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Inondations à Tunis : un peu de pluie, et tout part en vrille

L’après-midi du mercredi 17 septembre 2025, l’arrivée du froid et des pluies intempestives a de nouveau transformé plusieurs rues de la capitale en torrents. En quelques dizaines de minutes, des accumulations d’eau importantes, des véhicules immobilisés et une circulation fortement perturbée ont révélé, une fois de plus, la fragilité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

Un an après les inondations qui avaient touché un grand nombre de régions du pays, la question se pose : existe-t-il de véritables mesures de précaution ? Face à cet épisode, le ministère de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a gardé le silence. Qu’en est-il cette année ?

Interventions municipales et appel à la responsabilité

Au lendemain des intempéries, la municipalité de Tunis a renouvelé, vendredi 18 septembre 2026, son appel aux citoyens à ne pas jeter déchets, gravats et résidus de chantier dans les avaloirs et les conduites d’évacuation. Ses équipes ont constaté l’obstruction de plusieurs ouvrages, en partie due à l’accumulation de matériaux de construction.

Les services municipaux ont poursuivi leurs interventions durant la nuit : pompage et évacuation des eaux infiltrées dans les logements, débouchage et nettoyage d’avaloirs, ainsi que rétablissement de l’écoulement dans plusieurs zones touchées. Cela dit, cela aurait dû être fait bien avant…

Il convient de noter que l’Institut national de la météorologie avait annoncé des pluies temporairement orageuses et localement intenses, avec des cumuls pouvant atteindre 30 à 50 mm dans certaines zones du Grand Tunis, mettant en garde contre des accumulations rapides et des débordements des réseaux d’assainissement.

Pourtant, il aura suffi d’un peu de pluie pour que tout parte en vrille. La persistance des inondations montre que les mesures de prévention restent insuffisantes face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents. Et par-dessus tout, l’incivisme des citoyens, qui jettent leurs déchets et leurs mégots dans la rue, ne fait qu’aggraver la situation.

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Grand Tunis sous les eaux : quand l’alerte arrive après la paralysie

Les pluies orageuses qui se sont abattues jeudi 17 septembre sur le Grand Tunis ont transformé en quelques minutes plusieurs axes de la capitale et de sa périphérie en zones difficilement praticables, voire paralysées. La capitale est passée des méandres…

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Lancement du projet «Zéro déchet» à Tunis

La Tunisie mise sur le modèle «Zéro déchet» pour s’attaquer à l’un des problèmes environnementaux les plus urgents du pays : la gestion et la valorisation des déchets urbains. Voilà pour les bonnes intentions, les stratégies et les plans sur la comète. Pour ce qui est de la réalité, les déchets urbains sont aujourd’hui jetés partout, les citoyens comme les responsables municipaux ne font pas beaucoup pour aider à améliorer cette situation que tout le monde crée et dont tout le monde en même temps se plaint.  

La gestion des déchets demeure l’un des principaux défis environnementaux de la Tunisie. Selon des données publiées en mars dernier par le ministère de l’Environnement, le pays produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers, dont la collecte et le transport sont principalement assurés par les municipalités.

Dans ce contexte où les annonces sont souvent présentées comme des réalisations, le ministère de l’Environnement a lancé, dans la région du Grand Tunis, le projet national de transition vers le «Zéro déchet», mis en œuvre en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). S’il n’y avait pas ces deux institutions internationales pour s’y associer et, surtout, le financer, l’on se demande bien si ce projet aurait vu le jour, un jour. Qu’on nous permette d’en douter…  

Selon un communiqué du ministère, le programme impliquera les quatre gouvernorats de l’agglomération de la capitale et un total de 34 communes. Celles-ci seront accompagnées dans l’élaboration de plans d’investissement et de financement visant à mettre en place les infrastructures nécessaires au traitement, à la récupération et à la valorisation des déchets.

L’une des premières initiatives concrètes concerne La Marsa, où la création d’une unité de valorisation des déchets ménagers et assimilés est prévue ; cette installation desservira également les communes de Sidi Bou Saïd et de Carthage.

La Tunisie produit chaque année environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers…
Leurs collecte et transport sont principalement assurés par les municipalités.

Une usine de production d’engrais organiques devrait par ailleurs voir le jour dans la même localité. Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a visité, le 11 septembre 2026, le site en compagnie des responsables du projet, après s’être entretenu à Tunis avec la représentante résidente du Pnud, Céline Moyroud.

Le plan prévoit également un renforcement de la réglementation contre l’usage de plastiques à usage unique ainsi que l’introduction de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs pour diverses catégories de matériaux, allant des déchets de construction et de démolition aux emballages et aux équipements électroniques.

Un autre volet concerne le développement du compostage des déchets verts et organiques. Les autorités entendent par ailleurs développer, au sein des cimenteries, l’utilisation de combustibles dérivés de déchets non recyclables (les «RDF») pour remplacer progressivement une partie des combustibles fossiles.

Le projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale «Shifting to Zero Waste Against Pollution » (Swap), promue par le Pnud et financée par le FEM ; cette initiative, qui associe également la Chine, la Turquie, l’Uruguay et la Sierra Leone, vise à réduire la pollution, à favoriser l’économie circulaire et à améliorer la gestion des ressources dans les villes.

I. B.

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