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Tunisie : Moody’s voit une stabilité qui masque les fragilités budgétaires

L’agence de notation américaine, Moody’s, a confirmé le maintien de la note souveraine de la Tunisie à « Caa1 », assortie d’une perspective stable, et ce à l’issue de sa revue périodique.

Cependant, le maintien de la perspective stable de la note souveraine de la Tunisie par Moody’s ne constitue ni un satisfecit ni un signal de redressement économique. Au contraire, la revue publiée le 24 juillet par l’agence met en évidence un paradoxe préoccupant : alors que certains indicateurs extérieurs résistent aux chocs, les déséquilibres budgétaires continuent de s’accentuer, sans qu’une réponse structurelle ne soit véritablement engagée.

 

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Moody’s n’a certes pas modifié sa notation lors de son comité du 16 juillet 2026. Mais cette stabilité reflète davantage l’absence d’un choc immédiat qu’une amélioration des fondamentaux. L’agence souligne que la dette publique demeure élevée, que les dépenses de l’État restent rigides et que les réformes susceptibles d’assainir durablement les finances publiques peinent toujours à se concrétiser.

L’année 2026 marque même un infléchissement du processus de consolidation budgétaire. Le lancement du Plan national de développement 2026-2030, la progression de la masse salariale publique et l’alourdissement attendu des subventions énergétiques réduisent encore les marges budgétaires. Autrement dit, l’État continue de financer des dépenses difficilement compressibles sans disposer de nouvelles ressources capables d’en assurer la soutenabilité.

 

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À première vue, la situation extérieure apparaît moins alarmante. Malgré une envolée de 38 % de la facture énergétique, les réserves en devises se sont maintenues grâce aux performances des exportations agricoles (notamment l’huile d’olive), à la hausse des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger et à une progression des investissements directs étrangers. Mais ces facteurs demeurent largement conjoncturels. Ils ne compensent ni la faiblesse de la croissance potentielle ni les insuffisances de l’investissement productif, deux handicaps que Moody’s continue de relever.

L’agence rappelle également que la gouvernance et la qualité des institutions restent des facteurs de risque majeurs. Les difficultés de mise en œuvre des réformes, conjuguées aux tensions sociales persistantes, limitent la capacité de l’État à restaurer durablement l’équilibre de ses comptes. Le maintien d’un score ESG pénalisant illustre du reste cette fragilité institutionnelle autant que financière.

En filigrane, le message de Moody’s est sans ambiguïté : la Tunisie conserve, pour l’heure, sa capacité à honorer ses engagements, mais cette résilience repose davantage sur des facteurs extérieurs et sur une gestion de court terme que sur un assainissement réel des finances publiques. Sans réforme budgétaire crédible, amélioration du climat des affaires et accès durable à des financements moins coûteux, la stabilité affichée aujourd’hui pourrait rapidement céder la place à une nouvelle dégradation de la perception du risque souverain.

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Pour Moody’s, la position extérieure de la Tunisie est stable mais stagnante   

Dans une «revue périodique» de sa lecture du crédit tunisien à l’issue d’un comité de notation, l’agence de notation Moody’s maintient la note (Caa1, incluant la Banque Centrale de Tunisie) et la perspective stable, «mais le message d’ensemble est celui d’une stabilisation prudente plutôt que d’une amélioration structurelle», note Moktar Lamari dans son blog E4T.

L’économiste ajoute : «Moody’s reconnaît que les besoins de financement externes se sont allégés et sont mieux couverts par des réserves de change jugées modérées mais résilientes, malgré le poids des remboursements d’eurobonds» d’un montant de 700 millions d’euros échus le 15 juillet 2026.

«L’agence relève une résilience de la position extérieure tunisienne face à la hausse des prix pétroliers : malgré une facture énergétique en hausse de 38% sur un an (janvier-mai 2026), les réserves de change sont restées globalement stables, couvrant 3,3 mois d’importations en juin 2026» ; et ce grâce, notamment, aux exportations agricoles solides et à la croissance soutenue des transferts de la diaspora, qui ont amorti le choc sur le compte courant.

Tout en relevant que les investissements directs étrangers ont progressé de 14% en glissement annuel au premier trimestre 2026, Moody’s estime que 2026 marque une pause dans la consolidation budgétaire, sous l’effet d’une masse salariale publique croissante et de la hausse des prix énergétiques qui va aussi peser sur la facture de subvention, représentant déjà 20% des dépenses publiques (6,8% du PIB) en 2025.

I. B.

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