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Offres en dessous des seuils fixés : L’Ordre des ingénieurs hausse le ton

L’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) a lancé un rappel à l’ordre aux professionnels du secteur concernant le respect des tarifs minimums des prestations d’ingénierie. Dans un communiqué publié vendredi 7 août 2026, l’Ordre a affirmé que les dispositions de la décision n°83/2022 relative à la définition des services d’ingénierie minimums applicables aux travaux publics et au bâtiment sont « obligatoires » et doivent être respectées par l’ensemble des ingénieurs et bureaux d’études.

Selon l’OIT, l’instauration d’une tarification minimale vise à protéger la profession et à préserver la qualité des études, du suivi et de l’accompagnement technique réalisés par les ingénieurs. Elle constitue également un moyen de lutter contre les pratiques susceptibles de dévaloriser le travail d’ingénierie ou de fausser les règles d’une concurrence professionnelle équitable.

Des offres en dessous des seuils fixés considérées comme des infractions

L’Ordre a précisé que toute convention ou offre de services conclue en dehors des tarifs minimums prévus par la décision n°83/2022 constitue une violation des règles professionnelles. Les ingénieurs concernés s’exposent ainsi aux procédures disciplinaires prévues par la loi portant création de l’Ordre des ingénieurs tunisiens.

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L’institution a appelé les ingénieurs ainsi que les bureaux de services d’ingénierie à ne pas accepter d’honoraires inférieurs aux montants fixés par la réglementation en vigueur.

Un contrôle renforcé et des sanctions possibles

L’OIT a indiqué qu’il suivra « avec rigueur » l’application de cette décision et qu’il n’hésitera pas à saisir le conseil de discipline contre tout professionnel en infraction.

Les sanctions peuvent aller, selon la gravité des faits, jusqu’à la suspension de l’exercice de la profession ou la radiation du tableau de l’Ordre.

À travers ce rappel, l’Ordre des ingénieurs tunisiens affirme que le respect des tarifs minimums ne relève pas d’un simple choix professionnel, mais constitue une obligation légale destinée à protéger le statut de l’ingénieur tunisien et à améliorer la qualité des prestations fournies dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics.

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Écoles privées de formation d’ingénieurs : la polémique reprend de plus belle sur le rôle de l’OIT 

La polémique, de plus en plus présente ces dernières années, reprend. La question de l’accréditation des établissements privés de formation d’ingénieurs en Tunisie continue de susciter une vive controverse à plus d’un niveau et l’Ordre des ingénieurs tient à «se faire respecter» face à l’«armada» d’écoles privées de formation d’ingénieurs qui tiennent à imposer leur loi et leurs méthodes de formation et à défier l’OIT, légalement chargé de préserver et de défendre les règles du métier, y compris la formation, et ceux qui l’exercent. 

À l’origine de la polémique, l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) a publié une première liste de onze établissements qu’il considère conformes à ses critères d’accréditation. Parallèlement, il a annoncé l’ouverture de l’examen des dossiers des autres établissements moyennant des frais de 10.000 dinars, une décision qui a rapidement suscité des interrogations sur son fondement juridique et sur l’étendue des compétences de l’Ordre.

Le débat a pris une nouvelle dimension lorsque le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a rappelé que l’autorisation, l’évaluation et la reconnaissance des établissements privés d’enseignement supérieur ainsi que de leurs diplômes relèvent exclusivement de ses attributions, conformément à la législation en vigueur. Le ministère a ainsi estimé que l’évaluation des établissements privés ne faisait pas partie des missions confiées à l’Ordre des ingénieurs. Des propos très discutables pour un métier qui nécessite une solide formation et une sélection basée sur la compétence et sur le niveau du futur ingénieur à l’examen du baccalauréat.

Pour sa part, et comme attendu, la Chambre syndicale des établissements privés de l’enseignement supérieur, relevant de l’UTICA, est également intervenue dans le débat. Dans un communiqué, elle a dénoncé une initiative susceptible de créer la confusion auprès des étudiants, des familles et des employeurs, tout en rappelant que la reconnaissance des diplômes est une prérogative exclusive de l’État, à travers le ministère de l’Enseignement supérieur.

Ainsi, pour les détracteurs de l’Ordre, cette démarche constitue un dépassement de son rôle naturel, qui consiste à représenter la profession d’ingénieur et à défendre ses intérêts, sans pouvoir se substituer aux autorités publiques en matière d’accréditation des établissements d’enseignement supérieur. Ils s’interrogent notamment sur la légitimité de l’exigence de 10.000 dinars pour l’étude des dossiers et sur les conséquences que pourrait avoir la publication de listes d’établissements «reconnus» ou non sur la réputation des institutions concernées et sur l’avenir de leurs étudiants.

L’OIT tient à ses droits et s’oppose à la publicité mensongère

De son côté, l’Ordre des ingénieurs défend son initiative en affirmant qu’elle vise à promouvoir la qualité de la formation d’ingénieur en Tunisie et à encourager les établissements à se conformer aux standards internationaux. 

Nous avons contacté Mohsen Gharsi, le président de l’Ordre des ingénieurs, et ses propos sont on ne peut plus clairs : «Comme c’est le cas pour d’autres métiers (médecins, pharmaciens, avocats, journalistes…), tout passe par leur représentant légal, une structure liée directement au métier qui est la seule à évaluer la compétence des diplômés et le degré de leur formation. Elle ne peut le faire qu’en ayant une idée claire et détaillée sur les cycles de formation et leur conformité avec ce qui se fait dans les écoles publiques de formation d’ingénieurs. Aujourd’hui, nous sommes opposés à un véritable lobby qui fait tout pour dévaloriser l’école publique et qui veut imposer sa loi et écarter l’OIT pour évoluer en cavalier seul et continuer à profiter de gains énormes à travers l’implantation de telles écoles privées de formation d’ingénieurs. Aujourd’hui, on constate même que dans certains concours pour le recrutement d’ingénieurs, on exige la présentation de bulletins de notes pour départager les postulants, et c’est tout à fait normal que les notes des écoles privées, qu’on distribue très généreusement, soient supérieures à celles des étudiants issus des écoles publiques d’ingénieurs, là où la rigueur demeure de mise».

 

Seules 5 écoles se rebellent contre l’OIT

Quant à l’exigence, pour ces écoles privées, de payer 10.000 dinars pour l’examen de leurs dossiers, le Doyen des ingénieurs la trouve plus que logique : «Comme je l’ai dit, nous sommes opposés à la publicité mensongère de certaines de ces écoles. Ainsi, on a décidé, au sein de l’OIT, d’organiser une rencontre en portes ouvertes, durant deux jours, en présence du public, pour permettre à ces écoles de faire connaître leurs programmes et d’en discuter directement avec les personnes concernées, moyennant une cotisation, d’autant plus que l’OIT ne dispose pas d’importantes sources de financement puisqu’il ne profite que des frais d’inscription des ingénieurs qui est fixée à 40 dinars annuellement. Cette initiative a été vite acceptée par onze écoles sur les 28 actuellement reconnues et leurs responsables ont été plus que satisfaits des résultats de cette rencontre à portes ouvertes qui les a rapprochés encore plus des élèves désireux de suivre une telle formation. D’ailleurs, le lendemain, sept autres écoles ont exprimé leur intention de rejoindre les onze de départ et seules cinq écoles n’ont pas répondu à cet appel et ce sont les mêmes établissements qui s’opposent, aujourd’hui, au paiement de ces frais comme si l’OIT devait les servir gratuitement ou laisser passer passivement leurs publicités trompeuses».

Le différend met ainsi en lumière un débat de fond sur les perspectives de formation d’ingénieurs et surtout sur les limites, toujours contestées, des prérogatives de chaque institution et sur la gouvernance de l’enseignement supérieur en Tunisie.

Kamel ZAIEM



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Écoles privées d’ingénieurs : l’OIT outrepasse-t-il ses prérogatives ?

La question de l’accréditation des établissements privés de formation d’ingénieurs en Tunisie suscite une vive controverse ces derniers temps.

Onze établissements accrédités, des dizaines d’autres sommés de payer 10 000 dinars pour faire examiner leur dossier : l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) s’est arrogé un pouvoir que ni le ministère de tutelle ni les établissements concernés ne lui reconnaissent. Résultat, une polémique qui en dit long sur le flou persistant de la gouvernance de l’enseignement supérieur en Tunisie.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a été le premier à recadrer l’Ordre, rappelant sèchement que l’autorisation, l’évaluation et la reconnaissance des établissements privés – ainsi que de leurs diplômes – relèvent de sa seule compétence, en vertu de la loi. Autrement dit : évaluer des écoles d’ingénieurs ne figure pas, et n’a jamais figuré, dans le mandat de l’OIT.

 

 

La Chambre syndicale des établissements privés d’enseignement supérieur, affiliée à l’UTICA, n’a pas mâché ses mots non plus, allant jusqu’à accuser l’Ordre d’être à l’origine de l’aggravation de la crise de la fuite des cerveaux. Elle dénonce une initiative à même de semer la confusion chez les étudiants, les familles et les employeurs. De même qu’elle rappelle que seul l’État, via le ministère en charge de l’enseignement supérieur, peut reconnaître ou pas un diplôme.

Lire aussi — Fuite des cerveaux : pour l’UTICA, l’Ordre des ingénieurs aggrave la crise

Sur le fond, les critiques adressées à l’Ordre sont sévères : en publiant des listes d’établissements « reconnus » ou non, il s’aventure hors de son rôle naturel, en l’occurrence représenter et défendre la profession, pour s’improviser « régulateur de l’enseignement supérieur ». La facture de 10 000 dinars exigée pour l’examen des dossiers interroge tout autant : sur quelle base légale repose-t-elle ? Et surtout, quelles conséquences pour la réputation des écoles non listées et pour l’avenir de leurs étudiants, pris en otage d’un conflit de compétences qui ne les concerne pas directement ?

Face à la fronde, l’OIT campe sur ses positions et justifie sa démarche par la volonté de tirer la formation d’ingénieur vers le haut et d’aligner les établissements sur les standards internationaux. Une intention louable sur le papier, mais qui ne répond à aucune des questions de légitimité soulevées. Une intention surtout qui laisse, en creux, un vide inquiétant : celui d’une gouvernance de l’enseignement supérieur où chacun semble vouloir tracer ses propres frontières.

Voilà un dossier – encore un – qui risque de faire couler beaucoup d’encre.

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7.000 ingénieurs et des milliers de médecins partis : pour Riadh Jaidane, la fuite des cerveaux menace la sécurité nationale

La migration croissante des médecins, ingénieurs et autres profils hautement qualifiés constitue désormais une question de sécurité nationale pour la Tunisie. C’est l’alerte lancée par le député et président de la Commission des affaires étrangères, de la coopération internationale, des Tunisiens à l’étranger et de la migration à l’Assemblée des représentants du peuple, Riadh Jaidane,...

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