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La démission de Keir Starmer révélée par Donald Trump avant Londres ?

Après que le Premier ministre britannique a démissionné lundi 22 juin, une décision déjà annoncée la veille par Donald Trump,  la voie semble désormais libre pour Andy Burnham, l’ancien maire de Manchester, probablement le candidat le mieux placé pour s’installer au 10 Downing Street de Londres.

Donald Trump a la rancune tenace. Car non content de s’immiscer ouvertement dans les affaires internes d’un pays ami, la Grande-Bretagne en l’occurrence, il a annoncé, dimanche 21 juin, la démission du Premier ministre britannique, Keir Starmer, bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite alors par ce dernier. Il l’accuse au passage d’avoir échoué sur certains dossiers. « Il a lamentablement échoué sur deux dossiers très importants : L’IMMIGRATION ET L’ÉNERGIE (OUVREZ LES GISEMENTS DE PÉTROLE DE LA MER DU NORD !). Je lui souhaite bonne chance. Je peux vous dire que nous n’avons pas affaire à Winston Churchill », a-t-il ironisé.

« Vengeance personnelle de bas étage »

Un geste indélicat qui relèverait d’une « vengeance personnelle», estime Guillaume Lavoie, professeur d’études stratégiques et diplomatiques à l’université de Québec.

« Quelqu’un qui suit la politique britannique n’est pas particulièrement surpris du départ éventuel à court terme du Premier ministre britannique dont les assises dans son parti vacillent de partout. Maintenant qu’un leader étranger décide d’aller faire cette espèce de déclaration tonitruante, le mot en latin pour ça, c’est “cheap” », a-t-il déclaré aux ondes de LCN.

« Le message du président américain en dirait davantage sur sa propre personne que sur la situation politique britannique », estime l’universitaire. Tout en ajoutant que « c’est une vengeance personnelle de bas étage parce que M. Starmer, comme Mme Meloni d’ailleurs, la Première ministre italienne, n’avaient pas suivi Donald Trump les yeux fermés dans le conflit iranien et dans d’autres choses », a-t-il encore souligné.

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Guillaume Lavoie estime également que ce type d’attaques envers des chefs d’État « envoie un signal négatif à l’international et finit par ternir les relations ».

« Il n’y a pour Trump aucune loyauté, aucun sens de l’État et de plus en plus dans les chancelleries du monde entier, on comprend qu’il ne soit pas un partenaire ni fiable ni honorable. Et cela se reflète négativement sur la posture des États-Unis », a-t-il ajouté, implacable.

Pourquoi tant de ressentiment de la part du milliardaire républicain envers son homologue britannique ? A cause du refus du désormais ex-Premier ministre d’aider les USA en Iran. « Starmer n’était pas là et les Britanniques n’ont pas apprécié son absence. Starmer a dit : ‘Nous serons là dès que vous aurez gagné’. J’ai répondu : ‘Nous n’aurons pas besoin de vous quand nous aurons gagné’», a ainsi ironisé Donald Trump.

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Démission en plein mandat

Rappelons que Starmer a confirmé lundi 22 juin lors d’un point de presse sa démission officielle en tant que Premier ministre et en sa qualité de chef du parti travailliste. Il demeurera toutefois en poste le temps qu’un successeur soit nommé par le parti. Le travailliste Andy Burnham a confirmé lundi qu’il se présenterait pour succéder au Premier ministre démissionnaire, et obtenu le ralliement du seul autre candidat déclaré, l’ex-ministre de la Santé, Wes Streeting.

« J’ai parlé à Sa Majesté le roi ce matin pour l’informer de ma décision. Je demanderai au Comité exécutif national du Parti travailliste d’établir un calendrier prévoyant l’ouverture des candidatures le 9 juillet, et leur clôture avant la fin de la pause estivale », le 1er septembre, a précisé le dirigeant de 63 ans devant les caméras.

« En cas d’élection interne, cela garantira qu’un nouveau chef soit en place avant la reprise des travaux du Parlement en septembre (…) Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer une passation de pouvoir dans les règles », a-t-il ajouté.

Et de conclure, la voie étranglée par l’émotion : « Toutes les décisions que j’ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j’aime. C’est pourquoi je vais démissionner de mon poste de président du Parti travailliste ».

Mais pourquoi le Premier ministre a-t-il fini par jeter l’éponge ? Avec une hausse importante du coût de la vie, et le plus haut taux de chômage depuis 2013, on lui reproche souvent son bilan économique désastreux. À cela s’ajoutent plusieurs fautes politiques notables. Comme d’avoir nommé Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington, son allié s’est avéré être un proche du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Sans oublier la démission de Wes Streeting, son ministre de la Santé, le mois dernier, lequel a dénoncé un manque de moyen et « avoir perdu confiance » dans le leadership du Premier ministre.

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Place à Andy Burnham ?

Son successeur serait probablement Andy Burnham, la personnalité politique préférée des Britanniques, selon l’institut YouGov. Devenu maire du Grand Manchester en 2017, il a relevé le pari de la reconversion d’une ville durement frappée par la désindustrialisation. Sous son impulsion, Manchester a retrouvé une centralité économique, regagné du poids dans l’équilibre territorial britannique et renforcé son attractivité internationale. Ses soutiens y voient la preuve qu’il pourrait transposer cette méthode à l’échelle nationale. Défenseur d’un État plus interventionniste, il plaide notamment pour la renationalisation de secteurs en difficulté, des transports à l’eau en passant par l’électricité. Ses adversaires, eux, lui reprochent de rester un homme de terrain, efficace à l’échelon local mais dépourvu d’envergure et de la vision stratégique qu’exige le poste de Premier ministre.

Reste qu’avec le départ de Keir Starmer, contraint de quitter le pouvoir en cours de mandat, le Royaume-Uni s’apprête à voir défiler son septième Premier ministre en dix ans ; un symptôme d’une instabilité politique inédite dans l’histoire contemporaine de la Perfide Albion.

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Le sommet UE—Royaume-Uni n’aura pas lieu en juillet

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a déclaré lundi 22 juin que le sommet entre l’UE et la Grande-Bretagne, prévu pour 22 juillet prochain, devrait être reporté. Et ce, suite à l’annonce de la démission du Premier ministre britannique, Keir Starmer. « Nous devons désormais absolument le reporter. Mais nous réévaluons la possibilité de tenir ce nouveau sommet » a-t-il précisé.

Pour sa part, Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, indique : « Suite à l’annonce ce matin (lundi 22 juin) de la démission du Premier ministre Starmer, nous réévaluons avec le président (du Conseil européen) Antonio Costa la possibilité de maintenir le sommet, comme annoncé la semaine dernière, et nous vous tiendrons informés »…

A cet égard, notons que la démission de Keir Starmer intervient à la veille du 10e anniversaire du vote britannique en faveur du Brexit. Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union européenne en 2020, quatre ans après le référendum qui a divisé le pays.

Depuis, le réchauffement des relations entre l’UE et le Royaume-Uni prôné par Starmer s’est jusqu’à présent révélé complexe à mettre en œuvre. Avec de nombreux points de friction ces derniers mois, notamment autour de l’industrie de la défense et du soutien de l’UE à l’industrie « made in Europe ».

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Royaume-Uni : Keir Starmer jette l’éponge

Le Royaume-Uni s’apprête à connaître son sixième Premier ministre en sept ans. En effet, Keir Starmer a officiellement renoncé ce lundi 22 juin à la direction du Parti travailliste. Il a annoncé son retrait depuis le perron du 10 Downing Street. Auparavant, il avait informé le roi Charles III de sa décision dans la matinée.

Keir Starmer est arrivé au pouvoir en juillet 2024. À l’époque, le Labour avait remporté une victoire électorale écrasante. Pourtant, l’ancien avocat spécialisé en droits humains, âgé de 63 ans, a reconnu lundi ne plus être en mesure de porter les couleurs de son camp. Les prochaines élections générales sont attendues en 2029. « J’ai entendu la réponse de mon parti et je l’accepte de bon cœur », a-t-il déclaré, visiblement ému.

Il avait pris la tête du Labour le 4 avril 2020. Il est ensuite devenu Premier ministre le 5 juillet 2024, soit près de deux ans d’exercice du pouvoir. Finalement, il a pris acte d’une perte de confiance interne sans tenter d’en inverser le cours.

Une transition encadrée jusqu’à la rentrée parlementaire

Le départ effectif de Starmer dépend du processus de désignation de son successeur. Le Labour disposant de la majorité aux Communes, son futur dirigeant deviendra mécaniquement Premier ministre. « Le nouveau dirigeant sera en poste avant la reprise des travaux du Parlement en septembre », a-t-il précisé. Il a ajouté qu’il resterait « à son poste jusqu’à la fin du processus de sélection ». Par ailleurs, il s’est engagé à offrir à son successeur « un soutien entier et sans équivoque ».

Le nom d’Andy Burnham circule avec insistance. Il a été élu député le 19 juin dernier. Ce proche du parti, surnommé le « roi du Nord », avait déjà brigué la tête du Labour en 2010, puis en 2015. De plus, sa popularité au sein de l’électorat travailliste est confirmée par un sondage YouGov. Jusqu’ici, toutefois, l’absence de mandat parlementaire lui barrait la route. Or, cette condition est sine qua non pour accéder à la direction du parti et, par conséquent, à la fonction de Premier ministre.

Réactions internationales

Les réactions internationales ont été contrastées. D’un côté, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a salué sur X un bilan positif. Selon elle, « la sécurité européenne et ukrainienne est plus forte » grâce à Starmer. Elle a également estimé qu’« il faut souvent des années à de nombreux dirigeants pour devenir l’homme d’État » qu’il est devenu « en seulement deux ans ». De l’autre côté, Donald Trump avait anticipé dès dimanche la démission du Premier ministre. Certes, il lui a souhaité « le meilleur ». Néanmoins, il avait auparavant jugé qu’il avait « échoué lamentablement ».

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