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7.000 ingénieurs et des milliers de médecins partis : pour Riadh Jaidane, la fuite des cerveaux menace la sécurité nationale

La migration croissante des médecins, ingénieurs et autres profils hautement qualifiés constitue désormais une question de sécurité nationale pour la Tunisie. C’est l’alerte lancée par le député et président de la Commission des affaires étrangères, de la coopération internationale, des Tunisiens à l’étranger et de la migration à l’Assemblée des représentants du peuple, Riadh Jaidane,...

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Quand un peuple vieillit… et vit une désespérance de vie trop longue

Nous avons gagné la bataille de la vie ; il nous reste à gagner celle de sa soutenabilité économique : car le véritable paradoxe tunisien n’est pas démographique. Il est économique.

Pendant des décennies, l’allongement de l’espérance de vie a été présenté comme le symbole ultime du progrès. Plus longtemps nous vivions, plus nous étions censés être heureux, prospères et en bonne santé. Cette conviction reposait sur une réalité statistique simple : partout où la richesse progressait durablement, l’espérance de vie augmentait. En 1980, un Américain vivait en moyenne 74 ans pour un PIB par habitant d’environ 12 500 dollars ; quarante ans plus tard, son revenu dépassait 63 000 dollars tandis que son espérance de vie atteignait près de 77 ans.

La Chine, quant à elle, est passée d’environ 66 ans d’espérance de vie et moins de 300 dollars de PIB par habitant à près de 78 ans et plus de 10 000 dollars de revenu par habitant, réalisant l’une des transformations économiques les plus spectaculaires de l’histoire contemporaine.

 

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À l’autre extrémité du spectre, des pays parmi les plus pauvres du monde, comme le Niger ou le Tchad, affichaient en 1980 une espérance de vie inférieure à 45 ans et un revenu annuel par habitant de quelques centaines de dollars seulement. Quarante ans plus tard, malgré des progrès sanitaires indéniables, leur capacité à financer les besoins d’une population vieillissante demeure limitée. La leçon est simple : vivre plus longtemps n’est une victoire durable que lorsque la richesse progresse au même rythme que la longévité.

C’est précisément le défi auquel la Tunisie est aujourd’hui confrontée. Avant de s’inquiéter de son vieillissement, il convient de mesurer le chemin parcouru :

  • En 1960, un Tunisien vivait en moyenne à peine plus de quarante ans. La mortalité infantile était très élevée, les familles comptaient souvent six ou sept enfants et les conditions sanitaires restaient précaires.
  • Soixante ans plus tard, le paysage est méconnaissable. L’espérance de vie a gagné plus de trente années. La mortalité infantile a été divisée par plus de dix. L’accès à l’éducation, aux soins, à l’eau potable, à l’électricité et aux infrastructures modernes s’est largement généralisé.
  • Le vieillissement de la population n’est donc pas un échec. Il constitue au contraire la preuve d’un succès historique.

 

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Nous avons gagné la bataille de la vie ; il nous reste à gagner celle de sa soutenabilité économique : car le véritable paradoxe tunisien n’est pas démographique. Il est économique. Chaque année, le pays forme des ingénieurs, des médecins, des chercheurs, des informaticiens et des cadres de qualité. Pourtant, une partie d’entre eux peine à trouver un emploi correspondant à ses qualifications, une autre accepte des postes très éloignés de sa formation, tandis que beaucoup choisissent l’émigration ou renoncent à entreprendre.

Ce phénomène n’est pas propre à la Tunisie. L’Irlande d’hier, la Grèce après la crise financière, le Portugal ou la Roumanie ont connu le même paradoxe : former des talents pour les voir créer de la richesse ailleurs. La différence entre les pays qui réussissent et ceux qui stagnent n’est pas la qualité de leurs universités. C’est leur capacité à transformer le savoir en entreprises, en innovation et en emplois.

La véritable question tunisienne n’est donc pas : « Formons-nous assez de compétences ? » Elle est : « Pourquoi tant de compétences réussissent-elles mieux ailleurs que chez nous ? ». Les réponses se trouvent dans les dédales que rencontre une compétence qui veut faire quelque chose et dont nous avons énuméré quelques-uns dans ce qui suit :

  • L’administratif : remplir un formulaire pour obtenir le droit de demander le formulaire suivant.
  • La bureaucratie : prouver que l’on existe à des administrations qui nous connaissent déjà.
  • Les autorisations : attendre plusieurs signatures pour faire ce qu’ailleurs une seule suffit à permettre.
  • Les délais : transformer l’urgence d’un projet en exercice de patience.
  • Les banques : demander des garanties à ceux qui cherchent justement les moyens de les créer.
  • Le financement : expliquer son projet à ceux qui préfèrent financer ce qui existe déjà.
  • La fiscalité : payer aujourd’hui les impôts sur les bénéfices que l’on espère réaliser demain.
  • La réglementation : apprendre les règles du jeu avant de découvrir qu’elles ont changé.
  • Les litiges : parfois durer plus longtemps que les projets eux-mêmes.
  • Les licences et agréments : démontrer sa compétence avant même d’avoir le droit de l’exercer.
  • Le foncier : trouver un terrain avant que le terrain ne trouve un problème.
  • Les devises : exporter facilement, rapatrier simplement… enfin, en théorie.
  • Les infrastructures administratives : apprendre que quelques kilomètres peuvent parfois coûter plusieurs heures.
  • Le chômage des diplômés : former des compétences que d’autres économies se feront un plaisir d’accueillir.

Et malgré tout cela, les entrepreneurs qui restent continuent de créer, les ingénieurs d’innover, les médecins de soigner, les chercheurs de trouver, et les jeunes de croire en leur pays. Mais un autre paradoxe apparaît avec l’allongement de l’espérance de vie. Alors que la Tunisie manque de compétences, d’expertise et de transmission du savoir, des milliers de femmes et d’hommes atteignent chaque année l’âge de la retraite alors qu’ils disposent encore de toute leur expérience, de leur réseau et de leur capacité d’action. Si hier, l’espérance de vie dépassait rarement l’âge de la retraite de quelques années, aujourd’hui, un retraité peut encore avoir devant lui quinze, vingt ou parfois vingt-cinq années de vie active ; n’en déplaise a MR PARKINSON.

 

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Le défi n’est donc plus seulement de financer cette longévité. Il serait heureux aussi d’en tirer parti. La Tunisie gagnerait à adapter sa législation, ses entreprises et ses institutions afin de permettre à ceux qui le souhaitent de continuer à transmettre, conseiller, entreprendre, former et innover. Car dans une société qui vieillit, l’expérience n’est pas une charge. C’est un capital.

Et si cela peut nous consoler, ceux qui partent n’oublient pas toujours ceux qui restent : chaque année, les Tunisiens de l’étranger transfèrent des milliards de dinars vers leur pays ; une des principales sources de devises de l’économie nationale qui constitue une richesse que les géologues pétroliers n’ont jamais découverte : ses compétences. Nous exportons des ingénieurs, des médecins, des chercheurs et des entrepreneurs. Ils nous renvoient des devises, des investissements, des réseaux et du savoir-faire.

Notre principal produit d’exportation n’est peut-être ni le pétrole, ni l’huile d’olive, ni les dattes, c’est de l’intelligence qui ne s’épuise pas lorsqu’on l’exploite, et encore faut-il lui donner une raison de rester… ou de revenir même après la retraite … En devises !

Ibtissem

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Industrie électronique : Le groupe français Asteel Flash prépare une nouvelle extension en Tunisie

Le groupe français spécialisé dans les services de fabrication électronique, Asteel Flash, prévoit de renforcer sa présence en Tunisie à travers une prochaine extension de sa filiale locale. L’annonce a été faite jeudi à l’issue d’une réunion à Tunis entre les responsables du groupe et le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, ministre par intérim de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie tunisienne visant à consolider la filière électronique et à attirer davantage d’investissements étrangers.

La Tunisie au cœur de la stratégie du groupe français

Lors de cette rencontre, le PDG d’Asteel Flash Tunisie, Nicolas Denis, a affirmé la volonté du groupe de faire de la Tunisie « une destination de choix pour les investissements dans l’industrie électronique à l’échelle mondiale ».

Le responsable français a mis en avant la qualité des compétences tunisiennes et le niveau de qualification des ressources humaines locales, considérés comme des atouts majeurs pour le développement des activités du groupe dans le pays.

Présent en Tunisie depuis 25 ans, Asteel Flash emploie actuellement environ 1500 ingénieurs et cadres au sein de sa filiale tunisienne, devenue un maillon important dans son dispositif industriel international.

Une filière stratégique soutenue par l’État

De son côté, Salah Zouari a réaffirmé l’engagement des autorités tunisiennes à soutenir les investissements dans l’industrie électronique, considérée comme un secteur stratégique à forte valeur ajoutée.

Le ministre a notamment rappelé la signature, en avril 2026, de la « Charte de compétitivité du secteur des industries électroniques à l’horizon 2030 ». Cette feuille de route vise à porter les exportations du secteur à près de cinq milliards de dinars et à générer 10.000 emplois qualifiés dans les prochaines années.

Les autorités misent ainsi sur le développement de l’électronique pour renforcer l’attractivité industrielle du pays et consolider la place de la Tunisie dans les chaînes de valeur internationales.

L’annonce de cette future extension intervient dans un contexte où la Tunisie cherche à attirer davantage d’investissements étrangers dans les secteurs technologiques et industriels.

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Ingénieurs : Pression pour une nouvelle loi, alerte sur la fuite des compétences

Réuni à Sousse, l’Ordre des ingénieurs tunisiens a appelé à accélérer l’adoption du nouveau projet de loi encadrant la profession. L’instance souhaite tourner la page d’un cadre juridique datant de 1982. En toile de fond : malaise professionnel et exode croissant des compétences.

Une réforme attendue pour moderniser la profession

À l’issue de ses travaux tenus du 1er au 3 mai sous le slogan « L’ingénieur, pilier de la souveraineté et du développement », le Conseil national a insisté sur l’urgence de finaliser le processus législatif. L’objectif est de doter la profession d’un cadre actualisé, en phase avec les mutations économiques et technologiques.

L’organisation appelle les pouvoirs exécutif et législatif à hâter l’adoption de ce texte, considéré comme structurant pour l’avenir du secteur.

Malaise social et fuite des compétences

Le Conseil a également mis en lumière la dégradation des conditions professionnelles des ingénieurs en Tunisie. Il plaide pour une amélioration des rémunérations et du cadre de travail, afin de répondre aux attentes d’une catégorie clé pour le développement.

Dans ce contexte, l’instance tire la sonnette d’alarme sur la fuite continue des compétences, appelant à des réformes urgentes pour freiner ce phénomène qui fragilise le tissu économique.

Par ailleurs, une nouvelle phase de restructuration interne a été annoncée. Elle vise à renforcer la participation des jeunes ingénieurs et à promouvoir davantage la présence des femmes dans les postes de décision. L’Ordre entend ainsi moderniser sa gouvernance et élargir sa représentativité.

46.000 départs en dix ans

Selon les dernières données, près de 46.000 ingénieurs ont quitté le pays au cours de la dernière décennie, révélant une hémorragie persistante de talents. Le départ massif des ingénieurs tunisiens confirme en effet une dynamique déjà observée ces dernières années. Les estimations antérieures faisaient état de 39.000 à plus de 45.000 ingénieurs expatriés, avec un rythme moyen d’environ 20 départs par jour.

Selon le Président de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT), Mohsen Ghrissi, qui tirait il y a encore quelques jours, la sonnette d’alarme en appelant à la tenue urgente d’un Conseil des ministres consacré exclusivement à la migration des ingénieurs, sur les 105.000 ingénieurs inscrits à l’Ordre, pas moins de 46.000 ont choisi l’exil au cours des dix dernières années.

Les causes de cette fuite des cerveaux sont principalement des rémunérations jugées insuffisantes, des conditions de travail peu attractives, et un manque de perspectives professionnelles.

Dans certains cas, les écarts salariaux avec l’étranger sont considérables, rendant l’émigration particulièrement attractive. À cela s’ajoutent des obstacles liés à la bureaucratie et à un environnement parfois peu favorable à l’innovation.

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46.000 départs en dix ans : L’exode des ingénieurs atteint un seuil critique

Le phénomène de fuite des compétences continue de s’aggraver en Tunisie. Selon les dernières données, près de 46.000 ingénieurs ont quitté le pays au cours de la dernière décennie, révélant une hémorragie persistante de talents. Cette tendance, qui s’inscrit dans la durée, soulève de vives inquiétudes quant à l’avenir économique et technologique du pays.

Une hémorragie continue des compétences

Le départ massif des ingénieurs tunisiens confirme une dynamique déjà observée ces dernières années. Les estimations antérieures faisaient état de 39.000 à plus de 45.000 ingénieurs expatriés, avec un rythme moyen d’environ 20 départs par jour.

Avec un total désormais estimé à 46.000 sur dix ans, la tendance ne faiblit pas. Ce phénomène traduit une incapacité structurelle à retenir des profils hautement qualifiés, pourtant formés localement. Ce phénomène affecte directement des secteurs clés, notamment les technologies, l’industrie et l’ingénierie.

Selon le Président de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT), Mohsen Ghrissi, qui tire la sonnette d’alarme en appelant à la tenue urgente d’un Conseil des ministres consacré exclusivement à la migration des ingénieurs, sur les 105.000 ingénieurs inscrits à l’Ordre, pas moins de 46.000 ont choisi l’exil au cours des dix dernières années.

Salaires, conditions de travail et manque de perspectives

Les causes de cette fuite des cerveaux sont largement documentées. Les ingénieurs évoquent principalement des rémunérations jugées insuffisantes, des conditions de travail peu attractives, et un manque de perspectives professionnelles.

Dans certains cas, les écarts salariaux avec l’étranger sont considérables, rendant l’émigration particulièrement attractive. À cela s’ajoutent des obstacles liés à la bureaucratie et à un environnement parfois peu favorable à l’innovation.

Un coût économique et stratégique élevé

Au-delà de la perte humaine, cet exode représente un coût important pour l’État. La formation des ingénieurs mobilise des ressources considérables, estimées à plusieurs centaines de millions de dinars par an.

Cette fuite de capital humain affaiblit la capacité d’innovation, ralentit les projets structurants et accentue la dépendance à des expertises extérieures. À terme, elle risque de freiner la transformation économique du pays.

Chaque départ constitue ainsi une double perte : une fuite de compétences clés et un investissement public non valorisé localement.

Un enjeu majeur pour le développement

La fuite des cerveaux, définie comme l’émigration de travailleurs hautement qualifiés vers des pays offrant de meilleures opportunités, affecte particulièrement les économies en développement.

En Tunisie, la question devient centrale. Plusieurs acteurs alertent sur le risque de pénurie de compétences dans les années à venir, notamment pour la réalisation de grands projets d’infrastructure et de transformation économique.

Face à cette situation, les appels se multiplient pour améliorer les conditions de travail, valoriser les compétences locales et créer un environnement propice à l’innovation.

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