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Tunisie | Les vraies raisons de la hausse des prix des médicaments

Les hausses de prix ne concernent qu’un nombre restreint de médicaments importés dont les tarifs n’avaient pas été actualisés depuis des années. Ces ajustements ont été mis en œuvre en raison de la hausse des coûts d’importation et de l’évolution des prix sur le marché mondial.

C’est ce qu’a indiqué «une source bien informée» au sein de la Pharmacie centrale de Tunisie dans une déclaration à Mosaique FM, ajoutant que l’objectif de cet ajustement tarifaire (que ces choses douloureuses sont joliment dites!) est de garantir la disponibilité continue de ces médicaments et d’éviter toute perturbation de l’approvisionnement du marché. Bref, si vous payez plus cher votre médicament, c’est pour votre bien !

Ce que la «source bien informée» n’a pas cru devoir expliquer, c’est pourquoi les autorités n’ont pas cru devoir communiquer sur les causes et les circonstances de ces hausses avant leur annonce publique, d’autant qu’ils vont être supportées par les citoyens dont le pouvoir d’achat est en charpie, à cause des fortes hausses des prix des biens de consommation.

Il n’a pas cru devoir expliquer non plus que ces hausses sont dues à la levée des subventions de l’Etat sur ces médicaments en raison des difficultés des finances publiques et des problèmes qu’a aujourd’hui la Pharmacie centrale à s’approvisionner auprès de certains laboratoires internationaux auxquels elle doit beaucoup d’argent et qui exigent d’être payés avant de rétablir leurs livraisons.

En d’autres termes, le citoyen est sommé d’encaisser les coups, les uns après les autres, sans que ces chers responsables de l’Etat ne se croient dans l’obligation de lui expliquer les tenants et les aboutissants de leurs décisions. Ces responsables qui se cachent à chaque fois qu’une tempête pointe à l’horizon et n’apparaissent que pour annoncer des stratégies, des plans, des programmes et de vagues projets dont la réalisation est reportée aux calendes grecques du genre de la Cité médicale de Kairouan, du TGV Bizerte-Ben Guerdane ou encore du Port en eaux profondes d’Enfidha.

I. B.

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Tunisie : Moody’s voit une stabilité qui masque les fragilités budgétaires

L’agence de notation américaine, Moody’s, a confirmé le maintien de la note souveraine de la Tunisie à « Caa1 », assortie d’une perspective stable, et ce à l’issue de sa revue périodique.

Cependant, le maintien de la perspective stable de la note souveraine de la Tunisie par Moody’s ne constitue ni un satisfecit ni un signal de redressement économique. Au contraire, la revue publiée le 24 juillet par l’agence met en évidence un paradoxe préoccupant : alors que certains indicateurs extérieurs résistent aux chocs, les déséquilibres budgétaires continuent de s’accentuer, sans qu’une réponse structurelle ne soit véritablement engagée.

 

Lire aussi : Moody’s maintient ses notes sur quatre banques tunisiennes

 

Moody’s n’a certes pas modifié sa notation lors de son comité du 16 juillet 2026. Mais cette stabilité reflète davantage l’absence d’un choc immédiat qu’une amélioration des fondamentaux. L’agence souligne que la dette publique demeure élevée, que les dépenses de l’État restent rigides et que les réformes susceptibles d’assainir durablement les finances publiques peinent toujours à se concrétiser.

L’année 2026 marque même un infléchissement du processus de consolidation budgétaire. Le lancement du Plan national de développement 2026-2030, la progression de la masse salariale publique et l’alourdissement attendu des subventions énergétiques réduisent encore les marges budgétaires. Autrement dit, l’État continue de financer des dépenses difficilement compressibles sans disposer de nouvelles ressources capables d’en assurer la soutenabilité.

 

Lire également : L’édito de Hédi Mechri – Plan 2026-2030 : l’anti-hasard à l’épreuve du réel

 

À première vue, la situation extérieure apparaît moins alarmante. Malgré une envolée de 38 % de la facture énergétique, les réserves en devises se sont maintenues grâce aux performances des exportations agricoles (notamment l’huile d’olive), à la hausse des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger et à une progression des investissements directs étrangers. Mais ces facteurs demeurent largement conjoncturels. Ils ne compensent ni la faiblesse de la croissance potentielle ni les insuffisances de l’investissement productif, deux handicaps que Moody’s continue de relever.

L’agence rappelle également que la gouvernance et la qualité des institutions restent des facteurs de risque majeurs. Les difficultés de mise en œuvre des réformes, conjuguées aux tensions sociales persistantes, limitent la capacité de l’État à restaurer durablement l’équilibre de ses comptes. Le maintien d’un score ESG pénalisant illustre du reste cette fragilité institutionnelle autant que financière.

En filigrane, le message de Moody’s est sans ambiguïté : la Tunisie conserve, pour l’heure, sa capacité à honorer ses engagements, mais cette résilience repose davantage sur des facteurs extérieurs et sur une gestion de court terme que sur un assainissement réel des finances publiques. Sans réforme budgétaire crédible, amélioration du climat des affaires et accès durable à des financements moins coûteux, la stabilité affichée aujourd’hui pourrait rapidement céder la place à une nouvelle dégradation de la perception du risque souverain.

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Moody’s confirme la note de la Tunisie tout en pointant une dette et des finances publiques sous pression

L’agence de notation Moody’s a confirmé la note souveraine de la Tunisie à l’issue de son examen périodique, estimant que les besoins de financement extérieur du pays sont désormais mieux maîtrisés grâce à la stabilité des réserves de change. Si cette décision traduit une résilience accrue sur le plan extérieur, elle s’accompagne d’un constat inchangé sur les faiblesses structurelles de l’économie tunisienne, notamment l’endettement public élevé et les contraintes budgétaires.

Des besoins de financement extérieur mieux couverts

Moody’s considère que la Tunisie a amélioré sa position extérieure au cours des dernières années. Malgré d’importants remboursements d’euro-obligations et une hausse de 38 % des importations énergétiques sur les cinq premiers mois de 2026, les réserves en devises sont restées stables, couvrant environ 3,3 mois d’importations à fin juin.

L’agence souligne que cette résilience s’explique par la progression des exportations agricoles, l’augmentation continue des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ainsi que par une hausse de 14 % des investissements directs étrangers au premier trimestre 2026. Elle estime également que le remboursement du dernier eurobond majeur en juillet améliore le profil d’échéance de la dette extérieure.

Des fragilités budgétaires toujours présentes

Malgré ces évolutions favorables, Moody’s juge que le profil de crédit de la Tunisie reste limité par plusieurs facteurs structurels. L’agence pointe notamment un niveau d’endettement public élevé, des marges de manœuvre budgétaires réduites, une croissance économique freinée par des contraintes structurelles et un accès toujours limité aux financements extérieurs à des conditions avantageuses.

Elle prévoit par ailleurs un ralentissement de l’assainissement budgétaire en 2026, en raison de l’augmentation des dépenses publiques et du lancement du Plan national de développement 2026-2030. La hausse des prix de l’énergie devrait également accroître le poids des subventions, qui représentaient déjà 20 % des dépenses publiques en 2025, soit 6,8 % du PIB.

Une perspective stable, mais sous conditions

Moody’s maintient ainsi une perspective stable, estimant que les besoins de financement extérieur devraient rester maîtrisés malgré des vulnérabilités persistantes liées aux finances publiques, aux prix élevés de l’énergie et au recours au financement de la Banque centrale.

L’agence estime qu’une amélioration de la note passerait par une accélération des réformes structurelles, une consolidation budgétaire plus rapide et un meilleur accès aux marchés internationaux des capitaux. À l’inverse, une dégradation des réserves de change, de la liquidité intérieure ou des équilibres budgétaires et extérieurs pourrait conduire à un abaissement de la notation.

Moody’s a également confirmé la note « Caa1 » avec perspective stable attribuée à la Banque centrale de Tunisie, qui assure les émissions et le remboursement des titres de dette de l’État.

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