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The Dot | 5 ans au service de l’innovation tunisienne

Plus de 500 startups accompagnées, plus de 3000 événements organisés et six programmes actifs : le hub d’innovation digitale de Tunis a célébré vendredi 23 octobre 2026 un anniversaire placé sous le signe de la communauté.

The Dot a célébré cinq ans de rencontres, de projets et de collaborations qui ont contribué à faire évoluer l’écosystème tunisien de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Au-delà de l’anniversaire d’un lieu, cette étape met à l’honneur toute une communauté : startups, fondateurs, alumni, partenaires institutionnels et privés, structures de soutien à l’entrepreneuriat, investisseurs, ainsi que toutes celles et ceux qui font émerger de nouvelles idées et les transforment en projets concrets.

Cinq ans d’impact au service de l’innovation

Depuis son lancement en 2021, The Dot, porté par le ministère des Technologies de la Communication, Expertise France, la Coopération allemande et la Fondation Tunisie pour le Développement, avec le soutien financier de l’Union européenne, s’affirme comme un espace de rencontre, d’accompagnement et de collaboration pour les acteurs de l’innovation en Tunisie. À travers ses programmes, ses événements et ses initiatives, le hub rapproche entrepreneurs, institutions, entreprises et structures d’accompagnement, favorise le partage d’expertise et suscite de nouvelles opportunités.

En chiffres, ces cinq années représentent plus de 500 startups accompagnées, dont 37 de la diaspora tunisienne. Le projet compte également près de 130 entreprises internationales de l’initiative Tech216, 140 startups hébergées venues de 10 gouvernorats, plus de 3000 événements organisés et accueillis au sein du hub, et six programmes actifs dédiés au soutien de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Des chiffres qui témoignent du chemin parcouru, mais aussi de la dynamique collective qui anime cet écosystème.

Une communauté qui se construit et qui dure

La singularité de The Dot tient autant aux initiatives qu’il porte qu’aux liens qui s’y tissent. Fondateurs, entrepreneurs accompagnés, partenaires et experts font de cet espace un lieu d’échange où les expériences se croisent, où les idées circulent et où les collaborations prennent forme.

Cette dynamique se prolonge bien au-delà des programmes et des événements. Les alumni poursuivent leur parcours entrepreneurial, développent leurs projets et restent impliqués dans la vie de l’écosystème. Ils incarnent l’une des dimensions essentielles de l’action de The Dot : créer des connexions durables et faire grandir une communauté capable d’évoluer au-delà des murs du hub.

«En cinq ans, The Dot a démontré que l’innovation se nourrit avant tout des rencontres, de la confiance et de la force du collectif. Aujourd’hui, notre ambition est de faire rayonner cette dynamique au-delà de Tunis, en renforçant les passerelles avec les centres Elife dans les régions, afin que les jeunes, où qu’ils se trouvent en Tunisie, puissent accéder aux mêmes opportunités, développer leurs talents et concrétiser leurs projets», a déclaré Badreddine Ouali, Président de la Fondation Tunisie pour le Développement et cofondateur de The Dot.

«Soutenir les talents, l’innovation et les technologies qui façonnent l’avenir économique de la Méditerranée est au cœur de l’engagement de la France aux côtés de The Dot : une success-story tunisienne qui depuis 5 ans écrit sa propre histoire, chaque jour plus forte, autonome, libre et créative», a renchéri Manuel Bufala, ministre-conseiller à l’ambassade de France en Tunisie.

«Notre programme a pour mission de créer des emplois dans le secteur tunisien des technologies de l’information, en constante croissance. L’un de ses piliers essentiels est le soutien et la promotion de l’entrepreneuriat innovant. The Dot est un lieu central destiné à nourrir l’écosystème tunisien des start-ups. C’est là que se réunissent les programmes de soutien, les investisseurs, les bailleurs de fonds et les jeunes start-ups pour façonner l’avenir économique de la Tunisie et le faire rayonner à travers le monde», a déclaré Alexander Beetz, directeur du programme Transformation digitale de la GIZ Tunisie. «The Dot est une belle aventure collective, née d’une ambition partagée entre la Tunisie et Team Europe : rapprocher les talents, encourager l’innovation et créer de nouvelles opportunités entre nos deux rives. En ce cinquième anniversaire, je forme le vœu que The Dot continue de grandir, de faire rayonner les talents tunisiens et de porter toujours plus loin les ambitions de tout un écosystème», a ajouté  Giuseppe Peronne, ambassadeur de l’UE en Tunisie.

Un anniversaire placé sous le signe des rencontres

La célébration réunit ce vendredi, dans les locaux de The Dot, celles et ceux qui ont contribué à son développement et ceux qui font vivre son écosystème au quotidien. Le programme s’articule en deux temps : une cérémonie officielle en présence de représentants institutionnels et d’ambassadeurs, puis une soirée dédiée à la communauté, qui rassemble partenaires, entrepreneurs et alumni.

Cette rencontre est l’occasion de revenir sur cinq années de réalisations, de saluer la contribution de toutes celles et ceux qui ont pris part à cette aventure collective et de réaffirmer le rôle des partenariats dans le développement de l’innovation et de l’entrepreneuriat en Tunisie.

Cinq ans après son lancement, The Dot poursuit une ambition intacte : faire vivre un écosystème où les initiatives individuelles trouvent leur force dans le collectif, où les rencontres ouvrent de nouvelles perspectives et où les entrepreneurs disposent d’un environnement propice au développement de leurs projets.

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La Tunisie est-elle prête à renégocier l’accord d’association avec Bruxelles ?

Dans ses relations avec la Tunisie, l’Union européenne (UE) a continuellement privilégié, sous le discours de la «coopération», les intérêts agricoles, l’accès aux marchés et les impératifs de stabilité de l’Europe elle-même, a souligné Mohamed Sassi dans son ouvrage intitulé «Les relations Tunisie-Union européenne: six décennies d’histoire» paru en 2025 aux éditions Nirvana, à Tunis. Mais la Tunisie a-t-elle jamais fait preuve, vraiment de capacité de négociation pour la défense de ses intérêts vitaux ? Aujourd’hui, elle demande la révision des termes des accords passés avec l’UE, mais alors que Bruxelles se dit prêt à moderniser l’Accord d’association avec Tunis, Tunis s’est-il vraiment préparé à s’y engager avec des idées et des programmes clairs ?

Latif Belhedi  

L’UE se dit prête à entamer un dialogue avec la Tunisie en vue de moderniser l’Accord d’association de 1995, afin de l’adapter aux nouveaux défis économiques, technologiques et énergétiques, tout en renforçant les investissements et l’intégration industrielle entre les deux rives de la Méditerranée.

C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur de l’UE à Tunis, Giuseppe Perrone, lors d’une intervention aujourd’hui sur les ondes d’Express FM, tout en soulignant que, trente ans après la signature de cet accord, il est devenu nécessaire de mettre à jour un cadre initialement conçu principalement pour les échanges commerciaux, en l’étendant à des domaines tels que l’intelligence artificielle, les services numériques, la transition énergétique et les nouvelles chaînes de valeur.

Mettre à jour le cadre du partenariat

Bruxelles a déjà noué des contacts préliminaires avec les autorités tunisiennes et confirme sa volonté d’engager des discussions, mais aucun calendrier de négociation ni aucune proposition formelle de révision n’ont encore été annoncés.

La position européenne s’inscrit dans le débat initié par les autorités tunisiennes, qui réclament un rééquilibrage de l’accord. Elles souhaitent favoriser un meilleur accès des produits agricoles au marché européen, attirer des investissements à haute valeur ajoutée et permettre une participation accrue des entreprises locales aux chaînes de production internationales.

En mai dernier, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, avait réaffirmé la nécessité d’un partenariat plus équitable, respectueux des priorités économiques nationales.

Perrone a rappelé que l’UE demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie. En 2025, les exportations tunisiennes vers les pays européens ont atteint environ 44 milliards de dinars, contre 37 milliards d’importations, soit un excédent commercial d’environ 7 milliards de dinars (équivalent à 2,1 milliards d’euros). On dénombre quelque 3 400 entreprises européennes présentes dans le pays, lesquelles assurent plus de 400 000 emplois directs.

Cap sur les énergies renouvelables

L’énergie figure parmi les priorités du partenariat, avec un soutien européen au développement des énergies renouvelables, à la modernisation de la Société nationale d’électricité (Steg) et au projet Elmed, une interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie.

Cette infrastructure, développée par Terna et la Steg, prévoit une liaison bidirectionnelle d’environ 220 kilomètres, dotée d’une capacité de 600 mégawatts. En juin dernier, un contrat d’environ 770 millions d’euros a été attribué à Hitachi Energy pour la réalisation des stations de conversion en Sicile et sur la péninsule tunisienne du cap Bon. Selon Perrone, ce projet permettra de renforcer la sécurité des approvisionnements et l’intégration des marchés électriques euro-méditerranéens, tout en facilitant le recours aux énergies renouvelables. Le diplomate a fait état d’avancées significatives dans la préparation financière et technique, laissant entrevoir un début des travaux, sans toutefois en préciser la date.

En matière d’investissements, Bruxelles vise à renforcer la coopération dans les secteurs de l’automobile, du textile, de l’agroalimentaire, du numérique et des technologies environnementales. Perrone a toutefois souligné la nécessité d’une plus grande prévisibilité réglementaire et d’une amélioration du climat des affaires en Tunisie.

L’ambassadeur a par ailleurs rappelé l’existence d’un soutien budgétaire européen de 80 millions d’euros, destiné aux mesures sociales en faveur des familles vulnérables, et a annoncé la préparation d’un forum euro-méditerranéen sur l’investissement et le développement durable, prévu au printemps 2027 dans le cadre du nouveau Pacte pour la Méditerranée. L’objectif affiché par Bruxelles est de transformer le partenariat avec Tunis en un levier d’intégration économique et industrielle accrue, dépassant ainsi une coopération fondée essentiellement sur les échanges commerciaux.

Bref, l’UE sait ce qu’elle peut tirer de sa coopération avec la Tunisie. Elle sait aussi ce qu’elle peut y apporter et semble prête à un nouveau round de négociation. On attend de la Tunisie qu’elle montre le même degré de préparation et la même capacité de proposition avant le démarrage des négociations, et n’y vienne pas seulement, comme souvent, avec de grandes idées et des récriminations.

A bon entendeur…

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