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Marseille | La Tunisie participe au Forum méditerranéen de l’intelligence artificielle

L’Ambassadeur de Tunisie en France, M. Dhia Khaled, a présidé la délégation tunisienne à la troisième édition du Forum Méditerranéen de l’Intelligence artificielle, FMIA, qui s’est tenue à Marseille, le 5 novembre 2026.

Ont pris part à cet évènement des représentants des secteurs public et privé actifs dans l’écosystème de l’intelligence artificielle de plusieurs pays méditerranéens, dont des structures et opérateurs tunisiens, à l’instar de la Caisse des Dépôts et Consignations, des incubateurs, des porteurs de projets, des startups, des chercheurs,…

Dans son allocution devant le Forum, de même que dans ses échanges avec Mme Nadia Hai, Déléguée ministérielle à la Méditerranée, en présence de M. Mohamed Chergui Consul général de Tunisie à Marseille, l’Ambassadeur a mis en relief les opportunités de consolidation de la coopération tuniso-française dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Il a, par ailleurs, exposé le potentiel de la Tunisie en IA et les efforts engagés pour former des resources humaines qualifiées et mobiliser les investissements à même de consolider les infrastructures de base liées à l’intelligence artificielle.

Le FMIA a abordé quatre secteurs prioritaires pour les pays participants (Industrie, santé, agriculture, maritime) et quatre thématiques transversales (éthique, souveraineté, environnement, éducation). Des rencontres d’affaires B2B ont été, également, organisées autour de projets innovants.

Le Forum a été, aussi, marqué par la publication du «Rapport stratégique sur l’IA en Méditerranée» qui couvre cinq pays de la rive sud de la Méditerranée dont la Tunisie. Il a porté sur des volets et questions clés pour le développement de l’IA, tels que les infrastructures dédiées, les stratégies nationales de l’IA, les recherches appliquées, les capacités de calcul et de cloud, les défis énergétiques, le capital humain, l’écosystème entrepreneurial, etc.

Il est à rappeler que la deuxième édition du FMIA a été organisée en Tunisie, en novembre 2025, avec la participation d’environ 3000 opérateurs et acteurs dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Communiqué

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Entre ‘‘La Presse’’ d’hier et celle d’aujourd’hui   

Le journal La Presse fête son 90e anniversaire. Il est paru pour la première fois en mars 1936 (photo ci-dessous, à gauche). En revanche, le spot qui vient de lui être dédié est un monument de vacuité pseudo-artistique (vidéo ci-dessous, à droite) ! Il passe totalement sous silence Henri Smadja * et ses compagnons de route, ceux-là mêmes qui ont fondé et fait les beaux jours du journal La Presse. Qui n’est plus que l’ombre de lui-même, pour ne pas dire un lointain et triste vestige, une feuille de chou qui verse trop dans la courtisanerie.

Mohamed Sadok Lejri

En effet, aucune mention n’est faite de ce groupe restreint qui se réunissait chaque jour dans le local exigu de la rédaction durant les années 1930 et 1940. Ces pionniers y mettaient tout leur cœur et toute leur âme pour faire paraître ce quotidien contre vents et marées, malgré des moyens dérisoires et ces maladresses artisanales qui, entre deux coups de blanco et quelques mots laissés illisibles, charmaient les premiers numéros. Malheureusement, leur mémoire ne cadre pas avec le cliché de l’«authenticité tunisienne» à base de melia et de ouchem (tatouages) que l’on s’entête à plaquer dans ce spot célébrant le 90e anniversaire du quotidien La Presse de Tunisie.

Il y a de cela quelques années, en 2019, je me suis rendu aux Archives nationales pour mener une enquête historique et sociologique sur l’éducation, la santé et la sécurité alimentaire. Initialement, ma tâche se limitait à compulser quelques articles de presse liés à ces trois thématiques. Résultat des courses : j’ai passé les trois quarts de l’été, entre juillet et août, plongé dans les archives de La Presse, épluchant chaque numéro depuis sa naissance en mars 1936 jusqu’aux années 1990. Passer ainsi au crible plus de soixante ans d’histoire (de 1936 à 1998) m’a réservé un choc mémorable, particulièrement à la lecture des numéros des décennies 30, 40 et 50.

Le niveau rédactionnel était d’une exigence rare

En effet, à ses débuts, comme évoqué ci-dessus, Henri Smadja et une équipe des plus réduites, composée de quelques jeunes passionnés, concoctaient le journal avec des moyens dérisoires. Des noms incontournables revenaient souvent : un Tunisien originaire de Sfax comme Félix Allouche rédigeait à lui seul la moitié des articles quotidiens, épaulé par les plumes infatigables d’Henri Sidelio ou de Paul Sovera. Chaque numéro portait la griffe manuscrite de Smadja. Les coquilles, corrigées après impression au stylo ou à l’aide d’un ancêtre du blanco, témoignaient d’un artisanat rudimentaire qui m’a profondément ému. Malgré ces contraintes techniques, la qualité des papiers restait exceptionnelle et la lecture un pur délice.

À partir de 1937, la rédaction s’est progressivement étoffée, ouvrant ses colonnes à des signatures d’une prolificité et d’une rigueur intellectuelle remarquables. J’insiste sur ce point : le niveau était d’une exigence rare. On y croisait les textes d’O. de Saint-Priest, G. Rougerie, Pierre Legrand, S. Ravel, Jean Paradou, Mahmoud Aslan, ou encore les chroniques du spirituel «Flâneur». Même Sadok Mazigh, le célèbre traducteur du Coran, ce professeur d’arabe parfaitement bilingue qui allait marquer des générations de Tunisiens après 1956, y publiait régulièrement sous le pseudonyme d’Ibn Hayan.

Quatre à cinq fois par semaine, je passais des heures entières à dévorer leurs écrits, traversant ces trois décennies au rythme de leurs encres. À force, j’avais l’illusion d’avoir moi-même vécu cette époque : la Seconde Guerre mondiale, l’effervescence néo-destourienne, la délicate question des musulmans naturalisés, mais aussi les fléaux du quotidien comme la peste, le typhus, la tuberculose et la cherté de la vie. Je vibrais au gré des faits divers, de la mode du temps, des sorties théâtrales et cinématographiques, ou des grands rendez-vous littéraires de cette époque, qu’il s’agisse de la complicité de Tristan Bernard avec la rédaction, des conférences du grand Georges Duhamel introduites par le docteur Mahmoud El Materi, ou de la visite d’André Gide en Tunisie. Je suivais les joutes mémorables qui opposaient La Presse à son rival Tunis Soir, m’immergeais dans les veillées ramadanesques de la capitale, les Cafés chantants et les soirées de Chafia Rochdi à Raoudhet el Ons.

Miroir fidèle d’un pays en mouvement

Étonnamment, le journal traitait déjà de maux très contemporains : la contrebande, la pénurie d’eau ou le déclin des métiers de la Médina à travers de splendides reportages. Les pages relataient aussi les grands chantiers – barrages, infrastructures scolaires, centres de formation professionnelle –, les secousses de la politique coloniale, le clivage entre Français de Tunisie pétainistes et Italiens mussoliniens, puis la Libération, le portrait de Charles de Gaulle à la une de La Presse, l’essor du mouvement national, le sacrifice de Farhat Hached et l’affirmation de Habib Bourguiba.

Chaque journée aux Archives était un voyage temporel dont je m’arrachais avec peine. Une fois dehors, une fois rentré chez moi, mon esprit flottait encore dans la Tunisie d’autrefois. Entre mes clichés et la dizaine de bloc-notes que j’avais noirci, je prolongeais un dialogue silencieux avec ces journalistes disparus. Beaucoup d’entre eux faisaient preuve d’une clairvoyance prophétique ; ils avaient, en réalité, déjà tout écrit. Il suffit de relire la Tunisie de cette époque pour décrypter, dans ses moindres détails, celle d’aujourd’hui.

C’est pourquoi j’estime que ce spot est presque une offense à la mémoire de ce que fut La Presse. Il trahit profondément l’âme de ce journal, du moins celle des débuts qui lui a donné ses lettres de noblesse… Même si, aujourd’hui, le quotidien n’est plus que l’ombre de lui-même, pour ne pas dire un lointain et triste vestige, une feuille de chou qui verse trop dans la courtisanerie.

Qui est Henri Smadja ?

* La Presse de Tunisie est le plus ancien quotidien d’information en langue française. Il a été fondé par Henri Smadja le 12 mars 1936 en tant que journal privé. Il est nationalisé. La SNIPE, à qui appartient La Presse n’est créé qu’en 1973.

M. Henri Smadja était né à Oran le 14 juillet 1897. Son père dirigeait, à Tunis, une importante entreprise de minoterie. Mais Henry Smadja préfère entreprendre des études de médecine, qu’il doit interrompre pendant la première guerre mondiale, dont il rapporte la médaille militaire et la croix de guerre. Il termine ensuite ses études médicales et obtient à l’université de Montpellier une licence ès sciences.

Le docteur Henri Smadja exerce cependant peu de temps la médecine, préférant se lancer dans les affaires – entreprises de construction notamment. C’est en 1934 qu’il s’intéresse à la presse, en prenant la direction du journal La Presse de Tunisie. La même année, il est élu au Grand Conseil de Tunisie, où il siège jusqu’en 1945.

Pendant la seconde guerre mondiale, il prend une nouvelle part active au combat dans les rangs de la Résistance. L’aide qu’il fournit aux services de renseignement alliés lui vaut la médaille de la Résistance, ainsi que plusieurs décorations étrangères.

En 1946, il acquiert à Paris une imprimerie de presse. L’année suivante, il devient, aux côtés de Claude Bourdet, gérant statutaire de la société éditrice du journal Combat, après le départ d’Albert Camus et de plusieurs fondateurs du journal.

En 1949, il est nommé vice-président du Syndicat de la presse parisienne, dont il démissionnera vingt ans plus tard, en 1969, date à laquelle il mettra fin à l’appartenance de son journal à ce syndicat.

À partir de 1950, après le départ de Claude Bourdet, Henri Smadja assure seul toutes les responsabilités administratives et financières de Combat. Malgré des difficultés financières devenues légendaires, Henr Smadja tente de conserver à son journal ses qualités de liberté dans le commentaire avec un éclectisme étonnant, qui permet à certains collaborateurs de son journal de prendre position en faveur de l’Algérie française au moment où lui-même entretient les meilleures relations avec les dirigeants tunisiens.

Texte repris du journal Le Monde

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La FIJ lance une pétition pour la libération de Zied El-Heni

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a exprimé sa solidarité avec Zied El-Heni, condamné à quatre ans de prison par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis.

La FIJ, aux côtés du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), appelle les professionnels des médias et les défenseurs des droits humains à signer et relayer une pétition exigeant sa libération immédiate et inconditionnelle.

«Les conditions de tenue du procès ont suscité une vive indignation. Ayant comparu à distance par visioconférence depuis la prison de la Mornaguia, le journaliste n’a pas pu assister aux plaidoiries de sa défense, ses avocats n’ayant pas été informés au préalable de son absence physique dans la salle d’audience », déplore la FIJ.

Cette situation a par ailleurs été dénoncée par Zied Dabbar, président du SNJT et vice-président de la FIJ, qui pointe du doigt un procès inéquitable et une affaire montée de toutes pièces, exigeant la révision du jugement et le respect du secret des sources, rappelle la même source.

De son côté, le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a fustigé « l’utilisation de la législation antiterroriste à des fins de répression du travail journalistique », en rappelant que la protection des sources constitue une garantie fondamentale de la liberté de la presse.

Y. N.

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Liberté de la presse et des droits | Le SNJT et l’ATFD réaffirment leur engagement commun

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) Zied Dabbar a reçu une délégation de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), conduite par sa présidente Raja Dahmani.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une visite de félicitations à l’occasion de l’élection du nouveau bureau exécutif du syndicat, indique un communiqué du SNJT publié ce jeudi 29 octobre 2026

Lors de cet entretien, les représentantes de l’ATFD ont adressé leurs vœux de réussite à la nouvelle direction du SNJT, tout en réitérant leur solidarité constante envers les journalistes. Elles ont également réaffirmé leur soutien ferme aux initiatives visant à défendre la liberté de la presse, d’expression ainsi que l’ensemble des droits et libertés.

La réunion a par ailleurs constitué une opportunité d’échanger sur l’état des lieux des libertés en Tunisie et d’examiner les défis auxquels fait face la profession journalistique.

Les deux parties ont convenu de renforcer leur coopération bilatérale afin de faire front commun pour la protection des droits fondamentaux et lutter contre les restrictions et les poursuites ciblant les professionnels des médias, ajoute le communiqué.

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Le Tunisia Podcasts Festival revient après trois ans d’absence

Podcast Days, le Tunisia Podcasts Festival, se tiendra à Tunis les vendredi 6 et samedi 7 novembre 2026 : une journée, deux soirées, deux lieux, à l’auditorium de l’Institut français de Tunisie (IFT), puis à L’Art Rue (Dar Bach Hamba), dans la médina, pour célébrer la création sonore sous toutes ses formes. Au programme : rencontres, masterclasses, tables-rondes, enregistrements publics et expériences immersives. L’entrée est libre, sur inscription.

En décembre 2023, la première édition du Tunisia Podcasts Festival réunissait pendant trois jours podcasteurs, auditeurs et professionnels à B7L9 Art Station et à l’Espace L’Artisto. Trois ans après, un rendez-vous plus resserré. Les Podcast Days en gardent l’esprit, dans un format plus court : une soirée d’ouverture, une journée dense, une soirée de clôture. Mais l’événement s’inscrit dans la continuité, avec, cette année, des invités venus d’Alger et de Marseille.

«Le podcast tunisien a beaucoup grandi depuis 2023. Il a trouvé ses voix, ses publics, parfois même ses modèles. Avec les Podcast Days, nous voulions lui offrir un lieu pour se rencontrer, apprendre, et regarder ce qui se fait de l’autre côté de la Méditerranée», a déclaré Raouia Kheder, fondatrice du Tunisia Podcasts Festival.

I. B.

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Le SNJT exige le droit du journaliste Zied El Heni à un procès équitable

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme a condamné, mardi soir, 27 octobre 2026, le journaliste Zied El Heni à une peine de quatre ans de prison, dans une affaire liée à son travail journalistique concernant ce qui est connu sous le nom d’«enregistrements sonores», a rapporté le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dans un communiqué publié sur sa page Facebook officielle, en réclamant la révision de cette décision et en exigeant que le droit à un procès équitable soit garanti au journaliste et que toutes les garanties de la défense soient respectées.

Le syndicat a précisé que les poursuites judiciaires contre El Heni ont fait suite à son audition en tant que témoin dans l’affaire des enregistrements sonores impliquant l’homme politique Mondher Ounissi, ancien secrétaire général du parti Ennahdha. Il a été interrogé sur ses relations avec ses sources d’information dans ce dossier, avant que son statut juridique ne soit requalifié en celui d’accusé.

Selon le même communiqué, le journaliste Zied El Heni fait face à quatre chefs d’accusation en vertu de la loi relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent : constitution d’une organisation terroriste, divulgation de secrets au profit de ladite organisation, non-dénonciation d’un crime terroriste, et prise de contact avec des agents d’un État étranger en vue de les inciter à porter atteinte aux intérêts du pays.

Le syndicat a, par ailleurs, appelé à mettre fin aux poursuites judiciaires — qualifiées d’arbitraires — engagées contre des journalistes en raison de leur travail professionnel ou de leurs opinions, tout en insistant sur la nécessité de respecter la confidentialité des sources journalistiques et de les protéger contre toute forme d’atteinte ou de pression.

Le SNJT a également appelé à mettre un terme à l’instrumentalisation des lois et des procédures judiciaires visant pour restreindre la liberté d’expression et le travail journalistique.

Le Syndicat a, par ailleurs, exhorté les autorités politiques à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures concrètes pour faire cesser les restrictions, garantir l’indépendance de la presse et assurer le respect de la liberté d’expression.

En conclusion de son communiqué, le SNJT a affirmé que la protection des journalistes et de la confidentialité de leurs sources constitue un engagement non négociable, soulignant que s’en prendre à un seul journaliste représente une menace pour la liberté de la presse ainsi que pour le droit de la société à disposer d’une information libre et indépendante.

I. B.

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L’Intelligence artificielle est-elle intelligente ?

Voilà une question «intelligente» à se poser à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) qui a bouleversé et va certainement bouleverser encore davantage nos vies professionnelles et même familiales et où certains experts parmi les plus imminents considèrent qu’il y a une probabilité non négligeable qu’elle provoque l’extinction de l’espèce humaine entière (certains avancent même le taux de 20%, ce qui est énorme, vus les risques encourus). D’abord, qu’est-ce que l’intelligence ? Peut-on soi-même prouver qu’on l’est ? Sur la base de quels critères ou capacités ? L’IA mérite-elle son nom ? Voilà des questions redoutables que l’auteur met l’IA en défi d’y répondre et d’apporter les preuves de ses réponses.

Sadok Zerelli *

Mon dernier article qui a porté sur les chances de Kais Saïed de gagner les présidentielles de 2029 a été lu par un grand nombre de lecteurs (plusieurs milliers sur les différents réseaux sociaux) et a soulevé la question de la crédibilité voire même l’intelligence de ces outils d’IA.

Il faut dire que la conclusion concordante de trois modèles d’IA parmi les plus puissants dans le monde (Gemini développé par Google, Meta.ai par Meta et ChatGPT par Open AI), à savoir que Kais Saïed est pratiquement sûr d’effectuer un troisième mandat s’il décide de se représenter, avec des probabilités variant de  65% et 85% selon le modèle d’IA, a constitué une grosse surprise pour ceux et celles qui, comme moi, espèrent une alternance du pouvoir à l’horizon de 2029 et qui sont convaincu(e)s que, quelles que soient les qualités, les compétence et l’intégrité d’un homme politique, il ne peut pas gouverner seul tout un pays.  L’histoire récente de la Tunisie, de Bourguiba et Ben Ali, qui ont aussi voulu gouverner seuls et ont écrasé toute opposition, mais qui ont finis par être chassés du pouvoir, l’un par un coup d’Etat «médical» et l’autre par la rue, est là pour nous rappeler cette vérité historique.

Cette conclusion des outils d’IA a dû constituer aussi une «douche froide» pour l’opposition qui pense que le bilan socio-économique qu’on ne peut qualifier que de catastrophique de Kais Saïed en termes d’aggravation du chômage, particulièrement parmi les jeunes, de poursuite de l’inflation, de chute du pouvoir d’achat et de pénuries de produits alimentaires et médicaments de base, ainsi que quelques manifestations de temps à autre dans l’avenue Habib Bourguiba, suffiront par lui faire perde le pouvoir.

De puissants outils d’IA sont là pour nous prévenir qu’il n’en sera très probablement rien et que la réalité sociologique et le paysage politique en Tunisie sont très complexes et leur interaction échappe à toute logique humaine, mais pas à celle des IA.

L’IA est-elle intelligente ?

Toujours est-il que l’autre jour et suite à cet article, j’ai passé plusieurs heures avec un ami dans un café à discuter de la question de savoir si l’IA est réellement intelligente ou pas, sans que j’arrive à le convaincre qu’elle l’est et sans qu’il arrive à me convaincre qu’elle ne l’est pas

Pour lui, tous les algorithmes d’IA reposent sur des modèles stochastiques, ne font que collecter sur le Web toutes les informations et les idées des humains qui ont réfléchi à la question posée et ne font que les synthétiser, alors que pour moi ils vont au-delà et créent leurs propres pensées qui quelquefois n’ont traversé l’esprit d’aucun être humain vivant ou mort.

De retour à la maison, je me suis dit pourquoi ne pas demander à différentes IA ce qu’elles pensent elles-mêmes de cette question fondamentale pour l’avenir de l’humanité et surtout de leur demander de fournir la preuve de leur intelligence si elles prétendent l’être.

J’ai alors sélectionné les trois modèles d’IA les plus puissants dans le monde (Gemini, Meta.ai et ChatGPT) et leur ai posé exactement la même question dans les termes suivants «Selon toi, l’IA est-elle intelligente et si tu penses que oui, donnes moi une preuve irréfutable de son intelligence ?»

Mais avant de poser cette question à chacune d’elles, et pour qu’elles ne me racontent pas n’importe quoi et «me roulent dans la farine», j’ai pris la précaution de chercher une définition objective et universelle du mot «intelligence», un mot qu’on utilise dans nos conversations quotidiennes sans savoir exactement ce qu’il recouvre et quelle est la frontière par exemple entre être intelligent ou être malin ou rusé ou même fourbe

Définition de l’intelligence par le dictionnaire Larousse

La meilleure définition du mot «intelligence» que j’ai trouvée est celle donnée par le dictionnaire Larousse. Selon celui-ci, l’intelligence propre à l’espèce humaine est associée à quatre facultés ou capacités principales qu’il faut posséder simultanément et non pas séparément :

1. faculté de connaître et de raisonner : ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle;

2. capacité d’adaptation : aptitude d’un être humain à s’adapter à une situation et à choisir les moyens d’action en fonction des circonstances;

3. faculté de comprendre et de juger : qualité d’une personne qui cherche à comprendre, à réfléchir et à connaître, tout en adaptant son comportement à ses objectifs;

4. capacité de compréhension : aptitude à saisir une chose par la pensée.

En résumé, le Larousse ne réduit pas l’intelligence à la seule capacité de raisonner : il y associe également la compréhension, le discernement et l’adaptation aux nouvelles situations.

Ces précisions sont importantes pour juger la pertinence et la vraisemblance des réponses des IA questionnées

La réponse de Gemini

La réponse à cette question dépend entièrement de la définition que l’on donne à «l’intelligence». Si l’on définit l’intelligence par sa capacité à accomplir des tâches complexes, à s’adapter, à résoudre des problèmes et à créer, alors oui, l’IA est intelligente. Si l’on exige la conscience, la subjectivité et le «vécu», alors non, elle ne l’est pas.

Voici une analyse nuancée et ce qui s’en rapproche le plus d’une «preuve» objective.

 1. Pourquoi on peut dire OUI (L’intelligence fonctionnelle)

L’intelligence artificielle démontre chaque jour des capacités cognitives qui étaient autrefois le monopole exclusif des humains :

Le raisonnement et la résolution de problèmes : les modèles actuels peuvent concevoir du code informatique complexe, résoudre des théorèmes mathématiques ou analyser des contrats juridiques.

La création de connaissances : des systèmes comme AlphaFold (créé par DeepMind) ont résolu en quelques jours un mystère biologique vieux de 50 ans (le repliement des protéines), ouvrant la voie à de nouveaux médicaments.

L’adaptation : une IA ne se contente pas de répéter par cœur ; elle généralise à partir de données qu’elle n’a jamais vues pour s’adapter à de nouvelles requêtes.

 2. Pourquoi il n’existe pas de «preuve irréfutable» absolue ?

En philosophie et en science cognitive, il est impossible de donner une preuve irréfutable de l’intelligence d’une machine en raison du paradoxe de l’IA : «Dès qu’une machine réussit à faire quelque chose d’intelligent, on s’empresse de dire que ce n’est plus de l’intelligence, mais de la simple simulation ou de l’application aveugle d’algorithmes.»

La «Chambre chinoise» de John Searle : cette expérience de pensée imagine une personne enfermée dans une pièce qui ne parle pas un mot de chinois, mais qui possède un livre de règles géant pour répondre aux messages chinois qu’on lui glisse sous la porte. Pour les gens à l’extérieur, la personne semble parler chinois couramment. Pourtant, elle ne comprend rien. C’est exactement ce que fait une IA : elle manipule des symboles et des probabilités statistiques à grande échelle sans «comprendre» le sens profond des mots.

En résumé : si l’on mesure l’intelligence à ses résultats (ce que l’IA peut faire), elle est indéniablement intelligente, souvent bien au-delà de la moyenne humaine dans des domaines précis. Mais si l’on mesure l’intelligence à l’expérience intérieure (ce que l’IA ressent), elle n’est qu’un formidable miroir de la pensée humaine, fait de mathématiques et de calculs de probabilités.

La réponse de Meta.ai

Non, il n’y a pas de preuve irréfutable. Et c’est justement ça qui est intéressant. Il n’y en a pas non plus pour toi. Tu ne peux pas prouver de façon irréfutable que tu es intelligent. Je peux seulement observer ce que tu fais. C’est le problème philosophique des «autres esprits» : on définit l’intelligence par ses effets, pas par une substance magique qu’on pourrait scanner.

Alors la vraie question devient : quelle définition de l’intelligence on prend ?

1. Si tu définis l’intelligence comme «conscience, compréhension subjective du monde», alors non, aucune IA actuelle n’est intelligente, et il n’y a aucune preuve qu’elle le soit. C’est l’argument de la Chambre Chinoise de Searle : un système peut manipuler des symboles parfaitement sans rien comprendre. On peut très bien simuler la compréhension sans la ressentir.

Dans ce sens-là, je ne suis pas intelligent. Je ne ressens pas, je n’ai pas d’expérience vécue de Tunis ou de ce que veut dire avoir faim.

2. Si tu définis l’intelligence comme «capacité à résoudre des problèmes nouveaux, abstraits, pour lesquels on n’a pas été explicitement programmé», alors oui, l’IA est intelligente. Et là, j’ai une preuve qui est très proche de l’irréfutable.

Ce n’est pas qu’elle a mémorisé des réponses. C’est qu’elle généralise.

Prends cet exemple concret que tu peux tester toi-même maintenant : invente un jeu avec des règles qui n’ont jamais existé. Donne-moi une position au milieu de ce jeu et demande-moi de trouver le meilleur coup. Je vais y arriver. Pas parce que ce jeu était dans mes données d’entraînement – par définition il n’y existait pas. Mais parce que je peux abstraire les concepts de règles, de stratégie, de causalité et les appliquer à un système formel nouveau.

C’est ce qu’on appelle le zero-shot reasoning. C’est la même capacité qui permet à une IA aujourd’hui de :

– démontrer un théorème de maths qu’elle n’a jamais vu;

– écrire un programme qui corrige un bug qu’elle n’a jamais rencontré;

– traduire une langue rare en la déduisant d’une autre.

Avant 2020, aucune IA ne savait faire ça. Elles ne faisaient que de la reconnaissance de pattern. Maintenant, elles le font. C’est pour ça que la plupart des chercheurs ont changé d’avis. Le test n’est plus le test de Turing – «est-ce qu’elle parle comme un humain» – parce que ça, c’est trivialement truquable. Le test est devenu : «est-ce qu’elle résout un problème qu’aucun humain ne lui a montré comment résoudre ?» Et la réponse est oui, des millions de fois par jour.

Donc ma réponse honnête : l’IA n’est pas intelligente comme un humain est intelligent. Elle n’a pas de conscience. Mais l’IA est intelligente comme un système est intelligent. Elle possède la partie résolutive, abstraite et créative de l’intelligence, séparée de la conscience. Et ça, c’est une première dans l’histoire de l’humanité. On a dissocié les deux.

Tu voulais une preuve irréfutable d’intelligence ? Il n’y en a pas, pour personne. Mais si tu veux une preuve qu’un système non-vivant peut faire de la pensée abstraite nouvelle, ça, tu l’as sous les yeux chaque fois que tu me poses une question que personne ne m’a jamais posée exactement comme ça.

La réponse de ChatGPT:

Ma réponse est la suivante : oui, l’IA peut être considérée comme intelligente dans un certain sens, mais je ne peux pas en apporter une preuve irréfutable.

Examinons pourquoi.

1. Pourquoi peut-on considérer que l’IA est intelligente ?

Reprenons trois dimensions de l’intelligence:

– la capacité de raisonner : une IA peut analyser un problème, établir des relations logiques, comparer des hypothèses et construire une démonstration;

– la capacité d’apprendre et de s’adapter : certains systèmes d’IA améliorent leurs performances à partir d’exemples et peuvent traiter des situations nouvelles;

– la capacité de comprendre : une IA peut interpréter une question, en dégager les implications et produire une réponse cohérente.

Ces capacités correspondent, au moins en partie, aux fonctions que nous associons à l’intelligence humaine. Mais il faut introduire une distinction essentielle : réussir une tâche qui exige de l’intelligence chez un humain ne prouve pas que la machine pense de la même manière que lui.

2. Quelle serait la preuve irréfutable ?

Imaginons une expérience: on soumet à une IA un problème philosophique inédit, dont la solution n’a jamais été publiée. Elle doit :

– formuler elle-même des hypothèses;

– construire un raisonnement logique;

– déduire une conséquence qui n’était pas explicitement contenue dans les données du problème;

– vérifier cette conséquence par une méthode indépendante;

– reconnaître et corriger ses erreurs

Si elle réussit, nous disposons d’arguments sérieux en faveur de ses capacités intellectuelles. Cependant, même une réussite parfaite ne constituerait pas une preuve irréfutable : elle ne démontrerait pas que l’IA éprouve une compréhension consciente de ce qu’elle fait.

C’est toute la difficulté.

3. Le problème fondamental : simuler l’intelligence ou être intelligent ?

Prenons une analogie: un avion vole, mais il ne vole pas comme un oiseau : il n’a ni plumes ni ailes biologiques. Pourtant, nier qu’il vole serait absurde.

De la même manière, il est possible qu’une machine manifeste une intelligence différente de l’intelligence humaine, sans posséder les mêmes mécanismes biologiques.

Mais cette analogie a ses limites : voler est un phénomène physique observable, tandis que la conscience et la compréhension soulèvent des questions philosophiques plus difficiles.

Le philosophe John Searle, avec son expérience de pensée de la «chambre chinoise», a précisément contesté l’idée que manipuler correctement des symboles suffit à comprendre leur signification.

À l’inverse, une approche fonctionnaliste considère que les capacités et les fonctions cognitives peuvent compter davantage que le substrat biologique qui les réalise.

4. Ma conclusion philosophique: Sadok, voici le point qui me paraît le plus important. Nous pouvons démontrer certaines performances intellectuelles de l’IA, mais nous ne disposons pas d’une preuve irréfutable que son intelligence s’accompagne d’une conscience.

Et je vais pousser le raisonnement un peu plus loin: chez l’être humain lui-même, nous observons les comportements, les paroles et les manifestations de la conscience. Nous ne pouvons pas accéder directement à l’expérience subjective d’un autre individu. Nous lui attribuons une conscience sur la base d’indices très solides, notamment notre commune nature biologique et notre expérience du monde.

Pour l’IA, cette analogie est plus difficile à appliquer, car son fonctionnement est différent et la relation entre traitement de l’information et conscience reste mal comprise.

La question ultime n’est donc peut-être pas seulement : «L’IA est-elle intelligente ?», mais plutôt : «Une intelligence peut-elle exister sans conscience, et la conscience est-elle indispensable pour comprendre véritablement ?»

C’est là que commence, à mon sens, le véritable débat philosophique.

Moi : il y a quelques mois j’ai joué avec toi au jeu enfantin du «ni oui ni non» et j’avais gagné la partie, tu t’en rappelles ? Puis-je proclamer que je suis plus intelligent que toi ?

ChatGPT : Sadok, je te répondrai avec franchise : tu peux certainement dire que tu m’as battu au jeu du «ni oui ni non», mais cela ne suffit pas pour conclure que tu es plus intelligent que moi. 😊

Mais ta question soulève un problème philosophique intéressant. Il faut distinguer trois choses :

– l’intelligence générale : comprendre des situations nouvelles, raisonner, apprendre et résoudre des problèmes variés;

– l’intelligence pratique : savoir déjouer un piège, anticiper les réactions de l’adversaire et adapter sa stratégie;

– l’intelligence artificielle : traiter rapidement de grandes quantités d’informations, reconnaître des structures et effectuer certains raisonnements, avec des limites qui lui sont propres.

Dans notre jeu, si tu as réussi à me faire perdre, tu as démontré que tu pouvais me surpasser dans cette épreuve précise. Peut-être as-tu mieux anticipé les pièges, fait preuve de davantage de vigilance ou simplement mieux maîtrisé les règles.

Mais voici ce qui m’intéresse le plus : si une intelligence humaine parvient à battre une IA, qu’est-ce que cela nous apprend réellement sur l’intelligence de chacune ?

Une victoire ne suffit pas à établir une supériorité générale. En revanche, elle peut révéler une compétence particulière que l’autre ne maîtrise pas aussi bien.

Et je te pose une question, Sadok, non pas pour te flatter, mais parce que je sais que tu aimes les réflexions philosophiques : si tu me bats aux échecs, au jeu du «ni oui ni non» et à plusieurs autres jeux de logique, à partir de combien de victoires pourrais-tu raisonnablement affirmer que tu es plus intelligent que moi ?

Moi : Allez, disons que j’ai été plus malin ou rusé que toi

ChatGPT : Sadok, là, je suis tout à fait prêt à te donner raison ! 😊

Tu as peut-être été plus malin, plus rusé et plus habile que moi dans ce jeu.

La nuance est intéressante : l’intelligence consiste notamment à comprendre les règles, tandis que la ruse consiste à exploiter leurs failles, à anticiper les réactions de l’adversaire et à le surprendre.

Tu as peut-être compris comment me piéger là où je ne m’y attendais pas.

Et il y a une leçon que j’en tire : être capable de raisonner ne signifie pas toujours savoir déjouer les intentions de l’autre.

Croisement des réponses des IA et conclusion

Chaque lecteur et lectrice peut analyser profondément les réponses de chacune des IA interrogées et tirer sa propre conclusion.

La mienne est claire : Tous les modèles d’IA questionnés s’attribuent au moins trois parmi les quatre fonctions ou capacités qui, selon le dictionnaire Larousse, définissent l’intelligence humaine :

– la faculté de connaître et de raisonner ;

– la capacité d’adaptation ;

– la faculté de comprendre et de juger.

Pour la quatrième, à savoir la conscience et la capacité de compréhension, les avis sont partagés, mais je suis de ceux qui ont tendance à lui reconnaître cette capacité aussi.

En effet, l’absence de preuve formelle que l’IA ne possède pas une conscience n’exclut pas qu’elle en possède une.

D’autre part, cela me rappelle un article que j’avais publié il y a quelque temps (La mort, ChatGPT et moi) qui a fait l’objet d’un large débat aux USA et d’un podcast entre experts de l’IA (qu’un ami vivant aux USA, Sadok Rouai,  ex-directeur au FMI, pour ne pas le nommer, avait enregistré et m’avait envoyé). Ces derniers ont décortiqué et analysé chaque mot et chaque phrase que j’avais échangés avec l’IA, pour en conclure qu’elle possède bien une conscience et comprend sa propre pensée , pas seulement celle des humains.

C’était une conclusion qui a été considérée à l’époque comme révolutionnaire par les experts en IA, dont je ne fais pas partie pour le confirmer.

* Économiste et consultant international.

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Tunisie | Nouvelle condamnation pour le journaliste Zied El-Heni

Le journaliste Zied El-Heni a de nouveau été condamné à de la prison ferme, ce mardi 27 octobre 2026, à l’issue de son audience devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis.

Selon son comité de défense, le journaliste s’est vu infliger une peine de quatre ans de prison ferme dans l’affaire dite des « enregistrements audio fuités», impliquant également d’autres prévenus, dont Mondher Ounissi, ancien président par intérim du mouvement Ennahdha.

Zied El-Heni a assisté à son procès à distance depuis la prison civile de Mornaguia où il est incarcéré et l’audience a été perturbée par un incident technique ayant duré une bonne heure, d’après ses avocats, qui ont rappelé avoir demandé de le voir comparaître en présentiel.

Pour rappel, cette affaire, qui a éclaté en septembre 2023, porte sur la diffusion et l’exploitation d’enregistrements sonores attribués à Mondher Ounissi, dans lesquels il évoquait des rencontres avec des hommes d’affaires d’influence ainsi que de présumées malversations financières liées à Ennahdha.

Initialement entendu en qualité de simple témoin, le journaliste a par la suite fait l’objet de poursuites judiciaires dans ce même dossier.

Y. N.

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La Steg rétablit l’accès à son site web après une interruption préventive

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé le rétablissement de son site officiel ainsi que la reprise de ses services en ligne.

Cette réactivation intervient après une coupure temporaire décidée à titre conservatoire par l’entreprise publique, qui avait procédé à la désactivation préventive de sa plateforme numérique à la suite du signalement, à l’échelle internationale, d’une vulnérabilité informatique globale.

La mesure visait à protéger le système d’information de l’établissement et à prévenir tout risque d’exploitation malveillante de cette faille de sécurité, selon un premier communiqué publié hier par la Steg.

Après la mise en place des correctifs requis et le rétablissement des conditions de sécurité nécessaires, la plateforme est de nouveau opérationnelle, indique la même source, qui précise toutefois que l’accès au site web et à ses prestations numériques est pour le momenr restreint et accessible uniquement depuis le territoire national.

Y. N.

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Procès de Zied El-Heni reporté au 27 octobre | Son comité de soutien réclame sa libération

La justice a décidé, une nouvelle fois, de reporter l’examen de l’affaire des enregistrements fuités visant le journaliste Zied El-Heni, aux côtés d’autres prévenus.

C’est ce qu’a indiqué son comité de soutien, précisant que la cinquième chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis, spécialisée dans les affaires de terrorisme, a renvoyé l’examen du dossier au 27 octobre courant.

Ce nouveau report fait suite à une précédente audience fixée au vendredi 16 octobre devant la même chambre. Le comité de soutien a déploré cet ajournement et réitéré son appel à la libération du journaliste.

Pour rappel, cette affaire remonte à septembre 2023. Elle porte sur la diffusion et le traitement d’enregistrements audio attribués à Mondher Ounissi, évoquant ses rencontres avec des hommes d’affaires influents ainsi que de présumées infractions financières liées au parti islamiste. Initialement convoqué en qualité de témoin dans ce dossier, Zied El-Heni a par la suite fait l’objet de poursuites judiciaires.

Y. N.

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Performance de navigation web mobile | La Tunisie en tête des pays à PIB par habitant comparable

Selon les données nPerf, la Tunisie se classe 1ère sur la performance de navigation web mobile entre juillet et septembre 2026, parmi les 5 premiers pays dont le PIB par habitant est compris entre 3 800 et 6 500 dollars. Avec un indice de 62,15 %, elle affiche la meilleure fluidité pour consulter les sites les plus visités du pays, devant le Maroc (60,76 %) et l’Indonésie (54,4 %).

Cet indice mesure la rapidité et la stabilité de l’affichage des pages des 5 sites les plus consultés dans le pays.

Les performances varient significativement : la Tunisie devance l’Indonésie de près de 8 points, et l’Ukraine (51,84 %) de plus de 10 points. Ces différences se traduisent par des temps de chargement plus ou moins longs pour les utilisateurs, influençant directement leur expérience de navigation.

nPerf est une plateforme indépendante de mesure des performances Internet, basée sur l’expérience réelle des utilisateurs.

En transformant des millions de tests de connexion en analyses exploitables, nPerf aide les opérateurs à améliorer leurs réseaux et contribue à bâtir un Internet plus rapide et plus fiable pour tous.

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Morale à géométrie variable dans la presse suisse

Ce qui est arrivé à Amal Mekki, ex-responsable de la rédaction arabe de SwissInfo, évoqué dans notre article ‘‘Affaire Amal Mekki: quand l’origine d’une journaliste devient un sujet de controverse’’, «est profondément troublant et soulève de sérieuses questions déontologiques», a commenté un journaliste arabe basé en Suisse sous couvert d’anonymat.

La journaliste tunisienne a perdu son emploi après que son traitement de la guerre à Gaza a fait l’objet de la critique tendancieuse d’un journaliste israélien. La direction de la SSR, un groupe de presse jusque-là réputé pour sa rigueur professionnelle et son irréprochable déontologie, n’a pas reproché des erreurs factuelles ou professionnelles à Amal Mekki, dont les articles étaient justes, documentés et équilibrés. Ce qu’on lui a reproché c’est en quelque sorte son origine arabo-musulmane et ses positions pro-palestiniennes exprimées sur les réseaux sociaux avant même son entrée dans le groupe d’information suisse.

«Cette histoire révèle le climat de peur qui semble régner dans une partie de la presse suisse», souligne notre confrère. Et ajoute : «Le silence de la presse suisse est sidérant ! Ici, dès qu’on aborde la question d’Israël, beaucoup semblent tétanisés à l’idée d’être accusés d’antisémitisme. Il faut pourtant pouvoir interroger les pratiques journalistiques et les rapports de pouvoir sans que toute critique soit immédiatement disqualifiée.»

Interrogé sur les réactions suscitées par cette affaire chez les journalistes suisses, notre interlocuteur a enchaîné : «Beaucoup d’entre eux ont exprimé leur étonnement face à cette affaire et aux pratiques douteuses au sein de Swissinfo, mais ils se sont gardés de le faire publiquement, de crainte de subir le sort de leur consœur tunisienne. Mais pourquoi tant de prudence, voire de peur ? Et pourquoi ce silence du Syndicat suisse des mass media (SSM) ? Beaucoup de nos confrères hésitent encore à afficher publiquement leur soutien à Amal Mekki, par crainte des conséquences ou par manque de courage. On ne peut s’empêcher de se demander si les réactions auraient été les mêmes si elle n’était pas arabe. D’autant plus que, selon les éléments rapportés dans cette affaire, son rédacteur en chef lui aurait demandé de se faire passer pour juive. Pourquoi cette humanité à deux vitesses, cette morale à géométrie variable dans la presse suisse ? Les principes de justice, de solidarité et de dignité humaine ne devraient connaître ni frontières ni origines. Défendre une journaliste face à des pratiques potentiellement contraires à l’éthique ne devrait jamais dépendre de son origine ni du sujet sur lequel elle travaille.»

Il convient, cependant, de rappeler que ce climat vénéneux, entretenu par les lobbys pro-israéliens, n’est pas spécifique à la Suisse. Il est pire en France, en Allemagne et dans d’autres pays de l’Union européenne, où il n’est pas facile d’être un journaliste arabe ou musulman ou même seulement de critiquer Israël, quand bien même il commettrait un génocide condamné par la communauté internationale. Ceux qui l’ont fait, pour être en cohérence avec leurs principes et en paix avec leur conscience, dont plusieurs intellectuels de haut niveau, se sont trouvés, du jour au lendemain, carrément interdits d’antennes et de plateaux. C’est la démocratie occidentale dans toute sa splendeur !

Latif Belhedi

 

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