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Le projet « CHEMS » pour accélérer le solaire photovoltaïque dans les PME tunisiennes

L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) a lancé, jeudi, le projet d’énergie solaire photovoltaïque « CHEMS », destiné aux petites et moyennes entreprises (PME). Financé par la Banque africaine de développement (BAD), ce programme s’inscrit dans le cadre des efforts visant à soutenir la transition énergétique et à encourager l’investissement privé dans les énergies renouvelables.

La cérémonie de lancement, organisée à Tunis, a réuni des représentants du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, du ministère de l’Économie et de la Planification, de la Banque africaine de développement, de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), du Conseil bancaire et financier, ainsi que de la Société tunisienne de garantie.

Des représentants d’institutions financières, d’entreprises industrielles, de bureaux d’études, de sociétés spécialisées dans le solaire photovoltaïque et plusieurs partenaires techniques et institutionnels ont également pris part à cette rencontre.

Une solution de financement dédiée à l’autoproduction solaire

Prenant la parole à cette occasion, le directeur général de l’ANME, Nafeh El Bekari, a indiqué que le projet « CHEMS » vise à mettre en place un mécanisme de soutien au financement des projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque destinés à l’autoconsommation des PME.

Selon lui, ce dispositif devrait contribuer à améliorer l’efficacité énergétique des entreprises tunisiennes et à renforcer la compétitivité du tissu économique national, dans un contexte marqué par la hausse des coûts énergétiques et la nécessité de réduire la dépendance aux sources conventionnelles.

Un dispositif basé sur la coordination entre acteurs publics et privés

L’atelier de lancement a également permis de présenter les différentes composantes du projet, ses étapes de mise en œuvre, ainsi que les mécanismes de financement prévus.

Les participants ont notamment abordé les rôles des différentes parties prenantes, les modalités de coordination entre les institutions publiques, les bailleurs de fonds et les établissements financiers, avec pour objectif d’assurer un déploiement efficace du programme.

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Les usages utiles de l’énergie photovoltaïque avec stockage

Au cours des dernières années, de plus en plus de familles et d’entreprises, et pas seulement dans le domaine du tourisme, choisissent d’investir dans un système photovoltaïque avec stockage. Mais de quoi s’agit-il exactement et dans quels cas ces systèmes peuvent se révéler utiles voire nécessaires en cas de pannes ou de  dysfonctionnements du réseau électrique national ?

Habib Glenza, à Lodz.

En termes simples, c’est un système qui produit non seulement de l’électricité grâce à des panneaux solaires, mais la conserve également dans des batteries dédiées pour être utilisée lorsque le soleil n’est pas présent. Et c’est précisément cette capacité à «stockage du soleil» qui rend cette pratique un allié précieux pour ceux qui recherchent une indépendance énergétique et des économies sur les factures.

Dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie, les coupures de courant imprévues et une attention croissante à la durabilité environnementale, le photovoltaïque avec stockage représente un choix prévoyant et concret. Que ce soit pour une ferme agricole, une entreprise, des frigos industriels, un hôpital ou un véhicule électrique, la possibilité de produire et de gérer l’énergie de manière autonome est un avantage réel et tangible.

Comment fonctionne le système ?

Un système photovoltaïque avec stockage est constitué de panneaux solaires,unonduleur (qui transforme l’énergie de courant continu à alternatif), un système de gestion et, en effet, des batteries. Ces dernières permettent de conserver l’énergie produite en excès pendant la journée, pour l’utiliser le soir ou la nuit lorsque le ciel est couvert notamment en hiver 

Contrairement aux systèmes traditionnels qui injectent dans le réseau l’énergie non autoconsommée, ceux avec stockage misent sur l’autosuffisance : l’énergie produite reste à l’intérieur du système tant qu’elle est nécessaire. Cela réduit considérablement les prélèvements sur le réseau électrique national et garantit une plus grande stabilité des consommations.

Le fonctionnement est plutôt simple et intuitif. Pendant la journée, les panneaux solaires captent l’énergie du soleil et la convertissent en électricité. Cette énergie alimente directement les usagers domestiques ou industriels. Lorsque la production est supérieure aux consommations, le surplus est stocké dans les batteries.

Une fois le soleil couché ou en cas de mauvais temps, le système de stockage entre en jeu : l’énergie conservée est utilisée pour continuer à alimenter le logement ou le bâtiment. Si la batterie se vide, alors l’énergie est prélevée sur le réseau électrique, mais seulement lorsque cela est strictement nécessaire.

Un onduleur hybride gère de manière intelligente tous ces flux, garantissant une efficacité maximale et une priorité à l’autoconsommation.

Les avantages de choisir un système avec stockage

1- Autonomie et indépendance : un des principaux avantages est la possibilité de se rendre (presque) indépendant du réseau. Dans de nombreuses situations, notamment dans des maisons ou bâtiments bien isolés et avec des consommations optimisées, on peut parvenir à couvrir jusqu’à 80 % des besoins énergétiques avec le système photovoltaïque.

2- Économies sur la facture : en réduisant les prélèvements sur le réseau, les coûts des factures diminuent de manière significative. L’économie est tangible dès les premières années et, sur le long terme, rembourse largement l’investissement initial.

3- Continuité du service : en cas de coupure de courant, certains systèmes avec fonction de secours permettent de maintenir actifs les charges essentielles (éclairage, réfrigérateur, climatiseur, modem, etc.) même en l’absence de réseau.

4- Durabilité : utiliser de l’énergie renouvelable réduit l’impact environnemental et contribue à la lutte contre le changement climatique. C’est un pas concret vers un mode de vie plus écologique.

Que doit-on prendre en compte dans le choix des batteries ?

Les batteries sont le cœur du système de stockage. Les plus courantes aujourd’hui sont celles au lithium, appréciées pour leur efficacité, leur longévité et leur compacité. D’autres technologies comme le plomb-gel ou les batteries LFP offrent des alternatives valables selon le contexte.

Un système avec stockage est recommandé lorsque les consommations sont élevées le soir et la nuit, le bâtiment est sujet à des coupures de courant ou lorsque l’on souhaite alimenter une pompe à chaleur ou une borne de recharge pour voitures électriques.

En général, c’est le choix idéal pour ceux qui cherchent à optimiser l’autoconsommation et à réduire leur dépendance au réseau.

Énergie solaire et mobilité électrique : un duo gagnant

Ceux qui possèdent une voiture électrique peuvent encore plus bénéficier d’un système avec stockage. Recharger le véhicule avec de l’énergie solaire autoproduite permet de réduire les coûts et de diminuer drastiquement les émissions.

Exemples besoins réels de systèmes résidentiels et d’entreprise :
– une famille dans une maison individuelle : 6 kWp, batterie de 10 kWh, couverture de 75 % des consommations annuelles ;

– une exploitation agricole : 12 kWp, batterie modulaire de 20 kWh, autosuffisance pour les machines diurnes ;

– refuge hors réseau : système hybride avec panneaux, batterie et générateur de secours ;

– maison intelligente avec véhicule électrique : recharge programmée en fonction de la production solaire

Ces cas montrent comment chaque installation peut être personnalisée pour répondre à des besoins différents.

Est-il possible de devenir totalement autonome avec du stockage solaire ? Cela est théoriquement possible. Pratiquement, cela dépend de plusieurs facteurs, comme la consommation, le climat, et la capacité de stockage. En général, dans les régions avec peu de soleil en hiver, il est difficile de couvrir 100 % des besoins avec seulement du solaire. Cependant, avec un système photovoltaïque bien dimensionné permet de réduire considérablement la dépendance du réseau et ses coupures aux conséquences graves, en particulier pour les hôtels, les hôpitaux, les frigos industriels et agricoles.

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Face aux coupures d’électricité : le photovoltaïque peut-il devenir une solution accessible aux ménages ?

Les coupures d’électricité enregistrées ces dernières semaines dans plusieurs régions du pays ont rappelé la fragilité du réseau électrique national face aux pics de consommation estivaux. En pleine saison touristique, alors que les climatiseurs fonctionnent à plein régime dans les foyers, les hôtels, les commerces et les administrations, la demande en électricité atteint des niveaux particulièrement élevés.

Cette situation relance une question qui revient avec insistance : le développement du photovoltaïque chez les particuliers pourrait-il contribuer à atténuer la pression sur le réseau et offrir une plus grande autonomie énergétique aux ménages tunisiens ?

La Tunisie bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus importants du bassin méditerranéen. Ce potentiel fait du solaire une ressource stratégique encore largement sous-exploitée. Si le recours aux panneaux photovoltaïques progresse progressivement, leur adoption reste freinée par plusieurs obstacles, notamment le coût de l’investissement initial et la méconnaissance des dispositifs d’accompagnement existants.

 

Un réseau électrique mis à rude épreuve en été

Chaque été, la consommation d’électricité connaît une forte augmentation sous l’effet des températures élevées. Les climatiseurs deviennent indispensables dans de nombreux foyers, tandis que les hôtels, les restaurants, les cafés et les commerces fonctionnent à pleine capacité pour répondre à l’afflux de vacanciers. Cette hausse de la demande intervient souvent sur une période relativement courte, concentrée autour des heures les plus chaudes de la journée. Le réseau électrique doit alors répondre à des besoins exceptionnels, ce qui accroît le risque de perturbations lorsque la consommation dépasse certains seuils. Avec le réchauffement climatique, les épisodes de fortes chaleurs tendent à devenir plus fréquents et plus intenses. Cette évolution laisse penser que les besoins en climatisation continueront d’augmenter dans les années à venir, renforçant la nécessité de diversifier les sources de production d’électricité et de mieux maîtriser la consommation.

 

Le photovoltaïque, une piste de plus en plus crédible

Dans ce contexte, l’énergie solaire apparaît comme une solution particulièrement adaptée aux caractéristiques de la Tunisie. Grâce à un fort ensoleillement tout au long de l’année, les installations photovoltaïques permettent aux particuliers de produire une partie de leur propre électricité, réduisant ainsi leur dépendance au réseau national. Au-delà de la baisse potentielle de la facture énergétique, cette technologie présente également un intérêt environnemental en limitant le recours aux énergies fossiles et en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Consciente de ces enjeux, la Tunisie a mis en place plusieurs mécanismes destinés à encourager l’équipement des ménages. Le programme PROSOL Elec Économique, notamment, prévoit des aides financières et des facilités de remboursement pour certaines catégories de consommateurs souhaitant installer des panneaux photovoltaïques. L’objectif est d’alléger le coût de l’investissement et d’accélérer la transition vers une énergie plus durable. Malgré ces initiatives, le rythme d’adoption demeure encore limité par rapport au potentiel dont dispose le pays.

 

Rendre le solaire plus accessible

Le principal frein reste le coût d’une installation photovoltaïque. Même si cet investissement peut être amorti sur plusieurs années grâce aux économies réalisées sur la facture d’électricité, il représente une dépense importante pour de nombreux ménages. À cela s’ajoutent d’autres difficultés, comme la complexité perçue des démarches administratives, le manque d’information sur les aides disponibles ou encore les conditions d’accès à certains dispositifs de financement. Beaucoup de particuliers hésitent ainsi à franchir le pas, faute de vision claire des avantages économiques à long terme.

Pour plusieurs spécialistes de l’énergie, le développement du photovoltaïque résidentiel pourrait pourtant contribuer à mieux répartir la production électrique et à réduire progressivement la pression exercée sur le réseau national, notamment lors des pics de consommation estivaux. Une adoption plus large permettrait également d’accélérer la transition énergétique du pays tout en renforçant la sécurité d’approvisionnement. Les coupures d’électricité observées cet été montrent que la question énergétique ne se limite plus à la seule capacité de production, elle pose également celle de l’évolution du modèle de consommation. Dans un pays disposant d’un fort potentiel solaire, le photovoltaïque apparaît comme une piste crédible pour accompagner cette transition. Si cette technologie ne constitue pas, à elle seule, une réponse à l’ensemble des défis du secteur, son développement pourrait contribuer à bâtir un système énergétique plus résilient, tout en offrant aux ménages une plus grande maîtrise de leur consommation et de leurs dépenses.

Leila SELMI

 

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Vivre sans courant ni eau : comment la Tunisie apprend à s’adapter

La Tunisie a connu des coupures tournantes d’électricité et des délestages du 12 au 26 juillet. Une vague de chaleur intense faisant peser une menace sur le réseau électrique. Face à ces perturbations, qui touchent également l’approvisionnement en eau, les ménages tunisiens modifient leurs comportements d’achat et de consommation. Si certains citoyens développent des stratégies d’anticipation autonomes, les petites et moyennes entreprises décrivent une situation devenue, déclarent-elles, une menace pour l’activité économique.

Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur constate que le Tunisien commence à intégrer ces contraintes dans son quotidien et s’adapte de manière autonome. Il cite l’exemple de la difficulté actuelle à se procurer de petits générateurs électriques sur le marché. Un signe, précise-t-il, que les citoyens anticipent désormais les interruptions de courant et cherchent eux-mêmes des solutions.

Il évoque toutefois une forme de manipulation subie par le consommateur, dont les décisions d’achat seraient désormais dictées par l’influence des réseaux sociaux et des mécanismes d’ingénierie sociale. Ce qui relevait à l’origine d’un simple manque de ressources en eau et en électricité aurait ainsi été transformé en une crise profonde par la puissance des images circulant sur internet, poussant les consommateurs à stocker des quantités de produits largement supérieures à leurs besoins réels.

M. Riahi pointe par ailleurs une absence de vision proactive et de planification de la part des autorités, qui affecterait directement la stabilité du marché : le spectacle de rayons vides dans les grandes surfaces génèrerait une anxiété immédiate chez les consommateurs. Il déplore également un déficit de communication autour des coupures de services. L’absence d’explications claires, de préavis et d’accompagnement empêcherait ainsi les ménages comme les acteurs économiques, à l’image des chefs d’usines, d’anticiper l’impact sur leur activité. Cette instabilité dans la diffusion de l’information venant, selon lui, perturber l’acte d’achat et le comportement général du consommateur.

Pour réguler sainement les habitudes de consommation de la population, M. Riahi estime que seule une stratégie globale fondée sur la transparence et la diffusion d’une information fiable serait efficace.

Les entreprises, premières victimes de l’instabilité énergétique

Ces perturbations ont également des répercussions sur l’activité économique, qui rejaillissent sur le quotidien des ménages. Abderrazek Houas, porte-parole de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises, estime que la situation ne relève plus d’un simple aléa technique mais constitue, à ses yeux, une menace existentielle pour l’économie nationale, les entreprises tunisiennes étant devenues otages d’une instabilité énergétique qu’elles ne peuvent plus absorber.

Si l’énergie solaire représente, pour lui, la solution de fond, elle demeure inaccessible faute de moyens d’investissement. Les groupes électrogènes ne seraient ainsi que des palliatifs précaires : au-delà d’une heure et demie de coupure, ces équipements risqueraient la surchauffe, voire l’incendie, mettant en péril l’intégrité des locaux.

M. Houas souligne que l’ouverture d’une entreprise génère des charges fixes immédiates, telles que le loyer et les salaires, pouvant atteindre par exemple 800 dinars par jour. Lorsque le courant fait défaut, cette somme se transforme instantanément en dette cumulée pour le lendemain, l’entrepreneur n’étant pas, affirme-t-il, en échec par manque de productivité mais par l’hostilité de son environnement.

Cette précarité est particulièrement visible dans le secteur de la pêche, où les usines de glace, dont les machines valent selon lui des milliards, préfèrent stopper toute activité et placer leurs employés en congé technique afin d’éviter des réparations coûteuses liées aux variations de tension. Privés de glace pour conserver leurs prises, les pêcheurs sont alors contraints de brader leurs produits à n’importe quel prix pour éviter qu’ils ne pourrissent.

L’impact s’étend également aux professions libérales, à l’image des cabinets dentaires, où l’absence d’électricité paralyse non seulement l’outillage de soin mais aussi la gestion informatique, rendant impossible l’accès aux dossiers des patients. Certains industriels parviennent à déplacer leur production la nuit pour honorer leurs commandes, mais cette flexibilité reste impossible pour les menuisiers ou les réparateurs de pneus, dont l’activité est liée aux horaires diurnes.

Une transition solaire réclamée face à l’inertie politique

Sur le plan politique, M. Houas constate une inertie chronique : les discours sur la transition énergétique se succèdent depuis les gouvernements de Mehdi Jomaa et de Habib Essid, sans qu’aucune réalisation concrète ne soit visible dans les administrations publiques ou les habitations. Il regrette que la Tunisie n’ait pas suivi l’exemple de pays comme l’Italie, où le gouvernement de Giorgia Meloni a choisi de subventionner le carburant pour protéger la production et le transport des fluctuations mondiales.

Pour l’association, qui a mené des visites de terrain afin de constater ces dommages, la solution réside dans une accélération massive du recours au solaire. Une telle transition permettrait, souligne M. Houas, de soulager le réseau de la STEGSTEG, notamment lors des pics de consommation de fin juillet et du mois d’août, et de garantir la continuité économique nécessaire à la survie des petites et moyennes entreprises.

Au final, Lotfi Riahi noté sur seule une information transparente et fiable permettrait de canaliser durablement ces comportements. Tandis qu’Abderrazek Houas estime que c’est une accélération du recours au solaire qui garantirait la continuité de l’activité des entreprises. Deux réponses distinctes à une même réalité : celle de foyers et d’entreprises contraints de composer, au jour le jour, avec les coupures d’électricité et d’eau.

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