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Aéronautique : le géant turc Aksa Composites choisit la Tunisie pour sa première usine en Afrique

La Tunisie s’apprête à accueillir un nouvel acteur international dans le secteur aéronautique. Aksa Composites, filiale du groupe turc Akkök Holding spécialisée dans la production de matériaux composites destinés notamment à l’industrie aéronautique, ouvrira prochainement une unité industrielle en Tunisie.

L’annonce a été faite par Jalel Tabib, directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA Tunisia). Et ce, en marge de la cinquième édition des « Rencontres Tunisie de l’industrie aéronautique », organisée du 7 au 9 juillet 2026.

La nouvelle implantation devrait démarrer ses activités dans la zone industrielle de Borj Cédria. Ce projet représente un investissement estimé à 5 millions de dollars et s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer l’industrie tunisienne à forte valeur ajoutée, favoriser le transfert de technologies et consolider l’intégration du pays dans les chaînes de valeur mondiales des matériaux composites et de l’aéronautique.

Un secteur aéronautique en pleine dynamique

Selon Jalel Tabib, l’arrivée d’Aksa Composites illustre « une dynamique importante » dans l’industrie aéronautique tunisienne, un secteur qui dispose aujourd’hui de perspectives prometteuses.

« Ces investissements confirment l’attractivité croissante de la Tunisie dans l’aéronautique », a-t-il souligné, rappelant que la filière emploie désormais plus de 20 000 personnes.

Le responsable a également mis en avant l’expérience tunisienne dans la fabrication de composants aéronautiques, notamment à travers le pôle industriel d’El Mghira, dans le gouvernorat de Ben Arous, considéré comme une référence régionale. D’autres centres d’excellence se développent également à Sousse, Soliman (gouvernorat de Nabeul) et dans plusieurs autres régions du pays.

La filière compte aujourd’hui plus de 85 entreprises et affiche une croissance à deux chiffres, faisant de la Tunisie un acteur de plus en plus visible sur la scène aéronautique régionale et internationale.

« La FIPA, l’ensemble de l’écosystème économique et les ministères concernés sont mobilisés pour accompagner les investisseurs et poursuivre le développement de cette industrie qui constitue une vitrine du savoir-faire tunisien », a affirmé Jalel Tabib.

Il a également indiqué que la Tunisie ambitionne désormais de franchir un nouveau cap en attirant davantage d’acteurs internationaux et en explorant de nouvelles opportunités de coopération.

La confiance, moteur des investissements

De son côté, Stéphania Sonia Dellali, présidente du Groupement des industries tunisiennes des composants aéronautiques et spatiaux (GITAS), a salué la décision du groupe turc Akkök Holding de choisir la Tunisie pour implanter son premier site industriel sur le continent africain à travers sa filiale Aksa Composites.

« Ce choix traduit une conviction claire : en construisant la confiance, nous ouvrons la voie à l’investissement, à la coopération et à la création de valeur », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que l’industrie aéronautique repose avant tout sur la confiance, une confiance que les entreprises tunisiennes ont construite pendant près de 30 ans grâce à la qualité de leurs productions, au respect des normes internationales et à leur engagement auprès des grands donneurs d’ordre.

Aujourd’hui, la filière tunisienne regroupe plus de 80 entreprises et génère des exportations dépassant 650 millions d’euros, confirmant l’intégration progressive de la Tunisie dans les grandes chaînes de valeur mondiales de l’aéronautique.

La présidente du GITAS a également mis en avant les partenariats développés avec les organisations professionnelles internationales, notamment le Groupement des Industries Françaises de Défense et de Sécurité Terrestre et Aéroterrestre (GIFAS) et l’association allemande des industries aéronautiques et spatiales (BDLI), qui contribuent à renforcer les coopérations industrielles entre la Tunisie, la France et l’Allemagne.

« Notre ambition est de faire de la Tunisie une plateforme industrielle de référence dans la région méditerranéenne et en Afrique », a-t-elle affirmé.

Des atouts compétitifs pour séduire les investisseurs

Dans un contexte de profonde transformation de l’industrie aéronautique mondiale, la Tunisie dispose de plusieurs avantages compétitifs : sa position géographique stratégique au cœur de la Méditerranée, sa proximité avec l’Europe, la qualification de ses ressources humaines, la flexibilité de son tissu industriel et le potentiel de sa jeunesse.

Pour Samir Abdelhafidh, ministre de l’Économie et de la Planification, la compétitivité industrielle ne repose plus uniquement sur les coûts de production ou les capacités manufacturières.

Elle dépend désormais de la maîtrise des technologies avancées, de l’accès aux compétences, de la capacité d’innovation et de l’intégration intelligente dans les chaînes de valeur internationales.

« La Tunisie mise sur une ambition industrielle renouvelée, l’ouverture économique et la création de valeur », a-t-il indiqué, ajoutant que le pays souhaite renforcer son positionnement comme plateforme industrielle et technologique de référence dans l’espace euro-méditerranéen.

L’implantation d’Aksa Composites marque ainsi une nouvelle étape dans la montée en gamme de l’industrie aéronautique tunisienne et confirme l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour un secteur devenu stratégique pour l’économie nationale.

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Les chiffres de la BCT sur l’endettement renforcent le statu quo de l’investissement en Tunisie

En 2025, l’endettement total de la Tunisie n’a augmenté que de 3,9%, contre 4,5% un an auparavant, selon le dernier rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

La BCT attribue ce coup de frein à un double mouvement : la dette extérieure recule plus fortement (-9,9% contre -6,6% en 2024), tandis que la dette intérieure marque le pas, mais de façon plus modeste (+9,6% contre +9,8%).

L’extérieur recule, l’intérieur s’impose

L’encours de la dette extérieure s’est établi à 67 160 MTD à fin 2025, poursuivant sa baisse entamée depuis 2023. La BCT l’explique par des remboursements de principal supérieurs aux nouveaux financements mobilisés, combinés à un effet de change défavorable lié aux fluctuations du dinar. De son côté, la dette intérieure a atteint 199 254 MTD, tirée notamment par l’endettement de l’État (+21,6%, contre +24% en 2024).

Autre enseignement du rapport : le financement domestique pèse désormais trois quarts de la dette globale du pays, un poids qui ne cesse de grimper d’année en année (67% en 2023, 71% en 2024, 75% en 2025) !

L’État concentre la moitié de la dette

Toujours d’après le rapport 2025 de la BCT, l’État concentre à lui seul environ 50% de l’endettement national. Sa dette a progressé de 5,2% en 2025, une hausse moins marquée que celle de 2024, 6,6%. Les autres agents économiques non financiers ont pour leur part vu leur endettement croître de 2,7%.

Les dépenses liées au remboursement de la dette publique ont, elles, diminué de 1,5% sur l’année, s’établissant à 24 441,5 MTD. Cette baisse est portée principalement par le recul de 12,5% du service de la dette extérieure. La BCT anticipe cette même tendance pour 2026, avec un service à 23 057 MTD, en baisse de 5,7%.

Toujours pas assez pour encourager l’investissement

La baisse de la dette extérieure peut être interprétée comme un élément encourageant. Elle allège mécaniquement la pression sur les finances publiques et libère un peu de marge budgétaire. Pour les entrepreneurs et les investisseurs, le signal est plutôt positif: moins de dette extérieure à rembourser, c’est potentiellement moins de recours de l’État aux marchés financiers, donc moins de concurrence pour les liquidités disponibles localement.

Cependant, le poids croissant de la dette intérieure, portée à 75% du total, pourrait, à terme, peser sur l’accès au crédit bancaire pour le secteur privé, si l’État continue de mobiliser une large part de l’épargne domestique.

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Washington finance des projets en Tunisie jusqu’à 20 millions de dollars

L’ambassade des États-Unis en Tunisie a annoncé l’ouverture d’un appel à manifestation d’intérêt dans le cadre de l’annonce annuelle des programmes du Département d’État américain. Cette initiative vise à soutenir des projets destinés à renforcer les relations économiques entre la Tunisie et les États-Unis et à promouvoir une prospérité partagée entre les deux pays.

Selon un communiqué de l’ambassade, les projets recherchés devront contribuer au développement des échanges commerciaux, en mettant l’accent sur les principaux pôles économiques du pays, à savoir le Grand Tunis, Sfax, Sousse et Bizerte.

À ce stade, les candidats sont uniquement invités à soumettre une déclaration d’intérêt (« Statement of Interest ») de une à trois pages. La présentation d’une proposition de projet complète n’est pas requise dans cette première phase de sélection.

L’appel est ouvert à un large éventail d’organisations, notamment les associations à but non lucratif, les universités, les entreprises à but lucratif ainsi que les organisations internationales disposant d’une expérience de travail dans le contexte tunisien.

Les subventions accordées aux projets retenus pourront varier entre 250 000 dollars et 20 millions de dollars, pour une durée de mise en œuvre comprise entre 12 et 36 mois.

L’ambassade précise que les candidatures seront acceptées de manière continue jusqu’au 30 septembre 2026. Les porteurs de projets sont invités à déposer leur déclaration d’intérêt via la plateforme MyGrants et à adresser toute demande d’information à l’adresse électronique dédiée, en mentionnant le numéro de référence de l’appel à projets.

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Investissement : changement de carte, mais pas de cap

En Tunisie, l’investissement reste en panne. Non pas faute de volonté politique ou d’efforts législatifs, mais plutôt en raison d’une incapacité chronique à transformer les réformes en réalisations tangibles.

 

La période 2021-2025 illustre cruellement ce paradoxe. Alors que le pays s’est doté d’une architecture institutionnelle inédite, censée placer le citoyen au cœur des choix économiques, les indicateurs d’exécution budgétaire et d’attractivité des territoires peinent toujours à décoller. Entre planification ambitieuse et blocages structurels, le bilan laisse entrevoir un échec partiel de la mise en œuvre, dont les racines plongent dans des décennies de politiques centralisées.

 

Une restructuration pour une gouvernance de proximité

Pour tenter de briser les carcans d’une administration jugée trop centralisée, l’État a engagé entre 2021 et 2025 une refonte majeure de son architecture territoriale. L’ambition affichée était claire : dépasser la logique administrative classique au profit d’une logique économique intégrée.

Le nouveau modèle s’est basé sur de nouvelles institutions. Il y a eu la mise en place du Conseil national des régions et des districts (CNRD), chargé de ratifier les plans de développement et d’exercer un contrôle budgétaire rigoureux. Parallèlement, les conseils locaux, régionaux et de districts ont été installés pour incarner cette nouvelle gouvernance de proximité.

Le pays a été officiellement redécoupé en cinq grands districts économiques, conçus comme des pôles de complémentarité. L’objectif était de briser l’émiettement administratif pour créer des synergies productives.

Ce dispositif a été complété par la promotion des entreprises communautaires, visant à ancrer le développement dans une logique d’économie solidaire et participative.

Indépendamment de l’efficacité de cette nouvelle approche, le passage de la théorie à la pratique s’est heurté au mur des lourdeurs bureaucratiques et de l’exécution défaillante.

 

Des chiffres accablants

Les réformes n’ont pas eu l’effet escompté sur le terrain. Les chiffres de l’investissement global sur la période sont éloquents: sur un total programmé de 80,654 milliards de dinars, seuls 49,387 milliards ont été effectivement décaissés, soit un taux de réalisation frustrant de 61,2 %.

Ce déficit d’exécution, qui prive l’économie d’un surcroît de croissance, trouve ses racines dans un triptyque de maux persistants : les freins bureaucratiques et la lenteur administrative, les difficultés d’accès au financement pour les porteurs de projets et le manque de suivi rigoureux et de pilotage stratégique.

Mais derrière cette moyenne nationale se cache une réalité beaucoup plus contrastée, révélant une fracture territoriale profonde en matière d’efficacité.

 

Fortes disparités régionales

Les données révèlent de profondes disparités régionales en matière d’attractivité et d’efficacité de concrétisation des projets. Le troisième district (Centre-est et ouest) affiche la meilleure dynamique industrielle et résidentielle avec 70,2 % de taux de réalisation (14,281 milliards de dinars exécutés sur 20,352 milliards de dinars programmés).

Le cinquième district (Grand Sud) a enregistré le taux le plus élevé d’exécution à 73,4 %, bien que sur une enveloppe globale plus faible (5,207 milliards de dinars).

Le deuxième district (Grand Tunis et Nabeul), le pôle économique majeur, a absorbé le plus gros volume financier absolu avec 15,562 milliards de dinars réalisés (taux d’exécution de 64,4 %).

Le premier district (Nord-ouest) a affiché un taux d’exécution de 52,7 % (6,621 milliards de dinars), dénonçant des difficultés structurelles à concrétiser ses investissements.

Enfin, le quatrième district (Centre-ouest et Sfax) a réalisé la contre-performance la plus alarmante avec seulement 46,8 % d’exécution (7,713 milliards de dinars réalisés sur plus de 16,468 milliards de dinars prévus), soulignant un blocage aigu des projets publics et privés dans cette zone.

Ce constat démontre que la nouvelle carte territoriale n’a pas suffi à fluidifier les canaux d’investissement. Les zones intérieures et semi-intérieures continuent de pâtir de handicaps structurels majeurs.

 

L’État bâtisseur

L’investissement public, prévu à hauteur de 35,163 milliards de dinars, affiche un taux d’exécution particulièrement bas de 47,8 %, avec seulement 16,814 milliards effectivement injectés.

Les infrastructures de base captent 35 % des fonds publics réalisés, suivies de près par les secteurs productifs (32 %) et le secteur social (18 %).

Le secteur de l’équipement et de l’habitat s’impose en leader avec 29 % des réalisations publiques, suivi de l’agriculture et des ressources hydrauliques (18 %), du transport (9,33 %), de l’environnement (8,75 %) et de l’éducation (6,6 %). Quant au secteur de la santé, il affiche une faiblesse chronique en raison du gel et du retard de construction de plusieurs hôpitaux régionaux.

Le deuxième district a surclassé le reste du pays en s’accaparant le plus grand volume financier en valeur absolue, profitant de mégaprojets d’infrastructure et de transport urbain liés à son statut de capitale économique. En revanche, les troisième et cinquième districts affichent les volumes d’investissements publics exécutés les plus faibles du pays.

 

La course à la rentabilité des opérateurs privés

Sur la même période, le secteur privé a injecté 32,573 milliards de dinars (71,6 % des prévisions), mais cette dynamique souffre d’une double concentration.

La première est géographique. Le capital privé fuit les zones intérieures. 67 % de la totalité des investissements privés se concentrent exclusivement dans le troisième et deuxième district, en raison de la disponibilité d’infrastructures logistiques modernes et d’une main-d’œuvre qualifiée. De plus, au sein d’un même district, les investissements s’agglutinent massivement dans les délégations côtières.

La seconde est sectorielle. Le privé délaisse les secteurs productifs complexes à haute valeur ajoutée. L’immobilier s’accapare à lui seul 53 % de l’investissement privé réalisé, dopé par l’expansion urbaine du littoral. L’industrie manufacturière capte 22,2 %, les services et le tourisme 15,5 %. Tandis que le secteur stratégique de l’agriculture ne récolte qu’un maigre 9,3 %.

 

Les fragilités structurelles du modèle tunisien

Certes, ces chiffres sont le résultat des politiques de développement mises en œuvre tout au long des dernières décennies et qui n’ont pas réussi à stabiliser le tissu social et économique des régions intérieures.

Malgré la succession des programmes de développement régionaux, le classement de l’Indicateur de Développement Régional (IDR) des gouvernorats et délégations est resté quasi statique, prouvant l’inefficacité des interventions centralisées traditionnelles.

La faible attractivité des régions intérieures s’explique par un tissu industriel embryonnaire et une dépendance exclusive envers une agriculture de subsistance ou des activités extractives à faible valeur ajoutée. Ce manque de diversification expose ces territoires à une forte vulnérabilité face aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés.

Le secteur privé s’est massivement détourné du nord-ouest (premier district) et du centre-ouest (quatrième district), créant une distorsion sur le marché de l’emploi. Cette concentration côtière des entreprises exportatrices alimente un exode rural persistant et prive les régions intérieures de leurs forces vives.

Le bilan de la période 2021-2025 met en évidence une contradiction majeure. Indépendamment du cadre législatif, les canaux d’exécution financiers et leur capacité à attirer le capital productif dans les zones prioritaires restent grippés. La prédominance de la spéculation immobilière dans l’investissement privé et la concentration des infrastructures publiques dans le Grand Tunis démontrent que la transition vers la justice spatiale nécessite plus qu’un découpage territorial. Elle exige une réorientation drastique des incitations financières et une débureaucratisation réelle de l’action publique.

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Décryptage – Tunisie – Quand la BAD et la BM invitent les entreprises à conquérir le monde… pendant que leur propre terrain se dérobe sous leurs pieds

Les discours des grandes institutions internationales changent de ton.

Le récent séminaire organisé autour des opportunités offertes par les marchés financés par la Banque africaine de développement et la Banque mondiale illustre parfaitement ce décalage. Les représentants des deux institutions ont exhorté les entreprises tunisiennes à mieux exploiter les appels d’offres internationaux, à développer des partenariats stratégiques, à renforcer leur veille économique et à améliorer leur préparation technique.

Sur le papier, rien n’est faux. Dans les faits, pourtant, ce discours ressemble à une injonction paradoxale. Il invite des entreprises qui peinent déjà à survivre dans leur environnement national à se projeter sur des marchés internationaux parmi les plus concurrentiels du monde. Comme si le problème principal de l’économie tunisienne résidait dans un déficit d’information. Comme si les difficultés des entrepreneurs provenaient essentiellement d’une mauvaise connaissance des procédures administratives. Comme si le manque de compétitivité pouvait être corrigé par quelques séminaires, quelques guides méthodologiques et quelques ateliers de formation. La réalité est infiniment plus complexe. Et surtout beaucoup plus douloureuse.

 

L’entreprise tunisienne : une héroïne silencieuse que personne n’écoute plus

Depuis quinze ans, l’entreprise tunisienne vit une histoire dont on parle rarement… même à l’honorable Union tunisienne de l’industrie du commerce et de l’artisanat (UTICA). Les statistiques racontent une partie du récit. Les bilans financiers en racontent une autre. Mais seuls les chefs d’entreprise, les cadres, les ouvriers et les familles qui dépendent de ces activités connaissent véritablement la profondeur des difficultés accumulées.

Chaque matin, dans les zones industrielles de Sfax, de Monastir, de Ben Arous, de Bizerte ou de Nabeul, des milliers d’entrepreneurs ouvrent leurs portes avec la même interrogation : comment tenir encore ? Comment payer les salaires ? Comment honorer les échéances bancaires ? Comment absorber l’augmentation des coûts de production ? Comment conserver les compétences qui quittent le pays ? Comment rester compétitif lorsque les concurrents bénéficient d’infrastructures plus modernes, d’une énergie moins chère et de financements plus accessibles ?

Ces questions sont rarement évoquées dans les conférences internationales. Pourtant, elles constituent le véritable quotidien du secteur privé tunisien. Lorsque la Banque africaine pour le développement (BAD) ou la Banque mondiale (BM) expliquent que les entreprises doivent être plus proactives pour accéder aux marchés internationaux, elles oublient parfois/souvent qu’une partie importante de ces entreprises consacre déjà l’essentiel de son énergie à gérer l’urgence. L’urgence n’est pas un concept économique. C’est un état permanent.

 

Le grand malentendu du développement

Le discours dominant repose sur une idée simple : si les entreprises tunisiennes ne remportent pas davantage de marchés financés par les bailleurs internationaux, c’est parce qu’elles ne sont pas suffisamment informées ou préparées.

Cette explication a l’avantage de la simplicité. Mais elle souffre d’un défaut majeur : elle ignore les causes profondes. L’économiste américain Joseph Stiglitz rappelait souvent que les institutions internationales ont tendance à privilégier les réponses techniques à des problèmes qui sont avant tout structurels. Or le développement n’est jamais une affaire de procédures. L’histoire économique mondiale en apporte une démonstration éclatante. Aucune nation n’a construit sa prospérité grâce à des formations sur les appels d’offres.

Aucune puissance industrielle ne s’est imposée parce qu’elle maîtrisait mieux les formulaires administratifs. Les États-Unis ont construit leur puissance grâce à un immense marché intérieur protégé pendant une longue période. L’Allemagne s’est développée grâce à un système bancaire puissant, à une politique industrielle cohérente et à une culture de l’investissement productif. Le Japon a bénéficié d’une coordination étroite entre l’État, les banques et l’industrie. La Corée du Sud a bâti ses géants industriels grâce à une intervention massive des pouvoirs publics. La Chine a combiné protection stratégique, investissements colossaux et planification à long terme.

Partout, la même leçon apparaît. Les champions internationaux ne naissent pas dans les séminaires. Ils émergent dans des écosystèmes favorables.

Quand les pompiers conseillent la course à pied

Il existe une contradiction que peu de responsables osent évoquer publiquement. Depuis plusieurs décennies, les institutions financières internationales recommandent aux pays en développement des politiques reposant sur la discipline budgétaire, la maîtrise des déficits, la réduction du rôle économique de l’État et l’ouverture accrue aux marchés.

Ces orientations ont parfois produit certains résultats. Mais elles ont aussi contribué à affaiblir les marges de manœuvre des États.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Au fil des années, les investissements publics ont perdu de leur vigueur. Les infrastructures se sont dégradées. Les entreprises publiques stratégiques se sont fragilisées. L’investissement privé a ralenti. La croissance potentielle s’est affaissée. … Le paradoxe est saisissant.

Les mêmes institutions qui ont longtemps insisté sur les vertus de l’ouverture économique constatent aujourd’hui que les entreprises tunisiennes peinent à être suffisamment robustes pour affronter la concurrence internationale. C’est un peu comme si l’on demandait à un patient convalescent de participer à une compétition olympique au motif qu’il possède désormais le règlement de l’épreuve.

 

La compétitivité ne se télécharge pas

Dans les discours officiels, le mot revient constamment : compétitivité. Le terme est devenu une sorte de formule magique. Pourtant, la compétitivité n’est ni un slogan ni une vertu morale. Elle ne se décrète pas. Elle se construit. Une entreprise tunisienne qui souhaite répondre à un grand appel d’offres international doit souvent mobiliser des moyens considérables. Elle doit disposer d’équipes qualifiées. Elle doit fournir des garanties financières. Elle doit pouvoir supporter des délais de paiement parfois longs. Elle doit investir dans les certifications. Elle doit accéder à des financements compétitifs. Elle doit maîtriser les technologies nécessaires. Or chacun de ces éléments dépend en partie de l’environnement économique national.

Lorsqu’une entreprise emprunte à des coûts élevés, sa compétitivité est affectée. Lorsqu’elle subit des lenteurs administratives, sa compétitivité est affectée. Lorsqu’elle doit faire face à des pénuries ou à des perturbations logistiques, sa compétitivité est affectée. Lorsqu’elle perd ses ingénieurs au profit de l’émigration, sa compétitivité est affectée.

La compétitivité n’est pas une responsabilité individuelle. C’est une construction collective. Et c’est précisément ce que le débat actuel tend à oublier.

 

La Tunisie de l’excellence invisible

Ce qui rend la situation encore plus frustrante, c’est que la Tunisie ne manque pas de talents. Bien au contraire. Des entreprises tunisiennes exportent déjà des composants aéronautiques. D’autres développent des logiciels utilisés à l’international. Certaines interviennent dans l’ingénierie, les services numériques, les énergies renouvelables ou les équipements industriels avec un savoir-faire reconnu. Les compétences existent. L’intelligence existe. L’innovation existe. Ce qui manque souvent, c’est l’environnement capable de transformer ces réussites individuelles en dynamique nationale. Le problème tunisien n’est pas une pénurie d’excellence. C’est une pénurie de conditions favorables à l’excellence. Nuance fondamentale.

 

Le piège des chaînes de valeur mondiales

Depuis plusieurs années, les institutions internationales présentent l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales comme un objectif prioritaire. L’idée paraît séduisante. Mais elle mérite d’être interrogée. Car participer n’est pas nécessairement progresser.

L’économiste Dani Rodrik (1) souligne régulièrement que l’intégration internationale n’est bénéfique que lorsqu’elle permet une montée en gamme technologique. Sinon, elle risque de maintenir les pays dans des activités périphériques. Assembler. Sous-traiter. Exécuter. Produire à faible marge. Pendant que la conception, les brevets, les technologies stratégiques et les profits demeurent ailleurs.

La question essentielle n’est donc pas de savoir combien de contrats les entreprises tunisiennes remporteront grâce aux financements de la BAD ou de la Banque mondiale. La véritable question est de savoir quelle place elles occuperont dans la chaîne de création de valeur. Seront-elles des acteurs stratégiques ? Ou de simples exécutants ?

 

Le silence autour du financement

Le point le plus étonnant demeure sans doute l’absence du débat sur le financement. Car derrière chaque succès international se trouve presque toujours un système financier performant. Une entreprise qui veut remporter un marché de plusieurs millions de dollars doit disposer de ressources importantes. Elle doit parfois engager des dépenses avant même d’obtenir le contrat. Elle doit fournir des garanties. Elle doit investir dans des équipements. Elle doit recruter. Elle doit former. Comment y parvenir lorsque l’accès au financement demeure difficile pour de nombreuses PME tunisiennes ? Comment rivaliser avec des groupes bénéficiant de lignes de crédit abondantes et peu coûteuses ? Voilà sans doute la question centrale. Et pourtant elle reste souvent reléguée au second plan.

 

Derrière les procédures, la question de la souveraineté économique

Au fond, cette discussion dépasse largement le simple cadre des marchés financés par les bailleurs internationaux. Elle touche à la question fondamentale de la souveraineté économique. Une nation ne devient pas prospère parce qu’elle répond mieux aux appels d’offres. Elle devient prospère lorsqu’elle produit davantage de richesse qu’elle n’en consomme. Lorsqu’elle investit dans son appareil productif. Lorsqu’elle innove. Lorsqu’elle transforme son capital humain en puissance économique. Lorsqu’elle crée des entreprises capables de rayonner au-delà de ses frontières. C’est là que réside le véritable défi tunisien. Non pas apprendre à naviguer dans les procédures internationales. Mais reconstruire les fondations d’une économie productive capable de soutenir durablement ses entreprises.

 

Le débat que personne ne veut ouvrir

Le séminaire de la BAD et de la Banque mondiale pose finalement une question involontairement dérangeante. Pourquoi les entreprises tunisiennes ne sont-elles pas déjà présentes massivement sur ces marchés ? La réponse est inconfortable. Parce que les difficultés qu’elles rencontrent ne relèvent pas principalement de l’information. Elles relèvent d’une stratégie économique arrivée à bout de souffle. D’un investissement insuffisant. D’un financement coûteux. D’une croissance faible. D’une industrialisation inachevée.

D’une perte progressive de compétitivité systémique. La Tunisie ne manque pas d’entrepreneurs. Elle ne manque pas d’ingénieurs. Elle ne manque pas d’idées. Elle manque d’un environnement économique capable de libérer pleinement ces énergies. Et tant que cette réalité ne sera pas placée au cœur du débat national, les recommandations des institutions internationales risqueront de ressembler à ces cartes maritimes impeccablement dessinées que l’on remet à un navigateur dont le bateau prend déjà l’eau.

Car avant de conquérir les océans des marchés internationaux, encore faut-il que le navire soit en état de quitter le port. C’est cette vérité simple, humaine et profondément économique que les discours technocratiques peinent encore à reconnaître.

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(1) Dani Rodrik, économiste et universitaire turc né en 1957, s’impose comme l’une des figures les plus lucides et critiques face aux dérives de l’hyper-mondialisation. Professeur à l’Université Harvard, il a consacré ses recherches à déconstruire les dogmes du libre-échange et à repenser l’économie du développement. Son œuvre invite à redéfinir l’équilibre entre la prospérité globale, la justice sociale et la souveraineté des peuples.

Sa contribution théorique majeure réside dans le célèbre trilemme politique de l’économie mondiale. Selon cette thèse, il existe une incompatibilité fondamentale entre l’intégration économique profonde, la souveraineté nationale et la démocratie. Un pays ne peut poursuivre que deux de ces trois objectifs à la fois, ce qui le contraint à des arbitrages douloureux. Il peut ainsi sacrifier la démocratie sur l’autel des marchés à travers le mécanisme de la camisole dorée, dissoudre l’État-nation dans un fédéralisme global, ou au contraire limiter la mondialisation pour préserver le choix des citoyens et l’autorité de l’État, à l’image du compromis historique de Bretton Woods.

Au-delà de ce modèle, Dani Rodrik développe une pensée hétérodoxe et humaniste. Opposé à l’ouverture aveugle des frontières, il défend le droit des nations à réguler leur économie pour corriger les inégalités du néolibéralisme. Son analyse a également évolué face aux mutations du monde, délaissant l’illusion d’une industrialisation manufacturière éternelle pour prôner l’amélioration de la productivité dans les services de main-d’œuvre. Pour lui, la disparition des emplois de qualité est le terreau direct du populisme de droite contemporain. Face aux révolutions technologiques, il soutient que l’intelligence artificielle doit être mise au service de l’humain pour décupler ses capacités, plutôt que de servir de prétexte à sa substitution.

Cette vision critique et visionnaire traverse ses ouvrages les plus marquants, de ses premières alertes dans Has Globalization Gone TooFar ? en 1997 à ses réflexions sur La Mondialisation sur la sellette, pour aboutir enfin en 2025 à son plaidoyer pour une prospérité partagée dans un monde fracturé.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Enquête: pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles de miser sur la Tunisie?

Les entreprises allemandes implantées en Tunisie restent confiantes dans le potentiel du pays.

C’est le principal enseignement de l’enquête annuelle sur le climat des affaires présentée par la Chambre Tuniso-Allemande de l’Industrie et du Commerce (AHK Tunisie). Malgré un contexte international incertain, la majorité des investisseurs prévoient de maintenir, voire d’accroître leurs investissements en 2027.

Les résultats montrent que 82% des entreprises interrogées envisagent de conserver ou d’augmenter leurs investissements. Dans le même temps, 44% prévoient de recruter davantage, signe d’une stratégie de développement qui s’inscrit dans la durée.

La Tunisie passe du “low cost” au “best cost”

Le principal changement mis en avant par l’enquête concerne les critères d’attractivité du pays. Pour la première fois, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée devient le premier facteur d’implantation, devant le coût de production et la proximité avec l’Europe.

Lors de la présentation de l’étude, plusieurs entreprises ont souligné que le site tunisien figure aujourd’hui parmi les meilleurs au sein de leurs groupes internationaux. Cette évolution traduit un changement de modèle. A dire vrai, la Tunisie n’est plus uniquement perçue comme une destination compétitive en termes de coûts, mais comme une plateforme offrant des compétences techniques et industrielles à forte valeur ajoutée.

Cette montée en gamme se reflète également dans la nature des investissements. Plusieurs groupes allemands développent désormais des centres de recherche et développement (R&D) en Tunisie, tandis que chaque entreprise dispose d’un centre d’excellence, chargé de développer des expertises spécifiques pour l’ensemble du groupe.

Une activité en progression

L’année 2025 a confirmé cette dynamique. Près de 67% des entreprises ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires par rapport à 2024, tandis que plus d’une entreprise sur deux a renforcé ses effectifs.

Par ailleurs, pour 2027, 92% des répondants anticipent une activité bonne ou satisfaisante. Par ailleurs, 71% estiment que la situation économique tunisienne restera stable ou connaîtra une amélioration.

Une porte d’entrée vers l’Afrique

Au-delà du marché tunisien, les investisseurs voient également le pays comme une base de développement régional. Selon l’enquête, 79% des entreprises considèrent la Tunisie comme un futur hub pour leurs activités en Afrique.

Cette perception confirme le positionnement croissant du pays comme plateforme industrielle et logistique reliant les marchés européens et africains.

En filigrane, l’enquête 2026 de l’AHK Tunisie montre que la compétitivité du pays repose désormais moins sur le coût du travail que sur la qualité de ses compétences, son expertise industrielle et sa capacité à accueillir des projets technologiques à forte valeur ajoutée. C’est cette évolution qui nourrit aujourd’hui la confiance des investisseurs allemands.

 

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Un méga-programme de 21 000 projets pour transformer la carte des régions tunisiennes

Le projet de plan de développement pour la période 2026-2030 prévoit une importante mobilisation de l’investissement public. Et ce, avec une enveloppe globale de 101,835 milliards de dinars destinée à financer 21 100 projets et programmes publics. C’est ce que révèle le document du plan.

Cette nouvelle génération de projets constitue un levier central de la politique de l’État visant à promouvoir un développement global, équitable et territorialement équilibré. Elle consacre également un rôle renforcé aux conseils locaux, régionaux et aux conseils des districts dans la proposition des projets, en réponse aux besoins exprimés par les citoyens et dans une logique de justice sociale et d’équité entre les régions.

Une forte orientation locale et participative

La répartition du portefeuille de projets met en évidence une priorité donnée aux initiatives locales et à la continuité des investissements en cours. Le programme comprend 14 624 nouveaux projets, dont 8 506 proposés directement par les conseils élus, soit 58 % des projets nouveaux. Confirmant ainsi la dimension participative du processus.

Par ailleurs, 6 476 projets en cours, engagés avant 2026, seront poursuivis. Ils concernent l’ensemble des régions et portent principalement sur les infrastructures de base, notamment les routes, les pistes rurales, les équipements collectifs ainsi que les services publics dans les domaines de la santé, de l’éducation, du transport et de l’eau.

Le dispositif inclut également 5 629 propositions de projets dans le cadre du programme de développement régional, ainsi que 3 370 projets relevant du nouveau programme de développement inclusif.

Les données montrent une nette prédominance des projets à vocation locale, représentant 70 % de l’ensemble; contre 17 % pour les projets régionaux, 11 % pour les projets nationaux et 2 % pour les projets à dimension interrégionale. Cette répartition traduit une volonté de réduction des disparités territoriales et d’amélioration de l’accès aux services essentiels.

Les infrastructures en tête des investissements

La structure des investissements confirme les priorités sectorielles du plan. Le secteur des infrastructures et des services absorbe la part la plus importante, avec 44,513 milliards de dinars, soit 43,7 % du total, pour la réalisation de 7 930 projets. Ceux-ci concernent notamment les routes, les ponts, les projets municipaux, la protection du littoral et la lutte contre les inondations.

Le secteur des équipements collectifs arrive en deuxième position en nombre de projets, avec 11 311 projets et des investissements estimés à 27,963 milliards de dinars (27,5 %). Ces investissements sont principalement orientés vers les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la santé, de la jeunesse, du sport et de la culture.

Le secteur de l’industrie, de l’énergie et des mines bénéficie de 17,775 milliards de dinars (17,5 %), pour 303 projets visant notamment à accélérer la transition énergétique et à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique d’ici 2030; tout en développant les filières minières et gazières.

Quant au secteur de l’agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques, il mobilise 11,584 milliards de dinars (11,3 %) pour 1 556 projets destinés à renforcer la sécurité alimentaire et hydrique, à soutenir les systèmes de production et à optimiser l’exploitation des ressources en eau.

Répartition territoriale des projets

Le plan adopte une approche territoriale structurée autour de cinq districts. L’écart de répartition place le troisième district en tête avec 5 632 projets, suivi du deuxième avec 4 439 projets, du quatrième avec 3 754 projets, du premier avec 3 141 projets, et enfin du cinquième avec 2 629 projets. Cette distribution correspond à un ratio moyen estimé à un projet pour 599 habitants au niveau national.

Un financement diversifié dominé par l’État

Le financement de cette enveloppe repose sur une diversification des sources afin d’alléger la pression sur les équilibres financiers publics. Le budget de l’État assurera 61 % du financement total, soit 61,847 milliards de dinars.

Les entreprises et établissements publics contribueront à hauteur de 30 %, soit 31,990 milliards de dinars, via leur autofinancement. Les partenariats public-privé représenteront 9 % du financement global, soit 7,998 milliards de dinars, destinés notamment à des projets dans les domaines de la gestion des déchets, de l’assainissement, des énergies renouvelables, du transport multimodal et du tourisme.

Un levier de croissance et d’équité territoriale

Selon le document du plan, cette nouvelle génération de projets publics devrait contribuer à dynamiser l’activité économique, améliorer le climat des affaires dans l’ensemble des régions et renforcer progressivement les conditions de vie des citoyens. Elle vise également à garantir un accès plus équitable aux services de base, tout en préservant l’environnement et la durabilité des ressources naturelles du pays.

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Investissement en Tunisie : un portail unique 100% digital pour simplifier les procédures

En Tunisie, le parcours de l’investisseur reste souvent freiné par une lourdeur administrative persistante : multiplicité des interlocuteurs, dispersion des systèmes d’information entre administrations, manque d’harmonisation des procédures et difficulté à suivre l’avancement des dossiers en temps réel. Cette fragmentation génère des délais rallongés et une expérience souvent jugée complexe, tant pour les investisseurs locaux...

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Risque d’investissement : la Tunisie au 14e rang africain en 2026

La mise à jour de mai 2026 du Global Investment Risk and Resilience Index, publiée par Henley & Partners et AlphaGeo, révèle une amélioration significative de la perception du risque en Afrique. Neuf économies africaines intègrent désormais le Top 100 mondial, contre seulement trois lors de l’édition précédente d’octobre 2025. Une progression remarquable dans un contexte international pourtant marqué par un ralentissement économique, des tensions géopolitiques et une volatilité financière persistante.

Maurice domine le classement continental à la 61ᵉ place mondiale, devançant la Tanzanie (62ᵉ) et le Botswana (63ᵉ). Les Seychelles (79ᵉ), le Cap-Vert (88ᵉ), la Namibie (90ᵉ), l’Afrique du Sud (95ᵉ), le Maroc (98ᵉ) et le Rwanda (100ᵉ) complètent ce groupe d’économies désormais mieux perçues par les investisseurs internationaux.

La Tunisie, quant à elle, se positionne au 14ᵉ rang africain et à la 111ᵉ place mondiale. Un classement qui la place dans le peloton de tête des économies émergentes du continent, aux côtés de l’Algérie (10ᵉ, 102ᵉ mondial) et de la Côte d’Ivoire (12ᵉ, 108ᵉ). Ce rang témoigne d’une reconnaissance mesurée mais réelle des progrès accomplis. Même si le pays reste en retrait par rapport aux nations du Top 100.

A cet égard, le rapport innove en évaluant non seulement le niveau de risque, mais également la résilience des économies, c’est-à-dire leur capacité à absorber les chocs tout en préservant leur attractivité. Cette résilience repose sur des facteurs tels que la stabilité macroéconomique, la gouvernance, la solidité financière ou encore l’adaptation climatique. Les économies les mieux classées partagent des caractéristiques communes : institutions relativement stables, diversification économique et dépendance limitée aux matières premières.

Le Maroc, huitième africain et 98ᵉ mondial, illustre cette dynamique avec un score de risque de 37,2 sur 100 et un indice de résilience de 48,03. Ses atouts résident dans l’investissement, ses comptes extérieurs et sa marge de manœuvre fiscale. Même si l’innovation et la complexité économique offrent encore des marges de progression.

Malgré ces avancées, l’Afrique demeure marquée par de profondes disparités. La Côte d’Ivoire (108ᵉ), le Sénégal (128ᵉ), le Ghana (140ᵉ) et le Nigeria (147ᵉ) subissent encore des vulnérabilités structurelles : infrastructures insuffisantes, endettement élevé, instabilité politique et forte exposition aux chocs extérieurs. La position de la Tunisie, bien qu’honorable, s’inscrit dans ce contexte contrasté où les réformes structurelles restent déterminantes pour améliorer durablement son profil de risque.

Le rapport souligne que l’avenir de l’attractivité du continent dépendra moins de ses ressources naturelles que de sa capacité à renforcer sa gouvernance, son environnement réglementaire et sa résilience face aux crises, plaçant les réformes de long terme au cœur des stratégies d’investissement.

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Tunisie: une nouvelle plateforme nationale pour simplifier les démarches des investisseurs dès le 1er juillet

Créer une entreprise ou lancer un investissement en Tunisie implique encore de nombreuses démarches réparties entre plusieurs administrations. À partir du 1er juillet, les investisseurs disposeront d’un nouvel outil censé leur simplifier la tâche: une plateforme nationale qui centralise les services administratifs liés à l’investissement, selon l’agence TAP.

Présentée vendredi lors du Tunisia Investment Forum, cette plateforme numérique ambitionne de devenir l’interlocuteur unique des investisseurs, depuis le lancement de leur projet jusqu’au développement de leur entreprise. L’objectif affiché est de réduire les délais, limiter les formalités et faciliter les échanges avec les administrations.

Selon Hatem Souissi, directeur central à la FIPA, cette interface permettra de connecter les différentes plateformes publiques déjà existantes afin d’éviter aux investisseurs de multiplier les démarches. Le système s’appuiera notamment sur l’identifiant unique de l’entreprise et la signature électronique pour sécuriser et accélérer les procédures.

Au-delà d’un simple portail administratif, les autorités espèrent faire de cet outil un levier d’amélioration du climat des affaires. Les investisseurs pourront y suivre leurs dossiers, solliciter un accompagnement et signaler les blocages administratifs susceptibles de retarder leurs projets.

Ce lancement s’inscrit dans un chantier plus large de transformation numérique engagé depuis 2022. Plusieurs organismes publics ont progressivement développé leurs propres plateformes en ligne, mais celles-ci fonctionnaient jusqu’à présent de manière dispersée. La nouvelle interface entend les regrouper au sein d’un même écosystème numérique.

Cette modernisation intervient alors que la Tunisie cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs, dans un contexte de concurrence accrue entre les économies de la région. Au-delà de la simplification des procédures, le pays met également en avant sa position stratégique et son accès privilégié à plusieurs marchés internationaux.

Partenaire commercial de l’Union européenne depuis l’accord d’association signé en 1995, la Tunisie est également engagée dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), entrée en vigueur en 2022. Ce marché commun africain prévoit une suppression progressive des droits de douane pour atteindre le “zéro tarif” à l’horizon 2030, offrant de nouvelles perspectives aux entreprises implantées dans le pays.

Reste désormais à savoir si cette plateforme permettra de répondre à l’une des principales attentes des investisseurs : des procédures plus rapides, une administration mieux coordonnée et des démarches enfin simplifiées.

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La Tunisie ambitionne 5 % de croissance à l’horizon 2030

La Tunisie affiche une ambition macroéconomique claire : atteindre un rythme de croissance moyen d’environ 4,2 % sur la période du plan de développement 2026 – 2030, avec un objectif plus structurant d’environ 5 % à l’horizon 2030. Une trajectoire jugée exigeante mais assumée par le gouvernement, qui conditionne sa réussite à une transformation en profondeur du cadre économique, de l’investissement et de la gouvernance publique.

Lors de la 22ᵉ édition du Tunisia Investment Forum (TIF 2026), tenue les 25 et 26 juin à Gammarth (Tunis), le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a détaillé les contours d’une refonte globale du modèle économique tunisien. Entre révision du cadre légal de l’investissement, nouvelle stratégie dédiée aux PME et restructuration du système de planification nationale, l’exécutif entend amorcer un changement de logique : passer d’un dispositif fragmenté à une architecture intégrée, orientée vers la performance et les résultats.

Dans un contexte marqué par des attentes élevées des investisseurs et une perception de la satisfaction en recul malgré des avancées administratives, le ministre a insisté sur la nécessité de dépasser les ajustements techniques pour engager une transformation structurelle.

Une refonte assumée du cadre de l’investissement

Au cœur de son intervention, Samir Abdelhafidh a confirmé qu’un nouveau projet de loi sur l’investissement est en phase de finalisation et de circulation entre les départements ministériels.

Ce texte vise à corriger les limites du cadre actuel, notamment celui issu de la réforme de 2016, régulièrement critiqué pour sa complexité et son efficacité limitée sur le terrain.

Parmi les principales évolutions annoncées figure la consolidation de la liberté d’investir, accompagnée de la création d’une « licence premium » destinée à certaines catégories de projets stratégiques. L’objectif est double : mieux cibler les investissements prioritaires et accélérer les procédures.

Le ministre a également évoqué un rééquilibrage entre droits et obligations des investisseurs, ainsi qu’une refonte institutionnelle majeure prévoyant la fusion progressive des structures d’investissement en une agence unique, appelée à devenir le guichet central des porteurs de projets.

Autre changement structurant : la révision du système d’incitations, désormais orienté vers la performance et les résultats, en rupture avec une logique jugée trop automatique. Un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et administration est également prévu afin de renforcer la sécurité juridique.

Les PME, levier central de la transformation économique

Le ministre a également mis l’accent sur le rôle stratégique des petites et moyennes entreprises dans la transformation du tissu économique national.

Une stratégie nationale dédiée aux PME, élaborée après plus de deux ans et demi de concertation, est aujourd’hui en phase finale avant validation gouvernementale.

L’ambition affichée est celle d’un écosystème de PME innovantes, compétitives et créatrices d’emplois, capables de soutenir une croissance durable et mieux répartie.

Cette stratégie repose sur cinq objectifs majeurs : création d’opportunités économiques, développement régional équilibré, accélération de l’innovation et de la digitalisation, amélioration de la qualité de l’emploi et du capital humain, et transition vers des modèles économiques durables.

Sa mise en œuvre s’appuie sur six piliers opérationnels, allant de la modernisation de l’environnement des entreprises à leur internationalisation, en passant par le financement, l’accès aux marchés, l’innovation et la transition écologique.

Le ministre a toutefois souligné un défi transversal : la gouvernance des politiques publiques dédiées aux PME, encore jugée trop fragmentée et insuffisamment coordonnée.

Un plan de développement structuré en construction

Samir Abdelhafidh a également présenté les grandes lignes du futur plan de développement, conçu selon une architecture à trois niveaux : orientations stratégiques, politiques publiques et projets concrets.

Cinq grandes orientations structurent ce plan : développement social inclusif, réduction des disparités territoriales, modernisation économique et des infrastructures, renforcement de la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire accompagné de la transition écologique, ainsi que modernisation du service public et du cadre institutionnel.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’un alignement rigoureux entre ces orientations et les politiques sectorielles afin de garantir la cohérence globale de l’action publique.

Il a par ailleurs salué l’émergence d’un débat national autour du plan, considéré comme un facteur d’appropriation et de mobilisation collective.

Une trajectoire de croissance ambitieuse mais conditionnée aux réformes

Sur le plan macroéconomique, le gouvernement vise une croissance moyenne de 4,2 % sur la période du plan, avec un objectif d’environ 5 % à l’horizon 2030.

Le ministre a reconnu le caractère ambitieux de cette trajectoire, tout en affirmant sa faisabilité sous condition d’une mobilisation complète du potentiel économique national et d’une accélération des réformes structurelles.

Selon lui, la dynamique de croissance dépend directement de la profondeur des transformations engagées : sans réforme du cadre économique, les performances resteront contraintes.

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Les Français fortunés se tournent vers l’investissement à l’étranger

Une enquête menée par l’Association française des family offices (AFFO), en partenariat avec le cabine EY, publiée le 16 juin, a révélé que les inquiétudes concernant la politique fiscale incitent les Français fortunés à se retirer de leurs investissements dans leur pays et à envisager de le quitter.

L’enquête, menée auprès de consultants représentant quelque 930 familles fortunées, a montré que 44 % des répondants envisagent de s’installer hors de France, motivés par les inquiétudes liées au budget 2026 et à la perspective d’une hausse des impôts sur les plus riches.

Malgré la volonté de ces portefeuilles familiaux d’accroître leurs investissements en Europe dans son ensemble, leur intérêt pour la France a sensiblement diminué, le capital-investissement restant leur principale classe d’actifs. C’est ce que relève le rapport intitulé « Baromètre de l’Attractivité de la France 2026 ».

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Gouverneur de la Banque centrale : « Arrêtez de comparer la Tunisie au Maroc ! »

Lors de la 22ᵉ édition du Forum tunisien de l’investissement (TIF), organisée sur le thème « Tunisie : dynamique renouvelée, nouvelles opportunités », le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, a appelé à une refonte de la stratégie de développement économique du pays, insistant sur la nécessité de dépasser les comparaisons régionales.

Dans une intervention centrée sur le long terme, il a estimé que la Tunisie devait rompre avec la logique de comparaison systématique avec ses voisins, déclarant notamment : « Arrêtez de nous comparer au Maroc ». Tout en soulignant que la course à l’investissement ne doit plus être vécue comme une confrontation extérieure permanente, mais plutôt comme une « course entre nous-mêmes » afin d’être à la hauteur des propres capacités de la Tunisie.

Fethi Zouhaier Nouri a souligné que l’investissement ne dépend pas uniquement des dispositifs législatifs ou des réformes institutionnelles, mais relève avant tout d’un « état d’esprit ». Il a estimé que le principal défi de la Tunisie réside dans la valorisation de son potentiel économique encore sous-exploité.

Le gouverneur de la BCT a appelé à une mobilisation collective des acteurs économiques afin de renforcer la productivité, stimuler l’innovation et accroître la création de valeur locale. L’objectif, selon lui, est de transformer la stabilité macroéconomique récemment consolidée en croissance durable.

Une dynamique d’investissements en progression

S’adressant aux investisseurs, il a affirmé que la Tunisie demeure un pays attractif pour les capitaux étrangers. Les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint plus de 3,5 milliards de dinars en 2025, enregistrant une hausse de plus de 30 % sur un an et dépassant les objectifs fixés.

Hors secteur énergétique, ces investissements ont permis la réalisation de 921 opérations et la création de plus de 14 000 emplois. Les principaux investisseurs étrangers restent la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et les États-Unis. L’objectif fixé pour 2026 est d’atteindre 4 milliards de dinars d’IDE.

Le gouverneur a mis en avant plusieurs secteurs stratégiques pour la croissance future, notamment les énergies renouvelables, l’économie numérique, l’intelligence artificielle et les start-up. Il a rappelé que la Tunisie figure parmi les premiers pays africains à avoir adopté un cadre juridique dédié aux jeunes entreprises innovantes à travers le Startup Act.

En conclusion, Fethi Zouhaier Nouri a insisté sur l’importance de la stabilité macroéconomique. Selon lui, la maîtrise de l’inflation, la stabilité du taux de change et le renforcement des réserves en devises constituent les fondements de la compétitivité nationale.

Il a rappelé que la banque centrale ne crée pas directement de richesse, mais qu’elle joue un rôle essentiel dans l’instauration de la confiance, condition indispensable à l’investissement et à la croissance. Face aux mutations de l’économie mondiale, il a appelé l’ensemble des acteurs — État, banques, entreprises et investisseurs — à transformer cette stabilité en moteur durable de développement économique.

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Tunisie : hausse de 25 % des IDE en 2026

Le volume des investissements étrangers directs (IED) en Tunisie a augmenté de 25 % au cours des quatre premiers mois de 2026, par rapport à la même période en 2025. C’est ce qu’a annoncé jeudi 25 juin le ministre de l’Économie, Samir Abdelhafidh. Ce résultat constitue un signal positif pour le climat des affaires.

Lors du Forum de l’investissement en Tunisie (TIF), des investisseurs ont fait part de leur optimisme, se traduisant par le lancement ou l’extension de projets.

La deuxième journée du forum, prévue vendredi 26 juin, doit permettre l’annonce de nouveaux investissements et le lancement de la « Plateforme nationale pour l’investisseur », un mécanisme gouvernemental destiné à faciliter les procédures et résoudre les difficultés rencontrées par les investisseurs.

Dans le cadre du plan quinquennal 2026-2030, le ministre a fixé un objectif de hausse du taux d’investissement de 15,5 % à 20 %, afin de renforcer la compétitivité de l’économie tunisienne et d’atteindre une croissance durable. Il a précisé que l’objectif du forum n’est pas de chercher des financements, mais de stimuler l’investissement local et étranger pour un développement concret.

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Sarra Zaafrani Zenzri : « Investissement privé et réformes structurelles, les piliers du nouveau modèle tunisien »

Sarra Zaafrani Zenzri, la cheffe du gouvernement, a inauguré lors du TIF. A cette occasion, elle a prononcé un discours, dont voici la teneur.

 

La cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri a souligné que « les résultats positifs et encourageants enregistrés par la Tunisie demeurent en deçà des ambitions nationales, car les défis restent nombreux et exigent des efforts plus importants, constants et exceptionnels. Ils appellent une mobilisation responsable de l’ensemble des structures de l’État, du secteur privé et des composantes de la société civile. Forte de ses potentialités humaines, de la diversité de ses compétences, de sa capacité d’innovation, ainsi que de la richesse de son tissu économique et de l’expérience accumulée par ses secteurs public et privé, la Tunisie est en mesure d’atteindre de meilleurs résultats » a-t-elle assuré.

Le Plan 2026-2030 rompt avec les politiques du passé

Le Plan de développement 2026-2030 constitue, à cet égard, un tournant majeur pour la Tunisie. Élaboré pour la première fois selon une approche participative ascendante, il part du niveau local, puis régional et territorial, avant d’aboutir au niveau national, ajoute la cheffe du gouvernement.

Lire aussi — Sarra Zaafrani Zenzri : « Ce forum doit servir de passerelle pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement »

De ce fait, « ce plan représente le cadre de référence le plus important pour consacrer les choix économiques et sociaux de l’État, établir un modèle de développement équitable, rompre avec les politiques du passé et accélérer les réformes structurelles destinées à créer de la richesse, afin de garantir une croissance inclusive, la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie de tous les Tunisiennes et Tunisiens sur l’ensemble du territoire ».

Ainsi, « l’investissement privé, qu’il soit national ou étranger, constitue un pilier stratégique qui bénéficie de la plus grande attention de l’État, en tant que moteur essentiel de la croissance, de la création de richesse et d’emplois » a-t-elle poursuivi.

Appel à une logique de responsabilité sociale

Et « conformément aux dispositions de la Constitution tunisienne, l’État veille à offrir un environnement d’investissement incitatif, fondé sur la coexistence et la complémentarité entre les secteurs public et privé, dans une logique de responsabilité sociale au service de l’économie nationale ».

Dans cette perspective, « les institutions de l’État s’emploient à offrir les meilleures conditions possibles aux investisseurs, aux porteurs de projets et aux entrepreneurs. Toutefois, cette orientation passe par la modernisation du cadre législatif et institutionnel régissant l’investissement, la simplification des procédures et la numérisation des services ».

En outre, « l’État poursuit également le développement de programmes de formation professionnelle de qualité, adaptés aux besoins des secteurs porteurs et aux nouvelles exigences du marché du travail », in fine.

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Croissance en hausse et nouvelles réformes au centre du Forum de l’investissement

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a dressé jeudi  25 juin 2026, un tableau économique qu’elle présente comme en amélioration, lors de l’ouverture de la 22e édition du Forum de l’investissement en Tunisie, organisée les 25 et 26 juin 2026 à Tunis. Le discours s’inscrit dans un exercice désormais classique : afficher des indicateurs...

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Samir Majoul : « Lorsque vous investissez en Tunisie, vous investissez aussi dans un pays tourné vers l’avenir »

La 22e édition du Forum tunisien de l’investissement (TIF), organisée sur le thème « Tunisie : dynamique renouvelée, nouvelles opportunités », s’est ouverte ce matin; et ce, en présence des autorités et d’acteurs publics et privés. Samir Majoul, président de l’UTICA, a souligné l’importance de ce rendez-vous majeur, attendu et consolidé année après année. Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’un forum ou d’une rencontre ponctuelle; mais bien d’un processus de construction, de dialogue et d’action qui exige de la constance, de l’effort et de l’engagement collectif.

Samir Majoul précise que cette édition est particulièrement importante car « elle s’inscrit dans une phase nouvelle de notre développement, marquée par plusieurs projets d’investissement dans notre pays, avec de véritables transferts de savoir-faire et de technologies. C’est un signal fort, car l’investissement n’est pas seulement une question de capitaux : il est aussi un vecteur de compétences, d’innovation, de modernisation et d’intégration dans les grandes chaînes de valeur ».

Le président de la centrale patronale souligne dans ce contexte que le secteur privé ne se mobilise pas par hasard. Il se mobilise lorsqu’il existe un cadre clair, des contrats solides, une vision partagée et un environnement favorable à l’entreprise. « C’est précisément ce cadre que nous devons continuer à bâtir et à consolider avec l’ensemble des institutions publiques et des partenaires économiques. Le développement de l’emploi et de la richesse est le fruit d’un travail collectif, d’un écosystème stable et d’un engagement constant en faveur de la confiance » ajoute-t-il.

Et de poursuivre : « Notre objectif est de construire un modèle de développement fondé sur des partenariats mutuellement bénéfiques, qui prennent en compte à la fois nos intérêts stratégiques et ceux de nos partenaires. Nous voulons rapprocher davantage l’écosystème tunisien, nos autorités, nos entreprises, nos investisseurs et tous les acteurs qui participent à la transformation de notre économie. C’est cette dynamique que nous devons encourager ensemble. »

Evoquant le cadre de la transition énergétique qui occupe une place centrale, Samir Majoul précise qu’ elle n’est pas seulement une réponse environnementale ; elle est aussi un choix économique et stratégique. « Elle nous permet de réduire notre dépendance, de moderniser notre appareil productif, de créer davantage d’emplois et d’accélérer la décarbonation de notre économie. Nous avons, à cet égard, une stratégie claire pour aller vers plus d’indépendance et plus d’efficacité ».

En ce sens, il affirme : « Nous avons aussi beaucoup investi dans l’éducation et dans l’enseignement supérieur. Nos universités représentent une force et nous devons continuer à renforcer les synergies entre la formation, la recherche, l’innovation et les besoins réels de l’économie. Nous formons de plus en plus de compétences dans les domaines scientifiques et technologiques. Et nous devons faire en sorte que ces talents trouvent des opportunités dans leur pays, au sein d’un écosystème capable de les accueillir et de les faire grandir. »

L’enjeu est clair , déclare-t-il : « Lorsque vous investissez en Tunisie, vous investissez aussi dans un pays tourné vers l’avenir, capable d’évoluer, de se moderniser et de mieux s’insérer dans les transformations globales. Chaque amélioration de notre environnement économique renforce notre compétitivité et consolide notre attractivité auprès des investisseurs étrangers comme des entrepreneurs nationaux. »

Un autre élément important est celui de la compétitivité. « Elle est nécessaire, mais elle ne peut pas se faire au détriment de la cohésion sociale ni de l’intérêt général. Notre ambition est précisément de concilier efficacité, inclusion et souveraineté » conclut-il.

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Samir Abdelhafidh : « Le TIF, tribune des réformes et des opportunités d’investissement »

La 22e édition du Forum tunisien de l’investissement (TIF), organisée sur le thème « Tunisie : dynamique renouvelée, nouvelles opportunités », s’est ouverte ce matin en présence des autorités et d’acteurs publics et privés. Lors de son allocution, le ministre de l’Économie et de la Planification Samir Abdelhafidh a souligné l’importance économique de ce rendez‑vous.

Samir Abdelhafidh a présenté le TIF comme une tribune essentielle pour dresser un panorama des réformes économiques en cours et mettre en avant les avantages comparatifs de la Tunisie ainsi que les opportunités d’investissement dans l’ensemble des secteurs, en particulier ceux à forte valeur ajoutée à l’échelle internationale.

La manifestation propose des sessions axées sur les priorités du plan de développement 2027–2030 : promotion de l’investissement, soutien à l’entrepreneuriat, dynamisation des marchés porteurs avec un focus sur le marché africain et renforcement des efforts nationaux pour stimuler la croissance économique et sociale.

Parmi les temps forts figurent un atelier sectoriel dédié à l’industrie automobile et aux industries manufacturières, et un autre atelier consacré à l’entrepreneuriat féminin et aux PME. La matinée mettra également en lumière les entreprises tunisiennes et étrangères récompensées pour leur innovation, intégration technologique, responsabilité sociale, contribution au développement régional, création d’emplois et respect de l’environnement.

Le forum servira de plateforme pour le lancement officiel d’un nouvel outil numérique destiné à faciliter les procédures administratives et améliorer le climat des affaires et de l’investissement. Une séance est par ailleurs prévue pour annoncer plusieurs projets d’investissements étrangers en Tunisie.

Le ministre a conclu en remerciant les organisateurs, notamment l’Agence de promotion de l’investissement extérieur, le ministère de l’Économie et de la Planification et la Banque africaine de développement. Tout en souhaitant que cette édition contribue pleinement aux objectifs de développement attendus.

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Derniers jours pour bénéficier de l’amnistie fiscale 2026

Les contribuables ayant des dettes fiscales impayées envers l’État et souhaitant bénéficier de l’amnistie fiscale prévue par la loi de finances 2026 doivent accomplir les démarches nécessaires avant le 30 juin 2026.

Dans un rappel publié par la Direction générale de la comptabilité publique et du recouvrement relevant du ministère des Finances a invité les personnes concernées à se rapprocher des recettes des finances afin de finaliser leur adhésion au dispositif. Pour profiter de cette mesure, les contribuables peuvent soit régler la totalité des montants dus en une seule fois, soit conclure un échéancier de paiement. Dans ce dernier cas, le versement intégral de la première échéance doit impérativement être effectué avant le 30 juin.

L’amnistie fiscale 2026 vise notamment à permettre aux contribuables en situation d’impayés de régulariser leurs dettes fiscales selon les conditions prévues par la législation en vigueur. 

 

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La “Mobile ID” deviendra obligatoire pour les investisseurs dès le 1er juillet 2026

L’Instance tunisienne de l’investissement (TIA) annonce que l’utilisation de l’identité numérique sur mobile, baptisée « Mobile ID », sera rendue obligatoire à partir du 1er juillet 2026. Et ce, pour tous les investisseurs souhaitant déclarer leurs projets via les plateformes numériques agréées.

Dans un communiqué adressé aux investisseurs, la TIA précise que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la digitalisation des services administratifs et de la simplification des procédures d’investissement. Elle vise également à renforcer la sécurité des transactions électroniques et à garantir la fiabilité de l’accès aux plateformes numériques.

L’institution appelle ainsi les investisseurs n’ayant pas encore finalisé les démarches nécessaires à l’obtention de leur identité numérique à régulariser leur situation dans les plus brefs délais. L’objectif est d’éviter tout retard ou blocage dans le dépôt des déclarations de projets une fois la mesure entrée en vigueur.

La « Mobile ID » permet aux utilisateurs de prouver leur identité de manière numérique et d’accéder de façon sécurisée à plusieurs services administratifs en ligne. A cet égard, la TIA précise que ce dispositif contribue à accélérer les procédures et à réduire les déplacements administratifs.

L’Instance rappelle enfin que l’inscription à ce service est disponible via la plateforme électronique dédiée. De même qu’elle  invite l’ensemble des investisseurs à compléter cette démarche avant le 1er juillet 2026. Et ce, afin de garantir la continuité de leur accès aux services de déclaration des projets d’investissement.

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