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Pétrole : le Brent bondit de 5 % à près de 88 dollars

Les cours du pétrole ont bondi de près de 5 % lundi 10 août, signant une troisième séance consécutive de hausse. Les marchés restent préoccupés par l’incertitude entourant la réouverture du détroit d’Ormuz et les risques pesant sur les approvisionnements du Moyen-Orient.

Les prix du pétrole ont fortement progressé lundi 10 août, gagnant environ 5 % en clôture. Alors que les marchés restent suspendus aux développements géopolitiques au Moyen-Orient et aux perspectives de réouverture du détroit d’Ormuz.

Le Brent pour livraison en octobre a bondi de 4,99 %, à 87,72 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) américain pour septembre a progressé de 5,05 %, à 82,13 dollars. Il s’agit de la troisième séance consécutive de hausse pour les deux références.

A cet égard, le marché reste dominé par l’incertitude entourant le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour les exportations pétrolières mondiales. L’Iran affirme que sa réouverture dépend notamment de la satisfaction de plusieurs conditions posées aux États-Unis.

Téhéran et Oman seraient toutefois proches d’un accord sur la mise en place de nouveaux corridors maritimes. L’Iran a indiqué que les discussions étaient entrées dans leur phase finale. Tout en maintenant ses exigences à l’égard de Washington. Cette situation entretient une forte prime de risque sur le marché pétrolier. Les investisseurs évaluent en permanence la possibilité d’une amélioration des conditions de navigation face au risque d’une nouvelle perturbation des approvisionnements.

Les tensions sont également alimentées par d’autres incidents dans la région. Les Houthis alliés à l’Iran ont affirmé avoir attaqué dimanche la raffinerie de Jazan, appartenant à Saudi Aramco… Le marché reste néanmoins partagé entre deux scénarios. Une amélioration rapide de la circulation maritime pourrait exercer une pression à la baisse sur les cours. À l’inverse, l’échec des négociations ou une nouvelle perturbation des flux d’approvisionnement pourrait rapidement renforcer la prime géopolitique.

Pour l’heure, les investisseurs privilégient le risque : le Brent retrouve ainsi la zone des 88 dollars, après avoir enregistré une baisse hebdomadaire d’environ 5 % la semaine précédente.

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Un accord entre Téhéran et Mascate pour court-circuiter Washington ?

L’Iran a indiqué s’être mis d’accord avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz, dont ils sont tous deux riverains. Si le projet peut contribuer à la réouverture de cette artère stratégique, il sera à même d’accorder aussi à Téhéran un rôle inédit dans la supervision du trafic maritime. De quoi susciter les réserves des États-Unis et des monarchies du Golfe.

 

Un accord entre l’Iran et Oman sur l’avenir du détroit d’Ormuz conclu dans le dos de Washington ? Alors que Donald Trump répète à l’envi qu’un accord avec la République islamique pourrait être trouvé « dans les jours à venir », Téhéran semble avoir pris de vitesse le président américain.

En réalité, l’optimisme affiché par le locataire de la Maison Blanche est loin d’être partagé. Car, plusieurs sources citées par CNN et Reuters jugent cette perspective encore prématurée. D’ailleurs, un haut responsable du Golfe, cité par la chaîne américaine, estime à seulement une chance sur deux la probabilité de voir aboutir un accord dans les prochains jours. Un autre obstacle pourrait encore compliquer les négociations : la délégation iranienne engagée dans les discussions ne compte aucun représentant du Corps des Gardiens de la révolution islamique, l’une des composantes les plus influentes de l’appareil sécuritaire iranien et un poids lourd de la ligne dure. Or, son feu vert pourrait s’avérer indispensable pour valider le texte final.

Pour rappel, depuis la reprise des hostilités dans la région, début juillet, l’Iran a de nouveau resserré son étau sur le détroit d’Ormuz, verrouillant de fait le passage stratégique par lequel transitait, avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures. Téhéran exclut désormais tout retour au statu quo ante et n’autorise, pour l’heure, qu’un seul itinéraire maritime, longeant ses propres côtes.

Mais l’Iran ne s’arrêterait pas au contrôle de la circulation. Téhéran étudierait également la possibilité d’imposer des frais de passage, une perspective vivement rejetée par la communauté internationale et difficilement compatible avec les principes du droit international de la mer. Entre volonté de reprendre la main sur un axe énergétique vital et risque de se heurter aux règles régissant la navigation internationale, l’équation devient particulièrement explosive.

Quid de l’accord entre l’Iran et Oman ?

Entre temps, l’Iran a annoncé avoir conclu avec le sultanat d’Oman portant sur les coordonnées géographiques d’une nouvelle voie de navigation à travers le détroit d’Ormuz. Une initiative qui pourrait, de facto, modifier les routes maritimes empruntant ce passage stratégique et rebattre les cartes de la circulation dans l’un des principaux points névralgiques du commerce mondial.

Selon des informations révélées par le Wall Street Journal, Téhéran et Mascate seraient parvenus à un accord de principe sur la création d’une nouvelle voie d’entrée, au plus près des côtes iraniennes, tandis qu’une voie de sortie longerait le littoral omanais. Mais le projet va plus loin : les deux pays envisageraient de fusionner les itinéraires actuellement utilisés afin de mettre en place un corridor maritime bidirectionnel, conçu pour répondre à leurs intérêts respectifs.

Les deux camps ont un intérêt économique évident à sortir de l’impasse. Une reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz favoriserait les exportations de pétrole et de gaz, réduirait les tensions sur l’économie mondiale et pourrait créer un contexte plus favorable à une reprise des discussions sur le programme nucléaire iranien.

Les grandes lignes de cet aménagement auraient d’ores et déjà été communiquées aux États-Unis, aux différents pays de la région ainsi qu’aux plus hauts responsables iraniens.

Mainmise sur le détroit d’Ormuz

Un simple changement de tracé ? L’enjeu est en réalité autrement plus stratégique. Selon plusieurs sources citées par Reuters et le Wall Street Journal, le projet d’accord accorderait à Téhéran un droit de regard sur les navires empruntant la nouvelle voie d’accès au golfe Persique, sans pour autant lui permettre d’imposer des péages ou de facturer des services.

En effet, derrière cette disposition technique se cache donc une véritable ligne rouge pour Téhéran : obtenir un rôle dans la supervision de cette route maritime, au même titre que le droit à l’enrichissement nucléaire. C’est précisément ce point qui concentre les inquiétudes à Washington comme dans les capitales du Golfe.

Appréhensions

Les États-Unis redoutent en effet la création d’un précédent en matière de contrôle d’une voie maritime internationale. Ainsi, le secrétaire d’État Marco Rubio a averti à plusieurs reprises qu’accorder à un État un rôle de supervision sur un passage stratégique pourrait contrevenir au droit international et ouvrir la voie à des revendications similaires dans d’autres régions du monde.

Dans le Golfe, la crainte est tout aussi forte. Les monarchies arabes redoutent qu’un dispositif présenté comme temporaire ne se transforme progressivement en mécanisme permanent d’influence iranienne sur le détroit d’Ormuz. À terme, Téhéran pourrait ainsi disposer d’un véritable droit de veto de facto sur une partie des flux énergétiques mondiaux, faisant d’une simple réorganisation des routes maritimes un bouleversement majeur de l’équilibre stratégique régional.

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Trump et l’Iran | L’échec d’une diplomatie du bluff

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, la stratégie américaine conduite par Donald Trump et ses conseillers   de «pression maximale» contre l’Iran s’est muée en impasse politique et militaire. Entre la réticence des alliés du Golfe, l’épuisement des stocks de missiles et l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump se retrouve pris au piège de sa propre diplomatie du bluff.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Lorsque les premiers missiles américains et israéliens ont frappé le sol iranien fin février dans le cadre de l’opération Epic Fury, Donald Trump reprenait une rhétorique qu’il affectionne : celle de la «paix par la force» théâtralisée. Sur ses réseaux sociaux, le président américain promettait au peuple iranien une «libération imminente», affirmant que le moment était venu de se libérer une fois pour toutes du joug des ayatollahs.

Les analystes les plus avertis s’interrogeaient sur la viabilité d’une telle posture : s’agissait-il d’une réelle démonstration de puissance ou des prémices d’un aveuglement stratégique ? Cinq mois plus tard, la réponse ne fait plus de doute. Le calcul trumpien reposait sur une équation simpliste issue du monde des affaires : appliquer une pression maximale par un déluge de feu pour provoquer l’effondrement immédiat du régime ou forcer une capitulation sans condition. Mais la géopolitique des crises de haute intensité ne répond pas aux règles de la négociation immobilière.

La résilience de Téhéran face à l’impuissance de la surenchère

Au lieu de provoquer le soulèvement populaire escompté ou la panique au sommet de l’État théocratique, l’attaque a déclenché un réflexe de survie institutionnel à Téhéran. La République islamique a promptement verrouillé l’appareil sécuritaire intérieur, étouffant toute contestation naissante, tout en déployant une stratégie de riposte asymétrique et régionale.

Face aux ultimatums répétés de Washington promettant «une destruction encore jamais vue dans l’histoire», Téhéran a choisi la fermeté et le harcèlement à distance. L’incapacité de Donald Trump à faire plier le régime est devenue flagrante : la surenchère verbale, dépourvue de stratégie terrestre ou de vision politique à long terme, a fini par étaler les limites du pouvoir militaire américain.

L’évolution du conflit au cours des cinq derniers mois a mis à nu la méthode Trump : une alternance permanente entre menaces apocalyptiques, reculades précipitées et décisions impulsives dictées par l’humeur du moment plutôt que par une doctrine cohérente.

La régionalisation du conflit (mars-avril) : Téhéran réplique en ciblant les infrastructures stratégiques et les bases alliées à travers le Moyen-Orient, étendant l’instabilité bien au-delà des frontières iraniennes.

Illusion du «deal» et le répit éphémère (mai-juin) : Pris de court par l’enlisement et obsédé par les indicateurs économiques, Trump décrète unilatéralement un cessez-le-feu en proclamant prématurément «victoire». Sans accord politique de fond, cette trêve n’a été qu’un mirage.

Crise navale et suspension des frappes (juillet-août) : la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz pousse la Maison-Blanche à ordonner de nouvelles frappes, avant de devoir se résoudre à les suspendre face à l’absence de résultats probants.

Le tournant saoudien et la fracture des alliés du Golfe

L’élément déclencheur du récent changement de cap à Washington ne provient pas d’une prise de conscience interne, mais d’un rappel à la réalité venu du Golfe. Subissant de plein fouet les tirs de missiles et de drones iraniens sur leurs raffineries, leurs ports et leurs aéroports, les monarchies arabes ont exprimé un ras-le-bol stratégique.

Le point de rupture a été atteint lors d’un entretien téléphonique entre Mohammed Ben Salmane et Donald Trump. Le souverain saoudien a demandé sans détour au président américain de cesser immédiatement les bombardements sur l’Iran. Le constat présenté par Riyad était sans appel : faute de succès militaire décisif et sans perspective réelle de changement de régime, poursuivre ces frappes ne faisait que transformer les pays du Golfe en cibles privilégiées, tout en resserrant les rangs de la population iranienne derrière ses dirigeants.

En Europe, la gestion de la crise par Donald Trump a fini de détruire le peu de confiance qui subsistait envers le parapluie diplomatique américain. Dès le lancement d’Epic Fury, les chancelleries européennes (Paris, Berlin, Londres) avaient mis en garde contre les risques d’une escalade incontrôlée.

Aujourd’hui, l’exaspération des dirigeants européens est totale. Face aux revirements incessants de la Maison-Blanche — qui passe en quelques jours de la menace de guerre totale à des appels du pied pour négocier —, l’Europe déplore l’absence complète de concertation et l’aventurisme d’une administration incapable de fixer un cap stratégique clair. La diplomatie européenne se retrouve contrainte de gérer les répercussions sécuritaires et migratoires d’un conflit qu’elle n’a pas voulu et qu’elle ne peut pas enrayer seule.

Limites techniques et asphyxie économique

Sur le plan interne comme international, le coût de cette diplomatie du bluff est devenu insupportable. Sur le terrain militaire comme sur le plan politique domestique, Washington se heurte à des contraintes matérielles et électorales majeures.

Comme l’a analysé Sébastien Boussois, chercheur spécialiste du monde arabe et directeur de l’Institut géopolitique européen, la marge de manœuvre du président américain s’est considérablement réduite : «Donald Trump ne veut pas forcément frapper, n’en a pas forcément les moyens. Il y avait un problème de missiles, puis il avait un problème d’intercepteurs. Et puis, il y a aussi une opinion qui, à l’approche des élections de mi-mandat, risque de commencer à se détourner du président américain».

Ce double verrou — l’épuisement des stocks d’armement de haute précision et la crainte d’un désaveu dans les urnes — paralyse l’action américaine. Parallèlement, en perturbant gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz — canal vital par lequel transite un cinquième du pétrole mondial —, le conflit a provoqué une flambée spectaculaire des cours du baril. Les consommateurs du monde entier paient aujourd’hui au prix fort à la pompe les hésitations de Washington, alimentant une inflation globale qui menace de faire basculer plusieurs économies dans la récession.

Cinq mois après le lancement de l’opération Epic Fury, le bilan de Donald Trump est celui d’une impasse stratégique majeure. En pensant que des coups de bluff répétés, des ultimatums sur les réseaux sociaux et des sautes d’humeur diplomatiques tiendraient lieu de politique étrangère, le président américain a étalé les limites de son leadership.

Désormais contraint par le roi d’Arabie saoudite à suspendre ses frappes, contesté par son opinion publique, désavoué par ses alliés européens et sous la pression d’une crise économique mondiale qu’il a lui-même contribué à alimenter, Trump offre le spectacle d’une puissance paralysée. Les ultimatums non suivis d’effets ont créé l’accoutumance chez l’adversaire et la méfiance chez les alliés. L’étalage de force brute aura, in fine, mis à nu l’incapacité d’un homme à prendre les décisions justes face au temps long et complexe de la géopolitique.

* Médecin algérien basé au Canada.

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Ormuz : l’accord de passage jugé impraticable par les armateurs

Le projet d’accord entre l’Iran et Oman visant à encadrer la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz se heurte à de sérieux obstacles, notamment en matière de sanctions américaines, d’assurance et de réglementation maritime.

Selon plusieurs sources du secteur citées par Reuters, le dispositif envisagé donnerait à l’Iran un rôle central dans le contrôle des navires entrant dans le Golfe. Tandis que les bâtiments souhaitant en sortir emprunteraient un corridor entre les eaux iraniennes et omanaises, avec une autorisation délivrée par Oman après notification à Téhéran.

Le principal point de friction concerne toutefois les droits de passage. L’Iran envisagerait de prélever entre 5 % et 7 % de la valeur des cargaisons. Alors qu’Oman défendrait un taux proche de 3 %. Washington, de son côté, réclame une circulation totalement libre et sans frais.

Pour les organisations internationales du transport maritime, l’instauration de telles redevances pourrait remettre en cause le principe de libre navigation dans les détroits internationaux. Elles estiment également que ces paiements pourraient créer un précédent juridique préoccupant.

À cela s’ajoute le risque lié aux sanctions américaines visant les structures iraniennes chargées de la gestion du détroit. Les compagnies maritimes pourraient ainsi s’exposer à des sanctions en effectuant les paiements prévus.

Le secteur de l’assurance constitue un autre obstacle majeur. Une nouvelle clause introduite par le marché londonien de l’assurance maritime permet aux assureurs de mettre fin à la couverture d’un navire ayant acquitté des droits ou autres frais pour traverser Ormuz.

Les armateurs se retrouvent donc confrontés à un dilemme : payer pour garantir leur passage tout en risquant de perdre leur couverture d’assurance, ou refuser de payer et s’exposer à des restrictions de navigation.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et une part importante du commerce de GNL, demeure ainsi au cœur des négociations visant à rétablir la circulation maritime.

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Le pétrole chute de 4 % dans l’espoir d’un accord à Ormuz

Les marchés pétroliers ont fortement réagi aux informations faisant état d’une possible avancée diplomatique sur le détroit d’Ormuz. Les prix du pétrole ont chuté de plus de 4 % après les déclarations mardi 4 août du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, où il a évoqué la possibilité d’un accord entre Washington et Téhéran, mercredi 5 août, sur l’ouverture du détroit d’Ormuz.

Comme il l’a déclaré lors d’une interview accordée à CNBC : « Nous sommes en pourparlers avec les Iraniens. Il est possible que nous parvenions à un accord aujourd’hui ou demain pour ouvrir les détroits et évoluer vers une position plus normalisée dans ce conflit ».

Pendant ce temps, les prix du pétrole ont fortement reculé, les investisseurs anticipant un possible accord entre les États-Unis et l’Iran susceptible de permettre une normalisation du trafic dans le détroit d’Ormuz. Ainsi, le Brent et le WTI ont perdu plus de 4 % en séance… Cette baisse reflète le recul de la prime de risque géopolitique qui s’était accumulée depuis le début des tensions dans le Golfe. Les opérateurs considèrent qu’une réouverture progressive de cette voie maritime stratégique réduirait les risques de perturbation des exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient.

Toutefois, plusieurs analystes appellent à la prudence, soulignant que les négociations ne sont pas encore finalisées et qu’un échec des discussions pourrait rapidement raviver la volatilité des marchés énergétiques.

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Face au risque d’Ormuz, le Golfe redessine ses corridors pétroliers

Les principaux producteurs de pétrole du Golfe accélèrent leurs investissements dans de nouvelles infrastructures d’exportation afin de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Lequel est devenu l’un des points de passage les plus vulnérables du commerce mondial de l’énergie.

La guerre entre les États-Unis et l’Iran, les attaques contre les navires marchands et les perturbations répétées du trafic maritime ont convaincu les États du Golfe d’accélérer des projets parfois en discussion depuis plusieurs décennies. Environ 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime transite habituellement par le détroit d’Ormuz, faisant de cette zone un point névralgique pour la sécurité énergétique mondiale.

L’Arabie saoudite mise notamment sur l’extension de son pipeline Est-Ouest, qui relie les champs pétroliers de l’est du royaume au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cette infrastructure permet déjà de contourner Ormuz pour une partie importante des exportations saoudiennes.

Les Émirats arabes unis renforcent, de leur côté, le rôle du pipeline Habshan-Fujaïrah, qui relie les installations pétrolières d’Abou Dhabi au port de Fujaïrah, situé sur le golfe d’Oman, en dehors du détroit d’Ormuz. Cette liaison constitue aujourd’hui l’une des principales alternatives opérationnelles aux routes maritimes traditionnelles, même si elle demeure exposée aux risques sécuritaires régionaux.

L’Irak cherche également à diversifier ses débouchés. Bagdad a récemment conclu un accord avec la Turquie afin de relancer et d’étendre les exportations via l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan, qui débouche sur la Méditerranée. Cette infrastructure doit permettre d’augmenter progressivement les volumes exportés tout en réduisant la dépendance aux terminaux du Golfe.

Lire aussi : Ankara refuse le statu quo sur l’oléoduc irakien

Parallèlement, plusieurs projets de plus long terme restent à l’étude, notamment un oléoduc reliant le sud de l’Irak au port jordanien d’Aqaba, une liaison vers le port omanais de Duqm ainsi que d’autres corridors énergétiques reliant le Golfe à la Méditerranée. Leur réalisation dépend toutefois d’importants investissements et d’une stabilité politique encore incertaine.

Malgré ces projets, les experts estiment qu’aucune de ces infrastructures ne pourra, à court terme, remplacer totalement le rôle du détroit d’Ormuz. La capacité combinée des itinéraires alternatifs reste toutefois nettement inférieure aux quelque 20 millions de barils de pétrole qui transitent quotidiennement par ce passage stratégique en période normale.

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