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GNV-Tunisie : le cap est maintenu, la nouvelle liaison maritime Civitavecchia-Tunis prend forme

La compagnie maritime GNV réaffirme sa détermination à concrétiser l’ouverture d’une nouvelle liaison entre Civitavecchia et Tunis, un projet pensé pour répondre à l’essor de la demande, aussi bien du côté des voyageurs que des opérateurs du transport de marchandises, et pour dynamiser davantage les échanges italo-tunisiens.

Depuis janvier, GNV mène un dialogue soutenu avec les autorités des deux pays en vue d’obtenir le feu vert nécessaire au lancement de cette ligne. Ce travail conjoint a déjà porté ses fruits, avec des progrès notables et un accord de principe déjà acquis sur le projet.

L’autorisation générale d’exploitation reste néanmoins, à ce stade, en cours de finalisation. Comme le souhaitaient les autorités tunisiennes, GNV a tenu informés les passagers concernés par les traversées encore soumises à validation.

Bonne nouvelle cependant : la traversée Civitavecchia-Tunis du jour a bien été autorisée par les autorités tunisiennes. L’enregistrement et l’embarquement se déroulent sans encombre, en lien étroit avec les services compétents.

Les échanges entre administrations italienne et tunisienne continuent activement, avec l’objectif d’aboutir prochainement à un accord définitif qui permettra une exploitation régulière de cette nouvelle ligne.

GNV tient à remercier chaleureusement ses passagers pour leur patience et leur confiance, et réaffirme son engagement à renforcer les ponts économiques, humains et touristiques entre les deux rives de la Méditerranée. La compagnie reste pleinement engagée aux côtés des autorités des deux pays pour que cette liaison voie le jour dans les meilleurs délais.

Avec communiqué

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Mobilisation à Tunis sur fond de coupures d’électricité et d’eau

Ce samedi 25 juillet 2026, plusieurs organisations de la société civile ont appelé à manifester dans l’après midi à Tunis pour dénoncer la dégradation des services publics, eau, électricité, médicaments , et réclamer une amnistie politique et économique ainsi qu’un dialogue national pour sortir le pays de la crise.

Mahmoud Baroudi, acteur de la société civile, a souligné qu’il est  » indispensable » d’instaurer une amnistie économique pour permettre à la Tunisie d’avancer. Il a indiqué que stigmatiser les hommes d’affaires et multiplier les barrières à l’entrée freinent l’investissement, en particulier celui des jeunes entrepreneurs.

Il a ajouté qu’une amnistie politique pour les détenus d’opinion est également nécessaire et que tous doivent  » réfléchir ensemble et travailler main dans la main » pour résoudre les problèmes économiques du pays.

“ En 2026, il est inacceptable que les Tunisiens subissent des coupures d’eau, d’électricité et des ruptures de médicaments “ a-t-il dit. Selon lui, le bilan depuis 2010-2011, dignité, liberté, emploi est décevant : la dignité, qu’il associe au pouvoir d’achat et à une vie quotidienne décente, n’est plus assurée, la liberté recule, et le chômage reste très élevé. “ Nous espérons que le 25 juillet marque un nouveau départ pour les Tunisiens”, a-t-il conclu, réclamant une “ amnistie économique » et  un dialogue inclusif pour  » construire la Tunisie de demain”.

De son côté, Houssem Hammi, coordinateur général du collectif Citoyens Soumoud, a indiqué que la manifestation visait à porter la voix des citoyens confrontés à une  » situation critique » touchant leur confort de vie : coupures d’électricité, pénuries d’eau et manque de médicaments en pharmacie, le tout sur fond de dégradation économique. Il a souligné que l’exécutif  du mal à proposer des solutions viables gpour appréhender la complexité de la crise.

Houssem Hammi a dénoncé la pratique consistant à rejeter la faute sur des opposants, des journalistes, des syndicats ou l’administration.  » Cette stratégie ne convainc plus », a-t-il affirmé. Il a ajouté que la mobilisation a réussi parce que de plus en plus de citoyens comprennent que la situation deviendra irréversible si rien ne change. « Nous voulons un changement démocratique, mais ce pouvoir doit reconnaître qu’il n’est pas en train de sauver le pays » a-t-il dit. Il a enfin noté la participation croissante des jeunes, résultat d’un travail de pédagogie et de mobilisation progressive.

Saoussen Laribi a indiqué que la dégradation est « sans précédent » en matière d’accès à l’eau et à l’électricité. Elle a souligné la rupture d’approvisionnement en médicaments vitaux, notamment pour les personnes atteintes de cancer, et a affirmé que la situation empêche aujourd’hui les citoyens de vivre dignement ou d’exercer normalement leur citoyenneté.  » Il est inhumain, au XXIe siècle, de vivre dans de telles conditions en villes comme en campagnes », a-t-elle conclu, rappelant que la mobilisation est générale parce que tous sont concernés par ces manquements.

Les manifestants demandent des réponses rapides et concrètes ; sans amnistie  économique ni concertation nationale effective, le mécontentement pourrait perdurer.

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L’unité aérienne militaire tunisienne décorée par l’ONU

La Tunisie est à l’honneur en République centrafricaine, où son unité militaire de transport aérien a été classée meilleure unité en termes de performance et d’efficacité par la MINUSCA.

À ce titre, les équipages de conduite, les techniciens ainsi que les équipes de soutien et de logistique ont reçu la médaille des Nations unies lors d’une cérémonie officielle organisée à Bangui, comme l’a annoncé le ministère de la Défense nationale dans un communiqué officiel.

Cette distinction récompense le dévouement exceptionnel, la discipline et le professionnalisme remarquable dont fait preuve le contingent tunisien dans le cadre de sa mission de stabilisation. Le commandant adjoint de la Force de l’ONU a tenu à saluer la contribution déterminante de cette mission pour sauver des vies et renforcer la confiance entre l’organisation internationale et les autorités centrafricaines, qualifiant l’unité tunisienne de pilier logistique majeur sur le terrain.

Le bilan opérationnel des six derniers mois témoigne de cette rigueur constante. L’unité a en effet accumulé près de 1 900 heures de vol, permettant le transport de plus de 6 800 passagers et l’acheminement de plus de 4 300 tonnes d’équipements et de ravitaillement, tout en menant à bien 10 opérations complexes d’évacuation sanitaire aérienne.

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Fête de la République : la Tunisie célèbre son 69e anniversaire

La Tunisie célèbre, ce samedi 25 juillet, le 69e anniversaire de la proclamation de la République, un événement historique qui a mis fin à la monarchie husseinite le 25 juillet 1957 et consacré la naissance de l’État républicain, sous la présidence de Habib Bourguiba.

Au-delà du changement de régime, cette proclamation a ouvert la voie à de profondes réformes institutionnelles, administratives, judiciaires et éducatives, ainsi qu’à l’adoption du Code du statut personnel, jetant les bases de l’État moderne.

En près de sept décennies, la Tunisie a connu plusieurs évolutions constitutionnelles, avec les Constitutions de 1959, 2014 et 2022.

Malgré les débats ayant suivi la révolution de 2011 sur le système politique, le choix républicain n’a jamais été remis en cause. Pour les historiens, la République demeure le socle de l’État tunisien, tandis que les enjeux actuels portent davantage sur le renforcement de ses institutions et leur capacité à répondre aux attentes des citoyens.

Cette commémoration intervient, également, au moment du lancement du Plan de développement 2026-2030, le premier élaboré dans le cadre de la Constitution de 2022. Axé sur une approche ascendante, il vise à promouvoir un développement régional équilibré, le renforcement des souverainetés, alimentaire, hydrique et énergétique, le soutien à l’emploi, la modernisation de l’administration et l’amélioration de la gouvernance.

Soixante-neuf ans après sa proclamation, la République tunisienne reste le cadre politique de référence. Le défi est désormais de consolider l’efficacité des institutions, d’accélérer le développement économique et social et de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.

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Fête de la République: se souvenir pour avancer

La célébration du 69e anniversaire de la proclamation de la République tunisienne, commémorée chaque 25 juillet depuis 1957, invite à un regard approfondi sur la portée et les conséquences de cet événement fondateur. Plus qu’un simple rappel de la fin de la monarchie, cette date marque l’avènement d’un État moderne et souverain et symbolise un tournant décisif dans l’histoire nationale, avec des transformations durables sur les plans économique, social et médiatique. Elle incarne à la fois la mémoire des sacrifices pour l’indépendance et la construction progressive d’une identité nationale évolutive.

Sur le plan économique, la Tunisie héritait en 1957 d’une économie peu développée : agriculture peu productive, industrie embryonnaire, infrastructures limitées et marché intérieur restreint. Une priorité fut donc de libérer l’économie du contrôle colonial, notamment par la nationalisation progressive de secteurs stratégiques (électricité, gaz, transports, banques), afin de jeter les bases d’un État autonome. Dans les décennies suivantes, surtout les années 1960 et 1970, des plans de développement ont cherché à industrialiser le pays, moderniser l’agriculture (phosphates, huile d’olive) et développer le tourisme. Ces politiques ont porté leurs fruits : le revenu moyen par habitant a presque quadruplé entre 1960 et la fin des années 1970, signe d’un réel progrès économique.

Les années 1980 ont amorcé une ouverture économique, renforcée ensuite par l’accord de libre-échange avec l’Union européenne en 1995. Cette ouverture a permis une diversification (industrie, agriculture, tourisme), mais n’a pas résolu tous les problèmes : chômage élevé, disparités régionales et tensions sociales, notamment parmi les jeunes diplômés. En 2026, la croissance enregistré une croissance au taux de 2,6% sur un an au cours du premier trimestre, selon les données de l’Institut national de la Statistique ( INS) et le Parlement a adopté un nouveau plan de développement 2026–2030 visant à consolider les acquis tout en répondant aux besoins sociaux. 

La fête de la République renvoie aussi à un engagement pour le progrès social. Après 1957, l’État a investi massivement dans l’éducation, la santé et les infrastructures pour réduire les inégalités régionales et améliorer les conditions de vie. L’adoption du Code du statut personnel sous Habib Bourguiba, portée notamment par Ahmed Mestiri, a profondément transformé la condition des femmes, faisant de la Tunisie un pays pionnier dans la région en matière de droits féminins. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a, quant à elle, joué un rôle central dans la défense des droits des travailleurs et dans l’orientation de certaines politiques économiques. Malgré ces avancées, les inégalités sociales et territoriales se sont creusées, avec une concentration des investissements sur les régions côtières, provoquant des migrations internes et alimentant des tensions. La lutte contre la pauvreté, le chômage et les inégalités demeure un défi majeur.

Au-delà du rappel des combats pour l’unité et la liberté, cette commémoration contribue à forger une identité nationale autour des valeurs de progrès, de justice sociale et de dignité. Elle honore la mémoire des martyrs tout en exprimant l’espoir d’un dépassement des divisions et d’un avenir riche de progrès intellectuel, social et culturel.

En définitive, la fête de la République est l’occasion de se souvenir des défis persistants et de rappeler l’aspiration d’un peuple à plus d’égalité et de justice sociale, tout en réaffirmant l’importance de préserver et de transmettre les acquis démocratiques aux générations futures.

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Tunisie-France : l’ambassadrice de France convoquée après une interview d’un individu recherché

La Tunisie a convoqué vendredi l’ambassadrice de France à Tunis pour lui adresser une « vive protestation » après la diffusion, sur une chaîne publique française, d’un entretien avec un individu recherché par la justice, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Selon un communiqué, le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, agissant sur instruction du président Kaïs Saïed, a dénoncé une émission qui « porte atteinte à la souveraineté de l’État, vise sa sécurité nationale et ses institutions », tout en constituant un « appel explicite à la sédition et aux affrontements internes ».

Le responsable a exprimé la « vive indignation » des autorités tunlsiennes face à la répétition de ce type de contenus sur des médias publics français, accusés de diffuser des « propos incitatifs » et des « allégations mensongères » contre l’État tunisien.

Il a estimé que ces faits dépassaient le cadre de la liberté d’expression et de la déontologie journalistique, y voyant une « incitation à une intervention inacceptable dans les affaires intérieures » d’un État souverain ainsi qu’une tentative de porter atteinte à ses institutions et à sa sécurité nationale.

Le secrétaire d’État a également souligné que le caractère public du média concerné engageait, selon lui, la « responsabilité morale » de l’État français.

Il a ajouté que les autorités françaises ne pouvaient se retrancher derrière l’indépendance éditoriale ou la liberté de la presse et les a appelées à prendre, conformément à leur législation, les mesures nécessaires pour empêcher la répétition de tels agissements.

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Pêche artisanale : un nouveau cap vers la décarbonation en Tunisie

Le WWF Afrique du Nord et l’ambassade du Royaume-Uni inaugurent à Ajim (Djerba) une station de recharge solaire et remettent des moteurs électriques à des pêcheurs artisans, marquant une nouvelle étape vers une pêche plus durable et décarbonée en Tunisie.

Dans une nouvelle étape illustrant la solidité du partenariat entre la Tunisie et le Royaume-Uni en faveur de l’action climatique et du développement durable, indique un communiqué de presse, WWF Afrique du Nord, en collaboration avec l’ambassade du Royaume-Uni en Tunisie, a organisé, le 24 juillet 2026 au port de pêche d’Ajim, une cérémonie officielle sur l’île de Djerba, afin d’inaugurer une station photovoltaïque de recharge de batteries électriques et de remettre plusieurs moteurs marins électriques à un groupe de pêcheurs artisans participant au projet.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Décarbonation de la pêche artisanale en Tunisie : promouvoir les énergies propres pour des communautés côtières durables », mis en œuvre par WWF Afrique du Nord avec le soutien financier du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du Royaume-Uni. Ce projet vise à accompagner la transition énergétique du secteur de la pêche artisanale en Tunisie, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer la résilience des communautés côtières face aux défis environnementaux et économiques.

Le projet est mis en œuvre en étroite collaboration technique avec le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et la Société Tunisienne d’Équipements de Pêche (STEP), qui a assuré la fourniture et l’installation des moteurs électriques ainsi que l’appui technique tout au long du projet.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de la République tunisienne, ainsi que de représentants des ministères de l’Agriculture, des Affaires étrangères, des autorités régionales et locales, des institutions nationales, des partenaires techniques ainsi que des pêcheurs bénéficiaires du projet.

Cette cérémonie marque l’aboutissement de la première navigation pilote d’un bateau de pêche artisanale propulsé exclusivement par un système électrique alimenté à l’énergie solaire, réalisée le 29 juin 2026 à Ajim. Cette démonstration pionnière constitue une première à l’échelle nationale et l’une des premières expériences de ce type en Méditerranée. Elle a démontré avec succès la faisabilité technique et opérationnelle de cette solution innovante grâce à une collaboration étroite entre les institutions nationales et les partenaires du projet, notamment grâce à la contribution technique de la Société tunisienne d’équipements de pêche (STEP). Elle ouvre également des perspectives prometteuses pour accompagner la transition du secteur de la pêche artisanale dans le cadre d’une économie bleue durable et sobre en carbone.

L’inauguration de la station de recharge solaire et la remise des moteurs marins électriques marquent une étape déterminante, faisant passer le projet de la phase pilote et d’expérimentation à l’utilisation opérationnelle effective de technologies propres par les pêcheurs artisans. Cette avancée illustre des progrès concrets vers la décarbonation du secteur de la pêche tout en démontrant que des solutions pratiques peuvent répondre simultanément aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

Le projet poursuit notamment les objectifs suivants :

  • Réduire la dépendance aux combustibles fossiles conventionnels et diminuer les émissions de carbone.
  • Réduire les coûts d’exploitation supportés par les pêcheurs artisans.
  • Limiter la pollution marine ainsi que les nuisances sonores sous-marines générées par les moteurs conventionnels.
  • Renforcer la sécurité énergétique des communautés côtières.
  • Accroître la résilience du secteur de la pêche face aux effets du changement climatique.
  • Proposer un modèle reproductible pouvant être déployé dans d’autres zones côtières tunisiennes ainsi que dans l’ensemble de la région méditerranéenne.

Le programme de l’événement mettra en lumière les principaux résultats obtenus ainsi que les enseignements tirés de la phase pilote. Il donnera également la parole aux pêcheurs participants, qui partageront leur expérience de l’utilisation quotidienne des moteurs électriques dans leurs activités de pêche. La cérémonie comprendra la remise officielle des équipements, l’inauguration de la station photovoltaïque de recharge et se conclura par une démonstration en mer à bord d’un bateau de pêche équipé d’un moteur électrique, permettant aux invités et aux représentants des médias de constater directement le potentiel de cette technologie innovante.

A cette occasion, Jamel Jrijer, directeur régional de WWF Afrique du Nord, a déclaré : « Il s’agit d’une étape importante pour la communauté des pêcheurs artisans ainsi que pour les écosystèmes marins en Tunisie et en Méditerranée. La technologie existe aujourd’hui et nous la mettons désormais au service de la nature et des populations. »

Pour sa part, l’ambassadeur du Royaume-Uni en Tunisie, Roddy Drummond, a souligné : « Ce projet incarne les principales priorités du Royaume-Uni. A savoir lutter contre le changement climatique, soutenir une croissance économique durable et promouvoir l’innovation qui apporte de bénéfices concrets aux communautés locales. En aidant les pêcheurs à réduire leurs coûts tout en protégeant l’environnement marin, nous démontrons que l’action climatique et la prospérité peuvent aller de pair. »

Ce projet reflète l’engagement constant du Royaume-Uni à accompagner la Tunisie dans la réalisation de ses priorités nationales en matière de transition énergétique, de lutte contre le changement climatique et de développement durable, à travers des partenariats fondés sur le partage des connaissances, l’innovation et la mise en œuvre de solutions concrètes générant un impact tangible au niveau local.

WWF Afrique du Nord, aux côtés de ses partenaires nationaux et de ses soutiens internationaux, demeure pleinement engagé dans le développement de solutions durables contribuant à la protection des écosystèmes marins, à l’amélioration des moyens de subsistance des pêcheurs artisans et à l’accompagnement de la transition vers un secteur de la pêche plus résilient, plus performant et à faibles émissions de carbone.

D’après communiqué

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Coupures d’électricité : l’organisation des entrepreneurs saisira la justice

-Le bureau exécutif de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) a publié, jeudi,  un communiqué cinglant, dénonçant les coupures répétées et non programmées d’électricité qui ont infligé de lourdes pertes matérielles à des centaines d’entreprises.

Pour l’organisation, ces incidents ne sont pas de simples « accidents techniques » : ils menacent la continuité de l’activité économique et pèsent directement sur l’investissement, la production et l’emploi.

Dans son communiqué, l’ONE a dressé un bilan sévère, pointant des lacunes structurelles dans la gestion du système énergétique national, l’absence de planification stratégique, une vision à court terme outre l’incapacité à garantir un approvisionnement continu en électricité, service public indispensable à toute économie.

Face à ces coupures à répétition, l’ONE promet une réplique juridique. Pour ce faire, elle a constitué une cellule d’avocats et d’experts en droit pour accompagner les entreprises sinistrées dans la constitution des dossiers, la collecte des justificatifs et l’engagement des procédures légales.

Bien plus, l’ONE étudie les recours et n’exclut aucune action devant les instances judiciaires et administratives compétentes.

Selon l’organisation, la STEG est directement mise en cause. Elle lui impute la responsabilité pleine et entière des dommages et appelle toutes les entreprises lésées à lui transmettre factures, rapports techniques et tout document attestant l’étendue des pertes subies.

Sur le plan opérationnel, l’organisation adresse aux autorités publiques une liste de mesures urgentes parmi lesquelles figurent la priorité d’alimentation aux zones industrielles et unités de production, la création d’une cellule de crise nationale multipartite, l’ouverture d’un mécanisme transparent de déclaration et d’évaluation des dommages, et la mise en place de dispositifs d’indemnisation pour les entreprises dont les pertes sont établies.

Fondée début 2020, l’ONE fédère petites et moyennes entreprises, entrepreneurs, artisans, professions libérales et structures professionnelles de tous les secteurs, agriculture, industrie, commerce, artisanat et services.

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Fathi Msalmi : « Le délestage a évité un black-out, les Tunisiens peuvent être indemnisés en cas de dégâts »

Les coupures tournantes d’électricité ont replacé au cœur du débat la question de la sécurité énergétique en Tunisie. Pour Fathi Msalmi, secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, la réponse ne peut plus se limiter à gérer les tensions liées aux pics de consommation estivaux. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, il plaide pour une refonte globale de la stratégie énergétique nationale.

Le délestage, un mécanisme de protection du réseau

Pour Fathi Msalmi, les coupures programmées ne constituent pas une solution de confort, mais un outil technique destiné à préserver l’équilibre du système électrique national.

Selon lui, la vague de chaleur et la hausse exceptionnelle de la demande n’ont fait qu’accélérer une crise qui s’était installée depuis plusieurs années. Aux heures de pointe, les besoins en électricité ont atteint près de 5 800 MW, alors que la capacité de production nationale ne dépassait pas environ 4 200 MW. Un déséquilibre qui a contraint la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à recourir aux délestages afin d’éviter une rupture généralisée du réseau.

« Sans délestage, le risque était celui d’un black-out complet », explique le responsable syndical, qui considère cette mesure comme une opération de sauvegarde du système électrique plutôt qu’un simple choix de gestion.

Il souligne également que les horaires annoncés aux citoyens restent indicatifs, la gestion du réseau dépendant en permanence de l’évolution de la consommation et des capacités de production disponibles. Des contraintes techniques, locales ou sécuritaires peuvent ainsi conduire à des ajustements ponctuels.

Toutefois, les établissements sensibles, notamment les hôpitaux et les infrastructures stratégiques, restent exclus du dispositif afin de garantir la continuité des services essentiels.

Une procédure d’indemnisation prévue pour les dommages

S’agissant des dégâts pouvant affecter les équipements des particuliers ou des entreprises à la suite des interruptions électriques, Fathi Msalmi rappelle qu’un mécanisme d’indemnisation existe au sein de la STEG.

Les usagers concernés peuvent déposer une demande auprès du district de la STEG de leur région. Une expertise technique est ensuite réalisée afin d’évaluer l’origine des dommages et de déterminer s’ils sont directement liés à une interruption de l’alimentation électrique.

Pour le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, ces mesures d’urgence ne peuvent toutefois constituer une réponse durable. La situation actuelle impose, estime-t-il, une révision en profondeur du modèle énergétique tunisien afin de renforcer la capacité de production, anticiper les besoins futurs et garantir une meilleure sécurité d’approvisionnement.

Vers une nouvelle stratégie énergétique

Pour sortir durablement de la crise, le responsable syndical insiste sur plusieurs priorités : accélérer la construction de nouvelles capacités de production, développer massivement les énergies renouvelables et renforcer le rôle de la STEG dans ce domaine.

Il plaide également pour une coopération énergétique régionale accrue, notamment avec les pays voisins.

A cet égard, il rappelle que les importations d’électricité peuvent constituer une solution temporaire, mais qu’elles ne remplacent pas une stratégie nationale capable d’assurer l’indépendance énergétique du pays.

« La crise actuelle dépasse le cadre technique », souligne-t-il. Elle touche désormais à la souveraineté énergétique de la Tunisie et nécessite des décisions structurelles pour garantir un approvisionnement stable et durable.

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Mohamed Ali Elloumi : « Les datacenters en Tunisie, une opportunité stratégique »

À l’heure où l’IA redistribue les cartes de la connaissance, l’enjeu n’est plus de savoir si nous l’acceptons, mais comment nous l’orchestrons. L’intelligence collective devient alors la clé : quand les humains coopèrent et se laissent épauler par des algorithmes, la décision gagne en précision, la vision en clarté et la souveraineté en consistance. 

Rencontré en marge de la 3ᵉ édition du Tunisia Global Forum, Mohamed Ali Elloumi, fondateur d’Access Content Agency, a insisté sur l’importance de l’intelligence collective pour bâtir l’avenir et sur la nécessité de mettre l’IA au service de l’humain. Il a rappelé que l’intelligence collective, annoncée comme thème central de cette édition, constitue un levier stratégique pour organiser la coopération entre les deux rives de la Méditerranée, les responsables politiques et les décideurs économiques, afin de construire une vision commune de la période à venir autour de l’IA et de la souveraineté des États.

Il a cité une étude qui illustre concrètement ce potentiel : un médecin qui pose seul un diagnostic atteint un taux d’efficacité d’environ 60 à 65 %. Mais, a‑t‑il expliqué, dès lors que trois ou quatre médecins discutent ensemble d’un même cas, ce taux grimpe autour de 75 %, soit un gain de 10 à 15 points. Lorsque cette intelligence collective humaine est, en plus, augmentée par une intelligence artificielle, on peut gagner encore une dizaine de points et atteindre près de 85 % de maladies correctement diagnostiquées grâce à une intelligence collective orchestrée et soutenue par l’IA.

Mohamed Ali Elloumi a souligné dans une déclaration exclusive à l’economistemaghrebin.com que l’intelligence collective ne se limite pas à une coopération abstraite : elle implique des choix politiques, des stratégies et des modèles d’organisation très concrets. Il a donné l’exemple de la Suisse, qui a développé des datacenters souterrains, capables non seulement de réduire l’empreinte environnementale de ces infrastructures, mais aussi de chauffer un grand nombre d’habitants en ville grâce à la chaleur dégagée par les serveurs. L’eau circulant dans ces datacenters est chauffée, utilisée pour le chauffage urbain, puis recyclée dans un autre cycle.

Il souligne que ce type de solution montre qu’il est possible de concilier technologie, efficacité énergétique et protection de l’environnement. Et ce, à condition de se doter d’une stratégie claire et d’une organisation politique cohérente, en ligne avec les engagements des Nations unies.

Il a également insisté sur les atouts de la Tunisie dans ce nouveau paysage technologique. Le pays peut offrir à l’Europe deux ressources majeures : d’une part, un ensoleillement et une énergie solaire exceptionnels; et d’autre part, une intelligence humaine et une intelligence collective riches, portées par une position géographique souvent décrite comme stratégique. Associés à un financement européen et à une stratégie environnementale ambitieuse, ces atouts pourraient, estime-t-il, produire un effet très positif pour les deux rives de la Méditerranée.

Interrogé sur la question des datacenters en Tunisie, il a rappelé que nous sommes confrontés à une « guerre technologique » plus qu’à une simple compétition économique. Il a expliqué que, pour un pays modeste et aux ressources limitées comme la Tunisie, la construction de datacenters dédiés uniquement à des besoins locaux peut se justifier, mais que la demande interne reste relativement restreinte. En revanche, la construction de datacenters destinés à répondre aux besoins de l’Europe constitue « une opportunité stratégique, à condition de poser des garde‑fous clairs ». Tout en insistant sur le fait qu’il est hors de question d’accepter des solutions qui contribueraient à dégrader l’environnement tunisien. »

En outre, poursuit-il, l’intelligence collective est précisément l’outil qui permettrait de faire avancer ce dossier. Elle doit d’abord servir à bien définir le besoin : il existe aujourd’hui une demande explicite pour des datacenters hébergés en dehors de l’Europe et des États‑Unis, afin de sauvegarder les données hors de ces territoires et de mieux les protéger en cas d’attaque ou de crise majeure. Ce besoin est réel et identifié.

Ensuite, rappelle-t-il, un datacenter ne peut fonctionner qu’avec des conditions techniques strictes : il doit être sécurisé, adossé à une infrastructure fiable, disposer d’un accès garanti à l’énergie et intégrer une gestion responsable de l’eau.

Il a souligné que l’eau, dans ce modèle, peut être recyclée et réutilisée dans un autre cycle, comme le montrent déjà certaines expériences internationales. C’est, conclut-il, l’une des pistes concrètes pour concilier souveraineté numérique, développement économique et protection des ressources du pays. 

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Le Tunisien Zied Jaouadi accède à la vice-présidence Afrique du Nord de la PACCI

La Tunisie renforce sa présence au sein des organisations économiques africaines. Zied Jaouadi a été élu vice-président Afrique du Nord du Conseil exécutif de la Pan African Chamber of Commerce and Industry (PACCI) pour le mandat 2026-2028. Il occupe actuellement le poste de vice-président de la Chambre nationale des sociétés de commerce international au sein de l’Utica.

L’élection a eu lieu lors de la 5ᵉ Assemblée générale de la PACCI. L’événement s’est tenu du 24 au 26 juin 2026 à Fès, au Maroc. La présidence de l’Afrique du Nord est revenue à Hamza Benabdallah, représentant de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Fès-Meknès. Mais au fait, qu’est-ce que la PACCI?

Créée en 2009, cette organisation est basée à Addis-Abeba, en Éthiopie. Elle réunit des chambres de commerce, des organisations patronales et des associations d’entreprises de plusieurs pays africains. Son objectif? Faire entendre la voix du secteur privé africain et encourager les échanges entre les entreprises du continent.

Son rôle a gagné en importance avec le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). La PACCI travaille sur les questions de commerce, d’investissement, de développement des PME et d’intégration économique. Elle dialogue également avec l’Union africaine et d’autres institutions régionales pour défendre les intérêts des entreprises africaines.

Le Conseil exécutif est l’organe qui dirige l’organisation. Il définit les priorités de la PACCI et suit la mise en œuvre de ses actions. En rejoignant cette instance, Jaouadi Zied représentera les intérêts de l’Afrique du Nord aux côtés des autres responsables régionaux.

Pour l’Utica, cette élection offre une présence au sein d’une organisation qui participe aux débats sur l’avenir du commerce africain. Pour la Tunisie, elle constitue aussi une occasion de peser davantage dans les discussions autour de l’intégration économique du continent.

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Le passeport tunisien permet de voyager vers 66 destinations sans visa

Le passeport tunisien permet actuellement d’accéder à 66 destinations sans visa préalable, ou avec un visa délivré à l’arrivée ou une autorisation électronique, selon la dernière mise à jour du Henley Passport Index, l’un des principaux classements mondiaux de la mobilité internationale.

Établi par le cabinet britannique Henley & Partners, ce classement place la Tunisie au 69e rang mondial. À l’échelle africaine, le passeport tunisien figure parmi les plus performants du continent, même s’il reste loin des documents de voyage les plus puissants au niveau international.

La Tunisie derrière le Maroc, devant l’Algérie

En Afrique du Nord, la Tunisie se classe derrière le Maroc, dont le passeport donne accès à 71 destinations sans visa et occupe la 64e place mondiale. Elle devance en revanche l’Algérie, classée 79e avec 55 destinations accessibles sans visa.

À l’échelle du continent, les Seychelles conservent le passeport le plus puissant d’Afrique avec un accès à 155 destinations, devant l’île Maurice (148 destinations) et l’Afrique du Sud (101 destinations).

Un indicateur de la mobilité internationale

Le Henley Passport Index classe les passeports en fonction du nombre de destinations accessibles sans visa préalable. Cet indicateur reflète notamment les accords de circulation conclus entre les États et le niveau de mobilité dont bénéficient leurs ressortissants.

Avec 66 destinations accessibles, le passeport tunisien conserve une position relativement favorable en Afrique. Toutefois, les voyageurs tunisiens restent soumis à l’obligation de visa pour un grand nombre de destinations, notamment dans plusieurs pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie.

Un écart important avec les leaders mondiaux

Au niveau mondial, Singapour occupe la première place du classement avec un accès sans visa à 192 destinations. À l’autre extrémité du classement figurent notamment l’Afghanistan, la Syrie et l’Irak, dont les passeports offrent les possibilités de voyage les plus limitées.

Le classement 2026 confirme ainsi que le passeport tunisien conserve une position solide à l’échelle africaine. Tout en mettant en évidence l’écart qui le sépare encore des passeports les plus performants au monde.

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La gouvernance publique à l’épreuve de l’investissement :  pour une nouvelle rationalité de l’action de l’État 

 Par Mondher AFI

Les orientations générales de l’État tunisien, réaffirmées sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, invitent à repenser le rapport entre souveraineté économique, efficacité institutionnelle et responsabilité publique. Dans cette perspective, les travaux récents de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple ne relèvent pas uniquement de la procédure parlementaire. Ils constituent un révélateur de mutations plus profondes touchant la manière dont l’État entend désormais concevoir l’investissement public, la dette, la performance des entreprises publiques et le contrôle démocratique de l’action gouvernementale.

À première vue, l’ordre du jour de la Commission paraît technique : examen du budget de l’Assemblée et étude de conventions de garantie relatives à des emprunts destinés à la Compagnie des phosphates de Gafsa et au Groupe chimique tunisien. Pourtant, derrière cette technicité se dessine une problématique beaucoup plus fondamentale. Il ne s’agit plus simplement d’autoriser des financements, mais d’interroger leur capacité réelle à transformer durablement les structures productives du pays.

La question centrale devient alors la suivante : comment faire en sorte que les ressources publiques ne servent plus seulement à maintenir un équilibre financier fragile, mais deviennent un véritable moteur de transformation économique, institutionnelle et sociale ?

Le dépassement d’une lecture strictement budgétaire

Pendant de nombreuses années, les finances publiques ont été appréhendées principalement à travers une logique comptable privilégiant les équilibres budgétaires, le niveau du déficit, la maîtrise de l’endettement et l’évolution des dépenses. Cette approche demeure indispensable, car la soutenabilité financière constitue une condition essentielle de la stabilité de l’État. Cependant, elle ne permet plus, à elle seule, de répondre aux défis du développement dans un contexte marqué par la complexité des transformations économiques, sociales et technologiques.

Aujourd’hui, la véritable question n’est plus celle du volume des dépenses publiques, mais celle de leur capacité à produire des transformations durables. Un budget ne saurait être réduit à un document financier, il traduit une vision politique, hiérarchise des priorités et oriente les trajectoires de développement. Chaque allocation de ressources engage un choix stratégique qui influence l’organisation du territoire, la compétitivité de l’économie et la qualité des services publics.

Or, l’une des principales limites de l’action publique réside dans le décalage persistant entre la décision d’investir et l’évaluation de ses résultats. Les politiques publiques continuent d’être jugées principalement à partir du taux d’exécution des crédits plutôt qu’à travers leur impact réel sur la croissance, la productivité, l’emploi ou la cohésion sociale. Cette confusion entretient une illusion de performance où la consommation des ressources est parfois assimilée à la réussite de l’action publique.

Une gouvernance moderne impose pourtant un changement profond de paradigme. L’efficacité d’une politique ne se mesure pas à l’importance des sommes engagées, mais à la valeur créée pour la collectivité. Chaque investissement devrait faire l’objet d’une évaluation rigoureuse de ses effets économiques, sociaux et institutionnels. La discipline budgétaire ne consiste donc pas seulement à contenir les déficits, elle implique surtout de garantir que chaque dinar mobilisé contribue effectivement à renforcer les capacités productives, à réduire les fragilités structurelles et à préparer un développement durable fondé sur la performance plutôt que sur la seule logique de la dépense.

Sortir d’une logique de survie pour entrer dans une logique de transformation

Les discussions relatives à la Compagnie des phosphates de Gafsa et au Groupe chimique tunisien dépassent largement le cas particulier de deux entreprises publiques. Elles mettent en lumière les limites d’un modèle de gouvernance qui, depuis plusieurs années, répond aux difficultés structurelles par des injections successives de financements sans remettre suffisamment en question les mécanismes qui produisent ces difficultés.

Les entreprises publiques constituent incontestablement un patrimoine stratégique. Elles assurent des fonctions économiques, sociales, territoriales et parfois même géopolitiques que le secteur privé ne pourrait assumer seul. Cependant, reconnaître leur importance ne saurait conduire à considérer leur financement comme une réponse suffisante à leurs difficultés.

La véritable interrogation est ailleurs : pourquoi des entreprises ayant bénéficié de multiples programmes de soutien continuent-elles de connaître des performances limitées ? Pourquoi les investissements successifs peinent-ils à produire les gains de productivité attendus ? Pourquoi les retards de modernisation demeurent-ils récurrents malgré la mobilisation régulière de ressources financières importantes ?

Ces interrogations invitent à dépasser une lecture exclusivement financière des problèmes. Les difficultés observées relèvent moins d’une insuffisance de capitaux que d’une accumulation de fragilités institutionnelles : gouvernance parfois fragmentée, faible articulation entre stratégie industrielle et financement, absence d’évaluation indépendante des projets, insuffisance des mécanismes de pilotage, lenteur des processus décisionnels, faiblesse de la culture de l’innovation et déficit de responsabilisation managériale.

Dans ces conditions, le risque est de voir les nouveaux financements absorber les conséquences des dysfonctionnements existants au lieu d’en traiter les causes profondes. L’investissement perd alors sa vocation transformatrice pour devenir un instrument de stabilisation temporaire. Il prolonge le fonctionnement du système sans modifier les logiques qui en limitent la performance.

Une véritable stratégie industrielle exige pourtant une approche radicalement différente. Moderniser ne consiste pas uniquement à acquérir des équipements plus performants. Moderniser signifie également transformer les modes de gouvernance, renforcer les capacités de décision, développer les compétences, intégrer les technologies numériques, améliorer les systèmes d’information, instaurer une culture de l’évaluation permanente et faire de la responsabilité des dirigeants un principe structurant de l’action publique. Sans cette réforme globale, les investissements risquent d’accroître les capacités techniques sans améliorer durablement les performances économiques.

La dette n’est pas le problème, l’absence de stratégie l’est

Le débat relatif aux conventions de garantie rappelle une vérité essentielle : aucune économie moderne ne se développe sans recourir, à un moment ou à un autre, à l’endettement. La dette n’est ni une anomalie ni un signe automatique de fragilité. Elle constitue un instrument économique dont la pertinence dépend exclusivement de l’usage qui en est fait.

Toutefois, cette évidence ne doit pas masquer une question beaucoup plus exigeante : la dette contractée produit-elle réellement les transformations qu’elle est censée financer ? Une politique d’endettement ne peut être évaluée au regard des seuls montants mobilisés ou des conditions financières obtenues. Elle doit être appréciée à travers sa capacité à créer de nouvelles richesses, à accroître durablement la productivité nationale et à générer des ressources futures permettant non seulement de rembourser les emprunts, mais aussi d’élargir les marges de développement.

Une dette productive est une dette qui transforme l’économie. Une dette improductive est celle qui entretient les déséquilibres sans modifier les structures qui les génèrent. Entre ces deux situations se joue toute la différence entre une stratégie de développement et une simple gestion des contraintes.

L’enjeu dépasse ainsi la question financière. Il renvoie à la capacité de l’État à inscrire chaque investissement dans une vision cohérente de transformation économique. Sans objectifs clairement définis, sans indicateurs de résultats, sans mécanismes d’évaluation ex post et sans obligation de rendre compte des performances obtenues, le financement risque de devenir une succession d’interventions ponctuelles, déconnectées d’un projet national de modernisation.

La souveraineté économique repose moins sur l’accès aux financements que sur leur transformation en innovation, compétitivité et valeur ajoutée, dans le cadre d’une stratégie d’investissement cohérente, durable et continuellement évaluée.

Contrôler pour transformer

L’une des évolutions les plus significatives révélées par les travaux de la Commission des finances réside dans le déplacement progressif de la fonction parlementaire. Il ne s’agit plus seulement d’autoriser des emprunts ou de valider des conventions de garantie, mais d’interroger leur cohérence stratégique, leur exécution et surtout leur capacité à produire des résultats mesurables. Cette évolution est essentielle, mais elle ne prendra tout son sens que si le contrôle parlementaire cesse d’être un exercice ponctuel pour devenir un véritable dispositif d’évaluation continue des politiques publiques.

Dans les économies contemporaines, la légitimité d’une décision publique ne découle plus uniquement de sa conformité juridique ou de sa régularité budgétaire. Elle dépend de son efficacité démontrée. Or cette culture de l’évaluation demeure encore insuffisamment institutionnalisée. Les investissements sont souvent examinés au moment de leur approbation, beaucoup plus rarement plusieurs années après leur mise en œuvre. Une telle situation entretient une logique où l’on contrôle les moyens engagés davantage que les transformations effectivement produites. Sans indicateurs de performance, sans évaluation indépendante et sans obligation de rendre compte des résultats, le contrôle risque de demeurer formel, alors que sa véritable vocation est d’éclairer la décision publique et de corriger les trajectoires lorsque les objectifs ne sont pas atteints.

Les interrogations suscitées par le recours à la procédure d’urgence pour des conventions conclues plusieurs mois auparavant mettent en évidence une faiblesse plus profonde que la seule question des délais. Elles révèlent les limites d’un mode de gouvernance où l’urgence tend progressivement à se substituer à la planification.

Une administration performante ne gouverne pas sous la pression permanente des échéances, elle construit des priorités, anticipe les besoins et inscrit ses décisions dans une stratégie cohérente. Lorsque l’urgence devient une pratique récurrente, elle réduit le temps de l’expertise, fragilise le débat institutionnel et favorise une gestion réactive plutôt que prospective. Ce fonctionnement ne traduit pas nécessairement un déficit de moyens, mais souvent une insuffisance dans les mécanismes de programmation, de coordination et de pilotage. La véritable réforme consiste donc moins à accélérer les procédures qu’à renforcer la capacité de l’État à anticiper, planifier et évaluer l’impact de ses choix avant comme après leur mise en œuvre.

De l’investissement à la création de valeur

L’enjeu dépasse finalement la seule question des ressources financières. Ce qui est en cause, c’est la manière dont l’investissement public est pensé. Trop souvent, celui-ci demeure associé à une logique de financement ou de soutien conjoncturel, alors qu’il devrait constituer un instrument de transformation structurelle. Investir ne signifie pas seulement mobiliser des capitaux, cela implique de moderniser les organisations, de réformer les modes de gouvernance, d’améliorer la productivité et de créer durablement de la valeur économique et sociale.

Cette ambition suppose un État capable d’apprendre de ses propres expériences, de mesurer objectivement les effets de ses politiques et de faire de la transparence un levier de performance plutôt qu’une simple exigence administrative. La publication de données fiables, le suivi des investissements et l’évaluation régulière des résultats ne sont plus des pratiques accessoires, ils constituent les fondements d’une gouvernance crédible. Le véritable défi n’est donc pas de financer davantage, mais de gouverner autrement, en faisant de chaque investissement un vecteur de compétitivité, d’innovation et de souveraineté économique plutôt qu’un simple engagement budgétaire supplémentaire.

 

 

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Le Plan de développement 2026-2030 adopté par le CNRD : la réforme de l’État, condition de la réussite des ambitions économiques

Avec son adoption définitive par le Conseil national des régions et des districts (CNRD), après son approbation par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le Plan de développement 2026-2030 devient désormais le principal document de référence qui orientera l’action publique tunisienne au cours des cinq prochaines années. Au-delà des objectifs économiques qu’il affiche, ce plan se distingue surtout par une conviction centrale : aucune stratégie de développement ne peut aboutir sans une profonde transformation de l’appareil administratif et institutionnel de l’État.

Les chiffres avancés témoignent d’une ambition certaine. Les pouvoirs publics tablent sur une croissance économique avoisinant 4,2% à l’horizon 2030, une réduction progressive du déficit budgétaire à près de 3% du produit intérieur brut, une stabilisation de la dette publique autour de 80% du PIB, ainsi qu’un recul significatif de la pauvreté, appelée à passer sous la barre des 15%. Le plan vise également une amélioration de l’indice de développement humain afin de permettre à la Tunisie d’intégrer le groupe des pays à développement humain très élevé.

Sur le plan sectoriel, les orientations sont tout aussi ambitieuses. Elles portent sur le développement des infrastructures, la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, la transition écologique, la modernisation du tissu productif, l’accélération de la transformation numérique et la réduction des disparités entre les régions.

Toutefois, derrière ces objectifs quantitatifs apparaît un constat partagé par la plupart des observateurs : les difficultés de la Tunisie ne résultent pas uniquement d’un manque de projets ou d’investissements, mais aussi des insuffisances de son fonctionnement institutionnel.

L’administration, premier levier du développement

Depuis plusieurs années, les différents plans de développement se sont souvent heurtés aux mêmes obstacles : lenteur des procédures administratives, multiplication des autorisations, chevauchement des compétences entre administrations, faiblesse de la coordination interministérielle et retards chroniques dans la réalisation des projets publics.

De nombreux investissements, parfois entièrement financés, sont restés bloqués durant plusieurs années en raison de procédures complexes, de recours administratifs, d’expropriations inachevées ou encore de difficultés de coordination entre les administrations centrales et les collectivités territoriales. Cette situation a progressivement affaibli la crédibilité de l’action publique, découragé de nombreux investisseurs et contribué à ralentir la croissance économique.

Le nouveau Plan de développement reconnaît implicitement cette réalité en faisant de la réforme institutionnelle l’un de ses principaux axes stratégiques.

Vers une administration plus performante

L’un des objectifs majeurs consiste à améliorer l’efficacité des services publics. Cette notion dépasse largement la simple modernisation des bâtiments administratifs ou l’acquisition de nouveaux équipements informatiques. Elle implique une transformation profonde de la manière dont l’administration conçoit et rend le service public. Le citoyen comme l’entreprise attendent aujourd’hui une administration capable de répondre rapidement aux demandes, de réduire les délais de traitement des dossiers, de simplifier les formalités administratives et d’offrir davantage de transparence dans la prise de décision. Cette évolution suppose également une meilleure évaluation des performances administratives, à travers des indicateurs précis portant sur les délais, la qualité des prestations, la satisfaction des usagers et l’exécution des projets publics.

Une gouvernance fondée sur la responsabilité

Le plan insiste également sur la nécessité d’améliorer la gouvernance publique. Cette orientation rejoint la volonté exprimée depuis plusieurs années de renforcer la culture de la responsabilité au sein des administrations publiques. Une gouvernance efficace repose sur une répartition claire des compétences, une meilleure coordination entre les différents ministères et établissements publics ainsi qu’une responsabilisation accrue des décideurs. Il s’agit également de renforcer les mécanismes de suivi et d’évaluation afin que chaque programme public puisse faire l’objet d’un contrôle régulier de son avancement, de son coût réel et de son impact économique et social. Dans cette perspective, la généralisation des outils numériques peut contribuer à améliorer la traçabilité des décisions administratives, à limiter les risques de dysfonctionnements et à faciliter l’accès des citoyens aux services publics.

Réformer le cadre juridique

L’efficacité administrative demeure étroitement liée à la modernisation du cadre juridique. Plusieurs réformes sont d’ailleurs attendues afin d’accompagner la mise en œuvre du plan. La révision du Code des changes, du droit de l’investissement, des textes relatifs au développement régional ainsi que la simplification de nombreuses procédures administratives figurent parmi les chantiers prioritaires. Cette harmonisation législative apparaît indispensable pour lever les blocages qui retardent encore la réalisation de nombreux projets publics et privés.

Un environnement juridique stable et lisible constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs d’attractivité pour les investisseurs nationaux comme étrangers.

Une meilleure coordination entre les institutions

Le nouveau cadre institutionnel instauré par la Constitution de 2022 confère désormais une place importante au Conseil national des régions et des districts.

Son intervention dans l’adoption du Plan de développement traduit la volonté de renforcer la prise en compte des besoins exprimés aux niveaux local et régional.

L’enjeu consiste désormais à assurer une véritable articulation entre les collectivités territoriales, les conseils régionaux, les ministères et les administrations centrales afin d’éviter la dispersion des initiatives et les doublons dans la programmation des investissements.

La réussite du plan dépendra largement de cette capacité à instaurer une gouvernance territoriale cohérente, permettant aux projets de répondre aux réalités économiques propres à chaque région.

La transformation numérique au service du citoyen

L’amélioration de l’efficacité des services publics passe également par une accélération de la digitalisation de l’administration.

La dématérialisation des procédures administratives permet de réduire les délais, de limiter les déplacements des usagers, de renforcer la transparence et de diminuer les coûts de gestion.

Elle constitue également un instrument important de lutte contre certaines pratiques bureaucratiques qui ralentissent encore l’investissement.

Le développement des plateformes numériques, l’interconnexion des bases de données publiques et la simplification des démarches administratives représentent aujourd’hui des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité du pays.

Le défi de l’exécution

L’expérience des précédents plans de développement invite néanmoins à la prudence.

La Tunisie ne manque ni de stratégies ni de diagnostics. Les difficultés sont apparues principalement au moment de leur mise en œuvre. Les retards accumulés dans les grands projets d’infrastructures, les difficultés de mobilisation des financements, les lenteurs administratives et les insuffisances du suivi ont souvent réduit la portée des ambitions affichées. Le véritable défi du Plan 2026-2030 sera donc celui de l’exécution. Les objectifs économiques ne pourront être atteints que si les réformes institutionnelles sont effectivement conduites, que les procédures sont simplifiées et que les administrations disposent des moyens humains, techniques et numériques nécessaires pour remplir efficacement leurs missions.

Une réforme de l’État avant tout

Au-delà des indicateurs économiques, le Plan de développement 2026-2030 apparaît finalement comme un projet de modernisation de l’État lui-même. Les ambitions en matière de croissance, d’investissement, d’emploi, de sécurité hydrique, alimentaire ou énergétique ne pourront produire leurs effets que si elles s’appuient sur une administration performante, réactive et responsable. Cette orientation rejoint la vision portée par le président de la République, Kaïs Saïed, qui fait de la réforme de l’administration, de l’efficacité des services publics, de la justice sociale et de la souveraineté nationale les fondements de la refondation de l’action publique. Dans cette perspective, le développement ne repose pas uniquement sur l’augmentation des investissements ou des dépenses publiques, mais sur la capacité des institutions à mettre en œuvre les politiques décidées, à assurer un suivi rigoureux des projets et à garantir aux citoyens un service public de qualité.

En définitive, la réussite du Plan de développement 2026-2030 se mesurera moins aux objectifs affichés qu’à la capacité de l’État à transformer ses engagements en réalisations concrètes. C’est à l’épreuve de l’exécution, de la qualité de la gouvernance et de l’efficacité des services publics que se jouera la crédibilité de cette nouvelle stratégie de développement et, plus largement, la confiance des citoyens dans l’action publique.

Ahmed NEMLAGHI

 

 

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Grâce présidentielle : Ayachi Zammel et Wadie Jary parmi les bénéficiaires

Le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé, jeudi 23 juillet 2026, une grâce présidentielle spéciale à 2 439 détenus, et ce à l’occasion du 69ᵉ anniversaire de la proclamation de la République tunisienne. Parmi les bénéficiaires figurent Ayachi Zammel, homme politique et ancien candidat à l’élection présidentielle, et Wadie Jary, ancien président de la Fédération tunisienne de football (FTF). C’est le chroniqueur Raïdh Jrad qui a annoncé la nouvelle, rapportent plusieurs médias de la place.

Ayachi Zammel
Photo: Page officielle de Ayachi Zammal

Selon les dispositions annoncées, cette mesure prévoit, en fonction de la situation judiciaire de chaque détenu, des remises de peine ou des libérations, conformément à la législation en vigueur.

La libération d’Ayachi Zammel et de Wadie Jary constitue l’un des faits marquants de cette grâce présidentielle, qui concerne au total plusieurs milliers de détenus. Le premier s’était présenté à la dernière élection présidentielle, tandis que le second a dirigé la Fédération tunisienne de football durant plusieurs années.

A rappeler que, traditionnellement accordée à l’occasion des grandes fêtes nationales, la grâce présidentielle intervient après l’examen des dossiers des détenus concernés par les autorités compétentes.

Pour l’heure on ignore pourquoi et comment les deux responsables politiques ont pu bénéficier de cette grâce présidentielle.

 

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Fathi Msalmi : « La STEG avait alerté dès 2024, les autorités n’ont pas réagi… Pourquoi accuser les agents ?! »

Les agents de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ne doivent pas être tenus responsables des coupures électriques qui se multiplient à travers le pays. C’est le message porté par Fathi Msalmi, secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz. Il estime que la crise actuelle résulte avant tout d’un déficit de production anticipé depuis plusieurs années.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, le responsable syndical affirme que la STEG avait officiellement alerté les autorités de tutelle dès 2024 sur les tensions qui menaçaient l’équilibre du réseau électrique.

« La STEG avait prévenu qu’un déficit d’environ 800 MW était à prévoir. Ces alertes existaient bien avant les coupures que connaît aujourd’hui le pays », assure-t-il.

Il poursuit en soulignant que la vague de chaleur n’a fait qu’accélérer une crise déjà prévisible. Lors des pics de consommation enregistrés cet été, la demande nationale aurait atteint près de 5 800 MW. Tandis que les capacités de production disponibles ne dépassaient pas environ 4 200 MW.

Dans ces conditions, la STEG n’avait, estime-t-il, d’autre choix que de procéder à des délestages pour préserver la stabilité du réseau. « Sans ces coupures tournantes, le pays aurait pu connaître un black-out généralisé », explique-t-il.

Des alertes restées sans suite

Pour Fathi Msalmi, l’origine de la crise réside dans le retard accumulé dans le renforcement des capacités de production. Malgré les avertissements adressés aux autorités, les investissements nécessaires n’auraient pas été engagés à temps pour accompagner la progression de la consommation nationale.

Il rappelle que la dernière grande centrale intégrée au réseau est Radès C, mise en service progressivement entre 2020 et 2021. Depuis, plusieurs projets destinés à accroître les capacités de production ont été annoncés, sans permettre de combler le déficit devenu aujourd’hui critique.

Le responsable syndical évoque notamment un programme prévoyant l’ajout d’environ 1 200 MW de nouvelles capacités, dont la mise en œuvre reste, dixit l’intéressé, insuffisante face à l’évolution des besoins.

En outre, la Fédération générale de l’électricité et du gaz avait également attiré l’attention des pouvoirs publics lors des négociations sociales de juillet 2025. Appelant ainsi à accélérer les investissements et à renforcer le rôle de la STEG, notamment dans le développement des énergies renouvelables.

« Les agents ne doivent pas servir de boucs émissaires »

Face aux critiques suscitées par les coupures, Fathi Msalmi défend les agents de la STEG. Ils assurent, relève-t-il, la continuité du service public dans un contexte particulièrement difficile.

« Les agents ne doivent pas payer le prix de l’absence de réaction des autorités », insiste-t-il. Tout en estimant qu’ils mettent en œuvre les moyens techniques disponibles pour éviter un effondrement complet du système électrique.

Au final, le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz conclut que la crise actuelle rappelle l’urgence d’une stratégie énergétique fondée sur l’anticipation, le renforcement des capacités de production et une implication accrue de la STEG dans les projets de transition énergétique. Et ce, afin d’éviter que les tensions observées cet été ne deviennent récurrentes.

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Saïed : l’État ne tolérera ni les coupures ni les incendies criminels

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, mercredi, 22 juillet, au palais de Carthage, une réunion sur les coupures prolongées d’eau, d’électricité et les incendies

Y ont été présents, les ministres de l’intérieur, de l’équipement chargé de l’industrie et de l’énergie, de l’agriculture, les PDG de la STEG et de la SONEDE, et le directeur général de la protection civile, selon un communiqué de la présidence de la République.

D’emblée, le chef de l’État a affirmé qu’il suit de près, à toute heure, la situation dans l’ensemble du pays, soulignant que les coupures d’eau et d’électricité, conjuguées aux incendies, constituent des « phénomènes hors normes ». Il a averti que l’État ne restera pas « les bras croisés » face à quiconque cherche à nuire aux citoyens et à attiser les tensions.

Sur les coupures prolongées, le président Saïed a été catégorique. Des interruptions dépassant vingt-quatre heures dans plusieurs régions sont « inacceptables ».

Il exige d’y mettre fin immédiatement, imposant deux règles non négociables : informer les citoyens à l’avance et choisir des horaires adaptés si des coupures restent inévitables.

Lors de cette réunion, Le chef de l’État a également rendu hommage aux unités de la protection civile pour leurs interventions rapides et efficaces dans la lutte contre les incendies, menées en coordination avec les structures militaires, sécuritaires et administratives compétentes.

Il a salué le dévouement sans limite dont tous ont fait preuve, animés par le sens du devoir national.

Le président de la République a conclu en réaffirmant que le peuple tunisien, fort de sa conscience, résistera à toute tentative de déstabilisation, quelle qu’en soit la source.

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Tunisie-ONU : Nafti plaide pour un partenariat stratégique renforcé et un financement accru du développement

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a appelé mercredi à renforcer le partenariat stratégique entre la Tunisie et le système des Nations unies, à l’occasion d’une réunion avec la coordinatrice résidente et les représentants des agences, fonds et programmes onusiens accrédités dans le pays.

Selon un communiqué, le chef de la diplomatie a souligné que la coopération avec l’ONU repose sur des relations historiques fondées sur la confiance, le respect mutuel et l’attachement au multilatéralisme.

Il a insisté sur la finalisation du nouveau cadre de coopération stratégique pour la période 2027-2031, en cohérence avec les priorités du Plan national de développement 2026-2030.

Nafti a plaidé pour un partenariat dépassant le cadre des projets ponctuels, axé sur le renforcement des capacités nationales, le transfert de technologies et l’obtention de résultats concrets.

Il a également appelé à la mise en place de mécanismes innovants de financement du développement, notamment à travers la création d’un pôle commun dédié au financement du développement et de l’investissement.

La coordinatrice résidente de l’ONU, Rana Taha, a salué les relations de coopération avec la Tunisie et réaffirmé l’engagement des Nations unies à accompagner le pays dans la mise en œuvre de son plan de développement.

Elle a également exprimé le soutien de l’organisation à la mobilisation de financements internationaux et à l’achèvement des consultations sur le futur cadre de coopération.

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Kaïs Saïed : « L’État ne restera pas les bras croisés » face aux coupures et aux incendies

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé mardi 22 juillet, au palais de Carthage, une réunion consacrée à la situation des services publics essentiels, en présence de plusieurs membres du gouvernement et des responsables de la STEG, de la Sonede et de la Protection civile. Il a appelé à mettre un terme aux longues coupures d’eau et d’électricité, tout en dénonçant des « phénomènes inhabituels » liés aux interruptions de service et aux incendies.

La réunion a rassemblé le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, le ministre de l’Équipement, de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, le président-directeur général de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), Abdelhamid Menja, ainsi que le directeur général de l’Office national de la protection civile, le colonel Mohamed Rached Souissi.

En ouverture de la réunion, le chef de l’État a affirmé suivre « de près, tout au long de la journée », l’évolution de la situation dans l’ensemble du pays. Il a estimé que les coupures d’eau et d’électricité, ainsi que les incendies enregistrés ces derniers jours, constituent des « phénomènes inhabituels ». Il a assuré que l’État « ne restera pas les bras croisés » face à ceux qui chercheraient, selon lui, à porter préjudice aux citoyens et à attiser les tensions.

Kaïs Saïed est également revenu sur les interruptions des services d’eau et d’électricité ayant dépassé, dans plusieurs régions, les vingt-quatre heures. Une situation qu’il a jugée inacceptable, appelant à y mettre fin immédiatement. Il a, en outre, insisté sur la nécessité d’informer les citoyens à l’avance de toute interruption programmée et de choisir des horaires appropriés lorsque des coupures s’avèrent inévitables.

Le président de la République a, par ailleurs, salué les efforts des unités de la Protection civile, mobilisées en coordination avec les différentes structures militaires, sécuritaires et administratives pour lutter contre les incendies. Il a mis en avant la rapidité et l’efficacité des interventions ayant permis de contenir la propagation des feux, tout en rendant hommage à « l’engagement sans limite » des équipes mobilisées.

En conclusion, Kaïs Saïed a réaffirmé sa confiance dans « la conscience profonde du peuple tunisien », estimant que toutes les tentatives visant à déstabiliser le pays ou à nuire aux citoyens « se briseront » face à cette mobilisation, quelles qu’en soient l’origine ou l’ampleur.

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Plan de développement 2026-2030 : souveraineté économique, restructuration de la dette et défis de la mise en œuvre

Par Mondher AFI

 Dans les économies en transition, la planification constitue un instrument essentiel de gouvernance. Elle permet de fixer les priorités nationales, de coordonner l’action des institutions et d’orienter les ressources vers les objectifs de développement. Toutefois, la portée d’un plan de développement dépend de plusieurs facteurs : la disponibilité des financements, la capacité administrative, la qualité de la gouvernance et l’efficacité des mécanismes de suivi et d’évaluation.

Le Président de la République, Kaïs Saïed, a réuni, le 20 juillet au palais de Carthage, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri.

Cette réunion a été consacrée à l’examen de la loi récemment promulguée portant approbation du Plan de développement 2026-2030, appelé à constituer le principal cadre stratégique de l’action publique au cours des cinq prochaines années. Les échanges ont porté sur les conditions de mise en œuvre du plan ainsi que sur les principaux défis économiques et financiers qui l’accompagnent.

La question de la dette publique a constitué l’un des principaux thèmes abordés lors de la réunion présidée par le président de la République, Kaïs Saïed. Les échanges ont porté sur l’évolution de l’endettement au cours des dernières décennies ainsi que sur son impact dans le financement des politiques publiques et du développement économique.

Selon les éléments présentés au cours de la réunion, une partie des emprunts contractés n’aurait pas produit les effets économiques et sociaux escomptés. Cette lecture distingue le volume des ressources mobilisées des résultats effectivement obtenus en matière d’investissement, d’amélioration des infrastructures ou de développement des services publics. Elle renvoie plus largement à la question de l’efficacité de l’utilisation de l’endettement comme instrument de financement de l’action publique.

Dans le même temps, il a été rappelé que la Tunisie a continué à honorer ses engagements financiers en assurant le remboursement des échéances prévues. Cette précision met en évidence deux dimensions distinctes de la politique d’endettement : d’une part, le respect des obligations contractuelles de l’État vis-à-vis de ses créanciers, d’autre part, l’évaluation de la contribution réelle des emprunts aux objectifs de développement.

Les discussions ont également porté sur l’hypothèse d’une réorientation d’une partie de la dette vers des investissements consacrés à la réhabilitation des infrastructures publiques. Cette orientation s’inscrit dans une réflexion portant sur les modalités de financement du développement et sur les instruments susceptibles d’accroître la capacité d’investissement de l’État tout en limitant les contraintes liées au poids de la dette.

Sur le plan économique, une telle démarche implique toutefois plusieurs conditions. Elle suppose l’existence de mécanismes financiers adaptés, un cadre juridique compatible avec les engagements en vigueur ainsi que, selon les situations, des négociations avec les partenaires et les créanciers concernés. Sa faisabilité dépend également des marges budgétaires disponibles, des conditions des marchés financiers et des dispositifs institutionnels permettant d’assurer le suivi des investissements financés.

Au-delà de l’orientation annoncée, la mise en œuvre d’un tel mécanisme soulève des questions relatives à la sélection des projets prioritaires, à l’évaluation de leur rentabilité économique et sociale, aux modalités de gouvernance ainsi qu’aux procédures de contrôle et de transparence. Ces éléments sont généralement considérés comme des facteurs déterminants pour apprécier la capacité d’une politique de réorientation de la dette à produire des effets durables sur le développement économique et la qualité des services publics.

 

Les conditions institutionnelles de la mise en œuvre

L’adoption d’un plan de développement constitue une première étape dans la conduite de l’action publique. Sa traduction en résultats concrets dépend toutefois de la capacité des institutions à transformer les orientations stratégiques en programmes opérationnels, dotés d’objectifs clairement définis, de ressources identifiées et d’un calendrier d’exécution réaliste.

Dans cette perspective, la réussite d’un plan national ne repose pas uniquement sur la définition des priorités. Elle suppose également l’existence d’une gouvernance fondée sur la planification, l’anticipation et l’évaluation. Les expériences internationales montrent que les stratégies de développement les plus performantes s’appuient sur une articulation permanente entre la décision politique, la programmation administrative, la gestion budgétaire et le suivi des résultats.

La mise en œuvre implique également une répartition explicite des responsabilités entre les différentes institutions de l’État. Cette clarification favorise la cohérence de l’action publique, limite les chevauchements de compétences et facilite la coordination des interventions à chaque étape du cycle des politiques publiques, depuis la conception des projets jusqu’à leur évaluation.

Par ailleurs, la réalisation des objectifs annoncés dépend de plusieurs facteurs complémentaires : la disponibilité des ressources financières, la qualité des capacités administratives, la simplification des procédures, la maîtrise des délais d’exécution et la continuité de l’action publique malgré les contraintes conjoncturelles. À ces éléments s’ajoute la nécessité de disposer de mécanismes réguliers de suivi, d’indicateurs de performance et d’évaluations périodiques permettant de mesurer les écarts entre les objectifs fixés et les résultats effectivement obtenus.

Dans cette approche, la gouvernance ne se réduit pas à une coordination entre institutions. Elle renvoie à un mode de gestion fondé sur la responsabilité, la transparence, l’allocation efficiente des ressources, la capacité d’adaptation aux évolutions économiques et l’amélioration continue des politiques publiques. C’est généralement l’articulation de ces différents facteurs qui détermine, à moyen et à long terme, la capacité d’un plan de développement à produire des effets durables sur la croissance, les infrastructures et les services publics.

Une stratégie inscrite dans la durée

Les orientations retenues pour la période 2026-2030 s’inscrivent dans une démarche de planification à moyen et à long terme, visant à donner une plus grande cohérence à l’action publique. Au-delà de la définition d’objectifs stratégiques, cette approche repose sur la transformation des priorités nationales en programmes opérationnels, accompagnés de mécanismes de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation.

Dans cette perspective, la portée d’un plan de développement ne se mesure pas uniquement à l’ambition des orientations qu’il énonce, mais à sa capacité à produire des résultats observables sur les plans économique, social et territorial. L’efficacité de la planification dépend ainsi de la traduction des projets programmés en réalisations concrètes, susceptibles de générer des effets durables sur la croissance, l’emploi, les infrastructures, les services publics et les conditions de vie de la population.

Le cadre retenu repose également sur une logique de programmation progressive. Les objectifs définis pour l’horizon 2030 sont appelés à être déclinés en étapes successives, permettant d’ajuster les interventions publiques en fonction de l’évolution de la conjoncture économique, des capacités de financement, des contraintes budgétaires et des résultats effectivement obtenus au cours de l’exécution du plan. Cette démarche traduit une conception dynamique de la planification, fondée sur l’adaptation plutôt que sur la rigidité.

Par ailleurs, la conception du plan accorde une place importante à l’identification des besoins exprimés à l’échelle des territoires afin d’intégrer les réalités locales dans la programmation nationale. Une telle approche vise à renforcer la cohérence entre les priorités nationales et les attentes des différentes régions, tout en recherchant une répartition plus équilibrée des investissements publics.

Les objectifs annoncés couvrent plusieurs dimensions complémentaires du développement. Ils portent notamment sur le renforcement du rythme de croissance, l’amélioration du niveau de revenu, la réduction des disparités sociales, la consolidation des équilibres des finances publiques, le développement des ressources propres de l’État, l’amélioration de la performance des institutions publiques, l’accélération de la transformation numérique ainsi que l’intégration progressive de l’activité économique informelle dans les circuits formels.

D’un point de vue analytique, cette approche correspond aux principes contemporains de la planification stratégique, selon lesquels la réussite d’un plan national repose moins sur l’énoncé des objectifs que sur la capacité des institutions à assurer leur exécution, à mesurer périodiquement les résultats obtenus et à adapter les politiques publiques aux évolutions du contexte économique et social.

Enjeux de mise en œuvre et points de vigilance

L’ambition affichée par le Plan de développement 2026-2030 dépasse la seule définition d’orientations stratégiques. Son principal défi réside dans sa capacité à transformer les ressources mobilisées et les projets programmés en réalisations concrètes produisant des effets mesurables sur la croissance, l’emploi, les infrastructures et la qualité des services publics. Dans cette perspective, la question centrale n’est pas uniquement celle du financement, mais celle de l’exécution des politiques publiques.

L’expérience des politiques de développement montre qu’un nombre important de projets publics connaissent des retards, des révisions ou des coûts supplémentaires en raison d’obstacles administratifs, techniques, fonciers ou procéduraux. Ces difficultés réduisent l’efficacité de l’investissement public et retardent les bénéfices attendus pour les populations. Dès lors, la réussite du nouveau plan dépendra moins de l’ampleur des engagements annoncés que de la capacité des institutions à maîtriser l’ensemble du cycle des projets, depuis leur préparation jusqu’à leur achèvement.

Dans cette logique, l’amélioration de la gouvernance des projets constitue un enjeu majeur. La programmation doit être précédée d’études de faisabilité suffisamment approfondies afin d’identifier, avant le lancement des travaux, les contraintes juridiques, financières, techniques, environnementales et foncières susceptibles d’affecter leur exécution. Une planification fondée sur l’anticipation permet généralement de réduire les interruptions de chantier, de limiter les dépassements de coûts et de mieux respecter les délais initialement prévus.

La qualité du pilotage dépend également de la mise en place d’outils permanents de suivi. Les pratiques contemporaines de gestion publique privilégient des dispositifs numériques capables de centraliser les données relatives à l’avancement physique et financier des projets, d’identifier précocement les facteurs de blocage et de fournir des indicateurs permettant une intervention rapide avant que les retards ne deviennent structurels. Cette approche favorise une gestion davantage orientée vers les résultats que vers le seul respect des procédures administratives.

L’efficacité du Plan de développement dépendra largement de la capacité à transformer les ressources financières en réalisations concrètes. Cela suppose une réforme des mécanismes de la commande publique fondée sur la rapidité, la transparence et l’évaluation rigoureuse des capacités des entreprises chargées des projets. Les financements disponibles ne garantissent pas, à eux seuls, la réussite d’une stratégie de développement, ils doivent être accompagnés d’une gouvernance efficace, d’un suivi permanent et d’une évaluation des résultats. Au final, la pertinence du plan sera mesurée par ses effets réels sur les territoires : amélioration des infrastructures, qualité des services publics, réduction des disparités régionales, soutien à l’investissement et création d’emplois. Sa crédibilité dépendra donc de sa traduction effective dans le quotidien des citoyens.

 

 

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