : lors des journées chaudes, les services d’urgence sont sollicités bien plus souvent qu’à l’accoutumée. Bien souvent, un simple coup d’œil et un contact tactile suffisent pour identifier le problème. La chaleur monte dans le corps, les gens ont souvent le visage très rouge. Quand on touche leur peau, elle est totalement sèche parce qu’ils ont déjà évacué toute leur transpiration.

Les personnes âgées sont particulièrement exposées. Elles ne boivent pas assez et sont souvent habillées trop chaudement. Je suis souvent surpris, en me promenant en ville, de voir que même par forte chaleur, les personnes âgées restent habillées de façon très stricte. Au lieu de pantalons longs et de chemises, des tissus clairs et légers sont recommandés. Les courses ou les promenades doivent être planifiées de préférence tôt le matin ou en soirée.

Pour éviter que les logements ne surchauffent, il faut aérer à fond tôt le matin, puis garder fenêtres et volets fermés. On n’aère à nouveau que lorsque la température extérieure baisse en soirée.

Il est également conseillé de privilégier des repas légers, une consommation d’eau suffisante et un peu moins de café afin d’éviter de surcharger le système cardiovasculaire.

* Médecin pédiatre.

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