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Tunisie : Comment la crise d’Ormuz perturbe la production du complexe chimique Mdhila 1

Les unités industrielles relevant du Groupe Chimique Tunisien à Mdhila 1 sont à l’arrêt depuis le mois dernier, en raison d’une pénurie de vapeur industrielle, un intrant essentiel au fonctionnement des installations, selon une source informée citée par Mosaïque FM.

Cette vapeur, produite en amont et indispensable à plusieurs étapes du procédé industriel, intervient notamment dans le fonctionnement des unités de production d’acide sulfurique et d’acide phosphorique. Ces deux produits constituent des maillons centraux dans la fabrication du tripolyphosphate de calcium, un dérivé stratégique de la filière phosphatière tunisienne.

Selon la même source, cette rupture d’approvisionnement ne serait pas liée à un dysfonctionnement interne du site, mais résulterait d’un faisceau de facteurs externes. Parmi eux, des perturbations sur les marchés internationaux de l’énergie et des intrants industriels, elles-mêmes aggravées par les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce mondial des hydrocarbures et produits dérivés.

À cela s’ajouteraient des défaillances de certains fournisseurs dans l’exécution de leurs engagements contractuels, entraînant une chute progressive des stocks disponibles jusqu’à l’arrêt complet des installations.

Vulnérabilité structurelle de la chaîne de valeur phosphatière

Cette interruption relance la question de la vulnérabilité structurelle de la chaîne de valeur phosphatière en Tunisie. Le secteur dépend en effet d’une coordination étroite entre extraction, transformation chimique et logistique industrielle, où la moindre rupture d’un intrant énergétique peut provoquer un effet domino sur l’ensemble du cycle de production.

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L’arrêt de Mdhila 1 intervient dans un contexte où la filière phosphatière cherche encore à stabiliser ses niveaux de production et à regagner en compétitivité sur les marchés internationaux. Il met surtout en lumière une fragilité souvent sous-estimée : celle de la dépendance à des flux énergétiques et industriels mondialisés, exposés à des chocs géopolitiques éloignés des sites de production.

L’enjeu dépasse ainsi le seul site industriel. Il pose la question de la résilience énergétique et industrielle du modèle de transformation des phosphates en Tunisie, à l’heure où la sécurité des approvisionnements devient un facteur aussi déterminant que la disponibilité de la ressource elle-même.

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Phosphates : Omar Bouzouada prend les commandes de la CPG et du GCT

Les autorités ont procédé à un changement à la tête des deux principales entreprises publiques du secteur des phosphates. Omar Bouzouada a été nommé président-directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa et du Groupe chimique tunisien, selon des décrets publiés au Journal officiel de la République tunisienne.

Un changement de gouvernance est intervenu au sein des deux principales entreprises publiques du secteur des phosphates en Tunisie. Selon le Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 1er juin 2026, Omar Bouzouada a été nommé président-directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT).

Cette nomination est prévue par le décret n°2026-79 du 1er juin 2026.

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Fin de fonctions pour les dirigeants sortants

Dans le même cadre, le décret n°2026-80 met fin aux fonctions d’Abdelkader Amaidi en qualité de directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Par ailleurs, le décret n°2026-81 du 1er juin 2026 met également fin aux fonctions de Hédi Youssef en tant que directeur général du Groupe chimique tunisien.

Un secteur stratégique pour l’économie tunisienne

La CPG et le GCT constituent les principaux acteurs de la filière phosphatière tunisienne, un secteur considéré comme stratégique pour l’économie nationale en raison de son poids dans les exportations et les recettes en devises.

La nomination d’un dirigeant unique à la tête des deux groupes intervient dans un contexte marqué par les enjeux liés à la production, à la transformation et à la valorisation du phosphate tunisien.

La Compagnie des phosphates de Gafsa fait face depuis plusieurs années à une baisse de sa production en raison de mouvements sociaux récurrents, de difficultés logistiques et d’un sous-investissement dans les infrastructures.

Le Groupe chimique tunisien, de son côté, est confronté à des coûts de production élevés, à des contraintes environnementales et à une perte de compétitivité qui affectent ses performances à l’exportation.

Qui est Omar Bouzouada ?

Omar Bouzouada est diplômé de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis (ENIT) en 1991 avec une spécialisation en Génie électrique. Il a directement intégré le ministère de l’Industrie en tant que Directeur des industries du cuir et de la chaussure, avant de mettre le cap sur les industries chimiques au sein de la Direction générale des industries manufacturières.

Il est ensuite nommé Directeur général de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) en 2019, axant principalement son travail sur les politiques de transition digitale, la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, et l’attractivité des Investissements Directs étrangers (IDE).

A la tête de la CPG et du GCT, Omar Bouzouada aura notamment pour mission principale d’accroître le rythme de production de phosphate à Gafsa et de moderniser les infrastructures de transformation chimique.

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CPG : La prime de l’Aïd paralyse la production à Métlaoui et Mdhilla

Un nouveau mouvement social perturbe l’activité de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Depuis mardi soir, des agents et ouvriers des sites de Métlaoui et Mdhilla observent une grève ouverte, provoquant l’arrêt de la production dans plusieurs carrières et unités de lavage. À l’origine de cette mobilisation : la contestation autour de la prime de l’Aïd al-Adha versée par la direction de l’entreprise.

Selon des sources syndicales locales, les protestataires dénoncent surtout l’absence de concertation avec le partenaire social. La syndicaliste Rim Hilal a affirmé que, les années précédentes, la direction de la CPG coordonnait avec les représentants des travailleurs concernant les primes de l’Aïd, les avances sur salaires et diverses allocations sociales. Cette année, la décision aurait été prise de manière unilatérale, alimentant un climat de tension déjà latent, rapporte Express FM.

Plusieurs revendications sociales restent sans réponse

Les grévistes estiment également que plusieurs revendications sociales restent sans réponse, notamment en matière de dialogue interne et d’application des accords conclus auparavant. Le mouvement a entraîné un arrêt du travail dans des installations stratégiques du bassin minier, un secteur clé pour les exportations tunisiennes.

Cette nouvelle crise sociale intervient alors que la CPG traverse une période particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, la compagnie est confrontée à des mouvements de protestation récurrents liés aux primes, aux crédits sociaux et aux conditions de travail. En février dernier déjà, des grèves avaient touché plusieurs unités de production à Redeyef, Métlaoui, Mdhilla et Oum Larayes pour réclamer le versement de primes et d’avantages sociaux en retard.

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Ces perturbations interviennent surtout au moment où l’État tente de relancer un secteur considéré historiquement comme l’un des piliers de l’économie tunisienne. Avant 2011, la Tunisie produisait près de 8 millions de tonnes de phosphate par an et le secteur représentait environ 10 % des exportations nationales ainsi que 4 % du PIB. La Compagnie des phosphates de Gafsa figurait alors parmi les cinq plus grands producteurs mondiaux.

Sit-in et problèmes logistiques

Depuis la révolution, la production a fortement chuté sous l’effet des grèves, des sit-in, des problèmes logistiques et du vieillissement des équipements. En 2024, la production tunisienne de phosphate brut s’est limitée à environ 3,28 millions de tonnes, contre plus de 7,4 millions de tonnes en 2010.

La CPG affirme néanmoins vouloir accélérer la relance. Pour 2025, l’entreprise ambitionne d’atteindre entre 5 et 5,3 millions de tonnes de phosphate commercial grâce à la modernisation des équipements et à l’amélioration des capacités de lavage et de transport. Au premier trimestre 2025, la production aurait déjà progressé de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant environ 825 mille tonnes.

Les autorités tunisiennes misent fortement sur cette reprise pour améliorer les recettes en devises. Selon des données relayées par l’INS, les exportations de phosphates et dérivés ont rebondi de 15 % en 2025 après une forte contraction en 2024. Le gouvernement considère désormais ce secteur comme un levier stratégique pour réduire le déficit commercial et compenser la baisse attendue d’autres ressources d’exportation, notamment l’huile d’olive.

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Mais sur le terrain, les tensions sociales continuent de freiner les ambitions de redressement. Des experts rappellent qu’un seul jour d’arrêt dans les unités minières nécessite souvent plusieurs jours pour rétablir le rythme normal de production, notamment à cause des contraintes techniques et logistiques liées au transport du minerai.

Les prix mondiaux du phosphate restent élevés

La situation est d’autant plus sensible que les prix mondiaux du phosphate restent élevés. Selon plusieurs analyses économiques publiées récemment, la Tunisie pourrait générer plusieurs milliards de dollars supplémentaires si elle retrouvait ses niveaux historiques de production. Certains spécialistes estiment même que le pays pourrait dépasser les 10 millions de tonnes par an à moyen terme si les blocages sociaux et logistiques étaient résolus.

Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite concernant l’ouverture de nouvelles négociations entre la direction de la CPG et les représentants syndicaux afin de mettre fin à la grève.

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Tunisie : 153 millions de dinars pour moderniser les lignes de chemin de fer du phosphate

La commission des finances et du budget a entendu, lundi 9 mars 2026, le ministre du Transport et son équipe au sujet d’un projet de loi portant approbation d’un accord de prêt entre la Tunisie et le Fonds arabe de développement économique et social.

Le projet de loi se limite à un article unique autorisant la signature de cet accord d’un montant de 16 millions de dinars koweïtiens, soit environ 153 millions de dinars tunisiens, à un taux d’intérêt annuel de 3,75 % sur une durée de remboursement de 30 ans. Ce prêt contribuera au financement de la modernisation et du développement des lignes ferroviaires dédiées au transport du phosphate.

L’achèvement de la ligne 21

Selon le ministère du Transport, le financement sera principalement alloué à l’achèvement de la ligne 21, reliant les gouvernorats de Gabès et Gafsa sur 129 km, dans le cadre d’un projet plus vaste de 190,5 km répartis entre Sfax, Gabès et Gafsa, estimé à 500 millions de dinars tunisiens.

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Le ministre du Transport a rappelé que le réseau ferroviaire tunisien, qui s’étend sur 25 lignes à travers le pays, est largement vétuste. Certaines lignes, notamment celles dédiées au transport du phosphate sur 435 km dans le sud du pays, n’ont pas bénéficié d’entretien depuis les années 1980. Parmi elles, 190 km constituent une priorité pour le projet de modernisation.

Sécuriser et moderniser les infrastructures ferroviaires

Ce financement s’inscrit donc dans une stratégie visant à sécuriser et moderniser les infrastructures ferroviaires, essentielles pour le transport du phosphate et le développement économique des régions concernées.

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