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Berlin : semaine cruciale pour le budget et la dette allemande

Le ministre des Finances et président du Parti social-démocrate allemand (SPD), Lars Klingbeil, vient de soumettre mardi 8 septembre au Parlement fédéral le projet de budget de l’État pour 2027. Les dépenses prévues s’élèvent à 555,4 milliards d’euros. Soit une légère augmentation par rapport à l’année en cours.

Les nouveaux emprunts s’élèvent à 118,7 milliards d’euros, contre 98 milliards en 2026. Ce montant n’inclut pas les prêts du Fonds spécial pour les infrastructures et la défense. Si ces derniers sont inclus, les emprunts du gouvernement allemand pour 2027 avoisineront les 200 milliards d’euros.

Le discours du ministre des Finances au Bundestag marque le début d’une semaine de délibérations cruciales. Jusqu’à vendredi, les députés examineront en détail les dépenses de chaque ministère, telles que prévues dans le projet de budget du gouvernement fédéral. L’intervention du chancelier Friedrich Merz, mercredi, est attendue avec impatience. D’autres délibérations suivront, le budget devant être adopté en décembre.

Alertes des agences de notation

Avant même le début des débats parlementaires, les agences de notation européennes et américaines alertent Berlin sur le fait que l’explosion de la dette entraîne une hausse significative des charges d’intérêts, c’est-à-dire du coût du refinancement. « Bien que l’Allemagne continue de bénéficier de conditions de financement relativement favorables, le service de la dette est alourdi par la hausse des taux d’intérêt et l’augmentation des nouveaux emprunts », écrit Margaretha Wegner, analyste chez Fitch spécialisée sur l’Allemagne, dans l’édition dominicale du journal Die Welt.

De son côté, Julian Zimmermann, analyste au sein du cabinet européen Scope, prévient que « lorsque la part du budget consacrée au service de la dette augmente, les fonds disponibles pour d’autres priorités politiques diminuent. Cela accentue la pression pour stabiliser les finances publiques et réduire les déficits à long terme. »

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Fitch maintient la note de la Tunisie à B-

Fitch maintient le statu quo sur la note de la Tunisie. L’agence internationale a confirmé mardi 8 septembre sa note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères à “B-“, avec une perspective stable. Derrière cette décision, un constat assez contrasté. La Tunisie conserve des atouts du côté de son économie et de ses recettes extérieures, mais ses finances publiques restent sous pression.

Fitch souligne notamment la résistance de la position extérieure du pays. L’économie tunisienne bénéficie d’une certaine diversification, d’un niveau de PIB par habitant supérieur à celui de plusieurs pays de la même catégorie de notation et d’une main-d’œuvre relativement qualifiée. Les recettes extérieures apportent également un peu d’air. Au premier semestre 2026, les exportations d’huile d’olive ont progressé de 44% sur un an, tandis que les services ont continué à soutenir les entrées de devises. Cette dynamique a notamment contribué à absorber une partie des pressions liées à la facture énergétique. 

La balance courante devrait néanmoins se dégrader cette année. Fitch prévoit un déficit équivalent à 3,9% du PIB en 2026, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’énergie. L’agence table toutefois sur une réduction de ce déficit à moins de 2,5% du PIB en 2027 et 2028

La Tunisie a par ailleurs honoré en juillet une échéance extérieure importante avec le remboursement de son euro-obligation de 700 millions d’euros. Pour Fitch, cette capacité à faire face aux échéances extérieures constitue l’un des éléments qui soutiennent encore la notation du pays.

Le principal point de vigilance reste toutefois le budget de l’État. Fitch prévoit un déficit public de 6,4% du PIB en 2026. La hausse du coût des subventions aux carburants pèse notamment sur les comptes publics, tandis que les finances de l’État restent exposées à l’évolution des cours internationaux du pétrole.

La dette publique devrait atteindre 85 % du PIB cette année. C’est nettement plus que la médiane de 55% observée pour les pays classés dans la même catégorie de notation. Environ 40 % de cette dette étant libellée en devises étrangères, une baisse du dinar peut également alourdir son poids en monnaie locale.

Autre sujet suivi de près par l’agence, les besoins de financement de l’État. Fitch les estime à 13,5% du PIB à l’horizon 2028. Le recours au financement de la Banque centrale a déjà pris une place importante, avec des prêts de 7 milliards de dinars en 2024 et 2025 et un nouveau financement de 11 milliards de dinars prévu pour 2026. 

Ce mécanisme ne devrait toutefois pas se poursuivre au même rythme. Fitch anticipe son arrêt en 2027, ce qui pourrait pousser l’État à davantage solliciter le marché intérieur. Les emprunts intérieurs nets passeraient ainsi de 1,7% du PIB en 2026 à 6,5% en 2027, selon les projections de l’agence.

 

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L’Union africaine troque Fitch, Moody’s et S&P pour sa propre agence de notation, l’AfCRA

Le 7 octobre prochain à Maurice, l’Union africaine officialisera le lancement de l’African Credit Rating Agency (AfCRA), sa future agence de notation continentale. Maurice a émergé comme juridiction d’accueil au terme d’un processus de sélection encadré par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP).

L’organisation panafricaine avait elle-même désigné Port-Louis dès février comme futur siège, en invitant simultanément les autres pays intéressés à se positionner pour des antennes régionales.

Corriger un biais de perception jugé coûteux

L’ambition affichée est claire : produire des notations souveraines et d’entreprises mieux ajustées aux réalités économiques africaines, alors que plusieurs gouvernements du continent reprochent aux méthodologies de Fitch, Moody’s et S&P de gonfler artificiellement le risque africain, renchérissant du même coup le coût de la dette. Le PNUD chiffre ce surcoût : certains États africains empruntent jusqu’à quatre fois plus cher que des pays comparables ailleurs, une amélioration des méthodologies de notation pouvant faire économiser entre 50 et 100 points de base, soit jusqu’à 5 milliards de dollars par an à l’échelle du continent.

Pour asseoir sa crédibilité, AfCRA devra obtenir l’agrément de la Financial Services Commission mauricienne. Sa gouvernance reposera sur une structure détenue par des acteurs africains, mais dirigée par le secteur privé, indépendante des États, une manière d’écarter tout soupçon de complaisance.

Pour les investisseurs et entrepreneurs opérant sur le continent, l’enjeu dépasse la seule symbolique souverainiste : une notation plus fine du risque africain, si elle gagne en crédibilité auprès des marchés, pourrait progressivement faire baisser le coût du capital pour les entreprises et les États emprunteurs. Cependant, tout dépendra de la capacité de l’AfCRA à résister aux pressions politiques et à produire des évaluations réellement indépendantes, sans quoi l’exercice restera un geste diplomatique sans effet réel sur les taux d’emprunt.

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