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L’ONU veut corriger la carte du monde, la Tunisie vote oui

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, vendredi 4 septembre, une résolution en faveur de cartes représentant plus fidèlement la superficie réelle des continents. Portée par le Togo au nom des  55 États membres de l’Union africaine, “Correct the Map”,a recueilli 164 voix pour, une contre et 6 abstentions. La Tunisie a elle aussi voté en faveur du texte. Le texte encourage notamment le recours à la projection Equal Earth, conçue pour préserver les proportions de superficie entre les territoires.

Pourquoi cette résolution? Parce que la carte du monde la plus familière n’est pas aussi fidèle qu’elle en a l’air.

La projection de Mercator, développée au XVIᵉ siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator, avait été conçue principalement pour faciliter la navigation. Elle présente toutefois une déformation croissante des superficies à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Les territoires proches des pôles apparaissent ainsi beaucoup plus grands qu’ils ne le sont réellement.

Le Groenland est l’exemple le plus connu. Sur une carte de Mercator, il semble presque comparable à l’Afrique. En réalité, l’Afrique est environ 14 fois plus vaste que le Groenland.

Equal Earth propose une autre approche. Les superficies relatives sont mieux conservées. En effet, l’Afrique apparaît donc à une échelle beaucoup plus proche de sa taille réelle, tandis que les territoires septentrionaux cessent d’être visuellement surdimensionnés. La projection ne restitue toutefois pas parfaitement toutes les formes et les distances. Aucune carte plane ne peut reproduire intégralement un globe.

La résolution de l’ONU ne signifie pas pour autant que Mercator va disparaître. Elle n’interdit aucune projection et ne fait pas d’Equal Earth une carte officielle unique. Elle invite plutôt les États, les établissements éducatifs, les organisations et les acteurs du numérique à privilégier, lorsque l’objectif est de comparer les superficies, des projections qui les représentent correctement.

Derrière cette initiative africaine, l’enjeu est aussi celui de la représentation. Une carte utilisée dans les écoles, les médias ou les outils numériques contribue à construire une perception des rapports de taille entre les continents. Corriger leurs proportions ne change évidemment ni les frontières ni la superficie des pays. Mais cela permet de regarder le monde avec une autre échelle en tête.

La carte ne change donc pas le monde. Elle change simplement la façon dont nous le regardons.

A noter que le seul vote contre est venu des États-Unis. Les 6 abstentions sont celles de l’Estonie, de la Géorgie, de la Lituanie, de la Moldavie, de la Serbie et de l’Ukraine. 

En outre, d’après l’agence Anadolu, la Banque mondiale utilise déjà des projections comme Equal Earth et Winkel Tripel pour certaines de ses cartes et commence à délaisser progressivement Mercator dans ses représentations numériques. La France lui emboîte le pas : elle a annoncé vendredi l’adoption de la projection Eckert IV, jugée plus fidèle pour représenter les superficies des territoires.

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Cartes du monde : la France tourne la page de Mercator et redonne sa vraie place à l’Afrique

Et si une carte pouvait changer le regard du monde sur l’Afrique ? C’est désormais chose faite. Aux dernières nouvelles, la France vient d’abandonner la projection de Mercator dans ses usages diplomatiques. Cette décision s’inscrit dans le sillage d’une résolution historique de l’Assemblée générale de l’ONU, adoptée le 4 septembre 2026 avec le parrainage français, qui appelle à “ corriger la carte” et à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents, en particulier celle de l’Afrique. Il s’agit d’un geste diplomatique à forte portée symbolique.

La question est cruciale : pourquoi Mercator ne fait plus l’unanimité ? Pour y répondre, il faut revenir à l’histoire. Héritée du XVIe siècle et conçue pour la navigation, la projection de Mercator déforme les proportions : elle réduit visuellement les régions équatoriales (Afrique, parties de l’Amérique du Sud et de l’Asie) au profit des zones polaires (Europe, Amérique du Nord). Cela signifie également que les cartes ne sont jamais neutres. Non seulement elles façonnent nos perceptions et influencent l’éducation, mais elles ont aussi des implications cognitives, économiques et politiques.

Une résolution onusienne pour rééquilibrer les récits

La résolution, soutenue par le Groupe africain, reconnaît ce biais historique et encourage les États membres à utiliser des projections plus équitables dans les manuels scolaires et les documents officiels. Elle invite également les agences de l’ONU à élaborer des lignes directrices sur les bonnes pratiques cartographiques. En appliquant ce texte, fin du Mercator dans la diplomatie française.

Au-delà de la géopolitique : une question d’identité et d’éducation

Cette décision dépasse le cadre technique. Elle touche à la manière dont les générations futures percevront la place et l’importance de l’Afrique dans le monde. Changer la carte, ce n’est pas modifier la réalité, mais enfin la révéler telle qu’elle est.

En somme, une décision cartographique qui en dit long sur la volonté de rééquilibrer, enfin, les récits du monde…

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L’ONU a redessiné le monde. L’Afrique, elle, attend toujours l’ascenseur

Le 4 septembre 2026, 164 pays ont levé la main pour dire une vérité que n’importe quel élève un peu curieux découvre en cinq minutes sur internet : l’Afrique est grande. Très grande. Assez grande pour avaler les États-Unis, la Chine, l’Inde, une bonne partie de l’Europe et le Japon, avec de la place pour le dessert.

Il aura fallu attendre 457 ans après Gerardus Mercator et sa boussole pour que l’Assemblée générale s’en émeuve officiellement. On appelle ça la diplomatie internationale : le temps que la vérité géométrique traverse les couloirs feutrés de New York est proportionnel, lui aussi, à une projection assez déformée.

Une seule voix contre, et on devine laquelle

Sur 164 voix pour, une seule voix s’est dressée contre ce crime de lèse-cartographie. On ne sait pas exactement qui a jugé bon de défendre bec et ongles la taille du Groenland, mais on imagine la scène : un diplomate solitaire, debout dans l’hémicycle, prêt à mourir pour l’honneur démesuré de son sous-continent glacé. Six abstentions se sont ajoutées, probablement des délégations qui n’avaient toujours pas fini de charger la carte Equal Earth* sur leur ordinateur portable.

La carte n’est pas le territoire, mais le territoire, lui, ne bouge toujours pas

Soyons honnêtes deux secondes : cette résolution n’a strictement aucune valeur contraignante. L’article 10 de la Charte de l’ONU est on ne peut plus clair, l’Assemblée générale ne fait que « recommander », ce doux mot diplomatique qui signifie en réalité « on a voté, on est content, mais personne n’est obligé de faire quoi que ce soit ». Même l’Union européenne a pris soin de préciser, dans un réflexe presque comique de prudence juridique, que tout ça ne change rien aux frontières, aux zones maritimes ni aux différends territoriaux. Autrement dit : l’Afrique aura enfin la bonne taille sur les cartes, mais gardera exactement les mêmes frontières héritées de la conférence de Berlin (de 1884-1885), les mêmes dettes, et les mêmes accords commerciaux défavorables qu’avant le vote. La carte grandit, le rapport de force, lui, ne bronche pas d’un pixel.

De la « justice cognitive » au manuel scolaire, il y a une marge… administrative

L’Union africaine parle de « justice cognitive » et de « réparation mémorielle ». De belles formules, généreuses, qu’on aimerait voir se traduire vite dans les salles de classe de Lomé à Tunis. Sauf que remplacer une carte murale coûte de l’argent, imprimer de nouveaux manuels scolaires prend des années, et convaincre Google Maps ou les manuels français, chinois ou américains de changer leur projection par défaut relève moins de la bonne volonté que du rapport de force économique. La résolution « appelle à un dialogue constructif » avec les géants du numérique. Un dialogue constructif, en langage diplomatique, ça veut souvent dire : « on demande poliment », et « on croise les doigts ».

Le vrai test, ce sera la 83e session

À sa décharge, l’ONU a déjà prévu de remettre le sujet à l’ordre du jour de sa prochaine session. C’est peut-être là que se jouera la vraie question : cette résolution est-elle le début d’un mouvement de fond qui ira jusque dans les salles de classe et les applications de smartphone, ou un symbole confortable qu’on agite une fois puis qu’on range dans le tiroir des bonnes intentions votées à l’unanimité ?

Alors, ça change quoi pour les Africains, concrètement ? À court terme : pas grand-chose. Le PIB ne bouge pas parce qu’un continent gagne quelques centimètres sur une carte scolaire. Les visas restent aussi difficiles à obtenir, les taux d’intérêt des emprunts souverains africains restent aussi punitifs, et les matières premières continuent de partir brutes pour revenir transformées, chères, et… sur une carte enfin à la bonne échelle.

À plus long terme, en revanche, il y a quelque chose d’assez politique dans le symbole : une génération d’enfants qui grandit en voyant son continent occuper toute la place qu’il mérite visuellement pourrait, à la marge, se raconter une histoire différente d’elle-même. La carte ne nourrit personne, mais elle façonne discrètement l’imaginaire, l’estime de soi collective, et parfois, avec le temps, les ambitions. Reste à savoir si Equal Earth arrivera vraiment dans les salles de classe tunisiennes et africaines, ou si elle restera, comme tant de bonnes résolutions onusiennes, une belle carte encadrée au mur d’un bureau climatisé à New York.

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*« Equal Earth » est une projection cartographique créée en 2018 par quatre chercheurs (Bojan Šavrič, Tom Patterson, Bernhard Jenny et un autre collaborateur), pensée comme une alternative moderne à Mercator.

Son principe : elle est équivalente (equal-area), ce qui veut dire qu’elle préserve les proportions réelles des surfaces des continents les unes par rapport aux autres. Concrètement, si l’Afrique est 14 fois plus grande que le Groenland dans la réalité, elle apparaîtra bien 14 fois plus grande sur la carte — contrairement à Mercator, où les deux semblent à peu près de la même taille.

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El Niño – Alerte maximale de l’OMM : « De très forte intensité jusqu’en février 2027

Le phénomène El Niño, “d’une ampleur gigantesque”, précipite la planète dans une « zone de danger ». Elle est marquée par des conditions météorologiques extrêmes, avertit le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

La science ne laisse planer aucun doute sur l’impact d’El Niño qui prend des proportions gigantesques : la planète se trouve en eaux inconnues, et ces eaux continuent de se réchauffer. Les températures ne cessent d’augmenter et le monde se trouve dans la zone de danger des phénomènes météorologiques extrêmes », a déclaré Antonio Guterres.

D’ailleurs, l’agence des Nations unies pour le climat estime qu’El Niño devrait devenir “très intense” et qu’il est presque certain qu’il persistera jusqu’en février.
Selon une nouvelle mise à jour publiée le 3 septembre 2026, El Niño, déjà bien établi depuis la mi-août 2026, va continuer à se renforcer au cours des prochains mois pour culminer vers la fin de l’année 2026 avant de persister au moins jusqu’en février 2027. Les prévisions saisonnières des centres mondiaux de production de l’OMM indiquent une « probabilité exceptionnellement élevée », quasi certaine (près de 100%), que le phénomène se prolonge jusqu’à cette date.

De ce fait, l’OMM met en garde contre des répercussions majeures sur les régimes de température et de précipitations, avec des risques accrus d’inondations, de sécheresses et de vagues de chaleur extrême dans plusieurs régions du globe.

Pour la période septembre-novembre 2026, les modèles prévoient notamment des températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, ainsi qu’une forte réponse atmosphérique caractéristique des épisodes El Niño de forte intensité dans le Pacifique.

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El Niño : L’ONU lance l’alerte, pourquoi la Tunisie est-elle concernée ?

La planète entre dans une nouvelle zone de turbulences climatiques. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé ce jeudi 3 septembre 2026 que le phénomène El Niño est désormais « solidement établi » et qu’il devrait encore se renforcer au cours des prochains mois, jusqu’à atteindre une intensité « très forte ». L’organisation estime à près de 100 % la probabilité que l’épisode se poursuive jusqu’en février 2027.

Cette évolution fait craindre une accentuation des anomalies de température et de précipitations à travers plusieurs régions du monde, avec un risque accru de vagues de chaleur, de sécheresses et de précipitations extrêmes.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lui aussi lancé une mise en garde particulièrement forte. Selon le message publié par l’OMM, il estime que la planète entre dans des « eaux inexplorées », alors que les températures des océans continuent de progresser. Il avertit que le risque d’événements météorologiques extrêmes augmente à mesure que le phénomène se renforce.

Un El Niño qui pourrait devenir exceptionnel

El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental. Ce phénomène naturel modifie la circulation atmosphérique et peut perturber les régimes de températures et de précipitations à plusieurs milliers de kilomètres du Pacifique.

Selon les dernières données de l’OMM, le réchauffement s’est considérablement accentué en 2026. L’indice Niño 3.4, utilisé pour mesurer les anomalies de température de surface dans le Pacifique équatorial, affichait une anomalie moyenne de +1,5 °C entre mai et juillet, puis +2 °C en juillet. Entre la fin juillet et la mi-août, les valeurs hebdomadaires ont atteint environ +2,2 à +2,6 °C. Sous la surface, certaines zones de l’océan affichaient même des températures supérieures de plus de 8 °C à la moyenne.

L’OMM prévoit que le phénomène continue de se renforcer avant d’atteindre son maximum vers la fin de 2026. Ses effets climatiques pourraient toutefois se prolonger durant une partie de 2027.

Et la Tunisie dans tout cela ?

La Tunisie n’est pas située dans la zone directement touchée par El Niño, mais elle n’est pas pour autant à l’écart de ses conséquences climatiques potentielles.

L’OMM insiste sur un point essentiel : un El Niño très intense ne produit pas automatiquement les mêmes conséquences partout. Ses effets dépendent de la région, de la saison et de l’interaction avec d’autres phénomènes océaniques et atmosphériques. Pour la Méditerranée et l’Afrique du Nord, il est donc trop tôt pour transformer l’alerte mondiale en prévision directe de sécheresse ou de pluies extrêmes pour la Tunisie.

Mais la situation mérite une attention particulière dans un pays déjà confronté à une forte vulnérabilité hydrique.

La Tunisie appartient à une région méditerranéenne particulièrement exposée au changement climatique. Les travaux scientifiques consacrés au climat tunisien mettent notamment en évidence une forte variabilité des précipitations et l’importance des téléconnexions climatiques dans l’évolution de la pluviométrie.

Lire aussi : Tunisie : « El Niño » annonce un été plus long et plus chaud

Le problème est donc celui de la superposition des risques : à un contexte méditerranéen déjà marqué par la hausse des températures et le stress hydrique pourrait s’ajouter une nouvelle perturbation du système climatique mondial.

Eau : un risque particulièrement sensible

C’est probablement sur le front de l’eau que la question est la plus stratégique pour la Tunisie. Le pays connaît depuis plusieurs années une pression croissante sur ses ressources hydriques. La Banque mondiale souligne déjà que le changement climatique et la répétition des événements climatiques contribuent à rendre plus sèches les zones agricoles tunisiennes et aggravent les difficultés liées à la disponibilité de l’eau.

Dans ce contexte, toute modification durable des régimes de précipitations pourrait avoir des conséquences importantes sur les barrages, les nappes phréatiques, l’agriculture et l’alimentation en eau potable.

Il faut cependant éviter un raccourci : El Niño ne signifie pas nécessairement que la Tunisie connaîtra une nouvelle sécheresse. Le signal climatique pour l’Afrique du Nord et la Méditerranée est beaucoup plus complexe. L’Atlantique, la Méditerranée et l’océan Indien jouent également un rôle dans la circulation atmosphérique régionale.

C’est précisément pourquoi l’OMM accompagne son bulletin El Niño d’un système de prévisions climatiques saisonnières permettant d’affiner les conséquences régionales.

Des températures encore plus préoccupantes ?

Un autre élément du bulletin de l’OMM mérite l’attention de la Tunisie. Pour la période septembre-novembre 2026, les modèles de l’organisation indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales sur presque toutes les zones terrestres.

Pour un pays qui vient de traverser un été marqué par de fortes chaleurs et une pression importante sur les ressources en eau et en électricité, cette perspective constitue un signal à surveiller.

Une nouvelle séquence de chaleur aurait des effets en cascade : augmentation de la demande électrique pour la climatisation, accroissement de l’évaporation des retenues d’eau, pression supplémentaire sur les réseaux d’eau potable, stress pour les cultures et aggravation potentielle du risque d’incendies.

La Méditerranée est déjà considérée comme l’une des régions du monde les plus exposées aux effets du changement climatique. Une analyse publiée par Le Monde avait notamment souligné l’ampleur des sécheresses et du stress hydrique touchant l’ensemble du bassin méditerranéen, y compris la Tunisie, tout en rappelant que la tendance de fond est liée au réchauffement climatique et pas à un seul phénomène météorologique.

2027 pourrait ainsi devenir une année à surveiller

L’alerte de l’OMM ne signifie donc pas que la Tunisie doit s’attendre mécaniquement à un scénario précis. Elle signifie plutôt que le système climatique mondial entre dans une période où plusieurs facteurs peuvent se combiner.

El Niño devrait atteindre une intensité très forte à la fin de 2026 et persister au moins jusqu’en février 2027. Parallèlement, l’OMM prévoit également une phase positive du dipôle de l’océan Indien, tandis que les eaux de l’Atlantique tropical devraient rester plus chaudes que la normale. Ces différents facteurs peuvent renforcer, réduire ou modifier les effets habituels d’El Niño selon les régions.

Pour la Tunisie, la question n’est donc pas de savoir si « El Niño provoquera une catastrophe », mais plutôt si le pays est suffisamment préparé à une éventuelle succession de phénomènes extrêmes.

Après plusieurs épisodes de stress hydrique, des températures exceptionnellement élevées et des tensions sur les réseaux d’eau et d’électricité, la nouvelle alerte internationale pose une question de plus en plus difficile à éviter : la Tunisie doit-elle désormais considérer les phénomènes climatiques extrêmes comme un risque structurel, et non plus comme des épisodes exceptionnels ?

L’alerte de l’OMM donne une raison supplémentaire de renforcer la surveillance météorologique, les prévisions saisonnières et surtout les politiques d’adaptation, notamment dans les secteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’énergie.

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Affaire Abir Moussi : son comité de défense lance un appel urgent à l’ONU

Face à la dégradation de la situation sanitaire et aux craintes d’atteintes aux droits fondamentaux d’Abir Moussi, un appel a été adressé au Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Pau Pérez-Sales, pour exiger le respect des avis onusiens, des règles internationales sur le traitement des détenus… C’est ce qu’a révélé le membre du comité de défense, Hatem Chelly, dans un post sur sa page FB

Dans ce post, il dénonce des violations persistantes du droit international et des règles minimales de traitement des détenus, et rappelle la nécessité de se conformer à l’Avis n° 61/2024 du Groupe de travail sur la détention arbitraire, qui a qualifié d’ »arbitraire la détention d’Abir Moussi » et appelé à sa libération.

Le comité de défense appelle à une réponse à la communication de la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, le respect de la Convention contre la torture (articles 1 et 16), des Règles Nelson Mandela (règles 1, 13, 42, 43 et 50) et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Parmi les griefs spécifiques figurent la présence de caméras de surveillance dans le lieu de rencontre entre l’avocat et son client, menaçant le secret des communications (article 14 du Pacte), ainsi que l’installation d’une caméra face au lit de la détenue, portant atteinte à sa vie privée et à sa dignité (règle 50 des Règles Nelson Mandela).

Par ailleurs, le comité de défense s’étonne du silence de l’Ordre national des avocats face à ces mesures. Enfin, il réaffirme que la détention doit viser la prévention de la récidive, la réhabilitation et la réinsertion, et non la vengeance, tout en garantissant le minimum de droits et la présomption d’innocence.

Concernant Abir Moussi, l’Avis 61/2024 est présenté comme le fondement juridique de sa présomption d’innocence et exige sa libération sans délai.

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Des rapporteurs de l’ONU craignent un harcèlement politique et judiciaire visant Rima Hassan

Saisis par Rima Hassan, des rapporteurs mandatés par le Conseil des droits de l’Homme questionnent les poursuites engagées contre l’eurodéputée pour « apologie du terrorisme ».   En bref Cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU s’inquiètent des poursuites visant Rima Hassan.…

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Tribune de Ferid Belhaj : « Recentrer l’ONU sur la paix grâce à l’article 99 »

À l’heure où les Nations unies s’apprêtent à élire leur nouveau Secrétaire général, une tribune de l’ancien vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord Ferid Belhaj met l’accent sur l’importance d’opérer un recentrage stratégique : confier le développement aux acteurs les mieux outillés et faire de la paix, via l’article 99 de la Charte, la priorité absolue de l’institution.

L’idée est claire : recentrer l’action du Secrétaire général sur son rôle premier de prévention et de résolution des conflits, en s’appuyant sur la prérogative exceptionnelle de l’article 99, qui lui permet d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute menace à la paix et à la sécurité internationales. 

Dans cette note de politique publique, Ferid Belhaj soutient que l’Organisation des Nations unies s’est progressivement éloignée de sa mission centrale en accumulant un nombre croissant de responsabilités. Développement durable, changement climatique, santé, migrations, gouvernance numérique, financement, égalité entre les sexes et systèmes alimentaires : autant de domaines désormais associés à l’action du Secrétaire général. Ces enjeux sont essentiels, mais l’élargissement continu de l’agenda onusien aurait créé une forme d’ « inflation des missions » , caractérisée par la multiplication des priorités, des mécanismes de coordination, des sommets et des déclarations, sans que l’organisation dispose des moyens nécessaires pour obtenir des résultats concrets.

Lire aussi : Ferid Belhaj : “La souveraineté du XXIe siècle se mesure à la capacité d’un pays à organiser ses interdépendances”

Ferid Belhaj estime que le prochain Secrétaire général devrait donc renoncer à devenir le responsable de toutes les grandes questions mondiales. Il devrait plutôt recentrer son action sur les domaines dans lesquels l’ONU possède une véritable légitimité et des compétences difficilement remplaçables : la diplomatie préventive, la médiation, la sécurité collective et la préservation de la paix internationale.

Cette proposition repose sur un retour à l’architecture multilatérale conçue après la Seconde Guerre mondiale. Les accords de Dumbarton Oaks, de Bretton Woods et de San Francisco avaient établi un système décentralisé, dans lequel chaque institution devrait disposer d’un mandat, d’instruments et d’une expertise spécifiques. Le Fonds monétaire international devait assurer la coopération monétaire et répondre aux crises de balance des paiements. La Banque mondiale devait financer la reconstruction puis le développement. Les agences spécialisées, telles que l’Organisation internationale du travail, la FAO, l’UNESCO ou l’Organisation mondiale de la santé, devaient exercer leurs propres responsabilités techniques et conserver leurs structures de gouvernance.

Dans ce dispositif, le Secrétariat de l’ONU n’était pas conçu comme le gouvernement administratif de la planète. Le poste de Secrétaire général devait être avant tout politique, à la croisée de la diplomatie, du jugement et de la légitimité internationale. La Charte des Nations unies accorde d’ailleurs une place prioritaire à la paix et à la sécurité. Le Conseil de sécurité en assume la responsabilité principale, tandis que l’article 99 donne au Secrétaire général le pouvoir d’attirer l’attention du Conseil sur toute situation susceptible de menacer la paix internationale.

Ferid Belhaj souligne que cette logique de spécialisation fonctionnelle a progressivement été affaiblie. La décolonisation, les revendications du dialogue Nord-Sud, les crises humanitaires et l’optimisme multilatéral qui a suivi la fin de la guerre froide ont conduit l’ONU à élargir son rôle. Le Secrétaire général est devenu la figure publique d’un agenda mondial de plus en plus vaste. Les réformes du système de développement des Nations unies, notamment celle de 2018, ont renforcé la coordination depuis le centre, avec des coordonnateurs résidents davantage rattachés au Secrétaire général et une planification plus intégrée des équipes présentes dans les différents pays.

Cette réforme visait à remédier à la fragmentation du système. Le Groupe des Nations unies pour le développement durable rassemble aujourd’hui 37 agences, fonds et programmes opérant à travers 130 équipes de pays dans plus de 160 pays et territoires. Cependant, cette centralisation aurait également renforcé une tendance consistant à répondre au chevauchement des mandats par la création de nouveaux mécanismes de coordination, plutôt que par une définition plus précise des responsabilités

Ferid Belhaj distingue ainsi la “dérive des missions” de l’ “inflation des missions”. La première désigne l’extension progressive d’une organisation au-delà de son mandat initial. La seconde est plus profonde : les objectifs se multiplient plus vite que les pouvoirs et les instruments nécessaires pour les atteindre. L’organisation devient alors politiquement responsable de résultats qu’elle ne peut pas réellement produire. L’écart entre les promesses et les capacités risque ainsi d’affaiblir sa crédibilité.

Les Objectifs du millénaire pour le développement et les Objectifs de développement durable illustrent cette évolution. Les huit Objectifs du millénaire avaient permis de concentrer et de rendre lisible l’agenda du développement. Leur mise en œuvre reposait toutefois sur une division claire des tâches : les gouvernements adoptaient les réformes, les banques de développement finançaient les investissements, les agences spécialisées apportaient leur expertise et les donateurs bilatéraux fournissaient des subventions.

Avec les Objectifs de développement durable, l’ambition s’est considérablement élargie : 17 objectifs, 169 cibles et plus de 200 indicateurs couvrent presque tous les aspects des politiques économiques, sociales et environnementales. Cette démarche a constitué une réussite politique, mais elle a aussi rendu la priorisation plus difficile. Aucun acteur ne possède l’autorité ou les ressources nécessaires pour diriger la mise en œuvre d’un programme aussi vaste. La coordination est donc devenue une activité administrative lourde, mobilisant des plans intégrés, des mécanismes interagences, des examens nationaux et des procédures de suivi.

Pour l’auteur, le principal problème est que le Secrétariat acquiert des responsabilités sans disposer du contrôle correspondant. Le développement dépend en réalité des décisions des États, des investissements des entreprises, du financement des infrastructures, de la stabilité macroéconomique et du fonctionnement des services publics. L’ONU peut mobiliser, réunir les acteurs et donner une légitimité politique, mais elle ne doit pas confondre cette capacité d’influence avec les instruments opérationnels qui produisent effectivement les résultats.

Le coût de cette inflation des missions est d’autant plus important que la ressource la plus rare du Secrétaire général n’est pas seulement l’argent, mais aussi l’attention. Chaque nouvelle priorité réduit le temps et le capital politique disponibles pour les crises qui exigent une intervention diplomatique urgente.

Ferid Belhaj propose donc plusieurs orientations. La première consiste à replacer la paix et la sécurité au centre de l’action du Secrétaire général, en utilisant davantage l’article 99 et en développant une doctrine d’engagement politique précoce. La deuxième serait d’appliquer un « test de subsidiarité  à chaque nouvelle initiative » : une autre institution dispose-t-elle déjà du mandat et des instruments nécessaires ? L’intervention du Secrétariat apporterait-elle une véritable valeur ajoutée politique ? Que pourrait-il cesser de faire pour préserver ses capacités ?

La Banque mondiale et les banques régionales devraient diriger les dossiers nécessitant des financements et des investissements. Le FMI devrait rester l’acteur principal en matière de stabilité macroéconomique, de dette et de coopération monétaire. Les agences spécialisées devraient exercer leur leadership technique. Tandis que les gouvernements devraient rester responsables de la mise en œuvre nationale. Le Secrétariat pourrait continuer à réunir ces acteurs lorsqu’un obstacle politique l’exige, mais il devrait cesser de vouloir devenir leur centre opérationnel.

Enfin, l’ancien vice-président de la Banque mondiale préconise la suppression régulière des mandats devenus inutiles, la limitation des obligations de rapport et l’instauration de dates d’expiration pour les groupes d’experts et les envoyés spéciaux. La retenue ne serait pas un recul, mais une forme de puissance institutionnelle. Le prochain Secrétaire général devrait être jugé moins sur le nombre d’initiatives lancées que sur les crises désamorcées, les canaux de dialogue préservés et les guerres évitées.

La thèse finale est claire : une ONU qui entreprend moins de tâches, mais qui se montre indispensable dans les domaines qu’elle seule peut véritablement assumer, pourrait contribuer à rendre le multilatéralisme à nouveau crédible.

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Tunisie | Une mise sous tutelle onusienne temporaire ?

La Tunisie étant incapable de s’administrer correctement, faudrait-il un mandat du type SDN ou de tutelle, type Onu, en assurant temporairement la gestion ?

Faïk Henablia *

Le plus grave et le plus inquiétant dans cet état de délabrement atteint par le pays est l’absence totale de perspective d’amélioration en raison du déni dont font preuve les autorités, préférant incriminer, encore et toujours on ne sait quel complot.

Un pays non géré 

Faut-il être atteint de cécité pour ne pas se rendre compte de l’incompétence au sommet de l’État ? 

Rares sont les domaines dans lesquels celle-ci ne se manifeste pas, que ce soit dans l’impuissance à protéger les frontières et à contenir l’invasion des immigrés illégaux Sub-sahariens, dans l’incapacité de fournir un système correct d’éducation et de santé publiques, dans celle de contenir une inflation galopante, dans celle de maintenir un minimum de propreté environnementale ou sur la voie publique et, maintenant, dans celle de tout simplement fournir un débit correct d’eau et d’électricité au pays.

Un déni officiel de la réalité

Face à cette situation peu reluisante, et plutôt que de prendre le problème à bras le corps, en présentant au pays un plan d’action convaincant en vue de le traiter, apparitions présidentielles nocturnes et quasi spectrales, çà et là, mises à part, le pouvoir oppose le déni de la réalité, fustigeant, encore et toujours, on ne sait quel complot, naturellement ourdi par «ceux que vous savez» en vue de déstabiliser le pays. Pour lui il n’y aurait pas pénurie d’eau minérale et les coupures d’eau et de courant seraient préméditées, (encore heureux qu’elles le soient, cela s’appelle des délestages et vise à prévenir une panne généralisée). 

Quelque regrettable que soit l’attitude de certaines élites, pas loin de partager ce point de vue, le pire n’est pas là ; il est dans l’absence totale de perspective d’amélioration que cette attitude de déni laisse entrevoir car pourquoi résoudre un problème s’il n’existe pas ?

Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir.

Comment sortir du blocage ? 

A l’issue de la première guerre mondiale, la SDN avait confié à des puissances coloniales des mandats d’administration sur des territoires «non encore capables de se diriger eux-mêmes»

Cette disposition a été reprise par les chapitres XII et XIII de la charte de l’Onu, relatifs au régime international de tutelle. Si ce type de tutelle a été suspendu, sa mission historique dans certains territoires africains et du pacifique, achevée, l’Onu n’en a pas moins, parfois, administré des territoires de façon temporaire, l’exemple le plus récent étant celui du Kosovo.

Si la Tunisie a été, jusqu’à un passé récent, fort capable de s’administrer, et parfois avec brio, force est de constater, non seulement qu’elle ne l’est plus, mais, plus grave, qu’elle n’entend pas l’être, car comment, alors, interpréter autrement cette attitude de déni systématique, ce refus de reconnaître la plongée sans fin vers les abîmes ?

Que les détenteurs du pouvoir se rassurent, une tutelle temporaire ne vaudrait que pour la gestion économique et n’affecterait nullement leur repos bien mérité au sommet de l’État, à moins que cette suggestion, bien entendu, en forme de boutade, ne serve à les réveiller afin de s’atteler sérieusement au redressement du pays. 

* Ex-gérant de portefeuille. 

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