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Aram Belhadj : le plafonnement des prix de l’eau minérale risque d’aggraver le marché parallèle

L’économiste Aram Belhadj estime que la décision de plafonner les prix de l’eau minérale en bouteille intervient sur le dernier maillon de la chaîne de valeur, celui de la distribution et de la fixation des prix, alors que le véritable problème se situe, selon lui, en amont, au niveau de la production.

Dans une publication, il considère que cette décision illustre un mode d’intervention classique de la politique économique tunisienne, fondé principalement sur des décisions administratives rapides, au lieu de s’orienter vers des solutions permettant de traiter le problème de manière structurelle.

Un risque d’aggravation du marché parallèle

Selon Aram Belhadj, le plafonnement des prix pourrait, dans le contexte actuel de pénurie persistante d’eau minérale conditionnée, contribuer à renforcer le marché parallèle en Tunisie.

Il estime que cette mesure risque également de créer un décalage entre les prix fixés par les autorités de tutelle et les prix effectivement appliqués aux consommateurs lors de la vente.

Pour l’économiste, le traitement du problème devrait ainsi davantage porter sur les difficultés liées à la production, plutôt que de se limiter à une intervention sur la distribution et les prix.

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Mouled : 350 tonnes de zgougou produites… mais seulement 95 tonnes collectées !

À l’approche du Mouled et face à la hausse de la demande en zgougou et en fruits secs, le traitement de l’augmentation des prix de ces produits nécessite un suivi de l’ensemble des maillons des circuits de distribution afin d’identifier l’origine des hausses enregistrées et de garantir un prix équitable reflétant les coûts réels et la valeur ajoutée du produit.

C’est ce qu’a déclaré, dimanche, le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, Lotfi Riahi.

Il a appelé les différents intervenants, du producteur au commerçant, en passant par les autorités de contrôle et les organisations de défense du consommateur, à œuvrer en faveur d’un marché équitable et transparent, permettant au citoyen de célébrer le Mouled sans supporter des prix excessifs.

Lotfi Riahi a souligné que la protection du pouvoir d’achat ne signifie ni lutter contre le commerçant ni exercer une pression sur le producteur. Elle consiste, selon lui, à parvenir à un équilibre entre les intérêts du producteur, du distributeur et du consommateur.

Le prix final dépend de toute la chaîne

Le président de l’organisation a expliqué que le prix final du zgougou et des fruits secs ne dépend pas uniquement du coût de production. Il est également influencé par les différentes étapes que traverse le produit, de la production, la collecte et le regroupement au stockage et au transport, puis à la vente en gros, à la distribution et à la vente au détail.

Les marges bénéficiaires ainsi que l’évolution de l’offre et de la demande interviennent également dans la formation du prix final.

Selon lui, la multiplicité des maillons de distribution peut accentuer l’écart entre le prix à la source et celui payé par le consommateur. Il préconise ainsi un suivi des prix à chaque étape, ainsi que la détermination du coût réel et de la marge bénéficiaire appliquée à chaque maillon.

Cette démarche doit permettre, a-t-il précisé, de distinguer les hausses justifiées par les coûts des augmentations qui ne le sont pas.

Zgougou : 350 tonnes de production contre 95 tonnes collectées

Concernant le zgougou, Lotfi Riahi a indiqué que la production est estimée à environ 350 tonnes, alors que quelque 95 tonnes seulement sont collectées.

Cet écart entre les quantités disponibles et les volumes collectés nécessite, selon lui, un suivi accru de la part des services de l’administration des forêts, afin d’identifier les raisons de cette situation et ses répercussions sur les prix.

Extrait des fruits du pin d’Alep, le zgougou est un produit local à valeur alimentaire et patrimoniale. Son prix au consommateur est toutefois influencé, outre les coûts de production, de collecte et de transformation, par les frais de stockage et de transport, le nombre d’intermédiaires et les marges bénéficiaires, ainsi que par la spéculation et l’évolution de l’offre et de la demande à l’approche du Mouled.

Fruits secs : une chaîne qui pèse sur le prix final

Le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur a également insisté sur la nécessité de distinguer une hausse réelle du coût de production d’une augmentation injustifiée résultant de l’exploitation commerciale de l’occasion du Mouled.

Le consommateur ne doit pas, selon lui, supporter seul le poids de la hausse des prix lorsque celle-ci n’est pas proportionnelle à l’évolution des coûts réels et de la valeur ajoutée du produit.

S’agissant des fruits secs produits localement, Lotfi Riahi a souligné que l’existence d’une production tunisienne ne signifie pas nécessairement que le produit arrive au consommateur à un prix abordable.

Le prix final se forme à travers une succession d’étapes, du producteur ou agriculteur à la collecte, au stockage, au transport, à la vente en gros, à la distribution et, enfin, à la vente au détail.

Chaque maillon peut ajouter un coût et une marge bénéficiaire, ce qui peut entraîner un écart important entre le prix à la source et le prix final, sans que cet écart soit toujours expliqué par les coûts réels ou la valeur ajoutée.

Lotfi Riahi a ainsi appelé à renforcer la transparence dans la formation des prix et à expliquer les écarts enregistrés tout au long des circuits de distribution.

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Oeufs : Quand le prix payé dépasse largement le coût de production

Le prix de l’œuf, qui peut atteindre 326 millimes l’unité, suscite de vives interrogations au regard des chiffres avancés par les professionnels du secteur. Selon Ibrahim Nefzaoui, président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, le coût de production ne dépasse pas 205 millimes, tandis que la marge bénéficiaire sur le marché formel est estimée à 15 millimes par œuf. L’écart entre ces données et le prix payé par le consommateur atteint ainsi plus de 100 millimes par unité, un différentiel que le responsable juge injustifié.

205 millimes pour produire, 326 millimes pour acheter

Les chiffres permettent de mesurer l’ampleur du décalage. Si le coût de production d’un œuf est fixé à 205 millimes et que la marge commerciale habituelle est de 15 millimes, son prix sur le marché formel devrait théoriquement se situer autour de 220 millimes.

Or, dans certains circuits, l’œuf est vendu jusqu’à 326 millimes. Cela représente un écart de 106 millimes par rapport au niveau obtenu en additionnant le coût de production et la marge annoncée.

Autrement dit, le prix final peut être supérieur de près de 48 % au niveau de référence de 220 millimes. C’est précisément dans cet écart que réside, selon Ibrahim Nefzaoui, le caractère difficilement justifiable de la hausse.

Une baisse de production qui n’explique pas tout

Le secteur connaît certes un recul de la production. Celle-ci aurait diminué de 7 %, avec une prévision de 162 millions d’œufs pour le mois d’août.

Cette baisse peut contribuer à exercer une pression sur le marché. Mais, pour le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, elle ne suffit pas à expliquer à elle seule le niveau atteint par les prix, a-t-il expliqué aujourd’hui sur les ondes de Mosaique fm.

Le véritable problème se situerait plutôt dans le fonctionnement du marché et dans l’importance des circuits échappant au contrôle formel.

100 millions d’œufs hors du circuit formel

Ibrahim Nefzaoui avance un chiffre qui éclaire, selon lui, les tensions actuelles : 100 millions d’œufs seraient écoulés chaque mois en dehors du circuit formel.

Cette masse considérable d’œufs, commercialisée en marge des circuits officiellement organisés, réduit la transparence sur la formation des prix et complique le contrôle des marges pratiquées entre la production et le consommateur.

C’est dans cette zone moins régulée que se trouverait une partie de l’explication de la flambée observée. Car si le coût de production reste inférieur à 205 millimes et que la marge annoncée sur le marché formel est de 15 millimes, la hausse jusqu’à 326 millimes ne peut être comprise sans s’interroger sur les intermédiaires et les circuits de commercialisation.

Le consommateur paie le prix d’un marché déséquilibré

Le paradoxe est donc frappant : alors que la production nationale continue d’assurer un volume de 162 millions d’unités en août, le consommateur peut se retrouver à payer son œuf bien au-delà du prix théorique résultant du coût de production et de la marge déclarée.

Pour Ibrahim Nefzaoui, la question dépasse ainsi la seule baisse de 7 % de la production. Elle renvoie à la nécessité de remettre de l’ordre dans les circuits de distribution et de limiter les distorsions qui permettent à une partie du marché d’échapper aux mécanismes formels de fixation des prix.

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Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse : la vulnérabilité de la Tunisie s’aggrave

Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse, déficit commercial qui se creuse et facture pétrolière toujours plus exposée aux tensions géopolitiques : les chiffres révélés par le ministère de l’Industrie confirment que la vulnérabilité énergétique de la Tunisie continue de s’aggraver. Le ministère vient de publier son rapport sur la conjoncture énergétique à fin...

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