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Hajer Chekir : « La mobilité électrique est à la croisée de l’enjeu climatique, économique et de la modernisation du réseau »

Le véhicule électrique ne se limite plus à une mobilité décarbonée : il devient progressivement un maillon du système énergétique. C’est le constat présenté par Hajer Chekir, directrice commerciale de BYD Tunisie, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, dans le cadre du panel intitulé « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Pour la responsable de BYD, premier constructeur mondial de véhicules électriques devant Tesla, la mobilité électrique dépasse largement le simple remplacement de la voiture thermique. Elle représente une nouvelle approche de l’énergie. Un véhicule électrique permet de réduire les émissions de CO₂ de 2 à 3 tonnes par an par rapport à un modèle thermique équivalent, tout en diminuant les subventions publiques et la dépendance aux énergies fossiles, dans un contexte marqué par la hausse des prix du pétrole.

Hajer Chekir rappelle surtout qu’un véhicule électrique est avant tout une batterie mobile. Avec le développement massif des énergies renouvelables intermittentes, comme le solaire et l’éolien, la Tunisie aura besoin de capacités de stockage importantes. Les véhicules électriques peuvent ainsi stocker l’électricité lorsqu’elle est abondante puis la restituer au réseau afin d’équilibrer la demande lors des périodes de pointe. Cette technologie n’a plus rien de théorique : des projets pilotes sont déjà en cours en Australie et les expérimentations se multiplient à travers le monde.

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Selon elle, la mobilité électrique répond à trois défis majeurs. Le premier est climatique, avec la décarbonation des transports. Le deuxième est économique, grâce à la réduction de la dépendance aux hydrocarbures importés. Le troisième concerne la modernisation du réseau électrique tunisien. Le véhicule électrique ne servira plus uniquement à se déplacer, il deviendra aussi un outil actif au service du système énergétique.

La fiabilité des véhicules électriques n’est plus ç démontrer

Interrogée sur les difficultés liées à la réglementation et à la tarification, la directrice commerciale a estimé que la technologie ne constituait plus un frein. Les véhicules électriques ont désormais démontré leur fiabilité, leurs performances et leur rentabilité à l’usage. Les principaux défis concernent désormais la sensibilisation et l’accompagnement des consommateurs. Les clients doivent disposer d’informations claires sur les garanties des batteries, BYD propose des garanties dépassant 2 millions de kilomètres, sur l’autonomie et sur le coût total d’utilisation. Il s’agit de démontrer qu’il s’agit d’une solution fiable, simple, ეკონომique, écologique et de plus en plus accessible.

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Le deuxième défi porte sur l’infrastructure de recharge. Les utilisateurs doivent pouvoir recharger leur véhicule à domicile, ce qui représente 80 % des usages, mais aussi sur les lieux de travail, les grands axes routiers, les centres commerciaux et dans les cafés. Avec la recharge rapide, certains véhicules peuvent désormais récupérer leur autonomie en cinq minutes, soit plus rapidement qu’un plein d’essence classique. La technologie ne constitue donc plus un obstacle.

Le troisième défi, sur lequel Hajer Chekir a salué les avancées de l’État tunisien, concerne le cadre réglementaire. Des incitations fiscales importantes ont déjà été instaurées : exonération des droits de douane et des droits de consommation, TVA réduite à 7 %, identique à celle des véhicules hybrides rechargeables, ainsi qu’exonération de la carte grise.

Ces mesures commencent à produire des résultats concrets. La Tunisie comptait 200 véhicules 100 % électriques en 2024, puis 500 en 2025. Le parc dépasse désormais 750 véhicules électriques. Les parts de marché des véhicules électrifiés ont franchi les 15 % durant les quatre premiers mois de 2026, contre seulement 5 % sur l’ensemble de l’année précédente.

En conclusion, Hajer Chekir appellera à une mobilisation collective pour réussir la transition énergétique. État, banques, constructeurs et entreprises énergétiques doivent agir conjointement afin d’accompagner l’essor de la mobilité électrique. Selon elle, celle-ci entre désormais dans une phase d’adoption de masse : ce n’est plus une perspective lointaine, mais une réalité déjà engagée, porteuse d’un modèle à la fois écologique et économiquement soutenable pour la Tunisie.

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Mobilité électrique : une borne de recharge 22 kW inaugurée à l’ISGI de Sfax dans le cadre d’un programme pilote

Le premier établissement universitaire public tunisien, l’Institut supérieur de gestion industrielle de Sfax, a installé une borne de recharge de 22 kW pour véhicules électriques, alimentée par une unité de production d’énergie solaire.

Cette réalisation s’inscrit dans le cadre d’un programme pilote supervisé par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), qui vise à installer 60 bornes dans les différentes régions du pays. Elle renforce l’ancrage de l’établissement dans une logique de développement durable et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cette initiative, estime l’ANME sur sa page Facebook, marque une avancée significative dans la promotion de la mobilité propre au sein des campus universitaires et illustre l’engagement croissant des institutions publiques en faveur de la transition énergétique.

Le programme pilote, qui implique plusieurs municipalités et institutions publiques, a pour objectif d’établir un réseau national de recharge capable de soutenir l’adoption croissante des véhicules électriques en Tunisie. Les travaux se poursuivent pour installer les bornes restantes, en cohérence avec la stratégie nationale en faveur d’une économie verte et d’une mobilité durable.

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