Lese-Ansicht

Calvaire de Gaza et de Cisjordanie : une lueur d’espoir à l’horizon ?

La huitième visite de Netanyahu à Washington le 28 juillet a mis à nu la tension qui empoisonne sa relation avec le président américain. Celui-ci ne l’a pas accueilli comme les sept fois précédentes par l’entrée principale avec fanfare, caméras et journalistes. C’est la première fois de sa vie politique que Netanyahu se trouve contraint de subir l’humiliation de devoir emprunter une porte latérale pour entrer à la Maison Blanche.

Toutefois, cela n’affecte en rien l’influence que continue d’exercer l’Etat minuscule d’Israël sur la plus grande puissance du monde, concernant en particulier la question palestinienne.

Au fil des ans, les gouvernements successifs israéliens ont forcé les présidents successifs américains de soutenir sans discuter toutes les politiques criminelles menées contre le peuple palestinien, de la colonisation rampante – qui continue depuis des décennies – au génocide de Gaza – qui continue lui aussi du 8 octobre 2023 jusqu’à ce jour.

Juste deux jours après avoir reçu Netanyahu, Trump a publié le 30 juillet sur son réseau Truth Social qu’« un accord a été conclu, prévoyant le désarmement complet du Hamas et un retrait israélien de la bande de Gaza ».

Il n’est pas exagéré de dire que personne, y compris dans le cercle de ses collaborateurs, n’accorde plus la moindre importance à ce qu’écrit le président américain qui, en une seule journée, a réussi à publier jusqu’à 60 textes sur son réseau !

Alors que Trump annonce un énième accord sur Gaza, la tragédie se poursuit dans l’enclave palestinienne. Les soldats, les avions et les drones israéliens continuent de tuer les Palestiniens à leur guise, en violation du cessez-le-feu conclu en octobre 2025.

Le plus terrifiant est que l’acharnement d’Israël, la complaisance des médias occidentaux avec le régime génocidaire et la lâcheté des élites gouvernantes ont concouru à banaliser les horreurs que subissent les survivants de Gaza depuis près de trois ans.

Les survivants sont actuellement entassés dans un campement de tentes le long d’une étroite bande de terre bordant la Méditerranée. Le reste du territoire est toujours convoité par Jared Kushner, le gendre avide de Trump, et ses amis investisseurs pour en faire leur « Riviera »…

 

Lire aussi: Gaza, « Riviera du Moyen-Orient » : Tony Blair au four et au moulin

 

Mais le drame des Palestiniens ne se limite pas à Gaza. La Cisjordanie occupée est devenue elle aussi une zone de massacres. Les colons israéliens fanatisés, soutenus par l’armée, ont intensifié leurs attaques contre les habitations, les récoltes et les élevages des Palestiniens.

Les meurtres et les passages à tabac ont atteint un tel niveau qu’António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, après un long silence, a finalement exprimé son « inquiétude » et rappelé au monde que « les colonies israéliennes en Cisjordanie constituent une violation flagrante du droit international ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a publié, il y a quelques jours, des chiffres qui reflètent la réalité horrifiante qui sévit en Cisjordanie : « Les violations commises par les colons ont atteint un niveau record, avec 460 incidents violents par mois. Plus de 2 200 Palestiniens ont été contraints de quitter leurs foyers ces derniers mois, victimes d’intimidation et de violence continues ».

Il va sans dire que les horreurs commises par Israël de 1967 à ce jour contre le peuple palestinien n’auraient jamais eu lieu sans la complicité et les soutiens multiformes des administrations américaines successives, de celle de Lyndon Johnson jusqu’à celle de Donald Trump.

La question que beaucoup d’observateurs se posent est : jusqu’à quand ça va continuer ? Jusqu’à quand Israël va-t-il continuer de bénéficier du soutien aveugle de Washington et de la complicité de Londres, Berlin, Rome et Paris ?

D’aucuns voient une lueur d’espoir dans le changement notable qui se produit dans l’opinion publique américaine, surtout parmi la jeunesse, dégoutée et horrifiée par le génocide perpétré à Gaza.

Dans un article publié il y a quelques jours sur son site, Seymour Hersch écrit : « Au fil des décennies, la question des colonies illégales et des massacres des Palestiniens n’a jamais constitué un enjeu bipartisan pour les présidents américains ni pour la plupart des membres du Congrès. Mais les élections de cet automne pourraient bien amener à la Chambre des représentants une nouvelle génération de démocrates, susceptibles d’exiger que les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie soient traités avec humanité ».

Un petit changement qui, s’il se réalisait, serait sans doute suivi par d’autres plus radicaux. Des changements qui ne manqueraient pas de traverser l’Atlantique et de gagner l’Europe. Car, comme le souligne l’unique vérité que Trump a dite depuis son entrée à la Maison Blanche : « le monde entier déteste Israël ».

L’article Calvaire de Gaza et de Cisjordanie : une lueur d’espoir à l’horizon ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Trump-Netanyahu : toutes les options contre l’Iran, y compris la force

Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont discuté, lors de leur rencontre, de toutes les options possibles pour freiner le programme nucléaire iranien, notamment la diplomatie, les pressions économiques et l’action militaire, révèle un haut responsable israélien.

Netanyahu n’a pas dit à Trump qu’Israël était favorable à une attaque contre l’Iran, a déclaré le responsable lors d’un point de presse après la rencontre des deux dirigeants à la Maison Blanche mardi.

« En fin de compte, c’est sa décision », a déclaré le responsable, en parlant de Trump. Ce dernier dispose de trois options, « qui ont toutes été longuement discutées », a-t-il ajouté : « Un accord, le maintien du blocus et des pressions économiques, ou une frappe militaire massive », a-t-il précisé, relate Reuters

Israël n’a pas participé ce mois-ci à la nouvelle campagne de bombardements américains de deux semaines qui a incité Téhéran à riposter par des attaques contre des bases américaines, mais a averti l’Iran qu’il réagirait avec force en cas d’attaque.

L’armée américaine affirme avoir mené une « vague massive » de frappes contre l’Iran ce jeudi matin en représailles aux tentatives d’attaques de missiles balistiques contre les forces américaines mardi. Le Centcom assure avoir frappé des « dizaines » de cibles du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en réponse aux tirs iraniens sur des bases américaines en Jordanie et sur des navires dans le détroit d’Ormuz.

Les médias d’État iraniens affirment pour leur part que les dernières frappes avaient tué trois personnes, dont un enfant de deux ans, sur l’île de Qeshm. Tandis que d’autres localités du sud et de l’ouest du pays ont également été touchées.

Ces dernières hostilités surviennent au cours d’une semaine marquée par l’extension du conflit, avec les premières frappes conjointes américano-saoudiennes annoncées publiquement et ciblant des groupes armés supplétifs iraniens en Irak.

L’article Trump-Netanyahu : toutes les options contre l’Iran, y compris la force est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Etats-Unis – Israël | Vance fustige le gouvernement Netanyahu

Le 18 juin 2026 restera comme une date charnière dans l’histoire de l’alliance américano-israélienne. Ce jour-là, le vice-président américain J. D. Vance a lancé depuis la Maison-Blanche un avertissement d’une violence inédite aux dirigeants israéliens, les sommant de cesser leurs critiques contre l’accord signé entre Washington et Téhéran. En déclarant que Donald Trump était «le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël», Vance a posé un ultimatum clair : le soutien américain n’est plus inconditionnel, et ceux qui s’opposent à la stratégie trumpienne en payeront le prix.

Habib Glenza

Le vice-président américain ne mâche pas ses mots. Il vise directement les membres du gouvernement israélien qui ont osé critiquer l’accord-cadre signé la veille entre les États-Unis et l’Iran. Sa déclaration eut l’effet d’une onde de choc à travers tout le Proche-Orient : «Donald Trump est le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël en ce moment précis. Et il se trouve qu’il est le chef d’État de la superpuissance mondiale.»

La phrase est lâchée, nette, sans filet. Vance poursuit, le regard dur : «Si je faisais partie du cabinet du gouvernement israélien, je ne m’attaquerais pas au seul allié puissant qu’il vous reste dans ce monde.»  

Une charge violente et un ton direct inhabituellement dur pour un vice-président américain vis-à-vis d’Israël. En quelques secondes, les dépêches s’envolent. En Israël, les Unes des journaux du lendemain matin sont unanimes : l’Amérique de Trump a changé de logiciel. Le message de Vance a fait la une des journaux hébreux. 

Rappel brutal de la dépendance : les deux tiers de vos armes sont américaines

Vance ne s’arrête pas à une simple mise en garde diplomatique. Il sort l’artillerie lourde, chiffres à l’appui : «Lors des trois derniers mois, les deux tiers des armes défensives ayant protégé votre pays ont été fabriqués par des mains américaines et financés par l’argent des contribuables américains.»

La phrase est un coup de semonce. Elle ne dit pas explicitement que l’aide sera coupée, mais elle en dessine la menace.

Pour les dirigeants israéliens, le message est limpide : sans les États-Unis, la capacité de défense d’Israël s’effondre. Vance rappelle que cette dépendance n’est pas un simple détail technique, mais le principal levier de Washington. En choisissant de parler d’argent et d’armes plutôt que de valeurs partagées, le vice-président ancre le débat dans une logique transactionnelle, celle-là même qui caractérise la doctrine Trump depuis 2017.

L’avertissement de Vance n’est pas un coup de sang isolé. Il s’inscrit dans une continuité. Trump lui-même n’a jamais caché son mépris pour certains dirigeants israéliens. Selon des révélations d’Axios, il avait traité Benjamin Netanyahu de «effing crazy» en privé, avant d’ajouter : «Israël aurait été rayé de la carte depuis longtemps si je ne m’y étais mêlé.» Plus récemment, il a reproché à Israël ses frappes au Liban, estimant qu’elles nuisent à ses efforts de paix. La doctrine est claire : Trump considère qu’il a sauvé Israël, et que ce dernier lui doit obéissance en retour. Vance ne fait que traduire cette vision en langage diplomatique officiel.

Pour comprendre la violence de la sortie de Vance, il faut remonter à la veille. Le 17 juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’entente en 14 points, fruit de mois de négociations discrètes. Cet accord, qui prévoit une cessation immédiate des hostilités sur tous les fronts, dont le Liban, a provoqué la fureur des ministres israéliens d’extrême droite. Vance, qui s’est personnellement investi dans ce dossier, ne pouvait pas laisser ces critiques sans réponse.

L’accord-cadre prévoit la fin immédiate des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que la dilution du stock d’uranium hautement enrichi de Téhéran. Une période de 60 jours est ouverte pour parvenir à un accord définitif visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Mais le texte ne mentionne pas le programme de missiles balistiques iraniens, ni l’influence de Téhéran dans la région via ses proxys. Pour les ministres israéliens, c’est une trahison. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité intérieure, et Bezalel Smotrich, ministre des Finances, ont immédiatement dénoncé un accord qui laisse l’Iran libre de poursuivre son développement militaire conventionnel. Leur colère est d’autant plus vive que l’accord prévoit que l’Iran pourrait développer un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars financé par les investissements des États du Golfe, une manne qui pourrait renforcer son influence régionale.

Friction sur le dossier des missiles iraniens et sur l’occupation du Liban 

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone tampon étendue au Sud-Liban, malgré l’accord signé entre Washington et Téhéran. Cette décision, officialisée dans une nouvelle version de la «zone tampon», est un défi direct à l’accord. Vance a répondu sans ambages : «Les attaques contre les civils à Beyrouth sont inacceptables.» Le message est clair : l’administration Trump ne tolérera pas qu’Israël sabote l’accord en poursuivant ses opérations militaires au Liban. C’est le deuxième point de friction concret, après le programme de missiles. 

Vance n’est pas un simple exécutant dans cette affaire. Le sénateur Lindsey Graham l’avait qualifié d’«architecte de l’accord» avec l’Iran. Son implication personnelle est totale. Si l’accord-cadre échoue, c’est lui qui en portera la responsabilité politique. Les critiques israéliennes ne sont donc pas seulement une offense diplomatique, elles menacent directement sa crédibilité et son avenir politique. D’où la violence de sa réaction. Vance n’a pas attaqué Israël dans son ensemble. Il a soigneusement choisi ses cibles : les deux ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahu. En les prenant pour cible, il cherche à isoler la frange la plus dure du cabinet israélien et à diviser l’opinion publique. Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sont les deux figures de proue de l’extrême droite israélienne. Le premier est connu pour ses positions ultranationalistes et son passé de colon radical. Le second dirige le parti Sionisme religieux et milite pour l’annexion de la Cisjordanie. Tous deux ont critiqué avec virulence l’accord avec l’Iran, accusant Trump de trahir Israël. Vance les a spécifiquement pris pour cible dans une interview au New York Times, les qualifiant implicitement d’irresponsables. En s’en prenant à eux, le vice-président américain cherche à les discréditer aux yeux de l’opinion israélienne et internationale.

La phrase la plus cinglante de Vance est sans doute celle-ci : «Vous êtes un pays de 9 millions d’habitants. Vous ne pouvez pas simplement régler chacun de vos problèmes de sécurité nationale à coups de morts.» En rappelant à Israël sa vulnérabilité démographique face à ses voisins, et sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis, Vance ne dit pas seulement qu’Israël a besoin des États-Unis ; il dit qu’Israël est trop petit et trop faible pour agir seul. Cette phrase, reprise en boucle par les médias israéliens, a provoqué une onde de choc dans la classe politique.

Netanyahu otage de son gouvernement et de la doctrine America First 

Face à cette tempête, Netanyahu a choisi la prudence. Dans une réponse soigneusement calibrée, il a appelé à préserver la «relation vitale» avec les États-Unis. «Le combat n’est pas terminé, et d’autres défis nous attendent. Ils exigent du discernement, une défense résolue des intérêts sécuritaires d’Israël et, dans le même temps, la préservation de notre relation vitale avec les États-Unis», a-t-il déclaré. Cette position contraste avec la virulence de ses ministres d’extrême droite.

Netanyahu est pris en tenaille : s’il soutient ses ministres, il s’aliène Washington ; s’il les désavoue, il fait voler en éclats sa coalition. Vance et Trump jouent précisément sur cette fracture interne pour imposer leur agenda. En isolant Ben Gvir et Smotrich, ils poussent Netanyahu à choisir son camp.

Le soutien à Israël n’apparaît plus inconditionnel sous l’ère Trump. C’est un changement majeur. Pendant des décennies, le soutien américain à Israël était un dogme bipartisan. Avec Trump, il devient conditionnel, transactionnel. La logique est simple : les contribuables américains paient environ 3,8 milliards de dollars par an à Israël via un protocole d’entente qui court jusqu’en 2028. Si Israël ne suit pas la ligne de Washington, pourquoi continuer à payer ? C’est le cœur de la doctrine «America First» appliquée à la diplomatie. Vance ne fait que mettre des mots sur cette réalité : l’amitié américaine a un prix, et ce prix est l’obéissance.

La menace de Vance n’est pas un simple exercice rhétorique. Elle repose sur des chiffres concrets et une réalité stratégique implacable.

Le prix de la bienveillance, c’est la soumission  

Selon le Council on Foreign Relations, les États-Unis ont fourni au moins 16,3 milliards de dollars d’aide militaire directe à Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023. Depuis 1948, le montant total dépasse les 300 milliards de dollars, ajusté de l’inflation. Ces chiffres sont l’argument principal des opposants à l’aide inconditionnelle au Congrès. Chaque année, le débat sur le budget de l’aide étrangère est l’occasion de remettre en question cette manne. En rappelant ces chiffres, Vance donne des armes à ceux qui veulent conditionner l’aide à Israël. La menace est d’autant plus crédible que Trump a déjà montré par le passé qu’il n’hésitait pas à utiliser l’arme budgétaire.

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone tampon étendue au Sud-Liban, malgré l’accord signé entre Washington et Téhéran. Vance a répondu que «les attaques contre les civils à Beyrouth sont inacceptables». C’est le test ultime : si Netanyahu continue l’occupation du Sud-Liban, il défie directement l’accord signé par Trump. La conséquence pourrait être un gel de l’aide militaire américaine. 

La phrase de Vance, «Trump est le seul bienveillant envers Israël», est un chantage affectif et politique. Si Israël ne se plie pas à la «bienveillance» de Trump, il se retrouve seul face à l’Iran et ses alliés. La menace est explicite : sans nous, vous êtes vulnérables. C’est un piège redoutable. En se présentant comme le seul ami d’Israël, Trump assure que toute critique israélienne sera perçue comme une ingratitude, et que toute velléité d’indépendance sera punie. Le «prix de la bienveillance», c’est la soumission.

L’article Etats-Unis – Israël | Vance fustige le gouvernement Netanyahu est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌